Chronique de Concert
Napalm Death + Hatebreed

Plateau de musique violente ce soir, avec Brutal Rebirth, Napalm Death et Hatebreed qui voit un Moulin fort bien garni en chevelu, et rempli de tee shirt noir aux motifs tous plus poétiques les uns que les autres. C'est que de poésie ce soir, il en est bien question avec les papa du grindcore d'un coté et la nouvelle génération hardcore de l'autre. Bon, voir Napalm faire une première partie me trouble un tantinet mais la réaction du public me fournira quelques explications sur ce choix au fil du concert. Encore que, vu le temps de jeu respectif des deux formations, nous pourrions presque parler de co-headlining. Bref...
Point de remarque sur Brutal Rebirth dont je rate le show haut la main en arrivant sur les lieux à 20h15, et le temps d'accéder au bar pour prendre une mousse, voilà que Barney and family investissent les planches pour une heure de pur plaisir ! Ce soir, pas de chichi. Juste de la musique. Mais une musique qui exprime toute la saleté du monde, la fange dans laquelle nous nous vautrons tout les jours. Mais avec un son excellent, il faut le préciser !
Et faut reconnaître, ça dépote sévère dès le départ avec Silence is deafening ! Les cris de cochon égorgé sont assuré par Mitch Harris, en alternance avec les vocaux vomis de Barney, qui tourne en rond sur la scène tel un employé de bureau devenu fou, gesticulant comme un damné, remuant la tête au rythme effréné de la batterie. Quant à Shane Embury et ses cheveux, il s'acharne sur sa basse de manière méthodique et appliqué.
Mon petit moment de grâce arrive dès le cinquième morceau : c'est le retour en 1990 avec Suffer the Children, titre qui m'avait fait découvrir avec stupeur le son putréfié de Napalm Death à l'époque. On est en 2014, et je suis comme un gamin, avec un énorme sourire sur le visage ! Dans ce magma de décibel, les passages les plus thrash ressortent de manière tranchante. Et c'est ce qui, à mon sens, fait tout le charme de Napalm : la variété de sa musique par les contrastes. Oui, je sais, ça paraît étrange de parler de la variété musicale dans le grindcore et la musique extrême mais c'est pourtant bien le cas.
Les titres grind d'ailleurs, sont de véritables pépites jouissives. Success?, Life...20 secondes, l'essentiel est dit ! Le groupe jette ses scuds à la face d'un public relativement tranquille : Scum, On the Brink of extinction, Necessery Evil... n'en jetez plus. Pourtant les spectateurs, à l'exception d'une petite minorité énervée circle pitant à qui mieux mieux, sont d'un calme étonnant. Certes, ils sont polis et manifestes leur approbation à Napalm en criant un peu. Mais rien de comparable à leur participation au set de b|Hatebreed>b|. Le bruit du Napalm serait-il trop difficile d'accès ? Hum...

Et ce n'est pas le discours d'introduction de Barney sur Nazi Punk Fuck Off, reprise des Dead Kennedys, dédié à la lutte contre le fascisme et agrémenté d'un fuck off à Marine, qui fera réagir de manière massive le public. Inquiétant... Mais Barney, t'es pas tout seul, t'inquiètes pas...y a au moins le Pinguin et moi !!! Bon, le temps d'une dernière petite tuerie avec Siege of Power, qu'il est déjà temps pour nos Anglais de laissé la place aux Américains d'Hatebreed.
Changement de style et changement d'ambiance. Je ne connaissais que deux titres de Hatebreed avant cette soirée qui, je dois dire, ne m'avaient pas transcendé. Et le concert de ce soir ne m'aura pas rallier à la cause du hardcore des Américains, je dois bien l'avouer !
Par contre, je comprends l'enthousiasme du public, en interaction permanente avec le groupe. Les titres possèdent des refrains facilement mémorisables, les rythmiques en formes de rouleau compresseurs gardent un coté sautillant et je me risquerais même à dire qu'il se dégage de Hatebreed un coté pop.
Et je n'irai pas jusqu'à dire, tel mon voisin de comptoir de bar le temps de me ravitailler en bière que " Hatebreed, c'est de la merde !!!! " mais, bon...autant l'heure de show de Napalm Death passa à la vitesse d'un hurlement de porc, autant le concert de Hatebreed me paru aussi long qu'un concert de Patrick Sebastien le soir du jour de l'an. Interminable. Putain, c'est looooooonnnng...
Et je le jure, j'ai essayé. J'ai écouté, tenté de rentré dans la musique... Mais la seule chose que j'ai ressenti, c'est de la lassitude. Pourtant, visuellement, mes " à priori " étaient plutôt positif, le groupe arborant des tee shirt d'Obituary période " Cause of Death", de Carcass ou encore des Exploited.

Et surtout, surtout, oh surprise divine, le guitariste affichant la croix du Blue Oyster Cult sur sa guitare ! Ces garçons ne sont donc pas perdu. Et peut être qu'une couche de finesse se cache sous des compositions sensiblement roboratives ?

Mais accrocher à Hatebreed, c'était pas pour ce soir en ce qui me concerne. Mais à entendre les commentaires positifs et les sourires ravis de l'ensemble du public sortant du Moulin en cette fin de soirée et commentant la prestation du groupe, je crois avoir fait partie des quelques rares bougons insatisfaits.
Mais ne boudons pas notre plaisir : voir et entendre à domicile Napalm Death, revenir dans cette bonne vieille salle du Moulin et constater que des concerts de metal retrouvent droit de citer en ce lieu suffise à faire de cette soirée une vrai réussite !
Nazi Punk Fuck Off !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Critique écrite le 20 février 2014 par jorma
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