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Chronique de Concert

The Rabeats

The Rabeats en concert

Le Silo, Marseille 1er février 2013

Critique écrite le par

J'ai quand même tenu 37 ans avant d'aller voir un tribute band (en tout cas, un payant), et ce n'est pas par hasard : je n'ai jamais eu envie de voir un ersatz de gens connus, alors qu'il y a presque toujours un groupe d'inconnus, plus jeunes et plus accessibles, qui joue le même style de musique,voire reprend 2 ou 3 titres de ces gens connus. Mais bon, les Beatles, c'est un fait, ne sont décidément plus assez nombreux pour pouvoir envisager une re-formation : je ne les verrai donc jamais alors que c'est un groupe que j'aime depuis toujours.


Et d'ailleurs je retrouve leur influence aussi bien chez des chanteurs connus (Peter Von Poehl, Rover etc.) que des groupes de punk'n'roll internationaux (The Hives) ou de punqueroque underground (Keith Richards Overdose), en plus d'Oasis qui a intégralement construit sa discographie en les pompant sans vergogne. Je ne suis a priori pas le seul à avoir fait ce raisonnement, à en voir la salle presque pleine d'un public multi-âge, venu applaudir The Rabeats d'Amiens, France, groupe d'hommage en costume aux Fab'Four de Liverpool !


J'atteinds ma place à la seconde où ils entrent sur scène (ou plutôt, devant le rideau) : en vestes grises cintrées et cravate, perruques rutilantes et lunettes fumées, et chantant unplugged autour d'un unique micro, les, euh, "Lapains" recréent assez bien l'image des Beatles lors de leurs premiers passages télé, qu'on ne connaît qu'en archive. Ils ont au moins deux fois l'âge de Lennon et ses potes à l'époque, mais sont quand même nettement plus jeunes que Macca aujourd'hui ! Dernier petit deuil à faire (mais c'est finalement plutôt une bonne chose !) : ils ne seront pas couverts, comme les originaux, par des hurlements de jeunes filles en fleur pendant tout le concert...


Pour le reste, il y avait quelques écueils à éviter : jouer sur les mauvais instruments (ce n'est pas le cas, ils ont les bons, en tout cas du matos vintage et cher !), réorchestrer les chansons (ils ne s'y sont pas risqués, à quelques arabesques et soli près), ou pire, les chanter mal : or le leader imite plutôt bien la voix de John Lennon (même s'il chante la plupart des chansons alors que Paul Mc Catrney en chantait pas mal aussi, il me semble), et les autres font les choeurs très bien, quand il le faut. Bref, visuellement et auditivement, l'illusion est très correcte : on va donc pouvoir, comme je l'espérais, écouter la musique des Beatles jouée bien, et fort, en live.


Enfin fort, après les premières chansons faites unplugged donc (Michelle étant la plus connue), finissant avec un rock'n'roll ancien qui fait la transition. Quelques secondes cachés derrière le rideau projetant leur logo en grand au son de God Save The Queen et hop, ça décolle : Love Me Do, jouée environ 3 fois plus fort en costards noirs, démarre réellement les hostilités ! Suivie par une visite de, à mon goût, leur meilleure époque : super Can't buy Me Love (ils font lever les gens, qui vont hélas se rasseoir après), Close your Eyes (au fait je ne suis pas sûr de tous les titres !), A Hard Day's Night (parfaite !), Nowhere Man où je réalise quel la partie de basse semble bien plus technique que ce que je croyais...

Ils continuent à enfiler des perles sans coup férir, tandis que le public résiste encore à l'envie de se lever : Drive my Car, She Loves You, Help ! (énorme), puis Daytripper et son riff qui tue (ça y est, on est enfin debout à nouveau !)... Et en apothéose de cette partie, l'explosive Long Tall Sally, chanson de Little Richard bien sûr, mais qu'il m'a toujours rendu dingue et que j'entends, avec émotion, pour la première fois jouée en live ! Je suis donc pris d'une envie (retenue) de secouer mon voisin, un jeune terriblement 'square', pour faire sortir le balai qu'il a coincé quelque part et qu'on puisse un peu se pousser en hurlant !


