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Dimanche 4 décembre 2016 : 11341 concerts, 24177 critiques de concert, 5132 critiques de CD.

Vos critiques d'albums


 

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Artiste : Metallica  Titre : Hardwired ... To Self Destruct
Style : Metal - Hardcore
Metallica - Hardwired ... To Self DestructRetour en grande forme en 2016, pour les San-Franciscains de Metallica ! Depuis leur précédent - et excellent - Death Magnetic (huit ans déjà !), les aficionados ont bien eu des nouvelles régulières, d'abord via le mal-aimé (mais pas inintéressant !) Lulu enregistré avec Lou Reed (paix à son âme), ensuite via le très plaisant film-concert Through the Never (le pied du siècle dans une salle de cinéma 3D, pour les metalleux !), et qui célébrait leurs trente ans de ménage et de joyeux boucan. Et même via un inédit et tuant Live au Bataclan, sorti au Disquaire Day 2016 pour participer à l'effort de reconstruction des rescapé.e.s...
L'ouverture par la courte Hardwired, l'un des meilleurs morceaux du nouvel opus, annonce clairement la couleur, tout comme la créature infernale formée de leurs 4 visages grimaçants sur la pochette - cher auditeur, on est pas aussi fatigués ni vieux que tu le crois, viens donc rider le lightning avec nous p'tit slip, on va te faire headbanguer jusqu'à en roter du sang - hé, c'est un album double ! Bien sûr, vu la set-list déjà ultra-copieuse dont il dispose comme tous (rares) les groupes de cet âge, Metallica n'a plus droit qu'à un ou deux singles par album, et ici on parierait bien qu'on va voir sur scène, en plus du titre éponyme de l'album, le riff et les breaks assez jouissifs de Moth into the Flame, plutôt que ceux de, entre autres, la sympathoche mais bien trop classique Confusion !
Plus ou moins pertinemment (un album plus court, avec que des tueries, nous irait bien aussi !), le groupe nous laisse un peu reprendre notre souffle avec du mid-tempo : Now that we're dead (qui sonne un peu trop Megadeth), et deux ou trois morceaux qui tentent de refaire le coup du titre en plomb liquide façon For Whom the Bell Tols/Sad But True (toujours imités, jamais égalés). Par contre, après avoir longtemps essayé sans succès de rééditer ses plus belles (celles du Black album), Metallica a enfin compris que le temps des balades metal était terminé - Halo on Fire, plaisante sans plus, est donc un peu isolée. Quant à l'intro acoustique de ManUnkind, c'est un trompe-l'oeil qui masque un titre tour à tour lent et groovy, très accrocheur.
Dans un registre plus costaud, tout comme Atlas Rise, la chouette Here Comes Revenge enchaîne les ruptures, les riffs ultra-efficaces entrecoupés de ponts saignants... puis se perd un peu sur la longueur. Avouons qu'au fil de l'album, on attend un peu la fin de pas mal de morceaux, qui auraient gagné à rester au format 3 minutes, et disons aussi que certains titres auraient même pu/du rester dans les tiroirs ! Fort heureusement, tout rentre dans l'ordre avec Spit Out the Bones (déjà, quel joli titre !), où les Four Horsemen nous entraînent dans une cavalcade infernale de 7 minutes, et cette fois parfaitement orchestrée. Entraînant en fin de 12ème round, et comme d'habitude, une victoire aux points !
En bonus, le groupe propose plusieurs outtakes, pas indignes pour la plupart (même si on finit forcément par fatiguer un peu) et encore, double ration de rab de coups de boule, 10 titres dont certains très anciens (Metal Militia !), interprétés en live at home, également pour le Record Store Day 2016 et dans un club de Berkeley, et qui donnent bien envie d'y retourner un petit coup en live, nous aussi ! Heureusement, il n'y a pas trop de doute sur le fait que le groupe viendra défendre cet nouvel album sur scène en 2017 (enfin, ses deux ou trois singles, quoi !) - pour leurs milliers de fans, il n'y a donc plus qu'à patienter : Metallica, c'est évidemment anytime, anywhere!...
(2016)

