On avait découvert Sébastien Tellier en première partie de Air sur un sentiment mitigé... entre dégoût physique d'un personnage plutôt grossier et interpellation du cortex par des chansons pas si mal torchées. Le fait est que ce garçon fantasque a un parcours étonnant, fait de .../...

On avait découvert
Sébastien Tellier en
première partie de
Air sur un sentiment mitigé... entre dégoût physique d'un personnage plutôt grossier et interpellation du cortex par des chansons pas si mal torchées. Le fait est que ce garçon fantasque a un parcours étonnant, fait de nombreuses collaborations et d'un désir manifeste - et très louable - de ne pas sombrer dans la répétition. Cela étant on reste perplexe devant
Sexuality, dernier opus pourtant loué par la critique branchée.
Entièrement composé à la boîte à ryt
hme et au synthé (sûrement très cher, mais synthétique quand même), cette exploration par un cowboy solitaire du sexe féminin à en croire la pochette, fait intervenir des chansons généralement langoureuses et kitsch, en partie chantées en français et aux paroles d'une nullité déconcertante (
"Je sens la chaleur de l'été, c'est aaaaaaaaaaah, c'est aaaaah"). En anglais, cela donne des imitations plus ou moins (plutôt moins) convaincantes de
Marvin Gaye, régulièrement agrémentées de gémissements féminins (
Kilometer) - il est vrai que son lo
ok de clodo qui vient de trouver une veste neuve et des sunglasses dans une poubelle peut peut-être exciter la night-clubbeuse cocaïnée, au petit matin ?
En terme de sensualité, on est quand même souvent loin des sommets érogènes et terriblement troublants que pouvait par exemple composer
Gainsbourg, pour se rapprocher dangereusement d'un son de B.O. de téléfilms érotiques périmés de M6 (
Pomme,
Elle ...). Avec ou sans l'aide d'un vrai
Daft Punk, le son horriblement variétoche de
Sebastien Tellier évoque alors plutôt le tragique
Alain Chamfort, même en chantant en italien ...
Parmi cet océ
an de médiocrité mélancolique cheap, quelques ilôts tout de même intéressants à visiter. Particulièrement une étonnante
Sexual Sportwear, au son et à la mélodie électro-pop si évidente qu'on avait rien entendu d'aussi pur depuis
Oxygène de
Jean-Michel Jarre ou, pour faire plus récent, l'extraordinaire
Never Young Again de
Mirwais. Hélas un peu isolée dans l'album, tout comme
L'Amour et la Violence à la mélodie aérienne presque sublime - mais gâchée par ses 4 lignes de texte consternantes... Ou encore la chanson
Divine et ses choeurs joyeusement idiots qui peuvent certes déclencher une envie de danser comme un crétin, à condition d'être sous l'emprise des mêmes substances psychotropes qu'a dû prendre le sieur
Tellier pour pondre une ânerie pareille...
Alors pour conclure, certes tout ceci est probablement totalement
fun au sixième degré, et on doit avouer qu'on l'a réécouté malgré soi plusieurs fois (ce qui est parfois, mais pas toujours, signe qu'on va finir par aimer quelque chose). Mais une bonne partie de notre cerveau (la plus lucide sans doute ?) nous hurle pourtant que ce type, en branleur ultime et grandiose, pourrait sûrement composer des choses sublimes comme
Peter Von Poehl et archi-dansantes comme
Philippe Katerine, mais préfère se foutre joyeusement de notre gueule - à vérifier sur
scène, si après écoute vous êtes encore prêt à miser 100 balles pour voir la bête ...
(2008)
PS : Sinon il sera toujours possible d'apercevoir le barbu à l'Eurovision 2008, où il va tenter de faire encore mieux que les Fatals Picards, c'est-à-dire... dernier.
PS2 post-Eurocks 2008 - c'est pas pire sur
scène !