Pop rock électronique. Vive la fête propose des chansons pop catchy référant aux années 80, la "nouvelle vague", beats electro et rock & roll, et tout cela recouvert de beaucoup d'humour.
Vive la Fête - 19 octobre 2007 - Le Poste à Galène, Marseille
Vendredi soir, après un assez chaotique apéritif haineux et rose au Lollipop Music Store, et au lieu d'aller comme tout le monde à la Friche ou nous faire serrer par la police à l'Intermédiaire, on .../...
Vendredi soir, après un assez chaotique apéritif haineux et rose au Lollipop Music Store, et au lieu d'aller comme tout le monde à la Friche ou nous faire serrer par la police à l'Intermédiaire, on est retournés voir Vive la Fête, pile deux ans (jour pour jour, tiens c'est marrant d'ailleurs ?) après un mémorable concert de ceux-ci au même endroit.
Ca fait plaisir de voir une salle bien pleine, trois jours à peine après un quasi-désert et pourtant superbe set de The Bishops, même si c'est pour voir les légèrement-consternants-et-néanmoins-jouissifs belges de Vive la Fête. Une foule compacte se presse en effet, de gens en partie archi-lookés dans un style néo-gothique (une fugitive pensée pour l'annulation tragique de Tokio Hotel - aurait-on récupéré des fans ?), bercée par le son pertinemment choisi de l'album de Pravda.
Première bonne nouvelle : si on me passe la formule, ils sont toujours aussi bons... et toujours aussi cons. Je m'explique, en l'absence temporaire de photos (voir pour cela la chronique en lien au début). Le groupe est composé d'un arrangeur, Danny Mommens et deux ou trois potes batcave à lui aux yeux passés au khol, et d'une éblouissante chanteuse, Els Pynoo, aux formes généreuses et à la toison platine, que j'avais alors appelé la "Blombe" - j'ai pas trouvé mieux depuis.
L'ensemble de leur oeuvre est bâtie peu ou prou sur le modèle de la célèbre Fade to Grey de Visage : un synthé ou une basse joue une note grave en octave, la batterie électro-rock enchaîne puis une guitare, et la voix de fillette sexy se pose dessus. Les mecs semblent tout droits sortis de Nine Inch Nails et la fille en tenue d'outrage aux bonnes moeurs (ses formes y évoluent à peu près toutes à l'air libre) danse, le bras en l'air en agitant ses cheveux, et chante avec une voix qui rappelle (en moins horripilante quand même), celle de l'atroce Lio.
Le tout sonne extrême 80's et tout le monde dans la salle perd 20 ans d'un coup, lève son bras et danse comme un débile... C'est donc un concept plutôt con, joué par des gens très bons, d'où la formule, et c'est en outre d'une bonne humeur très contagieuse !
Après une chanson introductive dont le refrain fait Né né né, ils envoient leur formidable anthem Nuit Blanche (Tous les jours la fêteuu, oui c'est excentriqueuu, mais je dis Vive la Fêteuu, pour être héroïqueuu !). Le groupe jouera aussi pas mal de chansons de son dernier et sympathique album Jour de Chance (qui ressemble aux 5 précédents), comme les typiques Il Pleut et Stupid Femme ou l'assez rock Bêtises, ou encore la techno-qui-tue en allemand Quatsch - à noter que le refrain est composé pour la jolie Els de plusieurs lignes de "Tra la la" !
Mais aussi des trucs plus anciens et terriblement efficaces comme la crypto-kraftwerkienne Machine Sublime ou la débile et dansante Schwarzkopf (alias Les Cheveux Noirs - m'enfin, vous ne parlez pas flamand ou quoi ?). Le public est à peu près déchaîné au moment des Aventures Fictives et de la plus nostalgique La Vérité, puis sur une autre qui parle de fascination pour la Télévision.
Pour ma part et de toute éternité, ma chanson préférée est Assez (la plus proche de Fade to Grey, avec un synthé digne de Jean-michel Jarre !) mais j'aime bien aussi une autre que les fans réclament et obtiendront : l'hystérique Noir Désir (où les hurlements de la minette retournent littéralement la salle). tiens, ça serait un chouette nom pour un groupe d'ailleurs ... Mais la créature quitte déjà la scène après une heure à peine, tandis que ses musiciens tapent un boeuf électro-punk très réjouissant.
