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Samedi 30 juillet 2016 : 12552 concerts, 24020 critiques de concert, 5105 critiques de CD.

Vos critiques d'albums


 

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Artiste : LNZNDRF  Titre : S/t
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Style : Pop - Rock
LNZNDRF - S/tFormé en 2011 en Nouvelle-Zélande, à Auckland plus précisément, le groupe LNZNDRF - pour LANZENDORF - est composé de vieilles connaissances, les très doués frères Bryan et Scott Devendorf (le batteur et le bassiste des Américains de The National, qui doivent d'ailleurs beaucoup à cette section rythmique totalement imparable), et le joueur de cuivres Ben Lanz, qui évolue fréquemment avec le combo de Zach Condon, Beirut, et qui se met régulièrement au service de The National et de leur pote songwriter Sufjan Stevens. Quand des gens de goût aux CV irréprochables mettent en commun leurs multiples talents pour travailler sur un projet en forme de super groupe, ça peut tomber totalement à plat et provoquer un indicible ennui... ou alors ça peut faire « BOUM » ! C'est la deuxième option qui a été cochée ici, puisque dès le premier morceau, « Future You », LNZNDRF fait monter l'auditeur à bord avec une facilité assez déconcertante, en mélangeant brillamment kraut rock étrange, pop psychédélique élégiaque et rock progressif pas chiant une seule seconde (ce qui n'est pas toujours gagné dans ce style). Issu de jam sessions enregistrées dans une église de Cincinnati en à peine deux jours et demi, l'album dont il est question ici comporte une collection de titres prenant le temps de se développer longuement, sans que cela paraisse long justement, en empilant les couches progressivement : voix célestes ou trafiquées utilisées comme des instruments à part entière, bidouillages créant des ambiances mystérieuses, rythmiques donnant l'impression d'avoir les guibolles boostées par tout un tas de produits plus ou moins licites... A la fois sobre, inspiré et sincère, le disque éponyme de LNZNDRF a la chance de posséder des vertus hypnotiques quasi instantanées, ce qui plonge agréablement dans un état de béatitude envoyant en orbite en un clin d’œil, à des années lumière de toute la merde ambiante. Du « travail » de professionnels !



Liens : www.facebook.com/lnzndrf, lnzndrf.com, twitter.com/lnzndrf, www.instagram.com/lnzndrf/.

2016 (4AD)

