Abd Al Malik - 25/07/2009 - festival de sédières Abd Al Malik est un grand bonhomme ! Il a un flow de dingue et c'est une bête de scène avec des musiciens hyper pro.
concert inoubliable au festival de Sédières !
Finalement parée pour faire des photos, direction Anis pour la première cession. Toujours aussi chaleureux et entrainant, l'enfant du pays est bien maître de cérémonie. Le public surchauffé par cette superbe après midi, s'envole en slam au son du Rodéo Bld.
Au milieu de morceaux plus lents, José fait encore réagir. Il a même parfois du mal à se faire entendre à cause des Cergy commandés. Quoi de mieux que chanter Cergy à Cergy, un peu comme chanter Vitrolles à Vitrolles. Enfin on a du mal àle laisser partir.
Je suis restée jusqu'à la fin sauf qu'il faut filer au pas de course à la scène 1 pour Gabriella Cilmi. Les concerts s'enchaînent à un rythme d'enfer mais bien respecté.
Cette jolie brune, âgée d'à peine 17 ans, est l'interprète de Sweet about me. Une petite tigresse, très bien entourée, nous fait découvrir ses morceaux au milieu de plusieurs reprises comme Whole lotta love et Cry me a river.
Seulhoraire qui me permette une incursion sous le chapiteau pour un groupe assez photogénique : Still Flyin. Difficile à décrire alors je vais choisir: des Beach boys en collectif géant. Ils commandent leurs bières au public et ça marche !!! Je ne suis pourtant pas très convaincue par ce style alors je ne traine pas pour ne pas raterGrand Corps Malade.
Ok je ne suis pas fan de slam mais sa réputation le suit et elle est justifiée. Rien à dire sur les textes, tout est parfait, sa voix chaude martèle ses histoires pas toujours noires. L'orchestration est bien présente. Il se sert du prétexte de la crise pour lancer un match instrumental. Un couplet pour lepiano, la guitare, la basse et la batterie et lui charismatique au possible. Assez novice dans son répertoire, j'ai adoré l'ironisme et le rythme d'Underground.
C'est reparti pour la course vers la scène 1 et Pascale Picard qui est déjà en place avecses guitares boa. Le charme de son Smillin envahit le site. Gate 22 est chanté à tue-tête ainsi que sa superbe reprise de Give me a reason.
Je me laisse de nouveau tenter par le chapiteau, intriguée par le grindcore oriental. Surprenantedéfinition de la musique de Secret Chiefs 3 mais on ne saurait mieux la décrire. Le décor et les costumes en imposent déjà, ils ne sont pas là pour rigoler.
Le batteur fait d'ailleurs tomber ses cratch au fur et à mesure et le spectacle est au rendez-vous.Ces rythmes enivrants sont teintés de musique indienne, persane, électronique. Une découverte hallucinante alors qu'Abd Al Malik est déjà en scène.
Autre slamer, autre style, il déclame plus qu' il ne chante et a surtout une énergie folle. Pour moi, il prend unpeu trop la direction du moralisateur même si son écriture est impeccable. Respect pour Soldat de Plomb, Rentrer chez moi et Le Détroit de Gibraltar.
En avant pour la suite avec Arthur H. Inoubliable I wanna Dance with Madonna.Interminablement glam-rock rendant également hommage à Michael Jackson.
Il était l'Homme du Monde ce soir.
Je profite jusqu'au bout du show car Steel Pulse prend au moins1/2h de retard alors que les autres concerts étaient réglés comme des métronomes.
La première partie reggae de la soirée est à la bourre mais assure le show. Ce collectif très apprécié en France mérite ses fans.
Changement de style radical avec The Go! Team. Un concentré d'énergie pour cette pop expérimentale. La chanteuse a des petits airs Mel B des Spices Girls jusque dans ses tenues et son dynamisme.
Il est 23h et pourtant tout le monde saute au rythme de My Ladies.
Le maître mot de ce festival doit être éclectisme car on enchaîne avec Les Ogres de Barback.
Les quatre frères et sœur apparaissent de plus en plus à l'aise avec la scène et un public nombreux. Grand-mère est toujours incontournable, tout comme la reprise des Beru, Salut à Toi. Les rues de Panam deviennent les rues de Cergy. Et cette fois ça sautille comparé au groupe précédent.