Après quelques cris et sans se faire trop prier, Vive la Fête revient pour un rappel avec la coquine Ne Touche pas (c'est nous prêter-là des intentions bien malignes, Mademoiselle Pynoo...), puis Maquillage (également réclamée par les fans) et sa basse vivelafêtissime. Le groupe termine avec une version furibarde, électro-trash et possiblement géniale de Popcorn - mortelle mais introuvable depuis, hélas, y compris par des moyens détournés...
L'on pensait s'en être sorti avec le retour du Beau Danube Bleu (qui avait également ouvert comme toujours le concert), mais le groupe nous gratifie encore d'un rappel avec une chansons que je ne reconnais pas et au final, comme la dernière fois, une version instrumentale frénétique de Ca Plane pour moi. Encore un concert jouissif et débile des bien nommés Vive la Fête, qui pourront donc toujours compter sur notre participation enthousiaste !
Photos : à vot'bon coeur msieu'dames (vous étiez plein avec des appareils et sans autorisation, ne niez pas ! ;-))
Klanguage. Sympathique trio rémois électroclash. Deux beaux garçons. Une jolie fille. Morceaux avec guitare, basse. Un peu. Sinon, ordinateurs, claviers. Rythmes digitaux. Blip, blip, yeah !! Chant pour fille. Chœurs pour garçons. En anglais. Paroles simplistes, répétées, sensualité de dancefloor. Musique facile. Sons recherchés. 7 morceaux joués, The Message, single déjà distribué. Premier album à paraître, Rise recordings, mai 2006.
Moi vouloir folie robotique. Frustré pour le moment. Heureusement, frère Katerine, Robots après tout. Blip, blip yeah !! Pas écouté disque. Mais Robots après tout. Blip, blip, yeah !! Jamais vu Philippe Katerine. Mais Robots après tout. Blip, blip, yeah !!
Immense déception quand frère Katerine sur scène. Faux frère. Pas de robots. Blup, blup, no ! Des humains, trop d’humains. Quatre musiciens. Ex-Little Rabbits. Eric Piffeteau, Gaëtan Chataigner, Stéphane Louvain, Federico Pellegrini. Des toges, des colliers, une batterie, une basse, deux guitares, pas ordinateurs. Katerine, pas toge, chemise rose, cravate verte, ou inverse. Kitsch. D’abord a capella sur Etres humains, premier titre dernier album. Ca parle à mes circuits :
Mais qui/ est/ cet/ être hu/main là/ à côté/ de moi ?
Moi souvent cette question. Croyais Katerine être robot. Un homme, un vrai. Il aime. Nous robots. Amour interdit. Lui aime, lui adore :
J’adooooore les institutrices, puéricultrices, administratrices, dessinatrices,
les boulangers, les camionneurs, les policiers, les agriculteurs,
les ménagères, les infirmières, les conseillères d’orientation,
les chirurgiens, les mécaniciens, les chômeurs
J’adooore regarder danser les gens
Katerine beaucoup adorer. Les humains danser beaucoup. Danser beaucoup sur musique Katerine. Etres humains, Louxor j’adore, Après moi, 100% VIP, Borderline, Je vous emmerde. Beaucoup tubes. Humains heureux. Humains souriants. Humains chantants. Robots contents aussi. Rythme. Blip, blip, yeah. Electricité. Blip, blip, yeah. Et aussi poèsie. Et aussi bêtises.
On était des milliers
Au barbecue de l'Elysée
Et on faisait l'amour
C'était très glamour
Mais au bout de la nuit,
Je marchais dans Paris
J'ai rencontré un gars
et j'ai raconté tout ça
qu'il y avait Françoise Hardy avec Lolo Ferrari
Mais qui j'ai embrassé ?
J'ai déjà oublié
Ce que je faisais là ?
Je ne le savais pas
J'ai raconté tout ça
Et je suis rentré chez moi
Faire caca…
Rappel. Numéros, Derrière la porte, Poulet N 728 120. Brève histoire d’amour avec poulet. Encore bêtises.
