Chronique de Concert
Mek'Dr'Dr + The Orchestra (For Now) + Sarab + GROS CŒUR + ADULT DVD (Festival Yeah !)

Ce soir (au moment où je commence cette chronique) c'est Festilam (comme hier - voir chronique par ici) et je vais encore le rater ... en effet j'ai plus de 30 groupes à chroniques en retard (Mek'Dr'Dr, The Orchestra (For Now), Sarab, Gros Coeur, Adult DVD, Black Country New Road, 16 Horsepower, Levitation Room, Men I Trust, Body Horror, Girl Group, Iguana Death Cult, Ben Kweller, Model/Actriz, M.A.O. Cormontreuil, Daniel Sani & les Monomaniaques, Claque, Filade, Rakel Traxx, Clameurs, Sasha Vaughan, Ganagobie, Monastr, Abstract Puppet, Las Grimas, Samedi Midi, Glitch, qb, Le Bien, Cagnard, Krieglestein, Farouche Zoé, Pierre Luciani et Bird in Shell) donc je n'en rajouterai pas 3 de plus à la liste. Même si c'est 25 ... et puis le LAM sans Piloo ca serait trop bizarre. Laissons-lui le temps de se remettre.

Commençons par faire un bon d'une semaine en arrière. Comme chaque année ou presque (voir chroniques par ici) nous avions réservé notre bungalow pour aller au festival Yeah ! ce week end (même si franchement j'aurais préféré que ça tombe sur le week end de Pentecôte comme certaines année histoire d'avoir 3 vrais jours de festival ... Comme certaines années ça tombait en même temps que le Tinals (festival This is not a love song) ce qui aurait dû m'indifférer sauf que cette année ces derniers recevaient les 16 Horsepower .. Nous avons donc fait une infidélité au Yeah ! le premier soir (voir chronique par ici) qui nous a couté d'arrivé au camping Campasun a un peu avant 4h du mat ...
Réveil tardif mais pas tant que ça ... j'ai tout juste le temps de trier les photos de la veille et de les mettre en ligne avant de prendre le petit dej' en compagnie die de Pauline (merci pour les viennoiseries) et Soisick. Après cela nous prenons le temps d'aller faire un tour à la piscine où nous retrouvons Jean Phi and co ... C'est la première fois que nous venons sans les enfants, je ne ferai donc qu'une descente des toboggans du week end (aujourd'hui pour me mettre à l'eau). Après un brunch pétillant (merci Soisick) les filles se mettent en route pendant que je vais récupéré mon passe photo auprès d'Alice.
Je fais donc le trajet jusqu'au château tout seul. Beaucoup de souvenirs sur le chemin (enfants à pousser voire porter). Je remarque une grille qui n'était pas là, le village est plein de touristes et d'étals ce qui me laisse dire que la déambulation n'a pas dû passer par le village comme l'année dernière. Même si je n'ai profité ni des festivités de la journée au boulodrome, ni des concerts de la veille où visiblement Gans a fait l'unanimité, j'ai quand même retrouvé mes marques rapidement. C'est l'avantage de revenir aux mêmes endroits ; on a l'impression de reprendre les choses là où on les avait laissées.
Après avoir salué le Pierre aka "le gars de la billeterie" avec sa casquette de capitaine nous voici avec une certains excitation (en tout cas pour moi) à côté du bassin où cette fois une grenouille donne de la "voix". Le drapeau "Yeah !" flotte fièrement au dessus du château. Nous prenons notre première bière dans un beau verre "chat" et allons nous caler au pied de la première scène où ne tarderont pas à arriver les fameux Mek'Dr'Dr'. "Fameux" car de tous ceux que nous avons rapidement écouté ce matin c'était sans doute nos préférés (avec Adlut DVD).
Sara De Wit aux percussions et aux pieds nus Mien Heyvaert à la basse et aux chaussette violettes ont en effet laissé leurs chaussures sur le coin de la scène et nous regardent avec d'immenses sourires. Le coup de coeur sera instantané. C'est frais, c'est dansant, c'est hyper groovy, c'est original (en tout cas pas hyper courant) et super bien fais.
Le duo fonctionne à merveille, musicalement comme vocalement. J'ai toujours aimé la basse, mais quand elle est jouée avec autant d'aisance, sautillante et aussi en avant c'est un régal. De plus je n'avais pas vu de table aussi couverte d'objets et instruments que celle de Sara (qui utilisera tout) depuis celle de Momo L'esquimau (de Farouche Zoe). Si musicalement par moment j'ai pensé aux Rita Mitsouko, à La Mal Coiffée ou encore aux B52's elles ont vraiment un son à elles. En plus leur attitude sur scène est tout aussi plaisante.
