Ca a commencé avec des CD géniaux mais vendus seulement au Japon et remixés uniquement pour les USA, ça a continué avec des 45 tours de 16 chansons atroces, et même un certain nombre de vinyles plus ou moins inécoutables, sauf à l'envers, dont le seul intérêt était de faire .../...

Ca a commencé avec des CD géniaux mais vendus seulement au Japon et remixés uniquement pour les USA, ça a continué avec des 45 tours de 16 chansons atroces, et même un certain nombre de vinyles plus ou moins inécoutables, sauf à l'envers, dont le seul intérêt était de faire tourner le fond de roulement du
Lollipop Music Store et/ou de décorer ses chiottes. Eux, on commence à bien connaître leurs titres de punk-rock contondant mais racé, patinés de soli de guitare poloïques et autres ponts de basse rudiesque vibrants, prétextes à diverses galipettes de leur chanteur, le vibrionnant et hargneux
Gasoil, le dernier a arborer le t-shirt blanc et noir concept du groupe. A propos de poseurs, c'est peut-être aussi à une chronique que je dois ce punkissime commentaire reçu par mail (je cite) :
va te faire enculé salope de poseur toi même !
Pour l'occasion, vous imaginez bien que les braves garçons sont faits des têtes de K7 pour rester incognitos. "Ouais bon, mais en fait tu peux les reconnaître aux chaussures !" a noté une fine connaisseuse du groupe - encore raté donc, là aussi. Je retiens aussi du chanteur qu'on a l'air plus rock sans lunettes qu'avec - ça peut me servir quand j'aurai son âge et que je serai une rock star comme lui. Il a été transformé en une jeune fille à frange jouant sur un orgue genre Farfisa, rouge lui aussi - force est de reconnaître que cela enrichit le son du groupe. Même si
Miguel le batteur me fait penser à un poisson rouge retombé à côté de son bocal, luttant pour trouver de l'air, et
Rudy de souffrir dignement, ils assurent grave. Alors si en plus le guitariste
Paulo a la classe et qu'il sait aligner un peu plus que trois riffs (rip) ashetoniens, c'est encore meilleur !
Mikado sonne très
Hatepinks, tout comme
Don't talk to me about Jesus Christ, classieuse, rigolote et débile comme au bon vieux temps. La presque nostalgique
Olivier est un hommage à la légendaire et mystérieuse disparition du chanteur des
Gasolheads le jour de son mariage (disparition qui ne s'est pas produite, elle est donc légendaire et mystérieuse, si vous suivez bien). Prudemment, pour être sûr de ne pas gaffer ni se faire de nouveaux ennemis, on dira donc pour conclure que... ça ne ressemble à rien.
D'ailleurs personne ne les applaudit vraiment entre les morceaux, car chacun sait que c'est dans ces cas-là que le chanteur perd son sang-froid et va tâter des couilles. En tout cas parmi les groupuscules tombés dans les limbes (les Olivenquoi ?), pafois sympas (
Kamikaze Twist de
The Rocks, introuvable et fabuleuse), il y a aussi des artistes plus fréquentables comme
Gene Vincent : épatante reprise, sans doute proportionnelle au respect de l'artiste, si on la compare à celles, nullissimes mais drôles, des
Rolling Stones ou des
Stranglers... Bref on aura compris que cette nouvelle et peut-être dernière chiée de 16 titres punk-rock élégants et aboutis -
Negative Dots, Rejection is all we got (qui sonne pas mal des chiottes aussi),
Cannibal Kidz - constitue une dédicace sincère d'amour au pays qui certes engendra
Guitar Wolf et les
54 Nude Honeys... et rien que pour ça, qu'il reçoivent ici tout notre respect et nos encouragements à poursuivre, et si possible même après la fin des exams et leur propre dissolution, a priori elle-aussi inéluctable.
(P-Trash / Relax-o-Matic, 2010)
(Chronique générée sur une idée du directeur artistique de Relax-o-Matic Records, par un remix de textes à propos de Hatepinks, The Aggravation, Holy Curse, Ich Bin Dead et même... Irritones).