Vignette pierre andrieuSignature : pierre andrieu
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Artiste : The Inspector Cluzo  Titre : Rockfarmers
Style : Pop - Rock
The Inspector Cluzo - RockfarmersIl en aura fallu du temps, pour qu'on entende enfin leur appel, à ces deux-là. Depuis 2008 qu'ils écumaient la planète en insultant les joueurs de basse, leur nom nous était familier bien sûr (d'autant que leur société de production est une grande pourvoyeuse de spams !), mais on croyait à tort à un duo de pop arty, notamment à cause de son nom cinéphile/branché... De leur côté, ils ont d'abord sonné sous grosse influence fusion (dans l'esprit RHCP/Fishbone) avant de s'orienter peu à peu - et avec raison - vers un style qui leur a permis de trouver un son plus personnel, en plus de convenir au mieux à des paysans revendiqués : le folk et surtout, le bluhuhues explosif... Et c'est donc aux récentes Eurockéennes, en plein après-midi et n'ayant même pas encore transformé notre première bière en une miction potentiellement fertile, qu'on s'est pris en plein dans le baigneur la classe internationale de The Inspector Cluzo et surtout, l'explosif et jouissif combo riff/batterie/sifflement, Rockfarmers, qui ouvre l'éponyme album !
Rockers en tournée et fermiers exploitants donc (et pas forcément dans cet ordre-là...), fiers représentants de Mont-de-Marsan, Gasconha ! Se présentant sur scène en costard-cravate-béret d'une rare élégance, solidement ancrés dans un terroir qu'ils défendent bec-et-ongles, de la grande philosophie du respect des anciens et de la terre, jusqu'aux inévitables petites vannes de clocher (les Dacquois doivent en avoir des acouphènes, à force, surtout les joueurs de basse...). C'est peu dire qu'on les a trouvés instantanément, non seulement charismatiques, mais aussi tout à fait fascinants sur scène ! Qui dit paysan aimant sa terre, dit aussi chasseur-pêcheur ? Pas sûr toutefois qu'ils attrapent quoi que ce soit en rivière avec un raffut tel que celui de la puissante et ultra-groovy Fishermen. Peu probable également qu'ils puissent piéger le moindre muridé avec la très Jackwhitienne Quit The Rat Race...
Contrairement à leurs modèles qui torchent généralement des titres concis, nos deux nouveaux "Parpanhas" préférés (comme on dirait dans le Sud-Est), eux, ne craignent pas d'étirer les jams et les hululements à l'infini (Kiss Me). Par contre quand il s'agit de défoncer la gueule à quelque chose de méprisable - une multinationale empoisonneuse par exemple - les 3 minutes réglementaires de cavalcade western/punk leur suffisent (GMO & Pesticides), tout comme pour parler de sexe (Erotic, plutôt jouissive mais sur moins de 4 minutes, douche comprise). On peut néanmoins préférer ces morceaux-là, les plus percutants, à d'autres qui s'éternisent parfois un peu...Cependant ils ne craignent pas non plus de poser leurs tripes et le reste sur la table (splendide The Run, dont la partie basse nous a évoqué rien moins que Lee Hazlewood en live). Et ce même si le but premier reste d'atteindre le groove ultime par tous les moyens, fussent-ils un poil outranciers (Stars & Leaving, qui semble parodier Led Zeppelin).
Car pour finir, précisons bien que nos oreilles décèlent sans ambiguité dans tout ceci une bonne dose de dérision et de second degré (par exemple, dans les péroraisons et les choeurs d'Abu, ou encore dans les jolis et kitsch carillons de Japanese Mountain) ! : The Inspector Cluzo fait de la musique surtout pour se/nous faire plaisir et s'amuser, qu'elle soit suramplifiée au Hellfest ou presque acoustique au camping, tout en n'oubliant pas que ce qui est vraiment important à la fin de la journée (et de la tournée, à plus forte raison !), c'est que les bêtes soient bien nourries, et la terre enrichie... C'est un peu un cliché, mais force est de reconnaître qu'avec leurs pieds bien tanqués dans la boue et leurs yeux plantés dans les étoiles, ils sont aussi ce qui ressemble symboliquement le plus à un festivalier en goguette ! D'où peut-être un effet d'identification immédiate, qui devrait marcher pour vous aussi lors d'une de leurs prochaines dates en plein air, à cocher dès que possible !
(FuckTheBassPlayer Records, 2016)