Vignette PhilippeSignature : Philippe
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Artiste : Leonard Cohen  Titre : You Want It Darker
Style : Pop - Rock
Leonard Cohen - You Want It Darker"I'm ready, my Lord !". Bouleversante entame, pour un album crépusculaire... Merveille de la Nature, il arrive parfois qu'un chanteur malade, sentant venir sa fin, ait le temps de mettre de l'ordre dans ses pensées et d'enregistrer un album testamentaire, pour soigner sa sortie et commencer à accompagner ses auditeurs dans le deuil. Comme elle l'avait fait pour David Bowie, et plus anciennement pour Johnny Cash, la providence a bien voulu refaire ce cadeau, et on lui en sait gré, à Leonard Cohen, cette silhouette familière et élégante, chenue et discrète dans le paysage de la protest song américaine. On ne se lancera pas ici dans un retour sur sa longue carrière, on en serait bien incapable et d'autres l'ont très bien fait. De toutes façons à quoi bon... Susan, So long Marianne, The Partisan, Famous Blue Raincoat, Hallelujah, I'm your Man, Everybody knows... : chacun a probablement déjà sa propre chanson et son propre album mythique du songwriter à la voix gravissime et si chaleureuse...
Et il est très possible qu'un ou plusieurs titres de You Want It Darker viennent s'y joindre, par exemple avec la poignante chanson éponyme - "You want it darker ? We kill the flame !". Ou bien ce slow country bouleversant de classe, Leaving the table, variation sur le même thème ("I'm out of the game" - je quitte la partie de poker...). Ou encore Seemed the better way, un modèle de ce que devrait être un accompagnement de crooner : des voix et un orgue fantomatiques, une peau doucement battue, un violon vibrant seulement pendant les ponts - rhaâââ mais que c'est beau, non de Zeus ! Ne serait-ce qu'un album de plus, que ses orchestrations discrètes et fulgurantes d'élégance feraient déjà la différence avec d'autres passées, et moins inspirées, de l'homme de Montréal. Choeurs féminins, tour à tour de choeur d'église (Treaty) ou de soul sisters (On The Level), orgues, basse fantomatique, percussions effleurées, choeurs de cordes délicates... Et pour la fin de l'album, le prompt renfort d'un quatuor à cordes pour Steer your Way, s'autorisant même un peu de groove cajun...
Si à la première écoute, la voix de velours élimé fascine comme toujours, c'est sur la durée que ces arrangements viennent s'ajouter au paysage et en révéler finalement toute la richesse. Puis évidemment les paroles, essentielles et aisément compréhensibles de ce chanteur à la diction claire comme du diamant. Treaty, comme toutes les plus belles chansons d'amour, peut s'adresser aussi bien au dieu des chrétiens (les allusions y sont nombreuses : snake, born again, water and wine...), qu'à un amour terrestre, déplorant dans les deux cas de s'être trop éloigné, avant de venir enfin à résipiscence. Rappelons que peu avant sa mort, il avait déjà écrit une splendide lettre d'adieu à Marianne, son âme-soeur disparue juste avant lui. If I didn't have your Love par contre, semble bien s'adresser directement aux fans transi.e.s du chanteur...
Mais au final, ce qui accroche le plus à l'oreille et au coeur de cet album, c'est peut-être bien cette ballade, et la mélodie en la-la-la du titre Traveling Light (et son joli double-sens...). Pour l'avoir entendue, ému en traversant de nuit et à vélo un grand tourbillon de feuilles jaunes automnales, on a été frappé par l'évidence, en effet lumineuse, de ce conseil de vie : pour traverser les tumultes tout comme pour profiter de la beauté des choses, il faut voyager léger ! Précisément ce que ce chanteur a toujours fait, pour lui comme pour ses plus belles chansons, jamais encombrées de bagages inutiles...
Et alors, en parlant de finale réussi pour un album final, String Reprise / Treaty risque bien de devenir à jamais la référence absolue ! Le quatuor de cordes qui rejoue, déjà en forme d'oraison funèbre, la mélodie de Treaty - au deuxième mouvement, la pensée vient fatalement qu'on a hélas entendu le timbre de Leonard Cohen pour la dernière fois - avant que celui-ci ne revienne inespérément nous saluer, par quatre ou cinq phrases à peine, susurrées à n'en pas douter en soulevant son célèbre chapeau, avant de le mettre sur son coeur. Snif...So long, Leonard.
(2016)