Capleton se fait désirer de l'autre côté. Il a son présentateur perso et 2 invités avant d'apparaître enfin. Insaisissable, il chauffe le public que la sécu maîtrise de moins en moins. Il enchaîne les morceaux déchainés. Il ne veut plus quitter la scène surtout que tous ceuxqui sont là dorment au camping et ne décollerons pas non plus.
Pour moi c'est direction la voiture...
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J'ai pu voir et entendre Abd Al Malik, une jolie surprise accompagnée de très bons musiciens, puis Pascale Picard d'une manière furtive mais il ne m'en fallait pas plus tellement cette artiste est surévaluée, du sous AlanisMorisette bref j'aime pas...
Puis vient le 1er grand plaisir avec Arthur H pour 1 heure de bonne musique, charismatique, drôle, sympa qui grâce à son dernier album offre des variations de tempos très intéressants, calme etdansant voilà le nouveau Arthur H.
On enchaîne sur le kiff de la soirée avec Steel Pulse, groupe mythique qui durant une heure nous fait passer un excellent moment en jouant notamment quelques classiques (je préfère les voirdans une petite salle tout de même comme l'Élysée Montmartre en 2005).
Pas de temps à perdre avec sur la scène 2 THE GO TEAM, un super groupe de scène (voir leurs vidéos entre autres sur le net pour comprendre de quoi je parle)joli succès public par ailleurs. Je les adore perso sur scène.
Minuit et une autre belle surprise avec Les Ogres de Barback sur la grande scène, autant sur disque, cela ne me procure rien, autant sur scène je les trouve bon, uneautre belle surprise.
Pour finir, une autre légende, Capleton, artiste talentueux et controversé (ses textes homophobes ont été vivement contestés et critiqués à l'époque mais passons) : voix très puissante et un styleparticulier, genre en plein morceau, au lieu d'enchaîner le refrain, il s'arrête et fait un petit speech (on m'a dit que c'était pour créer de la frustration) bref spécial et intéressant.
Deux mots sur le festival : très bonneorganisation, gens sympathiques, pleins de policiers autour mais pas de contrôle en sortant, plus préventif qu'autre chose. Une belle journée passée à la base nautique de Cergy en somme.
Abd al Malik + Ysae (Festival Avec Le Temps) - 24 mars 2009 - Espace Julien, Marseille
Troisième soirée pour nous en moins d'une semaine dans ce bien bel événement (jusqu'à mon lit de mort je refuserai le nom de Festival à tout ce qui n'offre pas de tarif "pass") qu'est la concentration de chanson française appelée "Avec le Temps". On conclut donc cette édition avec l'admirable Abd al Malik à qui nous vouons une admiration sincère .../... La suite
Troisième soirée pour nous en moins d'une semaine dans ce bien bel événement (jusqu'à mon lit de mort je refuserai le nom de Festival à tout ce qui n'offre pas de tarif "pass") qu'est la concentration de chanson française appelée "Avec le Temps". On conclut donc cette édition avec l'admirable Abd al Malik à qui nous vouons une admiration sincère depuis sa prestation en terrain conquis aux 5 Continents , et plus encore celle en terrain inconnu aux Eurockéennes, en plus de sa discographie impeccable.
Mais avant ça, il va falloir en passer par une première partie que l'immense queue à réaliser dehors (et en partie coupée grâce à un certain Pirlouiiiit) n'a pas réussi à nous faire rater en entier : Ysae. Finalement le mode d'entrée toujours aussi minablement géré de l'Espace Julien (et à qui on doit pas mal de minutes de concert ratées par le passé - à force ça doit même se compter en heures maintenant)... a parfois du bon. Réglons tout de suite le compte aux musiciens d'Ysae : ils sont très bons, notamment Cyril Benhamou, talentueux requin de salles et de studios, bien connu de nos services. L'habillage sonore est donc très correct quoi qu'en partie samplé (une guitare qui sort de nulle part).