Vignette PhilippeSignature : Philippe
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Artiste : King  Titre : One
Style : Pop - Rock
King - One C'est le showcase du 22 avril 2016 à la Mesón qui m'a donné envie d'aller écouter l'EP six titres, et quel EP! Voilà un disque qui te fait sourire dès les premières minutes du très évocateur The Bone . Parce que tu sais que tu entres en terre sacrée, et que tu vas aimer ça. On commence le récit dans la pénombre et la moiteur d'une chambre qui sent l'amour puis on s'évade progressivement vers une ballade blues rock dans la plus pure tradition. N'entendez pas par là que l'album est classique, pas du tout. Il revisite le genre tout en élégance et puissance, agrémentant ses morceaux de pures lignes de batterie, de mélodies soignées. La voix est profonde, elle sera souvent comparée à celle de Leonard Cohen, mais il y a pire comme comparaison dans le registre de la "sexitude"… Oui, ça déborde de sensualité et de force, c'est terriblement cinématique. Cela faisait un moment que je n'avais pas été scotchée par une ballade: la dernière fois remonte à l'écoute du Deep Cuts de Tony Joe White, c'est dire. Ce qui m'avait séduite alors et me séduit encore aujourd'hui, c'est le mélange des genres: ici, avec l'usage de l'électronique des synthés, des orgues avec l'omniprésence de basses envoûtantes. Des choeurs féminins fantomatiques viennent peupler le paysage, l'amour s'enlise, s'épuise dans le matérialisme. Seul le désir subsiste, l'envie de fuir aussi. Kings and Lovers lancera le cri de loup et le voyage chamanique. On entre dans le générique d'un film où traineraient encore quelques vapeurs d'Ennio Morricone. Au son du glas, The Bright Words s'élèvent en prière. Une femme (… des femmes) hante cette histoire, ses mots rassurent, déroutent, bousculent le désir qui prend corps dans l'incantatoire Shotgun. Every Other Night me renvoie par son intro au Rome de Danger Mouse et Daniele Luppi; le travail de production est remarquable. Soulignons-le, la section rythmique (Raphaël Seguinier & Sylvain Joasson de Thousand) participe beaucoup à la réussite de cet EP. Oh!Tiger Mountain et Stéphane Milochevitch (lui aussi de Thousand) ont co-écrit les paroles de ce six titres très prometteur, ce qui nous fait attendre avec impatience l'avènement d'un album.

Sortie du vinyle le 13 mai 2016 chez Sounds Like Yeah Records

Signature : Cathy
Artiste : The Kills  Titre : Ash & Ice
Style : Pop - Rock
The Kills - Ash & IceMême en creusant toujours la même veine rock 'n roll blues pop, Alison Mosshart et Jamie Hince du groupe The Kills arrivent encore à revenir à la maison avec des tubes à la pelle, qui, s'ils n'ont rien de surprenants ou d'innovateurs, feront réellement de l'effet sur les fans de guitare blues cradingue, de boites à rythmes flinguées, de batteries basiques et, surtout, de voix féminines irrésistiblement sexy... Avec les treize titres que comporte Ash & Ice, l'auditeur un tant soit peu amateur des ingrédients cités à l’instant a tout pour trouver son bonheur. Et ce dès le premier titre, « Doing It To Death », qui permet de rentrer de plain pied dans le disque et se révèle séduisant, malgré des bidouillages électroniques que l'on trouve un peu putassiers au premier abord, et qui finalement passent bien. Les sessions d’enregistrement, qui se sont déroulées aux studios Electric Lady à New York fin 2015, ont accouché d'un album efficace, punchy et riche co-produit par les Kills et John O’Mahony (LCD Soundsystem, The Strokes... ). Comme on le disait en introduction, les titres forts ne manquent pas ici – « Bitter Fruit » (putain de duo sexy !), « Siberian Nights », « Impossible Tracks », « Heart Of A Dog », « Hard Habit To Break » etc –, permettant de retrouver les grands frissons ressentis sur les albums précédents. Ahhhhhh, cette voix de chatte en chaleur, ces riffs de blues chromés donnant envie de faire du boogie woogie, ces mélodies hyper catchy et ces refrains fédérateurs à gueuler en levant l'index vers le ciel !!! Et puis, comme il faut bien se reposer avant de remettre le couvert, Alison et Jamie, plus amoureux mais toujours sur la même longueur d'ondes, savent délivrer des interludes atmosphériques, voire des ballades dépouillées au piano (« That Love ») ou à la guitare (« Hum For the Buzz »)... Bref, si le disque est un tantinet long, il ne laisse pas vraiment de temps pour de grandes séances de bâillements. Quand on possède un mojo en état de marche, comme c'est manifestement le cas pour les Kills, il fonctionne en envoyant l'artillerie lourde ou dans le dénuement le plus total, cela se vérifie encore une fois ici.



