Accueil Chronique de concert Les Wampas
Samedi 15 août 2020 : 11352 concerts, 25885 chroniques de concert, 5284 critiques d'album.

Chronique de Concert

Les Wampas

Les Wampas en concert

Elysée Montmartre, Paris 1er février 2020

Critique écrite le par


"Rimini" est la preuve que les Wampas savent écrire une belle chanson ! Et plus surprenant encore, que Didier Wampas peut chanter juste, et au moins aussi bien que, disons, Jean-Louis Aubert. Et avant de les avoir (re)vus sur scène (où je les avais quittés il y a 14 ans), moi qui les fréquente très peu sur disque, j'aurais parié ni l'un ni l'autre... Alors vous me direz, c'est sérieux ça, de commencer une chronique par un commentaire oiseux, et à propos d'une chanson jouée seulement au rappel ? Ben non pas vraiment, mais j'adore cette chanson, triste, rageuse, joyeuse. Ca a plu ou moins été mon climax. Et puis le concert lui-même était un brave bordel, personne présent ce soir-là à Paris ne pourra le nier ! Alors la chronique peut bien être un peu en vrac aussi.


Car si on a collectivement raté lamentablement le wall of death (réclamé un peu trop tôt, sans doute), les stage-diving et autres crowd-surfing, eux, n'ont pas arrêté de tout le concert. On y a vu défiler, danser, sauter puis nager sur la foule, des têtes déjà bien blanchies, autant que des minots plus jeunes que mon fils, qui n'y était pas hélas. Certains y sont passés plusieurs fois, même, suivis par leur papa en petite foulée (ben oui, faut être à la réception quand ton minuscule retombe dans la salle, pas bête, je l'ai bien noté !). Et aussi, plein de femmes et de filles en goguette, parfois même sans t-shirt. Bonne ambiance, bon enfant, c'est de notoriété publique que les Wampas sont débonnaires sur scène, où toute personne qui veut monter faire un tour le peut ! Il fallait vraiment squatter une demi-chanson pour que le roadie vienne leur donner une poussette, et plutôt courtoise, dans le dos.


Et encore, pas sur la quasi finale Petite Fille où l'on sait, proverbialement, que le but est d'avoir l'ensemble de la gent féminine de la salle sur scène, après qu'elle soit montée en grappes pendant Où sont les femmes ? Il est vrai aussi que Didier Wampas est aussi souvent dans le camp du public, que le public est dans le sien. Passant un coup à pied au sol, un coup nageant sur le dos au dessus des têtes, un coup assis ou même debout sur sa chaise (selon son rituel bien connu) : sur 1 h 30 de concert, il donc passé devant, à gauche, à droite, et même derrière nous (on était pourtant au milieu de la salle), sans qu'on ait besoin de bouger ! Et bien sûr, je savais que j'y couperais pas, grand et serviable comme je le suis, il a bien fallu qu'amendonné je le porte moi-même : au meilleur moment, à la fin du concert, quand il était bien Chaud, sale et humide en somme... Au moins on voit et on sent qu'il mouille le maillot, le Didier, maillot qu'il avait fort beau ce soir là, avec une Minnie de bon aloi dessus. Son bon goût vestimentaire est légendaire, il est vrai.


Alors dans le désordre toujours, je continue avec le petit truc qui me gène dans ce groupe en live : on ne voit, vraiment, que Didier Wampas ! Pas que ce ne soit pas distrayant, au contraire, on ne voit pas le temps passer ! Le délire Didier / Wampas / est le roi !, ça fait partie du folklore, et M. Chappedelaine a bien mérité, à travers les plus de 30 ans de carrière où il a enterré, au moins au sens figuré, toute sa génération de punks alternos, un tel titre honorifique ! Par contre, que cela aille jusqu'à ne même pas présenter ses musiciens, ou au moins s'amuser un peu avec eux, c'est quand même un peu décevant. Du coup par exemple, le grand Tony Truant (qui a un long CV quand même...), pourrait être mis un peu plus en lumière (et par là-même, avoir l'air un peu plus concerné...) Ou encore, le jeune Effello Wampas, en première ligne tout le concert et qui a pourtant une belle histoire (découverte après), de fanatique du groupe qui a fini par l'intégrer. Bref, un peu plus de Wampas, un peu moins de Didier, ce serait parfait. Mais ce n'est que mon avis.