Qu'elles nous racontent leur arrivée depuis Bruxelles pour venir ici, qu'elles fassent de la pub pour leur merchandising (nous achèterons le disque), qu'elles nous demandent si on connait Mark E Smith, ou encore qu'elles nous expliquent les coulisses de leur setlist (en 3 blocs) ... qu'importe on ne peut que sourire en les regardant et en les écoutant.
Parmi les morceaux on notera celui où elles se mettent à chanter comme à l'opera (un peu faux) ou encore (et surtout pour moi) celui où elles font semblant de vomir : Dens dens dens qui ouvre leur très bon mais trop court no safer place thant a toilet seat que je vous invite à écouter par ici par ici. En tout cas le festival commence bien !
Maintenant que la cour du château est ouverte, nous montons découvrir la suite. Comment souvent je ne connais pas les groupes de la soirée. Avec les sélections de Ruddy Aboab (directeur de FIP et programmateur de Rock en Seine) en bande son (un petit Deeee lite ça marche toujours), calé au niveau des barrières de devant je regarde la cour qui se remplit. Je ne sais pas si c'est la première fois que nous sommes enfants ou parce qu'ils ont grandi mais j'ai l'impression qu'il y en a plus qu'avant. Il me semble reconnaitre moins de monde qu'avant (je sais que certains potes ont fait le contraire de nous entre Tinals et le Yeah).

Cela faisait un moment que les programmateurs du Yeah e nous avons pas dégotté groupe constitué de plein de membres, un peu foutraque, bien rock comme ils l'avaient fait avec les Psychotic Monks en 2019 (voir par ici ) ou à Fat White Family en 2016 (voir par ici). Cette année ce sera donc the Orchestra (for now).
Jeune groupe (2023) anglais composé de (gauche à droite de) Lingling Bao-Smith au violon, Erin Snape au violoncelle, Neil Thomson à la guitare, Charlie Hancock à la batterie, Joseph (Joe) Scarisbrick au chant et clavier et Millie Kirby à la basse. Une belle bande qui aura un peu trop tendance à se la jouer rebelle pour que ça ne vienne pas parasiter ma perception de leur musique.
Premier morceau qui parle de "drunk and driving" avec un petit sourire en coin de la part du chanteur qui caché derrière ses lunettes enchainera les clichés du mauvais garçon. Cigarette, verre de vin, voire les deux en même temps ... s'allongeant pendant un morceau les pieds contre la batterie, mais prenant soin de se recoiffer (quand même faut pas déconner) ... et si sa taille et son port me faisait un peu penser au leader des Ramones, musicalement j'ai pensé à Pulp et à Jack the Ripper ...
Pour le côté un peu grandiloquent ... à ses côtés les autres les autres sont un peu plus discrets* et on souvent le regard tourné vers leur meneur, comme à l'affut, échangeant des regards complices .. Notamment quand il s'agira de hurler d'une seule voix "Thank god for the drugs". Assez amusant car à ce moment-là j'ai eu l'impression de voir des enfants amusés d'avoir osé dire un gros mot en public.
* sauf le batteur (on s'ennuie rarement en regardant le batteur d'un groupe de rock) très expressif ... qui finira lui aussi par allumer une cigarette comme certains dans le public profitant du côté plein air pour en faire profiter leurs voisins au sein d'une foule qui commençait à se densifier. En tout cas, je râle je râle mais musicalement ça m'a quand même bien plus, comme les groupes cités plus haut et aussi pour les quelques explosions, et hurlements / grognements pas toujours maitrisés.
Dans les festivals comme ça, quand je suis calé devant j'ai toujours un peu de mal à quitter la barrière de devant, mais la faim commençant à se pointer nous sommes allés manger un bout juste derrière l'enceinte du château. Rougail saucisse pour moi, kebab un peu maigrelet pour svet pendant que Julian and co en sont déjà au dessert. La musique reprend, nous ne nous hâtons pas (avec l'âge je m'assagis). Mais nous ne trainons pas trop non plus.
Nous revoici dans la cour du château. Je découvre le groupe de gauche à droite ... un joueur de mandole avec un manche à tête de dragon et de percus - bravo pour les bongos - ( Jimmy Geers ). Un batteur blond décoloré un peu caché derrière sa grosse grosse caisse ( Alexandre De Bueger ). Un grand guitariste chevelu ( Adrien Chapelle ) et un bassiste ondulant ( Julien Trousson) ... JE mettrai un petit moment à réaliser qu'il s'agit de Gros Coeur (je pensais que Sarab était programmé avant).
Gros son, avec des super instrumentaux quelque part entre Quetzal Snakes et Slift ... de temps en temps ça se calme un peu et là je réalise qu'ils chantent en fait en français. Nous avons raté une bonne partie de leur set et c'est dommage car c'est plutôt pas mal. Un peu statique sur une scène qui pourrait être habillée de projection, mais tellement pêchu et bien accompagné par le jeu de lumière alors que la nuit tombe qu'on passe un bon moment.