Vignette PhilippeSignature : Philippe
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Artiste : The Marshals  Titre : Les Courriers Session
Style : Pop - Rock / BluesRock
The Marshals - Les Courriers SessionEn à peine huit morceaux (+ un en bonus track à la fin), la messe blues rock 'n roll est dite sur l'album de The Marshals, Les Courriers Session : c'est du basique, du près de l'os, du bien foutu, du sans fioritures comme on aime... Alléluia ! A l'image de leurs percutants concerts, les trois shérifs auvergnats d'obédience blues font régner la loi avec leurs compositions (et leurs reprises) qui font taper du pied, hocher de la tête, tout en donnant de petites idées pas très catholiques derrière la tête. Ici, on n'a pas l'impression d'avoir affaire à des branleurs qui pensent devoir se vanter d'avoir révolutionner le blues ou le rock, mais plutôt à trois serviteurs de la cause qui font leur truc maison, à leur manière. Le chant rocailleux rugit, la guitare cradingue évolue dans les règles de l'art, la batterie cogne et l’harmonica hulule, pas besoin de rajouter une saloperie de couche de vernis clinquant ! La roborative et savoureuse mixture proposée se nourrit aux sources du blues et du rock 'n roll, avec une prédilection pour un son tranchant et vintage à la Jimi Hendrix, aka Dieu. Cerises sur le gâteau, le légendaire Folsom Prison Blues de Johnny Cash se voit déstructuré et servi de manière aussi lancinante que musclée, le Rockin' Daddy d'Howlin' Wolf se retrouvant lui aussi honoré avec sobriété et savoir faire. On approuve ! Et comme le dirait le « grand » Jon Bon Jovi : « Keep the faith ! » 

Liens : www.facebook.com/TheMarshals, themarshals.bandcamp.com, www.facebook.com/freemountrecords, www.freemountrecords.com, twitter.com/FreemountRCDS...



Novembre 2016 (Freemount Records - Differ-Ant)

Vignette pierre andrieuSignature : pierre andrieu
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Artiste : Laish  Titre : Pendulum Swing
Style : Pop - Rock
Laish - Pendulum SwingTrès bel album de pop & folk classieuse signé par Laish, le projet du très doué songwriter anglais Danny Green... Le disque s'intitule Pendulum Swing, est publié par le label bordelais Talitres et recèle de multiples trésors de pop folk music ciselée, très joliment ouvragés en studio et de ce fait riches d'arrangements d'une rare subtilité (on pense quand même à Brian Wilson et à ses camarades de jeu sur Isolation, ce qui n'est pas rien). Si l'on ajoute à cela que Mister Green possède une bouleversante voix d'ange mélancolique (mais pas que) qui évoque les plus beaux instants de l'elfe Jonathan Donahue chez Mercury Rev (écoutez Vague, Love On The Conditional, Song Of Everything, Rattling Around etc), cela devrait piquer la curiosité de nombreux fans de vol planés musicaux aux vertus oniriques. Les amateurs de ce type de trip seront également ravis d'apprendre que le petit génie au talent protéiforme qui se cache derrière le nom de Laish sait varier les atmosphères, avec des titres plus nerveux (Learning To Love The Bomb, My Little Prince... ), parfois superbement teintés d'influences post punk. Influences qui viennent enrichir la très belle palette sonore que diffuse allègrement cet opus, idéal pour agrémenter les ambiances automnales, tout en s'adaptant parfaitement à toutes les saisons, on n'en doute pas... Avec Pendulum Swing, Danny Green, qui peut visiblement tout faire tout seul et enregistrer en quasi solo des folk songs magistralement dépouillées (comme Wrote Of Freedom, avec son final aérien à la Andrew Bird), a su s'entourer à la perfection, avec des chœurs féminins élégiaques (Talitha Gamaroff et Sara Mae Tuson), des cordes tutoyant les étoiles, des pianos caressés et des rythmiques basse/batterie jouées avec un toucher remarquable. La très grande finesse et la sophistication jamais tape à l’œil du disque dont il question ici en font un must de cette fin d'année 2016.





