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Chronique de Concert

Soirée d'ouverture de Marseille Provence 2013

Angle République/Dames 12 janvier 2013

Critique écrite le 18 janvier 2013 par A.Na

Merci pour vos mots, ça fait du bien de lire les vécus de chacun, et non les gros médias !On était avec Ladodoclem, à vivre l'ici, ensemble, maintenant, voilà mon récit de cette soirée où le son était bon à l'angle des rues.
J'AI EU LE OFF, J'AI EU LE IN,ON EST TOUS DES OUT.
Samedi 12 janvier ?Bien sûr j'y étais !
Ouverture de Massilia capitale européenne de la culture, pas moyen de le louper.
Alors voilà, je m'attendais à une clameur du tonnerre, un black out de folie, ça n'a pas eu lieu...mais je ne m'attendais pas à danser dans la rue avec mes compatriotes citadins all night long !
Cela résume le tout : tu t'attends à ça, tu as autre chose, après, à toi d'accepter l'impro, ou pas.
Ma déambulation, c'était ça : Levé à un heure de l'aprem, ouverture du off oblige, le son de Dj Djel oblige. Je ne le connaissais pas, pourtant il est de là, Belsunce breakdown. Du son qu'on aime, qui s'enchaîne let's groove, let's dance. Belle ambiance, des sourires pleins les lèvres. Enfin, on y est, à cette fameuse capitale !
Je tchatchais, les yeux enchantés, du lendemain, de la clameur, du black out...
Ca part de là : fin d'après-midi, un monde de ouf en haut de la Canebière, allez ma fille, fissa, y'a du monde dans la place, la rue qu'est à nous, vivons-le !La rue est rendue au peuple, il est là.
Performance, mini-manif ? C'est quoi ces drapeaux, ces fumigènes ? La manif casi hebdomadaire pour les droits des kurdes ?
Je m'approche, je lis "Culture pour tous", "Culture populaire", Marseille 2600 ans d'histoire", " Jean Jaurès, 13 015", le drapeau algérien flotte, les chants de l'OM se font entendre, Marseille te voilà, émue me voilà. Le poing levé, un regard vers ces visages colorés, je poursuis vers le Vieux-Port où on m'attend.
Direction la clameur gospel au Silo. Oh, freedom ! Nine Spirit, généralement c'est du lourd.
On marche sur République, la rue est rendue aux piétons, on enchaîne les "Aïoli" à tue-têtes, devant les lampadaires colorés,
on arrive au Silo, pas trop d'ambiance par rapport à notre excitation latente, on se dit que de là on verra rien du black out, allez on bouge, on a le temps, oui, allez, go to The Major.
Là-bas y'a la clameur punky lyrico strangy de Phil Spectrum et Leda Atomica,
Bon, celle-là je l'ai pas répétée, mais de là-bas on verra les bateaux, les nouveaux bâtiments, le black out...
Les axes, les rues changent, on s'engage sur le boulevard (avenue ?) du Littoral, "toute toute première fois", la passagiatta !
Arrivée à La Major, le temps de reprendre son souffle avant les 19h de la clameur.
Nous y voilà.
T'entends quelquechose ? Arrête de chanter j'entends rien ! Je vois rien ! Viens on recule on verra mieux. Mais, y'a rien qui s'éteind. C'est fini ? Mais non, regarde la Villa Méditerranée est encore éclairée. Oui mais y'a des lampadaires éteins. Mais non mais regarde, le bateau est éclairé...
Plif plouf plaf ---
Waouh, regarde !
Ah ouais, sont classes ces feux d'artifices !
Voilà, ce que je voulais vivre à tout prix n'a pas lieu. Belle leçon de vie.
On continue. Devant l'église romane face au fort St-Jean, la Bonne-Mère se découvre vêtue de bleu et blanc, couvertes des couleurs de la cité. Les lumières changent, à un rythme diffus, les projos forment un tipi,
Regarde, on pourrait croire à une soucoupe volante au décollage !
Petite bière au Troquet du bas de la place de Lenche, face à la dame illuminée, se reposer de la marche (je me dis que les marseillais vont avoir de beaux mollets cette année avec cette belle randonnée d'ouverture, vivement d'emprunter le GR2013 !).
Puis direction le Gran Estrambor à l'angle République/Dames. Via les Accoules, figurines colées aux murs, bruits de récré, paroles de minots résonnent dans les hauts-parleurs, Le panier, plus vieux quartier, toujours rajeuni.
Arrivée Place Sadi-Carnot, sculpture de glaces, on croise un camion musical, on mange un bout (dans un truc à la bobo, où sont les kebabs de la République ? Gentrification ?).
On rejoins Clem à l'angle République/Dames. Les Dj sont là, le son est là, les danseurs sont là, on y restera toute la soirée.
D'autant que les fanfares se séparent en étoile de chaque côté des avenues, puis se retrouvent ici, face aux Dj Nova-teurs : RKK, vieux de la vieille qui envoie et Big Buddha, aka Squally d'ici, ouverts aux sons du monde.
Les fanfares arrivent, on reconnaît des musiciens du coin, et ça envoie des battles avec les minots. Marseilles, fait danser ! De 7 à 77 ans, ça aura groover sur le bitume.
Hop hop hop, allez !!!
"Des concours de danse un peu partout s'improvisaient, je te propose, un voyage dans le temps, via planète Marseille." IAM l'avez dit, on l'a vécue.
Une farandole, puis deux, puis trois se mettent en marche, esprit du oaï es-tu là ?!
Ce soir ce sera une fanfare à 150 zicos, chapeau bas les artistes,
Edith Piaf qui regrette rien,
Le son de l'océan indien,
Björk mariée à Omar Souleyman,
Hippy-hop,
Bella Ciao à la sauce Kusturica...
Et, mais c'est quoi là-bas ?Une boule à facette géante, suspendue à un camion de pompier, remonte la rue de la République.rnParade des lumières !
La croisée des métallos avec une fanfare à la Belsunce/Treme (New-Orleans).
Quelques gouttes à la "rennaises" tombent, je repense à mon souhait de vivre un jour un semblant des Trans musicales de Rennes à Marseille, parce que là-bas, on donne la possibilité aux citoyens de faire la tawa dans la city.
M'y voilà, y'allah !
Cosmopolite on vous dit, Marseille, et la France, et le monde !!!!
Je n'aurai pas vu les anges, mais leurs plumes ont jonchés les rues jusqu'au lundi,
Je n'aurai pas vu le flamenco que j'aime tant,
Je n'aurai pas vu les feux de la Bonne-Mère,
Je n'aurai pas entendu le jazzy swingy groovy au Silo,
Je n'aurai pas été au camping de La Friche,
Etc...
Non, je ne regrette rien, rien de rien.
Qui aurait cru qu'on danserait au carrefour d'avenues si peu glamour?!
La culture, c'est peut-être ça, être là où on s'y attends pas.

 Critique écrite le 18 janvier 2013 par A.Na