A la 45ième minutes, le rideau se referme pour un entr'acte - on imagine bien qu'ils vont devoir se changer un peu pour aborder la période flower power / Sgt Pepper...Ils ne sont pourtant pas si bariolés que ça, pour revenir jouer les jolies Sgt Pepper, With a Little Help from my friends et la flamboyante LSD ! Mais les voilà déjà partis plus loin, avec Come Together (magnifiquement jouée avec un son bien lourd), où j'entends des gens crier le refrain au mauvais moment - une HONTE intersidérale pour des connaisseurs des Beatles, ce que ces gens ne sont manifestement pas tous !

Mais là où je suis vraiment rassuré (non, décidément, la salle n'est pas pleine que de fans hardcore), c'est devant le spectacle affligeant du public s'éteignant totalement à l'écoute de la sublime I Want You (She's so heavy)), blues lancinant et totalement hors-cadre, 8 minutes d'extase, et qui a toujours été une de mes préférées - depuis que je l'ai découverte il y a 20 ans en face B du 45 t de Tostaky de Noir Désir ! A ce moment je décide que les Rabeats sont un vrai groupe, cohérent et incisif, prêt à prendre quelques risques, et décidément pas une simple troupe de singes savants...

Le public revient un peu à la vie sur Here Comes the sun et la kitchissime Octopus's Garden, avant de se disperser à nouveau en partie sur A Day in the Life et Fool on the Hill : il faut laisser aux Lapains qu'ils ne donnent pas que dans du tube énervé, ne négligeant pas des balades superbes et moins connues. Heureusement pour ne pas perdre tout le monde, 'Lennon' étant au piano, arrive Let it Be qui n'a jamais quitté les charts des karaoke du monde entier (et ça s'entend, quel tube dans la salle !)... On leur passera l'anachronisme : sauf erreur, elle n'a jamais été jouée live par les Beatles, alors déjà séparés.

Il est temps d'aller encore plus loin, avec Hey Bulldog (ok celle-là je me suis fait un peu aider pour retrouver son titre !), Lady Madonna (que j'avais complètement oubliée !) suivie d'un solo de batterie (un moment toujours pénible, supportable ici grâce à la personnalité de ce 'Ringo Starr' grassouillet, moustachu et fort sympathique...). Time to Go nous fait à l'idée qu'il va falloir partir (ils jouent depuis plus de deux heures !), message contredit immédiatement par la saignante Get Back (mortelle) ainsi que le dernier grand tube karaoke de la soirée, Hey Jude (oui, bon, on s'est quand même fait les "la-la-la-la-la" de la fin !), admirablement hurlée dans la coda par le chanteur, à la voix décidément très puissante.

Le groupe revient pour ce qui aurait pu conclure aisément la soirée, ma chanson préférée entre toutes, Twist & Shout ! Un pied total et absolu (première fois aussi que je l'entends en live !)... Trois minutes qui à elles seules auraient pu justifier le déplacement ! Mais après un dessin animé plutôt joli les mettant en scène - même graphisme que l'affiche, ils reviennent une fois encore faire le tour de la salle au son de All You Need is Love, ce qui est gentil pour les gens du fond, avant de sortir sous des ovations méritées après un espèce de medley final.

Bref, ce n'est pas décevant du tout les Rabeats : un super show, mix habile entre des tubes inévitables et des pépites plus ou moins ignorées, le tout fort bien interprété avec le respect des oeuvres originales. En outre, et c'est tout à son honneur,le groupe ne fait pas que relever les compteurs d'un groupe disparu en jouant un best-of en 20 tubes, mais s'échine au contraire à le refaire vivre sous tous les angles, à peu près chronologiquement, et avec un bon tiers de titres inattendus. Du beau boulot, à découvrir sans hésiter ni bouder leur plaisir, pour les amateurs !

PS : un mot sur les photos ! Au vu de l'agencement de la salle, (pas de zone "crash photos" et pas le droit de se positionner sous la scène), de la volonté de limiter à 3 chansons l'accès aux photos (comme c'est souvent le cas) et de l'interdiction formelle donnée au photographe de continuer son travail même "de loin" ensuite, les photos prises ne sont hélas pas représentatives de l'ensemble du concert, avec plusieurs changements de décors, d'ambiance et de costumes. Nous avons donc choisi de les faire figurer seulement face au texte correspondant à la première séquence...
Sans remettre en cause les règles de fonctionnement tourneur/salle librement acceptées, il faut toutefois noter que du coup, ces photos ne rendent pas justice à l'inventivité du groupe The Rabeats.

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