A lire également, des comptes rendus de concerts des Kills en 1ère partie des Black Keys à Nîmes en 2014, à Rock en Seine 2011, à la Route du Rock 2009, pendant la tournée Midnight Boom en 2008, au Printemps de Bourges 2005, à la Route du Rock 2004 et à la Coopérative de Mai en première partie de Franz Ferdinand.

Liens : www.thekills.tv, www.facebook.com/TheKills, twitter.com/TheKills, instagram.com/TheKills, www.dominorecordco.com.

3 juin 2016 (Domino Records)

Vignette pierre andrieuSignature : pierre andrieu
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Artiste : Belladonna 9ch  Titre : Le Bal Des Loups Garous
Style : Pop - Rock
Belladonna 9ch - Le Bal Des Loups Garous En 1997 au tout début de la newsletter Liveinmarseille (à l'époque où Concertandco s'appelait encore Rockinfo) elles existaient déjà de puis quelques années ; d'ailleurs elles sortaient leur 2ème album Marseilles. Depuis elles n'ont jamais arrêté, se produisant un peu partout, et notamment dans le quartier de la Plaine où il n'est pas rare de les croiser. Elles se sont Bella9ch et Agrado aka (dans le civil) Michèle Coudriou et Agnès Royon Lemée, les deux chanteuses / multi-instrumentistes de Belladonna 9ch. On les avait laissé avec Volver pomelos dans lesquelles elles reprenaient quelques uns de leurs standards à la sauce electro ; les revoici armées de leurs guitare, accordéon pour l'une et saxos, cornemuse et bombarde pour l'autre pour pour ce 6ème album étiqueté « cabaret electro kumbia des balkans ». 10 nouveaux morceaux, 2 invités donc Sylvie Paz et sa voix grave, mis en boite par 2 pointures locales : Phil Spectrum (de Leda Atomica) et Nicolas Dick (de Kill the Thrill). Le mélange de cumbia (style qui cartonne à Marseille en ce moment si l'ont en juge par le succès de la Cumbia Chicharra et de La Kamba) et de thèmes traditionnels yiddish, orientaux voire reggae forment une cocktail explosif normalement capable de faire danser même les plus réservés. Car c'est bien ça, ça et ce son un peu vintage qu'elles partagent avec d'autres groupes historiques comme Massilia Sound System, le point commun à tous leurs disques : l'envie de danser et faire danser.

2013 (Belladonna 9ch - FB)



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Artiste : Avenue Z  Titre : Azimut
Style : Pop - Rock
Avenue Z - AzimutConnu pour la sauvagerie hallucinante de sa musique garage et de ses concerts (la guitare finissait souvent pendue aux lights et longuement fouettée par Looch Vibrato, avant de rendre l’âme dans un déluge de larsens : résultat, « Mort Clinique »), le duo Magnetix s'acoquine avec les synthétiseurs d'Antoine Quincerot (ex Catholic Spray) pour se lancer dans un nouveau projet nommé Avenue Z. Un projet, plus énervé et jusqu’au boutiste que jamais, qui marche à merveille, ce qui permettra aux fans de Magnetix de retrouver tout ce qu'ils aimaient d'amour, leur « Drogue électrique », c'est à dire de méchants titres de rock garage (chantés en français menaçant ou sans parties vocales), mais avec des « arrangements » plus fournis cette fois-ci. En plus de la gratte, de la batterie et des hurlements de bête cherchant à faire la bagarre, il y a donc des synthés et de la basse. Et la greffe, a priori contre nature vu l’extrémisme minimaliste de Magnetix, prend parfaitement. L'album Azimut est à ranger dans la jolie catégorie créée par le groupe lui-même : « Hypnotic Space Garage/ Scy-Fy Cave Music », ce qui décrit assez bien l'alternance de titres punchy vociférés à l'emporte pièce (« Invasio X ») avec des passages plus trippants et instrumentaux (« Ephémérol », « Zétron Libre »)… A l’instar du fameux « I Drink (But My Guitar Doesn't) » chez Magnetix, Avenue Z a également son tube, intitulé « Machine à rêves », avec paroles joyeusement absurdes dégueulées par un mec qui a l'air de sérieusement se branler de tout, sauf du rock et du roll. Ce qui semble être la bonne solution pour ne pas se prendre la tête, vivre en étant un minimum heureux et faire paraître un disque comme Azimut, à la fois bien rentre dedans, gentiment bas du front et parfait pour faire du petit bois avec son mobilier lors d’une soirée où l'alcool coule à flots... Et puis, après la fiesta, tout se termine de manière surprenante avec une chanson démarrant comme une touchante ballade au piano et à la guitare, un peu comme « Le Jour s'est levé » de Téléphone (rires), mais en authentique et classe, avec de brusques dérapages vers le garage le plus bruyant. Ça s'appelle « Amour Et Mort », et c'est idéal pour chialer dans sa bière tout en dansant le pogo, ce qui n'est pas facile à réaliser... Bravo Avenue Z !



