Chronique de Concert
The Young Gods + Kill the Thrill
.jpg)
Les amateurs de rock à Marseille ne sont pas idiots : ils ont bien remarqué qu'un certain nombre d'artistes intéressants zappent la cité phocéenne au profit de la perfide Aix-en-Provence, dotée depuis quelques années d'un bien bel équipement culturel, et qu'on ne peut que lui envier. Car le 6MIC est une très belle venue ricciottique, de moyenne jauge et avec un patio, il a deux salles différentes (2 000 / 800), propose un poil de restauration, et est situé en pleine pampa avec un grand parking ! En termes d'accessibilité, de commodité pour le public comme pour les groupes, difficile de rivaliser pour nos Espace Julien et autres Théâtre du Moulin : on est plutôt proche du niveau du Paloma de Nîmes... Pour notre part en 3 ans d'existence, on est donc déjà venu voir ici (chroniqués par ailleurs) Pete Doherty & Frédéric Lo, les Sheriff, ou encore Frustration !
.jpg)
On a donc pas été étonnés du tout de tomber sur des copains de concert et autres visages familiers dès le parking, puis toute la soirée... Plus familiers en tout cas que ces bons vieux Kill the Thrill, dont je connaissais évidemment l'existence depuis plusieurs décennies mais que je n'ai finalement vus en concert qu'une fois, en 2008 (merci Concertandco pour ta mémoire !), déjà à trois, mais manifestement avec d'autres gens autour du grand Nicolas Dick ! A l'évidence, ils sont des plus pertinents pour assurer la première partie des suisses mythiques, tant leurs musiques se ressemblent parfois ! Depuis environ 40 ans que les deux groupes existent, il n'est évidemment pas exclu qu'ils aient pu dialoguer un peu l'un avec l'autre...
.jpg)
Mais enfin Kill the Thrill et son leader habité, ne sonne vraiment pas que comme The Young Gods. Avec leur musique constamment puissante, souvent lente - avec une batterie enregistrée, dommage mais ça sonne quand même mieux qu'une boite à rythmes ! - le groupe explore le chant industriel, mais aussi le rock noisy, s'aventure vers un son metal un peu doom, puis revient à une balade pop à voix grave, mais à tonalité plutôt lumineuse... Le son est fort beau, la voix enveloppante, et le tout un peu trippant ; c'est par contre assez peu communicant, mais le chanteur nous avoue à la fin ne pas avoir joué depuis un an, d'où une certaine retenue, peut-être ? Un show de très bonne tenue, pourtant, et une première partie assez idéale !
.jpg)
Je connais cependant bien mieux The Young Gods, découverts quand j'étais encore étudiant au détour d'un rayon de la discothèque municipale. 30 ans après, je peux encore chanter leur inépuisable et poétique Only Heaven (1995) à peu près par coeur... "Lointaine, où étions-nous, quand la nuit se fit nôtre ?..." Fut un temps pas si lointain où Marsatac était encore un festival de rock et les invita en 2007, et les réinvita même en 2014 (merci encore à Concertandco !). Et aussi, on les a revus en plein jour il y a 3 mois à peine au Hellfest sur la scène Valley (celle des groupes les plus trippants !), lors d'une prestation jouissive et bien trop courte à notre goût, où la réminiscente Kissing The Sun nous a vivement hérissé le poil !
.jpg)
Cette fois c'est la guitare qui est souvent enregistrée, et la batterie jouée en live : Franz Treichler, le frontman, a toujours bien aimé danser sans entraves... Et le son est évidemment laser dès les premières notes de Tu en ami du temps, ce qui ne nous étonne pas d'eux ou de la salle, mais fait toujours plaisir ! Côté setlist, leurs 14 albums studio (là c'est merci... Wikipédia !) leur imposent des choix radicaux, comme celui de se concentrer sur le dernier, l'excellent Appear Disappear, dont ils vont en toute simplicité (et au début, largement dans le même ordre), jouer la totalité ...
.jpg)
Fort heureusement, on s'est déjà bien approprié, entres autres, la chanson éponyme (quelle tension !), la tribale Systemized (quel beat !), la lancinante Hey Amour (quel riff !), la fascinante Blackwater (quelle montée !)... On pourrait ainsi dérouler les dix titres, dont aucun n'est totalement sans intérêt ou originalité, jusqu'à sa conclusion avec la younggodsesquissime Shine that drone (quelle basse !), mais vous avez compris l'idée, non ?
.jpg)
On peut donc évoquer d'autres choses : ces 9 colonnes lumineuses simples et de bon goût, dont l'humeur varie au fil des titres, des plus sombres et stroboscopiques, aux plus colorées et organiques. Ces deux chansons moins attendues, All my skin standing et She rains, toutes deux sous influence tropicale et étrange, non moins prenantes... Ce feu d'artice qui monte "au fur et à mesure" sur The Night Dance. Et ce climax, pour moi, sur les historiques Skinflowers et Kissing the Sun au rappel (toute l'oeuvre de Trent Reznor, que je vénère aussi, semble pouvoir tenir entre ces deux chansons !). Pour cette dernière, sans l'effet de surprise chairdepoulesque du Hellfest... mais avec le plaisir de l'anticipation !
.jpg)
Did You Miss Me ? conclut malicieusement le groupe en second rappel, avec un de ses titres les plus anciens, et les plus légers... Bah oui, à l'évidence, Franz et ses sbires, vous nous avez manqué : vous imaginez ? On ne s'est vus que 5 ou 6 fois en trente ans - en comptant nos premières fois aux Eurocks, plus anciennement. Et à chaque fois, ce soir y compris, on y a pris le même plaisir vibratoire, enveloppant, céleste, en même temps qu'une putain de claque sonique - un pied total donc ! A vrai dire, on pourrait totalement imaginer vous revoir tous les ans. Allez, au moins une fois tous les albums, ce serait déjà bien ? Alors pour conclure, comme disent les américains : Don't be a stranger !
Photos : Laurent BRUGUEROLLE, grand merci à lui !
https://www.facebook.com/laurentbruguerollephotographie
Setlist :
Tu en ami du temps
Appear-disappear
Systemized
Hey Amour
Blackwater
All My Skin Standing
She rains
Intertidal
The Night Dance
Gasoline Man
Blue Me Away
Mes Yeux de Tous
Shine that drone
Encore :
Skinflowers
Kissing th Sun
Off the Radar
Encore encore :
Did you miss me
Critique écrite le 20 septembre 2026 par Philippe
Envoyer un message à Philippe
Voir toutes les critiques de concerts rédigées par Philippe
Kill the Thrill : les dernières chroniques concerts

