Accueil Chronique de concert The Pigeon Detectives + Miami Horror
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Chronique de Concert

The Pigeon Detectives + Miami Horror

The Pigeon Detectives + Miami Horror en concert

La Flêche d'Or, Paris 21 mai 2011

Critique écrite le par

Deux têtes d'affiche pour cette soirée à La Flèche d'Or : l'électro-pop tendance disco-house de Miami Horror et le post punk des Pigeon Detectives. En première partie, on notait la présence des Irlandais de Bell X1, ancien groupe de Damian Rice, manifestement venus avec leur fan club, qui ont proposé une entrée en matière sympathique, pas toujours transcendante, mais globalement convaincante.



Encore peu connu en France, le combo australien Miami Horror est un véritable générateur de tubes. Avec sa base house ultra-dansante, ses arrangements d'une fraîcheur éblouissante et sa pop solaire, d'une légèreté et d'une efficacité imparable, le groupe se place dans la droite lignée de ses prestigieux compatriotes, à mi-chemin entre Midnight Juggernauts, Pnau et Empire Of The Sun. Habitué des premières parties de Lily Allen ou des Friendly Fires, il débarque sur la petite scène de la Flèche d'Or dans une atmosphère d'une humidité et d'une chaleur digne des pires étés australiens. Trop bien habillés pour cette ambiance torride, les musiciens tombent d'ailleurs vite leurs vestes et la bière coule à flots parmi les rangs du public, plutôt enthousiasmé.



La plupart des meilleurs morceaux du groupe y passe, notamment le très estival Holidays ou encore I Look To You, vrai feu d'artifices multicolore, sorte de collision entre One-T, les Supermen Lovers et Röyksopp, avec son énorme base disco prompte à déchaîner les foules. On voit également passer Sometimes, réclamé par les quelques connaisseurs présents. Avec ses nappes de synthé épiques et ses bourrasques de guitare, le morceau emporte toute la salle, qui danse sans retenue. Daniel Whitechurch bondit derrière son clavier tandis que Josh Moriarty, au chant et à la guitare, prend des poses lascives derrière son micro. Le plus discret est finalement Benjamin Plant, pierre angulaire du groupe, dont il est le fondateur et producteur. Enthousiasmant sans être excessif, le jeu de scène des Miami Horror permet au groupe une belle communion avec le public, qui en redemande.



Pourtant, on ne peut pas s'empêcher de trouver que leurs titres sont plus efficaces dans leur version studio. C'est étonnant, même assez peu fréquent, mais on est finalement quelque peu déçu par la dimension que ces hits prennent en live, un peu plus confus et donc moins efficaces qu'en album. Il n'en reste pas moins que l'on passe un excellent moment et que la prestation des quatre garçons est techniquement irréprochable. Manque donc peut-être un tout petit supplément d'âme, mais ne soyons pas trop gourmands !





C'était ensuite aux énervés britanniques de Pigeon Detectives d'entrer en scène. Une vraie prestation pop-punk, avec Matt Bowman en chanteur déchaîné, qui gesticule en tous sens et fait inlassablement tournoyer son micro dans les airs, avant de haranguer le public, de grimper à la structure métallique de la scène ou de copieusement arroser les premiers rangs avec sa bouteille d'eau. Beaucoup d'esbroufe, mais ce n'est pas désagréable musicalement et plutôt amusant à voir. Certes, le groupe n'invente pas la poudre, mais l'effet est plutôt réussi sur des spectateurs qui, pour ceux qui tiennent encore bon dans cette chaleur infernale, sautent frénétiquement et balancent leurs mains dans les airs avec enthousiasme. On note quelques très bons refrains, accrocheurs comme il faut, et une ambiance de feu qui suffit à faire de ce concert un joli moment d'énergie, sans prétention, mais très spontané. On regrettera seulement qu'à bouger sans arrêt, le chanteur vole un peu la vedette à ses musiciens, nettement plus timorés et qui apparaissent du coup très en retrait. Les Pigeon Detectives terminent leur concert parisien en faisant monter le public sur scène, une belle manière de conclure cette soirée.



Ce qu'on retiendra finalement, ce sont les mots de Matt Bowman : "This is the warmest gig we've ever played", des mots pas forcément destinés à décrire l'ambiance (quoiqu'elle fut excellente), mais bien cette chaleur caniculaire qui étouffe la Flèche d'Or sitôt les beaux jours venus. Entre la prestation dansante et rafraîchissante de Miami Horror et l'insolence incandescente des Pigeon Detectives, c'était en tout cas le choc thermique et acoustique de la semaine...


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