Liens : www.facebook.com/AvenueZ.azimut, soundcloud.com/azimut-by-avenue-z, hwww.facebook.com/MAGNETIX, www.magnetix.fr, slovenly.com...

2016 (Slovenly Recordings)

Vignette pierre andrieuSignature : pierre andrieu
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Artiste : Elysian Fields  Titre : Ghosts Of No
Style : Pop - Rock
Elysian Fields - Ghosts Of No« Jennifeeeer, on t'aime !! » On entend souvent ça aux concerts d'Elysian Fields, et quand on est dans la région de Clermont-Ferrand, il y a de fortes chances pour qu'il s'agisse d’une intervention énamourée et enthousiaste d'un certain Jean-Louis Murat, ami, collaborateur (sur les albums Mustango et A Bird on a Poire) et visiblement premier fan du duo formé par Jennifer Charles et Oren Bloedow... La cote de popularité en France des deux (ex ?) tourtereaux venus de Brooklyn ne devrait pas baisser d'un iota avec la sortie de Ghosts of No, qui voit Elysian Fields tutoyer une nouvelle fois des sommets de classe. Et ce en déployant onze nouveaux titres à la fois inspirés, très langoureux, admirablement chantés par la sensuelle Jennifer et arrangés avec un goût très sûr. Sur leur dixième disque en vingt ans de musique, Charles et Bloedow se sont entourés d'un aréopage de musiciens new-yorkais pas exactement manchots (Chris Vatalaro, Matt Johnson, James Genus, Ben Perowsky... ) afin de naviguer à vue en fonction de leur humeur du moment. Qui peut aller de ballades folk pop jazz mystérieusement lancinantes (« The Animals Know », « Higher Power », « Bird In Your House », « Elysian Fields », « Shadow Of The Living Light »... ), au titre pop rock légèrement dissonant et totalement romantique (« Rosy Path ») en passant par l'art rock New Wave à potentiel tubesque (« The Magician », « Mess Of Mistakes »... ). Les deux titres cités à l'instant viennent booster la fin de l'album de manière assez surprenante, mais très intelligente, permettant de trancher quelques brèves minutes avec les atmosphères vaporeuses créées par des morceaux interprétés avec une voix plus que troublante. Pour mieux replonger juste après dans des rêveries éveillées avec de petites idées derrière la tête un peu olé olé... Avec l'indispensable Ghosts of No, aucun risque de voir s’arrêter l'histoire d’amour entre Elysian Fields et le public français. Un notable augmentation du désir est même à prévoir vers avril/mai 2016, au moment de la sortie du disque et de la tournée européenne du duo... Donc, clairement et plus que jamais, il est fort à propos de pousser un petit « Jennifeeeer, on t'aime !! ». Et nous rajouterons : « Oren aussiiii ! »

A lire, une interview d'Elysian Fields réalisée pour la sortie de l'album For House Cats And Sea Fans...



