Pour le vendredi c'est par ici !
Encore des nuages lourds de menace et un cul bordé de nouilles pour cette deuxième journée des Eurockéennes. Dans la série festival engagé, l'organisation a cette année installé avec la Communauté de Communes un stand incitant au tri des déchets, une boisson à bulles américaine bien connue ayant fait don de .../...
Pour le vendredi c'est par
ici !
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Encore des nuages lourds de menace et un cul bordé de nouilles pour cette deuxième journée des Eurockéennes. Dans la série festival engagé, l'organisation a cette année installé avec la Communauté de Communes un stand incitant au tri des déchets, une boisson à bulles américaine bien connue ayant fait don de plusieurs milliers de sacs à base de bouteilles en PET.
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On passe un moment à discuter de la sensibilisation du public à la protection de l'environnement (c'est un peu notre métier, dans la vraie vie !) avec l'accueil très sympathique de ce stand - après les gobelets consignés, il ne reste plus qu'à réfléchir aux emballages de la nourriture (notamment les sandwiches "Cora" qui ont beaucoup perdu depuis que ce sont devenus des simples "Daunat") et on pourrait bien arriver au premier festival sans déchets plastique du monde !
Quoi qu'il en soit, on aura pas réussi à arriver avant (ou après !)
The Answer, écossais bruyants et rustauds avant
AC/DC aussi bien à
Bercy qu'au
Vélodrôme. Installés cette fois-ci sur la grande scène, ils jouissent pour une fois d'un très bon son, ce qui ne parviendra pas à faire oublier leur médiocrité de sous-sous imitateurs de Led Zeppelin, dont ils reprennent jusqu'au look, en toutefois nettement moins gracieux que les aristocratiques Robert Plant et Jimmy Page en 1968. L'assistance est d'ailleurs clairsemée et peu concentrée en ce bel après-midi ensoleillé.
A la recherche de nos sympathiques accréditeurs au village pro, on passe très, très près d'une conférence de presse qui aurait certainement été fort amusante, celle de
Tricky - mais le bonhomme a disparu à l'heure dite avec, nous dit-on, une assiette de poisson. Dommage, d'autant qu'on ne trouvera jamais les gens qu'on était venus chercher ici. Direction le chapiteau par dépit donc, pour les suédois
Peter, Bjorn & John. Le groupe joue une pop sucrée mais pas particulièrement passionnante, qui s'écoute très bien assis sous les arbres du fond. On constate à l'occasion de leur tube
Young Folks et son sifflement horripilant, que celui-ci n'est même pas effectué en direct ! Quoi qu'il en soit, les gens dansent les bras levés et semblent apprécier - décidément, le soleil brille pour tout le monde aujourd'hui.
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On s'en va à la recherche d'autres expériences, pour découvrir les danois au nom très modeste et légèrement hors-sujet de
The Asteroids Galaxy Tour sur la plage, curieusement étiquetés électro-pop alors que le groupe joue plutôt de la musique funk-soul (un copié-collé raté sans doute ?), par ailleurs assez plaisante. 5 sbires emmenés par une pétillante petite blonde à la robe très courte (va t'on devoir reprendre le compte des bombes atomiques d'hier ?!).
La plage et son bar sont décidément bien agréables cette année, où tout le monde s'estrasse sur le sable sous un soleil opportunément de retour. Il s'avère qu'on connaissait sans le savoir leur tube carrément groovy
Around the Bend (un syndrôme pub quelconque sans doute ?) - en tout cas un premier concert bien agréable écouté en sirotant une grande bière - hey, c'est qu'on se déshydrate, avec tout ce soleil pas prévu...
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C'est par contre peu après que va se tenir un concert assez fabuleux de
Tricky, dont la constance aux Eurocks est admirable puisqu'on l'a déjà vu ici en
2003,
2001 et
1999... et qui sort en outre d'excellents
disques à peu près à la même fréquence. Le fantasque
Adrian Thaws ne trouve pas mieux en introduction que de passer une horreur de Genesis, déclenchant des sifflements rageurs de l'ensemble du chapiteau.
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Bien joué, tout le monde est donc déjà échauffé pour une entrée sur
You Don't Wanna remixant en version plombée les Sweet Dreams d'Eurythmics ! Ceci pour enchaîner, accroché au même micro que la timide
Francesca Belmonte (qui a hélas remplacé la nettement plus troublante Costanza Francavilla), un
Puppy toy groovy et lourd. Le personnage est toujours physiquement affuté à mort (si j'étais une fille, il m'inspirerait beaucoup, je pense...)