Poulet numéro 728120
Poulet de Vendée
Elevé en plein air
89 jours
Et 90 nuits
Parmi 380 autres poulets
Alimenté avec 75% de céréales
Le 3 décembre 1998 à l’abattoir de Saint-Fulgent
Electrocuté, vidé, déplumé, lavé, conditionné, labellisé le poulet
Le 11 décembre 1998, je l’ai acheté 52 francs et 55 centimes
Chez le boucher chauve de la Bastille
Je l’ai mangé chaud le midi, froid le soir
Avec une bouteille de vin rouge
Je l’ai adoré le poulet numéro 728120
Je t’aime, je pense à toi.
Dans vraie vie humaine Katerine travailler abattoir Vendée. Longtemps avant. Moi ignorer si barman au Louxor aussi. Katerine aimer chanter Louxor. Encore une fois Louxor j’adore. Dernier rappel. Musiciens changer costumes pour final. Perruques blondes, sous-pulls col roulé rose. Moulants. Shorts moulants. Pas beau. Rigolo.
Vive la Fête, ça rigolo, ça beau. Beau comme Els Pynoo. Une femme, une vraie. Longues jambes, bas résilles, tutu, plumes vertes, décolleté, cheveux blonds, sourire. Beau sourire. Moi ignorer robot éjaculer. Moi honte. Mais Els, belle. Etre humain côté de moi dire : « le plus beau peep show de ma vie ». Moi regarder Els danser, Els sourire. Très gracieuse. Très souple. Jamais vu ça. Fantastique. Els chanter aussi. Els crier. Els couiner. En français. Pas langue natale. Els belge. Els flamande. Français avec accent. Intéressant.
Tous les jours des fêtes
Oui c’est excentrique
Je dis Vive la Fête
Pour être héroïque
Els pas seule. Et la musique ? Qui la musique ? Matthieu Standaert, batterie, Ben Brunin, basse, Marc Requilé, claviers, Danny Mommens, guitare. Eux pas beaux. Eux vêtements moches. Eux bandeaux maquillage noir sur yeux. La belle et les bêtes. Très grosses bêtes rock’n’roll. Cuir noir et crachats. Danny grand jeu. Crachat par-dessus sa tête. Ca spectacle. Ca vrai spectacle rock’n’roll. Parce que vrai musique. Musique pour masses. Johann Strauss, valses, Vienne, Danube Bleu. Ca, Strauss, que début, que introduction. Après, rythmes synthétiques, blip, blip, yeaaaah, basses répétitives, blip, blip, triple yeah, guitares Cure, guitares rock’n’roll, notes d’orgues, nappes de claviers. Très homogène. Un seul son, influence Cure, influence Cure, influence Cure, influence Cure, mais Cure sourire, Cure au soleil de minuit, Cure disco, blip, blip, yeah, Cure sexy, Cure de grâce. Très homogène. Presque ennuyeux. Jamais ennuyeux. Deux reprises. Ca plane pour moi, Plastic Bertrand, Child in time, Deep Purple. Child in time, morceau de légende, intro à l’orgue, deux couplets pour Danny et les cris pour Els.
Jamais ennuyeux. Présence scénique. Pas seulement Els. Danny aussi. Vrai maître de la cérémonie. A la fin, morceau instrumental, Danny inviter deux filles public sur scène. Une fille donne sa guitare. Une fille donne le micro. Deux invitées surprises. Pas musiciennes. Morceau continue. Danny prendre un saxophone. Danny souffler au milieu torrent rock’n’roll. Filles rêver. Filles penser : moi sur scène avec Vive la fête. Moi rocker avec Vive la fête. Pas rêve. Un concert Vive la fête. Blip, blip, hourrah !
Vive la Fête - 19 octobre 2005 - Poste à Galène, Marseille
Ce soir un public un peu hype (mais pas que) se presse au Poste à Galène. Le groupe Vive la Fête a un côté médiatique (soutenu par l'infect Karlagerfeld) mais tient aussi la route musicalement, .../...
Ce soir un public un peu hype (mais pas que) se presse au Poste à Galène. Le groupe Vive la Fête a un côté médiatique (soutenu par l'infect Karlagerfeld) mais tient aussi la route musicalement, et attire donc un large éventail : du clubber au fan de gratte. J'aperçois même un chanteur d'une formation punk-rock en vogue, dont je tairai cependant le nom par respect pour sa réputation - pour l'instant - sans taches.