Liens : www.elysianmusic.com, www.facebook.com/elysianfieldsnyc, twitter.com/elysianfieldsny, www.viciouscircle.fr, www.facebook.com/viciouscirclerec, twitter.com/Vicious_Circle...

29 avril 2016 (Vicious Circle)

Vignette pierre andrieuSignature : pierre andrieu
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Artiste : The HOST  Titre : Sound The Charge
Style : Pop - Rock
The HOST - Sound The ChargeThey are back ! Suite à un long process de maturation, mais aussi un crowdfunding réussi haut la main (il faut dire que le lot le plus haut était pratiquement une nuit d'amour avec les 4 membres sexy et mystérieux du groupe...), The HOST, qui a perdu ses quatre petits points en cours de route, sonne enfin la charge, avec une créature mi-Don Quixote, mi-Grim Reaper, bien décidée à en découdre mais manifestement à l'envers de celles de Game of Thrones : Summer is coming ?
Artisans et partisans d'un rock estampillé depuis les Amériques septentrionales - mais 100 % made in France bien sûr - puisant aussi bien dans l'indie, la folk music, le pop/rock mélodieux que le heavy rock, revoici donc les The HOST qui déploient 13 titres encadrés par de menaçantes collines (Black Hills I en entrée puissante, Black Hills II redéployant le même thème en jolie ballade mélancolique en sortie). Et qu'y a t'il entre deux massifs de collines noires, en général ? Du désert, des caillasses rougeâtres cachant des rattlesnakes espiègles, des yuccas et des agaves carbonisées à perte de vue ! Et le mirage inéluctable : Death Rides a Horse...
Et comme par hasard dans ce paysage, lorsque se met en marche le riff toujours aussi vrillant de L'Aiglon, on croirait clairement être revenu au début de Songs for the Deaf, meilleur album de rock stoner de tous les temps... De même avec la grande et chamanique Stone from the Storms, carburant joliment à l'inspiration stoner, canal historique... D'ailleurs mis à part une voix notoirement plus claire que celle des Homme/Garcia/Lanegan et consort, The HOST rend ostensiblement un vibrant hommage au merveilleux rock du désert, fut-il plutôt ici celui de la Crau que du Joshua Tree...
Mais d'autres titres flirtent avec d'autres grands frères plus urbains : Why would I pourrait être assumée sans problèmes par Alice in Chains, tandis que Lovesick ou Car Crash, si les Foo Fighters les avaient signées, pourraient sans doute sévèrement affoler les college charts outre-Atlantique. Dans ses meilleurs titres à notre goût (mais on le savait depuis le percutant Masks, leur EP précédent), le groupe a su trouver un son plus original et personnel, pile à mi-chemin entre pop-rock et stoner, particulièrement avec les terriblement efficaces Don't Give Up, March et l'inédite Spyders ! Seule faute de goût à signaler sur ce disque, l'usage immodéré (et fort heureusement invisible depuis la couverture) de l'affreuse police Lucida Calligraphy, que je croyais personnellement interdite par la charte internationale des droits et devoirs des graphistes...
Sound The Charge, album lancé en grande pompe aux Docks des Suds fin avril 2016 ? Y'a plus qu'à sonner la charge sur le reste de l'univers... Armés comme ils sont, les 4 gars en chemise à carreau peuvent la lancer avec sérénité depuis le Plateau de Vernègues ! Comme ils font partie des rares groupes qui croient aussi bien à l'importance d'un riff bien balèze et d'un rythme bien prenant, qu'à celle de textes soignés (Reaper) et de mélodies bien troussées (en particulier la superbe Follow my Feet), ils n'auront finalement qu'un potard ou deux à tourner, vers le haut ou vers le bas, pour pouvoir donner au choix, un concert de gros rock velu ou un showcase de musique folk, avec la même efficacité dévastatrice ! 2016, année de The HOST dans tous vos bars, disquaires, clubs, salles... et stades donc ? Commencez par acheter ce disque, le reste viendra probablement tout seul...
(Mcommemusique.com,2016)