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La chair de poule vient instantanément à l'écoute de l'entame du fabuleux titre trip-hop murmuré
Past Mistakes, dont le beat lent tape au fond du ventre - c'est d'ores et déjà fascinant, avec une fin hurlée inédite - le tout dure au moins huit minutes mais, on va vite s'en apercevoir, conférence de presse ou concert, le bonhomme se fout pas mal des horaires ! Les vrilles de
Black Steel retentissent ensuite, un son grandiose pour mettre le feu aux poudres sous la grande tente. Suit une très jolie chanson calme du dernier album (
Joseph ?), où il chante, comme à plusieurs reprises ensuite, "par le torse", ce qui est plutôt déconcertant. En tout cas le morceau est dramatique et hypnotique... avant qu'on soit chopés au colback par une furieuse
Council Estate, puis par la très noire
Girls où il s'en prend à la batterie (ouch, difficile à retrouver, ce titre-là !).
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Quand elle ne chante pas, la jeune fille nous tourne le dos devant des machines, comme si elle était au coin... Elle et tout le groupe obéissent au doigt et à l'oeil de l'artiste, qui laisse durer les titres autant qu'il en a envie avant de donner le signal de fin d'un moulinet du bras. Comme par exemple sur un titre rappé où
Tricky offre à la foule une magnifique séance de natation sur bras - décidément, même s'il ne s'est pas laissé filmer par l'organisation pour les grands écrans, le gaillard est de meilleur humeur que par le passé, où certains jours on ne voyait que ses oreilles dans une pénombre enfumée... Passage obligé,
Karmacoma et, pour mon grand bonheur, sa splendide reprise de Cure :
The Love Cats. Puis un titre très sombre, zombifiant, époque
Pré-Millenium Tension sans doute, qu'il fait durer de nombreuses minutes.
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Et enfin, dans un morceau d'anthologie de plus de vingt minutes répétant la même boucle au fil de montées et de chutes de tension successives, il danse comme un possédé et se prosterne longuement, et il explose totalement son timing (20 minutes de bonus !), au grand désespoir des organisateurs qui lui font des signes désespérés depuis le bord de la scène - il va même en bousculer un, finissant par un nouveau circuit dans les bras du public. On finit par se demander si le son va être coupé ou la sécurité s'emparer de l'incontrôlable "Gremlin" (dixit son amie Beatrice Dalle). Enfin arrêté, il laisse une audience subjuguée et K.O. debout, pour ce qui restera probablement comme LE concert d'anthologie de cette édition !
Devant l'impossibilité de rater un moment pareil, on devra faire une cruelle impasse sur la délicieuse
Olivia Ruiz, également bonne cliente aux Eurockéennes (par exemple
ici en 2007), et dont le dernier disque nous a toutefois moins plu que le
précédent. Quelques minutes seulement passées en sa compagnie, le temps de découvrir en scène mais de très loin ses nouveaux titres comme
Belle à en crever et l'un peu anecdotique
Elle Panique. Comme on pouvait l'imaginer, les spectateurs qui sont restés ont paraît-il eu droit à un duo avec
Matthias Malzieu, héros eurockéen bien connu et à n'en pas douter inspirateur de la plus réussie du disque, la très chouette
Mon petit à petit...
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On a toutefois un rafraichissement à boire et tout le site à traverser pour retrouver la nigériane et splendide
Nneka, enthousiasmante sur
disque et en
concert, qu'on se réjouit donc de revoir. La belle ébouriffée est déjà en train de scander
Kangpe, aidée par son bassiste qui finit en scat, avec un groupe en configuration plus reggae que sur disque. Elle interprète ensuite un très joli slow parmi deux ou trois (où sa voix rocailleuse et chaude rappelle à chaque fois celle de Neneh Cherry), ainsi qu'un titre appelé
VIP (comprenez,
Vagabonds In Power).
Suffri, trip-hop sur album, sera ici revue en version dance hall, les mains en avant, où le public danse avec plaisir sous les jolies plantes lumineuses. Un début calme et trompeur débouche ensuite sur le titre
HeartBeat, où les plagistes se transforment carrément en kangourous joyeux. Le concert se finit sur l'espérée
Focus, moins percutante que sur disque en raison d'une guitare plus effacée et néanmoins très énergique - la musique de cette fille vous file décidément une sacrée pêche !
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Une nouvelle traversée du site encore plus terrifiante (plage->loggia) nous attend, et cette fois-ci au pas de course - quelle vie atroce que celle de chroniqueur... On adressera un petit coucou à
Pete Doherty en passant, puisqu'on commence à l'avoir vu un peu trop souvent à notre goût, et notamment
ici-même l'an passé - il faut croire qu'à défaut d'être devenu génial, il a été assez aimable (et sobre) pour avoir été ré-invité un an après ! Le but de notre course est de voir le court set sludge metal de
Kylesa, dont on est fan de la monstrueuse galette
Static Tensions.
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La bande composée d'un bassiste, de deux batteries (!) et d'un guitariste puissant, est emmenée par une jeune femme ressemblant à la Laura Palmer de Twin Peaks (ils chantent chacun à leur tour, avec quasiment la même voix d'outre-tombe), et il ne va pas tarder à déchaîner les enfers, avec fort opportunément pour nous, quelques minutes de retard... Les deux batteurs cognants comme des sourds sur l'introductive
Scapegoat, un mosh-pit plutôt brutal se forme instantanément : pendant le concert, un gros abruti apparemment ami du groupe sautera même de la scène avec élan et les pieds devant, laissant deux personnes au tapis.
