Le bonheur, ça peut être une idée simple parfois. Un saphir galopant sur un vinyle à tête de serpent (pochette noire, tête rouge unie, il est beaucoup plus beau que la présente image !), deux baffles qui vibrent en un rythme répétitif et entêtant, et votre tête aussi... Comme par .../...

Le bonheur, ça peut être une idée simple parfois. Un saphir galopant sur un vinyle à tête de serpent (pochette noire, tête rouge unie, il est beaucoup plus beau que la présente image !), deux baffles qui vibrent en un rythme répétitif et entêtant, et votre tête aussi... Comme par exemple, lorsque nos deux nerds bien-aimés de
Zombie Zombie, se mettent en tête de rejouer les airs des films de
John Carpenter, donc les airs
DE John Carpenter, grand maître de thrillers d'épouvante et/ou d'anticipation, qui ne laissait dans le temps à personne d'autre que lui le soin de composer les thèmes musicaux répétitifs, obsédants et sacrément flippants de ses films grand-guignolesques et réjouissants. Avant l'époque, par exemple, de l'ultra-jouissif
Ghosts of Mars, dont la musique a hélas été un peu salopée par
Anthrax... Bref.
Déjà auteurs d'un passionnant album d'électro sombre et kraftwerkienne en 2007,
A Land for Renegades, les deux compères se sont ici adonnés à un plaisir simple : rejouer en studio, et pas forcément dans l'optique d'un remixage tape-à-l'oeil, certains de ces airs inoubliables. Juste pour le plaisir de jouer en vrai ce qui sonnait parfois (trop) synthétique à l'origine.
Sur une face consacrée aux films "de peur", le formidable thème de la note sautillante d'
Halloween, sans doute le plus connu de tous, vire ainsi à une étrange transe tribale, appuyé sur des barrissements sinistres de Korg et une batterie certifiée live, pour vous emporter vers des sommets d'excitation monomaniaque : en fermant les yeux on imagine fort bien
Etienne Jaumet, en sueur sur son clavier, les yeux presque révulsés derrière leurs grosse lunettes, tandis que son acolyte
Neman, ruisselant sous sa casquette, tabasse une malheureuse batterie, le tout dans un invraisemblable fatras de fils et de jacks. Moins connu,le thème de
The Thing, film de monstre dans une base arctique qui avait terrifié notre adolescence, s'épanouit en vibrations striantes, presque
drone sur la fin, angoissantes incontestablement.
Bien sûr, ses films post-apocalyptiques, les mythiques (et désormais plutôt rétro-futuristes) avec
Kurt Russell, ne sont pas en reste, avec un thème de
New York 1997 et un autre de
Los Angeles 2013, qui défouraillent et vrombissent presque autant que, respectivement, les armes à feu et la grosse moto de
Snake Plissken lui-même.
Enfin, pour avoir entendu le thème d'
Assault on Precinct 13 (
Assaut, en français, ce magnifique et terrifiant western urbain où un commissariat était attaqué par des hordes de
bad guys, sans qu'on sache jamais
vraiment pourquoi), morceau joué au début d'un très trippant
concert, on peut affirmer que cet air d'une simplicité pourtant désarmante (20 notes, 4 accords, répétées à l'infini), s'avère redoutable et passionnant en live. Ne manquent finalement qu'un ou deux autres thèmes qu'on aurait aimé entendre joués par
Zombie Zombie, comme ceux de
Christine, ou de
Fog... Mais rien ne dit qu'ils ne paraîtront pas aussi un jour, sur un 45 tours peut-être, ce serait bien ? Enfin nous, on dit ça, on ne dit rien, bien sûr.
(2010)