Accueil Chronique de concert Steven Wilson
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Chronique de Concert

Steven Wilson

Steven Wilson en concert

Le Silo Marseille 11 juin 2025

Critique écrite le par

Au Poil de Q(I) près...

The Overview
Bien que bâti à l'ancienne - deux véritables morceaux, Objects Outlive Us et The Overview, pour un total de quarante minutes et... quelques menues broutilles - afin de renouer d'avec le genre Prog, que Steven avait pas mal délaissé au cours des dernières années, cet album a eu du mal à me passionner. De prime abord. Non pas qu'il m'ait laissé froid non, mais parce qu'il me semblait froid, quoique positionné du propos, ambitieux de son contenu. Ne m'étant pas laissé abattre, pour autant, j'ai, au cours des jours précédents sa venue au Silo, tenté de nouvelles approches et fini par véritablement y entrer : ce soir, plus encore, lorsqu'il l'a, comme à l'occasion de chaque date, de l'actuelle tournée, joué d'une traite, dans l'ordre et en intégralité,
Avec Thick As A Brick (un seul morceau, positionné sur deux faces), puis A Passion Play (un par face, cette fois), Jethro Tull- l'un des nombreux groupes que Steven Wilson "remixe", dans le cadre de leurs successives rééditions -, avait déjà, dès 1972 puis 1973, tenté cette aventure, ô combien singulière, casse-gueule, ambitieuse et pertinente.
Si Wilson n'en est pas là, à son coup d'essai, cela faisait un p'ttit bail qu'il ne nous l'avait pas fait, le coup de l'album Prog "historique du genre", comprenant deux morceaux, cette fois. Un par face, en somme : enfin seulement si on l'a acheté en vinyle, cet opus, vu qu'sur mon CD, les deux s'enchaînent sans moufter.
À peine placé, en nos murs sudistes, il y convoque, recta, l'intro du show : menée a cappella, avec l'adjonction du film, bien entendu, postée fortement au soutien. Une suite de visions apocalyptiques, alternant entre forêts en flammes, terres dévastées et banquise en déroute fondant à la vitesse d'un glaçon plongé dans un pastis en période de canicule.
Tout comme lors d'un concert "en stade" (pas bien placé), je me demande, illico presto, ce que je dois privilégier : passant, sans arrêt, agité du regard, entre le flot d'images projeté - immenses, attirantes, accapareuses d'attention - et la nuée de notes et frappe produites par le quintet, concentré, qui nous fait face. Très vite, avant même que le Steven ne s'empare de sa première "électrique", la section rythmique semble décidée à solidifier le tout (et l'espace environnant) en mode ciment prompt.
Au bout d'un bon moment, cette succession d'images enfilées - semblant accréditer bon nombre de visions, sombres, quasi apocalyptiques, tricotées par les plus éminents auteurs de SF, originaires du siècle passé -, aura fini par me pousser à baisser l'regard. Et même fermer les yeux oui, à l'occasion. Sachant que le monde d'aujourd'hui, ses omniprésents-omnipotents medias et réseaux (dits) sociaux, nous bombarde déjà, de longue et en continu, d'images à gerber en provenance d'une humanité, encore et toujours aux prises, en lutte, d'avec sa condamnation depuis longtemps actée, j'ai finalement fait le choix de me plonger dans l'obscurité pour... simplement les écouter.
Un "merci Marseille, bonsoir !", plus loin (à jamais briseur de rêve éveillé), puis une belle ovation récoltée, en retour, l'ensemble bascule sur la suite ; enfin, LE second morceau plutôt. Tandis qu'il voyage, enchaîne-énumère, entre moult systèmes, étoiles et constellations lointaines, je me demande, à défaut d'en avoir jamais eu la preuve, si nous sommes, bels et bien, les seules "entités vivantes" à habiter (détruire ? polluer ?) tout ceci ? Les seules à réfléchir de la sorte ? Peut-être les seules (qui sait ?) à s'interroger de cette façon et le chanter-jouer - Les "autres" sont peut-être déjà au courant, évitent de se poser la question ou n'en ont strictement rien à fouchtre, "eux", who knows ? (Peut-être même que rien, ni personne, ne sait, n'assumme, ne présuppose, ne... connaît ?).
Je me lance également, en interne, que cet homme là, posé juste en face, m'a plutôt l'étoffe d'un scientifique ; que c'est, en tant que tel, qu'il doit aborder la-sa musique ; qu'il est l'un des rares musiciens (que je connaisse), à avoir publiquement pris position POUR l'apport (le prochain avènement ?) de l'IA dans la musique ; qu'il doit, très certainement, à l'occasion d'un projet studio, encore à venir, demander à un logiciel, tout nouveau, très particulier, peut-être même bâti juste pour lui, d'analyser l'ensemble de ses précédentes compos ; peut-être même également, s'agissant de ses groupes préférés (King Crimson placé en pôle). Ceci afin qu'il lui soit proposé, dans la foulée, une toute nouvelle suite d'accords (notes, noires et blanches, croches, bécards, silences et... profonds soupirs ?), rarement ou bien jamais utilisée (quoique difficile à imaginer), dans le genre, si particulier, qu'il habite et ratisse depuis des decennies. Si, fait.
Pour en revenir au moment Live, il se trouve que les entités musicales d'en face (elles), sonnent fichtrement juste. Ce soir comme, tous les soirs ? (Probablement). Le tout étant interprété, (re)joué, au micron prêt. Je me dis alors, qu'il n'en faudrait pas beaucoup plus, sur ce degré d'excellence, pour que l'ensemble ne flirte tout bonnement d'avec le chiant de légende. Écueil ad-mi-ra-ble-ment évité. Obstacle même franchi haut la main : pas la moindre papatte, ni l'ombre d'un sabot, plongée dans la mytique rivière si souvent fatale aux chevaux et cavaliers de concours. Première partie (donc) magnifiquement aboutie, maîtrisée, amenée à terme, sans débander ou mollir soudainement du bend-band, en mode coït interrompu - coitus interruptus, pardon Steven ! Pardon également (mea culpa), pour avoir ainsi ôsé comparer, de façon très triviale, l'acte musical créé sur scène, par un pro, à l'acte de procré...
De toute façon, vu la performance accomplie, le côté tellement exigeant, coûteux et énergivore, exigé en contrepartie, l'on nous signifie alors, céans, par la bouche même, du grand ordonnateur de toute chose, qu'une pose, bien méritée, de vingt minutes, se pointe et sera plus que bienvenue.
Fin affichée-déclarée, de la première partie. Dont acte. Avant logique entracte.