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Brrr... quel contraste avec l'ambiance peace & love du concert d'avant ! Le groupe enchaîne les morceaux de bravoure trois par trois, avec notamment les ponts en plomb de la mortelle
Running Red ou la fabuleuse
Unknown Awareness, jouée dans un enfer rouge méphitique. Une partie du public passe le concert à travailler des cervicales, sur ce qui sonne à n'en pas douter comme le timbre le plus sinistre du festival, mais aussi une vraie performance maîtrisée, concise et classieuse - voir à ce sujet les vidéos jointes en fin de chronique...
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Quant à la tête d'affiche du festival (entendez en terme de cachet), elle nous en touche une sans bouger l'autre : On ne consacrera pas plus de quelques minutes à
Kanye West (alias Gay Fish), au hip hop extrêmement main-stream, beaucoup trop synthétique et même, horreur et indignité suprême, autotuné à mort... A vrai dire, la sensation hype du moment, les
Passion Pit, nous intéresseront à peine davantage. Assez anecdotiques et suiveurs en
disque, ils le sont également sur scène de la Plage (qu'on ne quitte décidement plus). De toutes façons un groupe qui aligne trois synthétiseurs sur scène n'a forcément pas la conscience tranquille, pas vrai ?
On a la flemme de détailler ici les titres écoutés du bar, à savoir une grosse partie de l'album, épuisante litanie de niaiseries guillerettes (
To Kingdom Come,
Moth's Wings etc), voire très agaçantes (cf les chinoiseries de
Sleepy head). Difficile d'arriver après The Arcade Fire ou TV on the Radio, le talent en moins et la prétention en plus, sans que cela se remarque... Leur passage sur scène confirme une intuition à l'écoute de leur disque : le feu de paille ne durera pas longtemps, avec un peu de chance, ces gars-là et leurs tronches de cake auront disparu des radars dès les premiers frimas revenus, rejoignant The Music, Clap Your Hands Say Yeah et autres Wombats au rayon "Don't believe the hype"...
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La soirée prend alors un virage électro définitif sous le chapiteau avec
Yuksek, qui avait joué en fin de soirée il y a deux ans sur la petite scène proche de la sortie (déclenchant un bouchon monstre et sautillant), et se voit ce soir offrir le chapiteau comme écrin. Son set tout seul aux machines, avec parties chantées en live, a tout pour rendre dingo l'ensemble du public à partir du moment où il monte en puissance et en bpm, c'est-à-dire très rapidement. Pour un peu, même les parts du flammekueche que j'ai encore acheté (un peu d'indulgence, ça me rappelle le bled !) se mettraient à danser sur leur cartonnette ronde...
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Dans la veine Daft Punk/Digitalism,
Yuksek joue donc un électro-rock archi putassier - mais au sens positif du terme : irrésistible et assez jouissif, à l'image de son tube
Take my Hand. Un poil moins doué que les autres sur disque, et même s'il n'y a pas grand chose à voir sur scène - quoiqu'il assure lui-même, et très bien, les parties vocales, il se rattrape allègement en excellant dans sa science des descentes et des montées, déclenchant régulièrement des hurlements hystériques. Il fait donc logiquement un carton plein et un triomphe, d'autant que pratiquement tous les spectateurs sont concentrés là en l'absence d'autre gros concert à la même heure.
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Reste à voir la prestation des turntablists fous de
Birdy Nam Nam, à qui l'on doit un très excitant
Manuel pour une émeute réussie et un souvenir enthousiasmant en
live aux Artefacts 2008. Les gredins joueront notre titre préféré,
Transboulogne Express, avant qu'on ait dépassé la buvette située à mi-pente de la grande scène - dommage. Certes leur électro est plus tournée vers le hip hop (leur terreau d'origine), et un peu plus cérébrale que celle de Yuksek (cf l'excellente
War Paint). L'ambiance tarde donc un peu plus à monter.
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Elle décollera pour de bon quand leur light show, une illumination totale et multicolore de leur set, démarre enfin après quelques chansons. Leurs basses archi-travaillées (
Manual for Successful Rioting) et un set bien construit en ascension finissent par emporter l'adhésion générale, au moment où nous déclarons forfait pour cause de jambes coupées (oui, je sais, ce n'est pas une excuse, mais je ne peux quand même pas avouer ici que nous n'avions plus soif !), à l'issue d'un samedi somme toute assez bien garni lui aussi. C'est donc en longeant le bord du plan d'eau qu'on entendra, ainsi que toutes les mamies d'Evette-Salbert je le crains, la montée assez fabuleuse de
The Parachute Ending. Au dodo !
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Le dimanche c'est par
ici !
Les vraies
Photos sont par
Andy Trax et les illustrations par
Philippe !
Petites
Vidéos du samedi en ligne par
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