Je ne connais le groupe que par une incursion sur leur site (4 ou 5 chansons en ligne) et une ou 2 entendues par ailleurs. Une des raisons qui m'ont fait venir est que tout le monde vante la plastique de la chanteuse de VLF. Bon d'accord, la grande bringue mal fagotée en jean et sweat-shirt qui est rentrée dans le PàG juste derrière moi ne ressemblait pas encore à grand chose... par contre il faut reconnaître qu'après transformation, habillage sexy et maquillage provoc', la demoiselle est tout à fait pimpante !
[Parenthèse : Une collègue rencontrée sur place me demande cependant de préciser que toutes les filles à forte poitrine devraient comprendre une fois pour toutes, qu'un bustier porté sans soutien-gorge, ça se casse forcément un peu la gueule. Certes quand rien n'est refait la gravité reste la loi universelle, et cependant il faut bien avouer qu' Els Pynoo, fausse blonde assumée et délurée, est vraiment une chanteuse "physiquement intelligente" (pirouette élégante pour éviter de dire qu'elle est bonne). Voilà c'est fait, après ces digressions mammaires et sexistes, parlons musique voulez-vous ! ]
Le groupe se présente, outre la "blombe", à 4 garçons maquillés façon Marylin Manson. L'un d'eux a une coupe de cheveux mêche-à-la-con où je me demande comment il y voit (il m'a bien eu, c'était une perruque). Leur musique à tendance monomaniaque, consiste à plaquer sur une grosse note de basse répétitive (jouée au synthétiseur, ou à la basse selon les cas), des beats, des riffs et des paroles elles-aussi répétitives. Ca ressemble à une compil Best-of des années "octante" (une fois), passée en léger accéléré, et en poussant les basses et les aigüs à fond...
C'est pas fait pour écouter religieusement, c'est juste calibré pour danser sans réfléchir à l'instar de leur anthem qui ouvre le concert : Vive la Fête, tout est dit. Et dans le genre décérébrant, ça le fait très bien (4 étoiles donc !), et sur scène ce serait même mieux que Le Tigre qui est pourtant ma référence en la matière. La chorégraphie limitée de Miss Pynoo (lever un bras, agiter les cheveux) colle à merveille à la chose. Diverses chansons s'enchaînent dont quelques une que j'identifie : Hot Shot, SchwarzKopf avec son gros synthé, la Vérité avec ses grosses guitares. Par moments ça sonne disco, par moments rock voire punk selon l'instrument mis en avant.
Je reconnais la très classe chanson Assez ("moi je suis la fille que tu as oublié") qui a donc du être un tube un jour, et je m'amuse de Maquillage-Camouflage qui va très bien à l'idée que je me fais de cette chanteuse ... avec une grosse batterie. Sur Noir Désir c'est la chanteuse qui pousse son organe au maximum, chanson étrange mais certainement l'une des plus originales, qui se finit dans un délire électro rock frénétique assez puissant. Bref à chacun son tour d'être mis en avant selon les morceaux.. un principe sain je trouve !
Le tout nous rappelant en prime notre jeunesse, et aussi les soirées Années 80 qu'affectionne le PàG... Le rappel se fera notamment sur Tokyo (pas ma préférée) et sur une reprise convaincante de Ca Plane Pour Moi sans chanteuse. Et enfin le groupe quitte la scène comme il l'a conquise : sur l'air pourtant assez peu disco du Beau Danube Bleu de Strauss... A bout d'une heure et quart c'est déjà fini, mais ce n'est pas choquant. Car après le traitement subi on est prêt à défaillir ou à boire un coup (j'ai cependant attendu en vain la reprise de la cultissime Fade to Grey, effectivement grosse inspiration pour VLF et dont parlait une autre chronique).
J'ai toutefois trouvé intéressantes certaines digressions musicales (on sent que les musicos en ont sous la pédale, même si on ne leur demande rien de bien difficile ici). A un moment ça sonnait franchement indus ! Une chanson que je n'ai pas identifiée m'a carrément fait penser à l'association suivante : Lio feat. Nine Inch Nails ! Improbable mais plaisant quoi ! A l'image de ce concert vraiment très sympathique. Evidemment, j'aurais du m'en douter, un groupe avec un nom aussi vilain ne peut pas être foncièrement mauvais, ou alors il n'aurait pas dépassé le stade du bal du village en Flandre...