Le son
Lorsque l'on sort, tout juste, d'un show "brouhaha" subi au Vélodrome - pas le meilleur, vu et entendu, de Bruce & The E Street Band, mais un show dense et solide, un rien trop politique, lorsque non axé sur les hits -, se retrouver ici au Silo, ce soir, permet à nos oreilles de grandement ré-cu-pé-rer (pas saigner quoi, c'est déjà ça). Fort heureusement, à la fois pour nous et pour lui (si, si), le gars Steve n'aura sans doute jamais, encore moins en nos contrées, l'opportunité de le tester "en vrai", d'enrager jusqu'à en baver.
Encore que, vu que le gars se charge, depuis des années, avec succès, de nombre de remastérisations de classiques du genre "P" - Yes, King Crimson, Jethro Tull, Marillion, Gentle Giant, Pink... Floyd ! -, ou bien de productions d'albums studios - Opeth, Fish, Anathema... -, il serait bien capable, lui, de trouver une solution à tout cela ou bien, à défaut, de s'en tirer au moins avec les honneurs...

Le Merch
Il est aujourd'hui, loin d'être le seul, c'est à spécifier, qui s'montre bien résolu à nous faire le dedans des poches ; d'une affichée, criarde et éhontée, façon. Non. Reste que ben, cela vous mets le t-shirt à quarante Euros - et non pas "balles", c'était avant "ça", à l'époque des Francs : la monnaie, pas les gens ! -, le poster à l'équivalent et le truc à capuche, épinglé au-dessus, juste plus épais quoi, à bien plus de soixante et... merde. Quand j'étais "gamin" (ben ouais, il se trouve que je m'en souviens), lorsque l'industrie du disque ne m'avait pas délesté de mes derniers Francs (le peuple de Clovis), j'aimais, par-dessus tout, ressortir d'un concert porteur d'un t-shirt à l'effigie du groupe que je venais de voir-écouter. Est-ce que j'en aurais eu les moyens, rapport aux tarifs pratiqués désormais ? Bien évidemment qu'non...
À destination des spectateurs m'ayant demandé, au cours de la soirée, "où trouver" le t-shirt, à l'effigie de Steven Wilson, que je portais, reponse, ci-après :
https://kollectivmode.com/des-t-shirts-oui-mais-des-km-a-lapproche-de-lete/