C'est déjà la fin de leur set. Ils annoncent 2 morceaux ... remercient leur ingé son Pierre et c'est parti d'abord pour Sacrifice dont je vous invite à voir le clip par ici, bien sombre et bruyant, puis Monique dont je vous invite à voir le clip par ici ... Ils finiront leur set au contact avec le public qu'ils ont chauffé à blanc.
Cette fois je resterai devant à la pause. Pendant que Sarab (cette fois c'est bien eux) s'installent, j'écoute les sélections de Ruddy qui vont des Beatles à Bowie en passant par des trucs grecs à la Deli Teli. Et puis c'est parti pour ce qui sera le set le plus déconcertant de la soirée. Avec son t-shirt Iron Maiden la chanteuse franco syrienne Climène Zarkan commencera leur set par prendre la parole pour apporter son soutien à la Palestine et à la communauté queer.
Accompagné par les plutôt discrets Timothée Robert à la basse, Paul Berne à la batterie et un petit jeune aux claviers en remplacement de Thibault Gomez et le beaucoup moins discet Baptiste Ferrandis à la guitare ils finiront un peu par me perdre en raison de la grande variété des morceaux.
J'ai pensé à Lhasa, à Natacha Atlas, à Paris Combo, ... musicalement c'était tanto métal, tantôt jazz quand ça n'était pas carrément electro. Le chant est parfois doux, parfois déformé, parfois punk, tantôt trad ... bref si j'ai beaucoup aimé certains passages (les plus énervés) ça partait vraiment (un peu trop) dans tous les sens (pour que j'arrive à suivre). Peut être que je commence à fatiguer un peu aussi ... Très bon accueil du public en tout cas.
Accroché à ma barrière j'attendrai donc les derniers pour cette soirée, à savoir Adult DVD dont ce que j'avais écouté rapidement à midi me laisser imaginer le meilleur. En voyant s'installer ces 6 énormes gaillards - a priori Harry Hanson (chant - machines), Greg Lonsdale (chant - machines), Jake Williams (machines), Danny Blackburn (Guitare - machines), Jonathan Newell (batterie) et George Manson (basse) j'avoue que j'étais amusé par leur gabarit et leur attitude nonchalante.
Surtout Harry qui me faisait vraiment penser à Guillaume Depardieu avec son côté gêné / ado qui cache ses mains dans ses manches. Musicalement c'est en effet electro punk qui fait autant penser à Ultra Orange ou aux Chemical Brothers qu'à la BO de Trainspotting. Les textes sont scandés et répétés à l'infini "call me autistic i want to see my funeral" plus que chantés ce qui colle parfaitement avec le côté boum boum de la musique.
Un petit côté Sleaford Mods aussi du coup. Sur scène le groupe se marre comme des copains en train de faire une bêtise. Le groupe n'arrête pas de chauffer le public pour que ça slamme plus, et que ça pogote, ce qui donne un peu de fil à retordre pour la sécu qui est obligée de se placer entre la scène et les barrières et obligeant Svet and co à se mettre un peu en retrait.
Niveau textes pas eu trop le temps de me pencher dessus mais le morceau Bill Murray (dans lequel il est aussi question de Tom Hanks) a forcément un peu éveillé ma curiosité. Et si musicalement ce n'est pas hyper varié cela reste super efficace et ça fonctionne sur un public déchainé.
A la fin le guitariste prendra un petit bain de foule et le chanteur manquera de tomber entre la scène et les baffles, ce qui le fera beaucoup rire. Nous ne trainons pas trop, un petit verre d'eau au bar et nous retrouvons Pauline et Soisick avec qui nous rentrons tranquillement au camping, un t-shirt Yeah* et le disque de Mek'dr'dr' sous le bras (et plein de photos à trier) heureux d'avoir retrouvé une prog aux petits oignons dignes des plus belles éditions de ce mini festival pas comme les autres ...
Le lendemain, une fois les photos triées, nous profiterons une dernière fois de la piscine (et des composteurs) avant de nous mettre en route vers Marseille. Effectivement pas possible de rester pour les concerts du dimanche (lundi n'étant pas férié) ce qui heureusement ne sera pas le cas l'année prochaine où ça devrait retomber pendant le week end de Pentecote. Croisons les doigts pour que Tinals choisisse une autre date car franchement je ferais bien les 2 en entier cette fois ...
* un peu déçu par la qualité des t-shirts de cette année avec le chat noir qui en un lavage (pourtant délicat) est devenu marbré alors que les quelques autres t-shirts de certaines précédentes éditions sont encore en parfait état.
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Critique écrite le 18 juin 2026 par Pirlouiiiit
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