Ah qu’il faisait bon somnoler le matin au bord des plages de la baie de Saint-Malo. Le vent était vif toutefois, un peu dur même ; pointe de la Sarde, un concours de pêche en haute mer était annulé.
Christopher O’ Riley : Radiohead à marée basse
Vers 16h, c’est par hasard que je tombe sur le petit concert de Christopher O’ Riley. Son piano est posé au pied des remparts et autour de lui des centaines de spectateurs se sont assis sur le sable. La plage est l’endroit le plus agréable du festival. C’est gratuit, un public autre que les jeunes-vieux, dont je suis, peut profiter des artistes invités, et mieux encore, on peut y écouter de la musique sans se soucier du coude de son voisin ou des pieds de sa voisine. Christopher O’ Riley est un pianiste de musique classique, plus familier des auditoriums que des festivals de rock en plein air. Interprète talentueux de Chostakovitch et de Prokofiev, l’américain est aussi un grand fan de Radiohead. Sa passion l’a ainsi conduit a enregistré un disque, True love waits, dans lequel il a adapté des chansons de son groupe fétiche à son instrument de prédilection, le piano.
Je ne suis pas moi-même un grand amoureux de Radiohead, je possède et connais néanmoins la plupart de leurs disques et j’avoue ne pas avoir reconnu un seul morceau du quintette d’Oxford lors de ce concert. C’était beau, plaisant et apaisant, du piano un rien sentimental, mais nous étions bien loin de Radiohead. Son interprétation a tendance à niveler toutes les chansons et à réduire leur énergie et leur souffle à bien peu de chose.
O’ Riley aime aussi Elliot Smith et il nous en interprète quelques morceaux en guise de conclusion à son récital. Même traitement pianistique, même impression de vide. Les notes sont là mais le compositeur original a bel et bien disparu.
Boom Bip : instrumental et pas chiant
Trois heures et deux glaces plus tard, je suis de retour au fort de Saint-Père. La veille, j’étais resté assez éloigné de la scène, cette fois je décide de me rapprocher des artistes et d’apprécier ainsi la compétence des personnes chargées de la sécurité. L’une d’elles semble être un fan de Dropkick Murphys, un vrai dur en tout cas, tatoué de près. Le gaillard tient sa mission très au sérieux. Dressé sur ses ergots, il guette le moindre téléphone portable brandi dans les airs. Sans accréditation, il est interdit de photographier. Alors notre homme saute dans tous les sens pour montrer les dents à chaque fan assez inconscient pour se laisser aller à vouloir garder un souvenir de la soirée. Et si ce n’est pas assez clair, il franchit la barrière pour arracher l’appareil au contrevenant, le tout agrémenté de quelques paroles acerbes. Le même garçon s’inquiète aussi de la qualité des boissons ingurgités par les festivaliers. Il y a de la bière à vendre sur tout le pourtour du site, ce serait tellement peu fair-play de notre part de boire un autre alcool… Il renifle ainsi à l’occasion les bouteilles suspectes. Un vrai boute-en-train.
Pendant ce temps, sur scène, Boom Bip joue des airs plutôt captivants. De son vrai nom Bryan Hollon, l’américain est entouré par un vrai groupe composé d’un bassiste, d’un guitariste et d’un batteur. On est entre rock et hip-hop. Ni nerveuse, ni enjouée, sa musique n’est pas la plus évidente en plein air, mais elle séduit chaque personne qui lui confie ses oreilles et dans la public nous sommes nombreux à dodeliner de la tête au rythme des booms bips de Boom Bip. Une réussite.
Maximö Park : un nouveau groupe britannique dispensable
Les premières bousculades surviennent avec l’arrivée de Maximö Park. Des jeunes filles, surtout, et quelques vieux ados se pressent devant les barrières pour accueillir des Anglais, qui ne demandent qu’un peu d’hystérie pour jouer aux rockstars. Paul Smith, le chanteur, et Lukas Wooler, le clavier, se la racontent à mort, accumulant poses et œillades pour un public qui ne demande qu’à défaillir pour de nouvelles idoles. C’est amusant, sans plus, car les chansons, elles, ne sont pas à la hauteur de ces cris d’admiration. Je dois dire que je suis même franchement dépité dans un premier temps de voir tous ces charmants jeunes gens pogoter pour si peu. Du tatapoum sans relief. Je n’ai retenu que l’intro d’une chanson, tout le reste ne m’a semblé que radotage pop. Il faut reconnaître cependant que l’ambiance est là. Le groupe joue et surjoue, les fans sont heureux et le reste du public commence à se débrailler et à se sauter dessus.