Le Trabendo en 2003
Ma première, s'agissant de Porcupine Tree et de son leader révéré. Je bossais "sur" Paris, était allé voir ce qui tournait alors, en la capitale, à l'occasion de ce séjour laborieux, avait isolé ce show, m'était tout de go lancé. J'en avais, à c't'heure, à peine entendu causer. Il venait, tout juste, de sortir In Absentia et... je suis tombé dedans oui, jusqu'ici et aujourd'hui. Mon point d'orgue perso, restant ce fabuleux show donné à L'espace Julien, en novembre 2013, à l'occasion de la tournée The Raven That Refused To Sing (mon préféré à moi) : parce que la Setlist était à tomber, la mise en scène bluffante (celle dite "avec rideau"), le groupe relâché et auteur de sublimes envolées. Des moments d'émois, sur lesquels je serais resté, aurais planché, des mois.

Les chansons
"Nous allons tenter de jouer quelque chose, de moins de quatre minutes ! (Dit-il, sourire fiché en coin) Pour celles et ceux qui pensent que l'on ne peut jouer, ou concevoir, un morceau de moins de vingt minutes... ".
What Life Brings, issue de Harmony Codex - sorti en 2023, mais pas joué sur scène -, saura en effet rappeler, brillamment, que ce groupe peut également se restreindre, de l'envolée, sans pour autant expédier ou minorer. De la belle ouvrage, assurément.
"Cette chanson, nous l'avons tentée hier soir à Zurich. Elle est difficile à jouer. Elle est extraite de Harmony Codex et... c'était plutôt réussi. Elle mérite d'être tentée une seconde fois, ce soir...". Staircase (c'était elle), aura effectivement plutôt pas mal sonnée. Mais bon, sachant l'extrême rigueur du bonhomme, aurait-il pu, réellement, en être autrement ?
Au registre des réussites marquantes : Dislocated Day (Porcupine Tree / The Sky Moves Sideways / 1995). Tandis que le "master" usine son solo, je prends, une nouvelle fois, le temps de m'attarder sur cette rythmique infernale, qui pulse et bat... tout sauf en retraite non, no way baby. À l'image de Impossible Tightrope (The Harmony Codex / 2023) : une longue (de plus), une compliquée à tenir, une qui sait, très savamment, passer par tous les-ses états avant que d'exploser et déclancher une énorme, une profonde, explosion, chez les gens comblés, de moins en moins assis, d'en face et tout autour.
Annoncée comme une qui "finit très fort", et grand classique de ses shows, depuis des années, Ancestral (Hand. Cannot. Erase. / 2015) n'en finira pas de rebondir, de se relancer, de se durcir, se densifier : avec les musiciens postés en bordure de scène pour mieux haranguer, partager, se nourrir et donner. Par-fait.

La communication / L'humour Anglais
"J'ai toujours été le moins bon des musiciens, de tous les groupes dont j'ai fait partie ! Ces gars-là sont incroyables, ils sont capables de tout jouer, à peu près tout c'que j'peux imaginer..." (En gros hein : Steven Wilson / Le Silo)
Ben ouais mais (il oublie de nous spécifier que) c'est tout d'même lui, le gars Steven, qui noue et dénoue à peu près tout, s'agissant de SA musique. Comme quoi, suffit pas de savoir dominer un instrument, une technique ou bien une matière, sur le bout de la pulpe des doigts (sur le tissu du cortex ?), pour arriver à en tirer quelque chose d'original, de suffisamment excitant, d'atypique et particulier, d'aisément reconnaissable.
La revanche, une fois de plus, de l'instinctif, du créatif (parfois un brin cossard) posé-posté, en limite d'imposture, face à l'implacable rigueur de l'exécutant ? C'est souvent le cas oui. Fort heureusement. Encore que, le concernant, il n'est pas non plus à suspecter de quoi que ce soit "d'instinctif", de "facile", encore moins de "dilettante" - "cossard" ayant été, depuis fort longtemps, rayé de son vocabulaire perso -, tant il en fait, en refait, défait et parfois sur... (de son) fait. Quoi qu'il advienne, une fois encore, rien ne peut décemment s'imaginer, exister puis se faire, sans l'adjonction des exécutants (surdoués ou pas loin) : des petites mains convoquées-désignées pour ; même si ces petites mains possèdent, en l'état, deux fois plus d'envergure, amplitude et calles, que leur heureux commanditaire, arrangeur et intouchable employeur.
Suivant, en cela, les indiscrétions de mon poteau "RG", pas membre des Renseignements Généraux, mais bel et bien mon infiltré, sur cette tournée Française - parce que présent, dès la première conférence de presse donnée à Paris pour le lancement de l'album puis d'la tournée, puis à Pleyel et Lyon -, l'ensemble est réellement calé, millimétré, conçu et offert pour, ne surtout pas dépasser et donner, aux heureux présents, l'opportunité de recevoir The Overview, puis la sélection (nantie de quelques rares variations) extraite des divers albums, dans le plus moelleux et rassurant (pour lui ou pour nous ?) des conforts. Les mêmes "bonnes blagues" et traits d'esprit : drôles soit, mais reconductibles à l'envi, quasi millimétrées de l'instant (c'est toujours mieux que de n'rien dire). Même jeu, avec son (hallucinant, musicalement) "batteur", cymbales touchées, au même moment, incluses. Première partie elle, bien évidemment jouée au soupir près : solos inclus et... salam et coetera.
Rien à redire non, puisque c'est carrément voulu. On l'accepte donc, ou pas. On en profite, ou non. Et puis, pour ceux qui n'en font jamais "qu'un", en tout et pour tout, le problème ne se pose pas et le résultat reste... putain d'épastrouillant.