Vignette PhilippeSignature : Philippe
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Artiste : Catherine Vincent  Titre : Oscar Go & Le Vilain Petit Canard
Style : Pop - Rock
Catherine Vincent - Oscar Go & Le Vilain Petit Canard Parmi les artistes du coin qui s'adressent aux enfants le duo Catherine (Estrade) - Vincent (Commaret) est certainement le plus productif . En alternance avec des disques pour adultes ils sortent régulièrement des disques mélangeant conte et chansons à destination des jeunes publics. Bien avant Hansel et Gretel (2010) et les Contes de Malmousque (2014) ils avaient sorti (en 2003) un double album (qui tient sur un seul CD) regroupant 2 histoires : Oscar Go, un conte musical écrit par Christophe Daniel, suivi du (grand classique) Vilain Petit Canard librement adapté d'Andersen. Le distributeur Victor Mélodie ayant décidé de s'en occuper, le voici qui est ressorti en 2015. Il faut dire qu'aucune des 2 histoires n'a pris de ride. L'histoire de l'escargot est une mini aventure (de 34 minutes) que l'on suivra avec curiosité. On y croise tout une galerie de personnages qui m'ont rappelé le très bon Misser de Mathias Berthier (content sans musique celui ci). Aux premières écoutes des 2 contes si j'ai bien accroché sur la très chouette narration (très Kirikouesque par moments) qui captive effectivement les enfants, en tant qu'adulte j'étais un peu moins emballé par les textes de certaines chansons que je trouvais un peu trop enfantin justement, mais il faut reconnaitre que ça touche le public visé. D'ailleurs si le premier des contes est recommandé à partir de 6 ans alors que le second dès 2 ans, j'ai du me rendre à l'évidence que Lucie (6,5 ans) et Cyril (3,3 ans) réclament ce disque souvent, se passent quelques passages en boucle (le passage où le lézard crie « Mamaaaaan !» et celui avec un drôle de juron) et surtout en chantent des passages en se promenant dans la rue ! Les valeurs véhiculées par ses deux histoires étant bien évidemment sans ambiguïtés, que demander de plus ? A noter que ce disque a été enregistré lors d'un de leurs passages à Damas et qu'il bénéficie du coup de la présence de quelques invités du coin (comme les élèves de l'école françaises de Damas).

*on peut aussi citer RIT, Miss Paillette, Fifi Rubato, BaB…)

2015 (Catherine Vincent - FB - Victor Melodie)