The Polyphonic Spree : oubliez les polyphonies corses
Le débraillage collectif va s’intensifier avec l’arrivée de The Polyphonic Spree. Le contraire aurait été étonnant. Voir débouler une vingtaine de musiciens et de choristes en longue robes blanches, voir cette même légion d’ahuris texans sauter dans tous les sens, et pointer le doigt dans votre direction pour vous dire que oui il y aura aussi une place pour toi au paradis, et tout cela en faisant tinter harpe, cor de chasse, trompette, guitares… voir ça, pour tout être en mal d’amour et de musique, le genre d’être que l’on croise en de nombreux exemplaires dans les festivals de musique, ce genre d’expérience donc ne peut que susciter clameur, hystérie et joie. Et tel est le cas en effet.
Les compositions en elle-même ne sont pas beaucoup plus travaillées que celles de Maximö Park, les chansons se résumant souvent à la simple répétition d’une seule et même phrase. Mais le concept est là un peu plus original : les robes, la harpe, la chorale -avec dans la chorale des filles angéliques (des yeux, des joues)- et la mise en scène messianique. C’est un régal pour les yeux. Je suis alors tout proche de la scène. J’ai cru un instant que j’allais à mon tour m’élever dans les airs pour rejoindre le percussionniste perché à quinze mètres du sol, au milieu des éclairages, pour taper avec lui dans le tambour qu’il avait emporté dans son escalade.
Sonic Youth : trop court
Ah on peut dire que nous sommes heureux à ce moment. Mis en extase par The Polyphonic Spree, nous attendons la communion avec Sonic Youth, suants et trépignants, nous pressant les uns contre les autres, tels des chiites en Irak. Tant de ferveur mérite le respect, là encore pourtant, ce n’est pas le sentiment que nous renvoient les costauds chargés de la sécurité. De l’eau circule déjà parmi nous, sous forme de bouteilles, grâce aux bons soins de ces mêmes costauds, mais ils considèrent visiblement que ça ne suffit pas, alors muni d’un tuyau d’arrosage, ils nous aspergent, à la manière des forces anti-émeutes, pour nous apprendre à rester calme. On se prend ainsi des gros paquets d’eau sur la gueule, alors qu’il ne fait pas si chaud, que le soleil vient de se coucher et que le vent souffle. De plus, pour ma part je porte des lunettes et l’eau sur les verres ça n’aide pas pour voir un spectacle.
Entre deux jets, je peux toutefois garantir avoir bien vu Sonic Youth. Kiiim Gooordon ! Thuurston Mooore ! Les papes de l’underground! Les plus cools des pas cools. Ils sont venus. Ils ont joué. Brother James, Schizophrenia, Kool Thing, Teenage Riot…. Et j’ai frissonné de plaisir sur les premières notes de l’intro de ce dernier titre. Thurston et ses guitares furent magistrals. Mais que ce fut court ! Un mini best-of, avec la petite déception de n’entendre aucun titre de leur excellent avant dernier album Murray Street.
Metric : on l’appelle Emily
La chanteuse s’appelle Emily Haines. Un nom à retenir car elle si elle a le bon goût d’être une fan de Sonic Youth, Emily est aussi elle-même une fantastique rockeuse. Je ne dis pas ça parce qu’elle nous a montré sa culotte, que ses jambes sont de longues et belles jambes… Sur scène, Emily affiche une facilité, un charisme et une séduction qui décuple l’impact de la musique de Metric. Old world underground, where are you now ?, l’album de ces canadiens sonne comme un honnête projet pop-rock. Un disque comme les maisons de disque en sortent régulièrement ces jours-ci. De la musique cool parfaite pour illustrer une publicité, un reportage sportif ou passer à Taratata. C’est efficace mais sans saveur, sans identité propre.