Le groupe
Lorsque je l'avais vu à Marseille - à l'Espace Julien, en novembre 2013 -, et en raison de problèmes rencontrés par son batteur habituel (Marco Minnemann), l'immense Chad Wackerman s'y était collé, en mode pigiste de haut vol : l'un des fameux batteurs sollicités, au cours de son immense carrière, par Frank (le signe du Z) Zappa - en compagnie d'autres pointures à baguettes nommées Aynsley Dunbar, Terry Bozzio, Vinnie Colaitta, Chester Thompson et... Chad : présent, entre autres épastrouillantes participations, sur l'immense The Best Band You Never Heard In Your Life (1988). La seconde, l'ultime fois, où j'aurais vu FZ sur scène (à Montpellier). Ce soir-là, à Marseille-Julien, par le simple fait de sa présence, il m'avait semblé que c'est l'ensemble de la prestation, pourtant réglée, millimétrée, qui avait alors bénéficiée d'une dynamique nouvelle, un brin réinventée, toute particulière.
Tout récemment, a contrario, lorsque le bassiste de Porcupine Tree, Nate Navarro, avait dû quitter, précipitamment, la tournée, il avait été décidé de le remplacer par... la technologie. Ben oui. On garde ses parties de basse, on les envoie en direct et on se cale tous dessus. Voilà. Quelque chose qui m'avait heurté ; qui prouvait alors, à quel point tout, tout, tout, absolument tout, se r'trouve, dans ce monde qui est (devenu) le sien, codifié et aligné oui, au poil de Q(I) près.
Lorsqu'il chante Pariah aujourd'hui, en duo (virtuel, via vidéo) avec Nina Tayeb, je tente d'oublier son absence (à elle), qui me gêne voire m'irrite - ou bien elle est là et elle chante, ou bien il en joue une autre, ho ! -, pour me concentrer uniquement sur la performance, la façon dont le morceau est bouclé, de façon magistrale : emporté par la beauté de la voix, et le charisme, de c'te sacrée donzelle. Après ben, je me suis demandé comment j'avais pu, jusque-là, ne pas remarquer à tel point le début de ce morceau chassait carrément sur les terres du Purple Rain de Prince (logique oui, pour un gars qui aura repris, à la fois en studio et sur scène, son absolu Sign O'The Times).
Gag récurrent de cette soirée, taxer l'immense Craig Blundell de "le batteur !", au moment de le présenter et d'en vanter les (nombreux) mérites. Quoique, à mieux y réfléchir, peut-être bien que cela aura signifié, ni plus ni moins que... LE batteur ! De toute façon, le gars a joué, entre autres pointures, avec Steve Hackett & Mike & The Mechanics (et une pléiade d'autres grands musiciens) avant de rejoindre Steven Wilson à l'orée de la tournée To The Bone (2017). Quant à son jeu, il est proprement stupéfiant.
Nick Beggs (basse), s'agissant de lui, est une vieille connaissance. Il habille, littéralement, l'espace, tisse en permanence, arrondit ou casse, parsème ou bien heurte. Tout en maîtrise et technicité, non sans omettre, fidèle au soutien, de glisser des choeurs, çà et là, pour faire bonne mesure. Sourire mutin aux lèvres (si, si !) Steven en profite pour rappeller que, mis à part ses nombreux projets ambitieux, en solo ou "bien accompagné" - Ellis, Beggs & Howard, The Mute Gods, Trifecta, John Paul Jones ou Steve Hackett -, il aura oeuvré au sein du groupe Kajagoogoo, y obtenant même un tube légendaire, avec Too Shy, en la défunte 1983.
Rien à redire nope, à propos de Adam Holzman (claviers), à qui l'on laisse, de temps à autre, l'espace alloué nécessaire : afin que d'nous montrer à quel point il "domine" son sujet, brasse de la note par poignées, sans pour autant en abuser. Randy McStine (guitare), posté à ses côtés - le côté Américain, comme l'aura fait remarquer Steven - est, depuis la dernière tournée Porcupine, le nouveau venu de la galaxie SW. Toujours difficile, voire casse-gueule, que de passer après des pointures nommées John Wesley, Guthrie Govan ou Dave Kilmister. Lors, loin de passer son temps à montrer, étaler, en faire des tonnes - le lui permettrait-on ? Rien n'est moin sûr -, il se "contente" de mettre son savoir faire au service absolu des morceaux : tout en n'omettant pas de glisser, çà et là, quelques rapides manifestations de son évidente typicité vs inventivité. Et puis, lorsque soudain on lui désserre, un brin, la bride, il en profite alors pour dévoiler, expliciter, à l'ensemble du cheptel humain en attente (spectateurs et musiciens inclus), le pourquoi du comment de sa "six cordes" présence sur scène.