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Artiste : The Limiñanas  Titre : Malamore
Style : Pop - Rock
The Limiñanas - MalamoreOn dirait qu'il y a en avril 2016 comme un momentum, un quart d'heure de gloire, pour The Limiñanas from Perpignan, étant à l'honneur dans Libéramondinrock'n'folk (deux mois d'affilée dans ce dernier) aussi bien qu'au Disquaire Day (avec un 45 t dont la face B, Maria's Theme, est digne du Morricone de la plus grande époque). Curieux décalage dans le temps à notre goût, puisque l'un de leurs albums précédents (déja défendu par Rock'n'Folk, soyons justes), l'inépuisable et génial Costa Blanca, leur Melody Nelson à eux si on veut, nous a foutu une telle gifle en 2013 qu'on en a reniflé rouge pendant des mois... Mais loin de nous l'idée de prendre la posture snob de ceux dont on découvre leur groupe secret-trop-bien-gardé : on ne peut que souhaiter bonheur, prospérité et gloire bien méritées à M. et Mme Limiñana, sauveurs du rock made in France, évidemment !
Monsieur ayant abandonné (peut-être à l'occasion de la perte de son rasoir et le vol de son cuir ?) son air de jeune premier poseur, au profit d'une belle barbe de vieux sage de la musique vintage, et Madame arborant une magnifique chevelure rouge incandescent, ils sont toujours aussi beaux... On est juste un peu désarçonné que, contrairement à l'album précédent où l'on nous enfilait un cuir avant de nous fourrer d'autorité dans une grosse bagnole pour traverser le désert espagnol avec des auto-stoppeuses hystériques, on nous propose d'abord ici d'aller simplement draguer sur la plage en slip léopard (El Beach). Tentant aussi, mais moins exotique... Cela dit le tableau d'une plage estivale y est admirablement dépeint, odeur de beignet incluse, et choeur arabisant en sus. Il est temps d'aller se baigner donc ? Plus dépaysante, la sortie au Prisunic qui suit, appuyée sur une admirable construction musicale de pop-rock old school, yé-yé au meilleur sens du terme, où l'orchestre et les choristes qui ont enregistré avec Jacques Dutronc il y a plus de 50 ans pour les Disques Vogue, avec un mojo qu'on croyait disparu pour toujours, semblent être de retour, et en pleine forme...
Et puis Garden Of Love, sérénade suprêmement élégante construit pour et autour de la basse légendaire de Peter Hook, invité caractériel mais prestigieux qui donne une idée de la réputation irréprochable du duo (les impitoyables Anton Newcombe et Nicolas Ungemuth les vénèrent aussi, entre autres), un titre où une femme susurre dans des abimes de gravité, au son du carillon (celui de Pascal Comelade, invité permanent depuis leur commun Traité de Guitares Triolectiques bien sûr !). Et enfin, reprise du sujet principal selon nous, celui de l'identité propre et fameuse de ce groupe précieux (garage pop/rock en français jouissif sur guitares fuzz tuantes) avec le morceau titre, Malamore et une nouvelle chanteuse infernale à la clef ! Ou encore avec le joli Dahlia Rouge : s'ils ont objectivement déjà enregistré ce titre 4 ou 5 fois, son efficacité n'est toujours pas remise en cause, tant l'infernal guitares/basse/carillon vous machouille diaboliquement le cerveau...
L'innovation est néanmoins plutôt à chercher du côté de Zippo, où la belle voix grave de Monsieur se lance dans un discours de drague un peu fumeux, tenté sur une batterie inhabituellement balèze (évidemment, puisque ça énerve Madame...), des nappes d'orgue et des riffs de guitares vrillantes qui finissent par l'engloutir... On retrouve aussi les petites pastilles en balade (El Sordo), qui vous propulsent soudain dans un pays lointain, genre le Mexique ou le paradis, où qu'il soit (Paradise now) - perdu dans un western spaghetti peut-être ? Car les Limiñanas, heureusement, ont toujours le goût du voyage : ils sont ici figurés devant une caravane Airstream, qui incarne à elle seule le rêve américain ! Dans le genre trip, l'hypnotique et toxique The Dead are Walking fascine aussi durablement (on les voit presque passer en clopinant, les pas-bien-morts verdâtres, en fermant les yeux)...
Mais le voyage, le vrai, le cinématographique, reprend enfin avec Kostas, court-métrage avec petite frappe grecque incluse, et climax indéniable du présent album grâce à des boucles musicales fabuleuses et en constante augmentation. Auquel semble répondre sur le même mode, la terminale et également quasi-orgasmique The Train Creep A-Loopin. Au final, allez, OK, on se rend : cet album est presque, presque aussi attachant que Costa Blanca, que quitte à se répéter on ne saurait trop recommander chaleureusement une dernière fois aux gens (et on les envie !) qui ne l'auraient encore jamais entendu.
(2016)

Vignette PhilippeSignature : Philippe
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1 à 11 sur 5105 critiques trouvées
1 à 11 sur 5105 critiques trouvées
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