Et pourtant, devant les milliers de spectateurs du fort de Saint-Père, Emily Haines, sans en faire des tonnes, sans chercher à jouer avec le public, juste en in-ter-pré-tant, a démontré que Metric était beaucoup mieux qu’un groupe de plus. J’ai vraiment été séduit. Et à la fin, au moment de Dead Disco, leur tube, Metric m’a donné le coup de grâce, en en donnant une version alternative, plus longue, comme une variation autour de la basse d’A forest de The Cure.
Vive la fête : une blonde avec des gros seins, le vrai sens de la fête
On s’approche alors de trois heures du matin. Je n’ai que quatre heures de sommeil devant moi avant de reprendre la route. Et c’est vraiment à regret que je quitte le site après trois titres de Vive la fête. Je ne connaissais pas. Ce sont des Belges. Cinq sur scène. Le noyau du groupe est un duo, Dany Mommens, guitariste (membre de Deus jusqu’en 2004), et Els Pynoo, une splendide blonde. De loin, elle a l’air magnifique. Toute en noir, avec des seins qui lui donne une silhouette de femme fatale. Leur musique joue sur le registre du glamour. Paroles en français, échanges entre le garçon et la fille. C’est assez sophistiqué, tout en étant très abordable et rock’n’roll.
La salle se remplie très rapidement pour accueillir KLUB DES LOOSERS. Fuzati, le Mc masqué versaillais apparaît sur scène accompagné du scratcher DJ Detect. Les premiers rangs connaissent par cœur tous les titres de son premier album : un vrai fan club. Ses chroniques amères d’adolescent attardé de la banlieue ouest de Paris font mouche. Fuzati a toujours ce tic névrotique d’un doigt pointé vers le public et celui-ci en redemande. Il est particulièrement en forme ce soir puisque il demande quelques mots aux spectateurs pour faire des impros assez réussies. Le premier mot qui vient à un drôle d’éberlué au premier rang est « Ta gueule » : il ne s’en remettra pas face au flow terrible du vengeur masqué. Pour finir Fuzati jette rageusement son micro sur la table de mixage du DJ et s’en va. Alors que les lumières se rallument et que les techniciens démontent le matériel, quelques fans qui en voulaient encore crient « Loosers ! Loosers ! »………..
Dans l’autre salle, plus petite, le 22 est, Les 3 anglais de RITON avec 2 toutes petites machines et une guitare se débrouillent pas mal avec leur électro dans la veine de Scissor Sisters et nous livrent leur tube « Angerman » qui passait en bloucle sur radio nova. Leurs compatriotes du groupe SPEKTRUM bénéficient d’une chanteuse avec une voix soul assez puissante qui joue de sa séduction avec le public. Le groove est terrible et le public adhère.
De l’autre côté,4 MC’s se succèdent. Les 2 membres d’AIRBORN AUDIO font leur show : un drôle de duo, l’un avec un physique de basketteur avec une coupe de cheveux digne de Will Smtih époque Prince de Bel Air, l’autre beaucoup plus petit, une casquette vissée sur la tête. Du hip-hop bien fait : l’un des 2 MC n’hésite pas à descendre dans la foule pour rapper et faire le show ! Les 2 américains ont l’air vraiment sympathiques, puisque du début à la fin de la soirée ils se baladent dans le public pour écouter les autres groupes ou discuter avec les gens.
BUSDRIVER leur succède avec son flow incroyablement rapide : une des tchatche les plus rapide du monde parait-il.
Enfin la soirée se termine avec BEANS, un ancien du collectif Antipop Consortium. Il alterne des moments quasiment de slam (il interpelle public qui ne suit pas à cause la barrière de la langue) avec du hip-hop très électronique.
Au 22 ouest, les belges de VIVE LA FETE assurent le spectacle avec leur électro 80’s très naïve chantée en français : ça ressemble à du Telex en plus rock’n’roll. La chanteuse au look très punk et les guitaristes/batteur tous masqués mettent le feu. A la fin du show, ils font monter quelques personnes du public pour prendre leur place des musiciens et se barrent…
Enfin Dj Tiga prend le relais malgré une platine vinyle défectueuse rapidement changée au début du set. Sa technique est bonne et il enchaîne son tube « Pleasure from the bass » avec des remixs incroyable de Lcd soundsystem (« daft punk is… »), Lipps Inc (« funky Town ») : son electro très punchy séduit encore les derniers spectateurs présents.