Par contre s'agissant du chanteur/slammeur/rappeur (il ne nous a convaincu dans aucun de ses 3 registres..), aïe aïe aïe. Pas du tout charismatique, textes et rimes indigentes ("J'ai crié may day mais personne n'est venu m'aider", ouf, fallait oser), à la tonalité chelou voire putassière - qu'est-ce qu'il nous veut au juste avec son Socialement correct ? Et pourtant faisant l'objet d'un vigoureuse campagne d'affichage (bien la peine de saloper tous les murs du quartiers avec ses grandes affiches noires !)... Mais désolé, ça ne prend pas. Il ne m'a d'ailleurs pas semble que le public ait manifesté un grand enthousiasme. Zap. Son groupe Karkan a d'ailleurs l'air de sonner beaucoup mieux.
Un peu plus tard, après une introduction intriguante (ou le pianiste joue directement dans son piano), la clameur est cette fois sincère pour l'entrée en scène d'Abd al Malik qui, pas fou, a bien pensé à mettre un survet' floqué OM... Et commence avec son terrible Soldat de Plomb, avec un son plus rock que rap. Il est vrai que le groupe est ce soir composé d'une contrebasse, un accordéon, un tambourin, un piano, un MC (son frère Bilal) et une guitare (ndP : celle de Thibault Frisoni échappé notamment du David Lafore Cinq Têtes et de Melc) - pas franchement un big band donc !
Lorsqu'ils essayèrent de réanimer Malik, évocation d'un épisode qu'aucun trentenaire n'a oublié, 1986 et la bavure Malik Houssekine, toute une époque qu'il évoque admirablement (Touche pas mon pote, etc...) Puis Gilles écoute un disque de rap et son refrain déconcertant et énigmatique (c'est bon, ca cogne dans la tête, ça fait du bien d'être destabilisé un peu !) - c'est là que le slammeur nous rappelle qu'il affectionne les chorégraphies étranges et très rapides, qui nous entraînent avec lui - il restera très tonique tout le concert, notamment sur les refrains de Paris mais....
Autant était inévitable, ce qu'on pourrait appeler son single :C'est du lourd, qui agace certaines personnes - pas nous, par son côté soit moralisateur, soit motivant... question de point de vue, mais il faut savoir qu'il vient d'un quartier franchement merdique, parole de strasbourgeois d'origine... Autant je n'aurais pas parié qu'il jouerait "mon" Conte Alsacien qui, pour des raisons de racines personnelles déjà évoquées, m'a profondément ému lors de la première écoute (j'avais du me moucher au troisième refrain...). Même si elle ne sonne pas aussi "bal du village" que sur le disque, je suis à nouveau charmé et enchanté d'entendre, pour la première et probablement la dernière fois ici, de l'alsacien en version originale ! Eh non, ce n'est pas une des dizaines de langues qu'on parle au Congo...
Pour se remettre, petit interlude rock'n'roll et une furieuse 12 septembre 2001, texte bavard et florissant qui m'avait conquis dès la première écoute - même sans identifier toutes les références. Autre passage attendu, Romeo et Juliette (sans Juliette bien sûr et hélas), où l'on remarque un vrai travail sur la lumière - ce qu'il qualifiera lui-même d'effets spéciaux extraordinaires. Au fait, j'ai oublié de dire qu'il était sympa et plutôt drôle. Passage assez intense ensuite avec la vraie-fausse lecture du Marseillais (ou l'essence de Marseille captée depuis Strasbourg...), seul avec son frérot.
Curieusement, la plutôt calme Rentrer chez moi est traitée en mode rock, il la finit en hurlant dans le micro, vraiment habité. Après tous ces titres assez intense, l'interlude jazz où il présente les musiciens est donc bienvenu - chacun y va de son petit solo même s'il n'est pas très inspiré pour les introduire. La tonalité jazz est idéale pour partir sur son premier tube historique, Les Autres, qui cartonne bien sur scène - il est bon comédien pour jouer le petit con ! Mais c'est déjà la fin, dans une longue ovation de toute la salle, rallumée pour l'occasion.
Le groupe revient donc interpréter la très fumante Gibraltar, nous défiant de mettre le feu. Il continue à nous haranguer, ce mec est accro à la clameur et à l'applaudissement décidément ! Pourtant, alors qu'il a bien fait monter la sauce, il enchaîne sur un titre mélancolique et apaisé du premier album, L'alchimiste seul au micro - l'ambiance retombe aussi sec. Et le concert se finit, après moins d'une heure et demi, abruptement à notre goût, même après un long salut du groupe... Il a donc manqué un ou deux titres au rappel pour que notre bonheur de revoir Abd al Malik soit complet.