Kill the Thrill par Odliz
Leda Atomica Musique, le 12/09/2025
Perfusion de concerts ce weekend à Marveille city où gabians des villes et rats des champs impulsent le choeur alternatif du vortex des salles. Ce vendredi soir, après une... La suite

Kill the Thrill (+ Jon Volante) par Pirlouiiiit
Moulin, Marseille, le 19/04/2024
Encore un soir avec trop de choix ... Pour moi ça se jouait entre Louise Osman feat. Hakim Hamadouche à la Meson, Jon Volante (ex KinG) et Kill the Thrill au Moulin, et Farouche... La suite

Kill the Thrill + x25x (concert de soutien à la Machine) par Pirlouiiiit
Machine à Coudre, Marseille, le 04/05/2013
Ce soir pas d'autre choix que d'aller à la Machine à Coudre ... d'une part parce que c'est une soirée de soutien au lieu, d'autre part parce que l'affiche est tout à fait à... La suite

UT + Kill The Thrill (Festival Chhhhhut) par Mystic Punk Pinguin
La Machine à Coudre - Marseille, le 21/10/2011
Nouvelle soirée du festival noisy Chhhhhut, cette fois dans la House of Underground de Marseille, la MàC. Lieu on ne peut plus légitime pour ce soir, car c'est bien... La suite
The Young Gods : les dernières chroniques concerts

Interview avec The Young Gods par Pierre Andrieu
La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand, le 19/06/2026
Quand un groupe mythique comme les Young Gods se produit à cinq petites minutes de chez vous, vous n'avez aucune excuse pour ne pas aller assister au concert ! Quand, en plus, une... La suite

Behemoth, Powerwolf, Young Gods, Clutch, Slift, Dark Funeral, Les Wampas, Perturbator, My Own Private Alaska, Hangmans Chair, Exodus, The Libertines, The Hives... (Motocultor Festival 2022) par Kévin Cenier
Saint-Nolff, le 21/08/2022
Petit bilan du festival Motocultor 2022. On va commencer par le négatif, même si franchement je n'ai pas tant à me plaindre que ça... Ouverture du camping en retard... La suite
.jpg)
Festival Marsatac-Young Gods-Black Strobe-Kid Karate par Phil2guy
La Friche Belle de Mai-Marseille, le 25/09/2014
Et me voilà à la Friche Belle de Mai pour la soirée " rock " de cette édition 2014 du Festival Marsatac. Comme chaque année, les organisateurs réservent justement une... La suite

(mon) Marsatac 2014 : Date With Elvis, Publicist, Kid Karaté, The Young Gods, Black Strobe par Philippe
Friche Belle de Mai, Marseille, le 25/09/2014
Première soirée de Marsatac, qui a eu la gentillesse cette année de regrouper la plupart des groupes de rock ce soir, en tout cas les plus intéressants, nous donnant... La suite