Bon ok, pendant le concert, on voyait bien aussi le lettrage gonflable/boule à facette somptueux du groupe, au dessus de la scène. Du plus bel effet, et ça va avec toutes les lumières, fort jolies il m'a semblé. Le son était-il génial, euh, je ne dirais pas ça, mais il ne m'a pas gêné non plus, il était globalement enthousiasmant quoi ! La salle est très belle et elle manquait encore à notre connaissance touristique familiale (une vingtaine de salles à Paris...) : c'est super joli et ça a plus de 2 siècles, non de dieu, Henri de Toulouse-Lautrec l'a fréquentée aussi, même si elle a brûlé deux fois depuis ! Les Parisiens en sont peut-être blasés mais moi, ça m'a fait un petit quelque chose quand même, d'y entrer enfin, à l'Elysée-Montmartre ! Et ses chiottes sont en marbre, si, si. C'est peut-être un détail pour vous... Ah, avant que j'oublie : les deux Limiñanas sont passés faire coucou mais n'avaient manifestement rien préparé et n'ont donc rien fait sur scène. Disons qu'ils ont bonne mine, quoi, ça fait toujours plaisir de les voir !


Alors après, quand même, bordel ou pas, faut bien penser à dire que le concert était juste comme Didier : super ! (bon, ok, je sors). C'est sûr, les Wampas ça peut flirter avec la pop, le yéyé, y'a même bien 3 à 5 % d'ADN de Johnny Hallyday dedans. Mais ça peut aussi jouer fort, sec, hargneux, punk (Aquarium tactile), ça peut sortir de la belle chanson d'amour bestiale (Leonie, hit potentiel !), du tube monosyllabique qui fracasse tout : l'insurpassablement bête et jouissive C'est Noël !, inaugurée par un rigolo sketch sur l'Ecole des Fans... Où le roi des punks de France s'est pris la punchline de la soirée, envoyée par un petit de 8 ans environ. Didier : "Et t'es d'où toi, Milo ? - de Rennes ! - De Rennes ? Ah ben c'est con, on y a joué y'a une semaine ! - Oui je sais, j'étais là !" Bien joué, minot. Et puis fan des Wampas, autant commencer tôt, puisqu'on peut monter sur scène à peu près dès qu'on est propre !


A signaler aussi des titres historiques : Les Bottes Rouges pour se surpasser en fausseté vocale, Comme un punk en hiver pour secouer toute la salle... Punk ouvrier pour rappeler son glorieux passé à la RATP... Et le grand tube médiatique du groupe, Manu Chao, qui reste une excellente chanson, même interprétée apoplectique comme ce soir-là. Ou encore, un putain d'instrumental rock'n'roll bien sale façon Link Wray (Rising ?), et une superbe chanson rock pour finir (For the Rock). Non, vraiment, globalement un concert presque parfait, dans le style, pas un brin d'ennui, je n'ai même pas envisagé d'aller acheter une bière pendant le set, c'est dire !


Alors bon, on est en 2020, les Wampas commencent une belle tournée en France, oui, comme si on était encore en 1984, avec Mitterrand à l'Elysée et Macron, au CE1. Et ils sont / il est toujours très en forme, le(s) Wampas, qu'on se le dise, alors n'hésitez pas !

Photos par Frédéric Ruffin / Regards, prises 48 heures avant à l'Aéronef de Lille : un grand merci à lui ! (Set complet ici)

Setlist - plus ou moins mono-mot (telle que ramassée, merci à Ma Beauté) :
Sauvre
Aquarium
Les Chinois
Politique
Punk en hiver
Punk ouvrier
Cormoran
Manu
Tournesol
Léonie
Bottes
L'autoroute
Jenny
Yeah yeah
Roy
Noël
Petite fille
Petite Voix
(Encore :)
Vomissure
Rimini
Rising

For the Rock

> Réponse le 05 février 2020, par lol

Super chronique, bravo ! J'y étais aussi je suis en tous points d'accord.   Réagir


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