Allez, pour conclure on met trois étoiles, pour tenir compte de la première partie et inciter M'sieu Malik à jouer plus longtemps encore la prochaine fois. Mach's geut, schatzele !
>> Réponse (le 27/03/2009 par Yaps) flow de taré et photos de dingue ! merci.
>> Réponse (le 30/03/2009 par Laurent13009) Bonjour
je viens de recevoir un mail,m'invitant a visionné votre critique d'Ysae, que je n'apprécie pas du tout car j'en pense tout le contraire et vu l'ambiance qu'il y avait .../...La suite
>> Réponse (le 30/03/2009 par Lisa Viguier) On n'a pas du voir le même concert mon cher Phillipe, du moins pas la même 1ère partie,pour dire des absurdités tu aurais du rester dans la queue.
Nous on s'est régalée et on .../...La suite
>> Réponse (le 30/03/2009 par Erual Nitram) Cher Philippe,
Je souhaite réagir à ton article concernant Ysaé. Il semble malvenu de parler de « textes et de rimes indigentes », lorsqu’on emploie des locutions telles que « .../...La suite
>> Réponse (le 31/03/2009 par Philippe) Chère Laure,
merci de cet épistolaire, virile mais correcte réaction ! Je note tes remarques sur la pauvreté de mon champ lexical et m'autorise donc un simple commentaire sur ton .../...La suite
>> Réponse (le 01/04/2009 par Laure) Bonjour Philippe,
Je suis obligée de réagir à ta réponse. J'ai bien remarqué que tu as modéré ton propos. Seulement, vois-tu, puisque tu aimes écrire et faire part de ton avis, .../...La suite
>> Réponse (le 01/04/2009 par Philippe) Bien, Laure,
j'en mets donc une dernière couche : "virile mais correcte" est une expression rugbystique qui encore une fois avait une vocation hu-mo-ris-ti-que. Encore un problème .../...La suite
>> Réponse (le 01/04/2009 par Laure) Oui, on ne partage rien en commun. Je ne te trouve ni poétique ni drôle, et j'ai du mal à percevoir la poésie dans des références appartenant au rugby!!!!
En revanche, je .../...La suite
>> Réponse (le 07/04/2009 par Lionel Modrzyk) Je viens de lire cette critique concert qui m'a littéralement consterné. C'est le parfait exemple du pigiste de base qui se prend pour Olivier Cachin...Quand on connaît le travail .../...La suite
>> Réponse (le 08/04/2009 par philippe) Merci pour cet avis. J'ai payé ma place et celle de ma copine qui ne m'a donc pas plaqué ce soir-là. Ce qui exclut entre nous qu'on me traite de pigiste puisque là pour le coup .../...La suite
...festival pour cause d'ignorance avérée en matière de jazz, et n'y suis donc pas revenu depuis longtemps, pour une fabuleuse prestation de St Germain feat. Herbie Hancock ! Avant notre arrivée, Abd Al Malik est venu répondre auxquestions du public, très gentiment (pas étonnant de la part du personnage). Dommage, l'interview Live in Marseille est encore ratée pour cette fois !
André Minvielle, musicien accompli que je ne connaissais que de nom, convoqueavec lui et ses excellents musiciens, tout l'imaginaire du festival d'Uzeste, à mi-chemin entre jazz Nougaresque et diction FabulousTrobadorique. Il est extrêmement sympathique, drôle, son concert tient aussi du one-man show ou de la répète enplein-air, que l'on suit agréablement le cul dans l'herbe et une chopine à la main - le passage sur la toux de pépé est effectivement génial. Il chantera aussi, pour conclure idéalement sa prestation, la fameuse chanson qui fait "Et si c'était ça lavie, et si on nous l'avait pas dit...', joyeuse et mélancolique, qui me renvoie à mes années d'étudiant !
Plus tard le p'tit black du Neuhof revient faire des siennes avec son non moins excellent groupe : le vibrionnant Abd alMalik nous a déjà laissés sur le cul en triomphant aux Eurockéennes il y a trois semaines, et ce devant un public rock gonflé à bloc,pourtant plutôt venu pour voir les Hives et autres Q.O.T.S.A ... Et ce soir il s'y prend d'une autre façon, plus calme et détendue, mais cette fois-ci devant un public venu en partie spécifiquement pour lui. Qui s'est déjà levé et amassé devant lascène sans qu'il ait besoin de dire quoi que ce soit, d'ailleurs !
