Accueil Chronique de concert R.Stevie Moore + Abschaum
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Chronique de Concert

R.Stevie Moore + Abschaum

R.Stevie Moore + Abschaum en concert

L'Embobineuse - Marseille 21 Avril 2013

Critique écrite le par

On ne peut que se réjouir de la venue de Robert Stevie Moore dans la cité phocéenne, qui plus est à l'Embobineuse, lieu tout à fait adapté à sa personnalité. L'homme est un cas à part dans le monde du rock, il fait partie de cette catégorie des grands excentriques (ou dérangés, au choix) à la Captain Beefheart, Syd Barrett, Jad Fair ou même Daniel Johnston. Compositeur frénétique, parrain du Lo Fi, éternel chantre du "Do It Yourself" , mélangeant allègrement rock, pop, punk ou psychédelisme, l'homme a produit depuis plus de 40 ans au moins 400 albums, cassettes et autres CD-R. Difficile de s'y retrouver dans cette discographie pléthorique dans laquelle on trouve des perles absolues, modèles de fraîcheur et de loufoquerie. L'homme est d'ailleurs une influence avouée pour les plus intéressantes formations de l'Indie Rock U.S comme MGMT ou Ariel Pink (avec lesquels il a même collaboré) ou les moins jeunes comme les excellents Ween.
La première partie de la soirée est assurée par le one man band lyonnais, Abschaum. Seul derrière son Laptop, un clavier et muni d'une Telecaster, Abschaum va livrer un set très honnête d'une bonne demi-heure. Le musicien envoie de longues boucles synthétiques, sur lesquelles il plaque des accords répétitifs de guitares saturées. L'ensemble est peut-être un peu uniforme, on sent nettement les influences New Wave, des Spacemen 3 ou de Suicide mais les titres se révèlent assez prenants et hypnotiques. Le chant, ténébreux et en français, est très " Cold Wave " (comme on disait dans les " early 80's "), les paroles sont difficilement intelligibles mais peu importe, la sauce prend plutôt bien et on sent une réelle personnalité. Abschaum gagnerait cependant à un peu plus à s'extérioriser sur scène, même si le parti pris du one man band n'est certainement pas facile. En tout cas, les titres en écoute sur Bandcamp accrochent bien. A suivre, donc.

R.Stevie Moore débarque un peu après, accompagné de membres du groupe new yorkais Tropical Ooze, constitué d'un batteur, un guitariste, et d'un guitariste / claviériste, qui ont l'âge d'être ses rejetons. Déjà, visuellement, l'homme attire l'attention : silhouette massive, chevelure et barbes blanches hirsutes, lunettes à grosses montures, il porte un blouson bleu électrique du plus bel effet, et a toujours le regard halluciné de celui qui voit débarquer un escadron d'OVNI. R.Stevie Moore va être à la hauteur de sa réputation de doux dingue. Le groupe assure une synthèse improbable entre les Ramones et Zappa (influence revendiquée du chanteur). R.Stevie Moore a le don pour écrire des chansons pop hyper accrocheuses comme I Like to stay home qu'il ne peut toutefois pas s'empêcher de saboter en partant dans des délires free (je précise que le terme " saboter " n'est pas ici pour moi péjoratif). En plus de chanter comme un Captain Beefheart possédé (pléonasme), il tient également la basse, sur laquelle il a fiché sur une mécanique une tête de poupon (détail qui en dit long sur l'extravagance du bonhomme). Au bout de cinq morceaux le public a droit à un " thank you good night !" et le groupe quitte brusquement la scène laissant l'assistance interloquée. R.Stevie Moore revient seul quelques instants après pour se livrer à un intermède surprenant pendant lequel il va faire le tour des instruments : il saisit une guitare pour jouer à même le sol une sorte de free blues déchiqueté, se place derrière la batterie ou plaque quelques accords sur le clavier en ululant " Thatcher ", scandé comme un mantra démoniaque. Le groupe revient peu après et reprend fort avec un I am the best for you, titre punk rock très efficace. Les chansons jouées par la suite sont dans le même esprit pop punk que la première partie du concert avec toujours cette façon de les terminer d'une manière très libre, presque improvisée. R.Stevie Moorequitte alors la scène comme si de rien n'était tandis que ses musiciens concluent le concert dans un joyeux bordel free noise. Pas de salut de la part du chanteur, et bien sur, pas de rappel mais peu importe, même si le public a eu droit à un show un peu erratique, il ne semble pas s'être ennuyé un seul instant tant la prestation a été atypique et les chansons bonnes. J'ai été quand même un peu frustré par la brièveté de ce concert (une bonne heure) pour la simple et bonne raison que j'aurais bien voulu encore écouter et découvrir quelques uns de ces excellents morceaux que R.Stevie Moore semble torcher avec une déconcertante facilité.

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