Sa Voix
Dès ma toute première fois, je me suis fait cette réflexion, concernant un certain manque de "présence", de "puissance", de "personnalité", voire "d'émotion", de sa voix : quoique éminemment respectable, agréable, maîtrisée et (toujours) bien en place. Me suis demandé ce que cela pourrait donner, dans les faits, si dame nature l'avait doté d'une voix, un brin hantée, torturée, singulière, atypique ou haut placée : à la Roger (Waters), à la Peter (Gabriel), à la Fish (Marillion), à la John (Anderson), à la Greg (Lake), à la... plein des autres, de fait, au sein de ce genre, si particulier, quoique vaste et varié, qu'est la musique progressive.
Et puis ben, au fil du temps, des albums, des années, je m'y suis finalement fait et... lui aussi ! (Ai encore eu du mal à retenir mes larmes, ce soir, durant l'épilogue du show : The Raven That Refused To Sing).

The Raven That Refused To... Be There, for the Encore !
C'est sûr et certain que, à partir du moment où vous finissez par cette (magnifique) chanson, soutenue de la vidéo (poignante) qui va de pair avec, ben... vous avez fort peu de chances que les gens (encore) présents, en face, vous demandent de re'vnir, d'en rajouter une couche. De toute façon, c'est devenu une habitude, pour lui, que de conclure à l'aide de ce "petit" monument (issu d'un album, tout aussi imposant). Quoi qu'il en soit, à défaut d'avoir eu des "Hits" et de devoir absolument les jouer, comme il l'aura rappelé, en toute fin de show, SW aura tout fait, tout tenté, pour marquer son époque et influer, au mieux, sur ce style de musique si spécifique : globalement adulé, parfois décrié, à l'occasion très chiant, ouaip, ce s'ra arrivé à donf (parce que "hyper démonstratif", indexé avant tout sur virtuosité). Souvent jalousé, de même, par ceux qui s'en sentent exclus oui, par manque avéré de technicité ou parce que juste accros à cette fameuse règle des "quatre accords qui suffisent dans l'Rock !" (Pour tout dire, rameuter, réclamer et envoyer). Comme si l'on ne pouvait aimer l'un ET l'autre hein ? Pour ma part, j'aime tout autant l'immédiateté, sur trois accords, de No Fun (des Stooges), que le Supper's Ready de Genesis (où y'en a plein et de partout, de quoi composer un répertoire entier avec !). Ce Raven That Refused To Sing, se situe justement dans une honnête moyenne, en fourchette basse même et... ça me va (non, à vrai dire, je m'en tape sévère). Voilà.
"Chante pour moi / Chante pour moi / Tu peux venir et m'accompagner / Tu peux venir vivre à mes côtés / Guérir mon âme / Ne faire de moi qu'un, de nouveau... / Parce que je suis faible, juste / Tu peux voler mes rêves / Tu peux même pénétrer à l'intérieur de mon cerveau / Pour y déposer ta chanson à la place... / Chante pour moi / Chante pour moi...".

Silo / Setlist

Première Partie
- The Overview
(Objects Outlive Us / The Overview)


Seconde Partie
- King Ghost
- Home Invasion
- Regret #9
- What Life Brings
- Staircase
- Dislocated Day
- Pariah
- Impossible Tightrope
- Harmony Korine
- Vermillioncore


Rappel
- Ancestral
- The Raven That Refused To Sing
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