Ses textes pleins de charme, de gravité et de maturité, font merveille même si on commence à bien (voire trop) les connaître - on envie ceux qui ont encore la chance deles découvrir ! Sa reprise songeuse de Ces Gens-là (qui s'appelle Les Autres, soit dit en passant Miss Zou ;-) !), les moments tragiques du Grand Frère et de la très déprimante Saigne sont efficacement contrebalancés parl'afro-beat de Gibraltar, la combattante 12 Septembre 2001 et la rappée Rentrer Chez Moi (où il se livre à des chorégraphies étranges et très personnelles, comme sur Soldat de Plomb...).
Après nous avoirfait danser, penser, communier, il termine en lisant une lettre pleine de jolies pensées à son petit Mohammed (Je regarderai pour toi les étoiles), tandis que le Parc Longchamp flotte doucement sous les constellations, bercé par une briseagréable. Longue vie au Festival Jazz des 5 Continents qui tient bon malgré des difficultés fréquentes à exister à côté de très grosses affiches comme Marciac - on se fait la promesse d'y revenir plus souvent !
Abd Al Malik - Dante par Philippe Nouvel album, nouvelle démonstration éblouissante du petit-grand Abd Al Malik, le philosophe des cités alsaciennes, qui nous a depuis son très grand Gibraltar, enchantés à plusieurs reprises sur scène. Bien sûr, ce n'est pas vraiment un grand chanteur, ni même un grand slammeur .../... La suite
Nouvel album, nouvelle démonstration éblouissante du petit-grand Abd Al Malik, le philosophe des cités alsaciennes, qui nous a depuis son très grand Gibraltar, enchantés à plusieurs reprises sur scène. Bien sûr, ce n'est pas vraiment un grand chanteur, ni même un grand slammeur par sa diction. A vrai dire on écouterait même ses textes a capella. Mais le fait est que les musiques très léchées qui entourent ses compositions, qu'elles soient jazz, afro, trip hop ou autres, contribuent indéniablement à les mettre en avant. Et ses textes, bonne nouvelle, sont toujours d'une pertinence et d'une sensibilité admirables, résistant sans problèmes à des écoutes multiples. C'est du lourd, single annoncé, est un manifeste pour sonner la relève citoyenne des banlieues, simple et universel. Enfoncé par le constat, plus amer mais pas désespéré, de HLM Tango en fin d'album...
La mort est très présente tout au long de Dante. Elle conclut évidemment Romeo et Juliette, très joli duo tragi-comique avec Juliette Gréco, ou Circule, Petit, mort d'un petit malfrat qu'aurait pu écrire le grand Renaud il y a vingt ans. Mais qu'il parle de la mort de Malik Houssekine et du monde de l'époque (il y a déjà plus de vingt ans), ou de celle du Nègre Aimé Césaire (et de comment il disait son Ile), où même de celle d'un Marseillais connu dans sa cité (et de comment il racontait sa ville), Abd Al Malik fait preuve d'intelligence, de modestie, d'ironie, à travers une prose luxuriante, cultivée et sans ostentation. D'autres textes sont de petites tranches de vie plus joyeuses qui offrent un heureux contrepoint (Le Faqir, Paris Mais...).
Au rayon émotion, son Conte alsacien en forme de valse est le plus bel hommage a l'émigration entendu depuis longtemps : nostalgie de la terre de départ, déclaration d'amour à celle d'arrivée, tout en un. Si un alsacien exilé (ou un exilé en Alsace) peut écouter ça sans avoir les yeux humides, c'est qu'il est plus fort que moi... Et ses magnifiques Noces à Grenelle, déclaration de foi écologique tardive mais sincère, concluent admirablement un album à l'éclat d'un joyau sombre, qui s'avèrera à n'en pas douter poignant sur scène. Alors fier d'être français ? Pas de quoi, non, en tout cas pas tous les jours... Fier d'être du même pays que Keny Arkana, MAP et Abd al Malik ? Ca, oui, et pas qu'un peu.
(2008)