Liens : www.facebook.com/laishmusic, laishmusic.com, twitter.com/laishmusic, www.instagram.com/laishmusic, talitres.com/, www.facebook.com/talitres.rds, twitter.com/talitres...

4 novembre 2016 (Talitres)

Vignette pierre andrieuSignature : pierre andrieu
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Artiste : The Suffers  Titre : S/t
Style : Soul Funk Rap
The Suffers - S/tPremier album pour ce big band de Houston composé de Kam Franklin et neuf musiciens. Il faut assumer de porter le nom de Franklin en étant chanteuse soul. Et vu la conjoncture économique, faut en vouloir pour se lancer en formation à dix. Les Suffers appartiennent à la nouvelle génération d’artistes soul américains capables de régénérer la tradition. Tels JC Brooks & The Uptown Sound, Black Joe Lewis, Curtis Harding, Cody ChesnuTT… Bref, tous ces artistes estampillés “néo-soul”, terme pas très heureux j’en conviens, mais qui préserve encore une certaine honorabilité. Les Suffers n’ont pas été élevés qu’à la soul bien que l’album soit principalement axé dans cette direction artistique hormis “Slow It Down” et “Good Day” qui prennent des airs caribéens avec la rythmique et l’orgue Hammond au point de rattraper les Fugees. La magnifique voix de Kam Franklin, plus “noire”, plus gospel que celle de l’Américaine Lauryn Hill, applique un vernis jazz qui renforce l’aspect roots de la “néo-soul” des Suffers pour un bijou de premier album tout en douceur et en tendresse. Ça repose, ça détend !

Liens : www.facebook.com/thesuffers, www.thesuffers.com, twitter.com/TheSuffers, www.instagram.com/thesuffers/.

Chronique initialement postée sur www.slowshow.fr.





2016 (Rhyme and Reason)

Signature : Patrick Foulhoux
Artiste : Kate Tempest  Titre : Let Them Eat Chaos
Style : Soul Funk Rap / Hip Hop
Kate Tempest - Let Them Eat ChaosLet Them Eat Chaos n’est que son deuxième album solo et déjà la Britannique Kate Tempest - jeune rouquine à l’allure innocente et ancienne membre de Sound of Rum - ne cesse de briller ! Un disque qui, sans révolutionner les codes du genre, apporte un vent de fraîcheur à la scène Hip-Hop anglaise. C’est malheureusement beaucoup trop rare pour qu’on passe à coté. Il y a certes un paquet de chanteuses populaires dans le monde, mais peu ont réellement quelque chose à dire dans leurs chansons. Kate Tempest n’appartient justement pas à cette famille d’artistes. Elle prend la musique comme un art de vivre mais surtout, comme un moyen de faire passer un message ou d’éveiller les consciences. Avant d’être rappeuse, elle est avant tout poétesse, et ce n’est pas la nouvelle collection de titres qui forme Let Them Eat Chaos qui nous fera dire le contraire. « Picture of Vacuum » ouvre l’album sous forme d’un Slam, avant qu’une discrète instrumentation rejoigne le phrasé de la jeune artiste, ajoutant une certaine tension au poids de ses mots. L’instru’ signé Dan Carey, rappelle par bien des égards les productions Ninja Tune, on pense notamment à Dels sur son album Gob (Big Dada, 2011) -label sur lequel Tempest a justement sorti son premier effort-, à la collab’ de Dan Le Sac avec Scroobius Pip voire au maître du genre, Roots Manuva. Sa voix ramène, elle, au phrasé de la Londonienne Speech Debelle, rappeuse beaucoup trop discrète depuis quelques années. Alors qu’il y a deux ans, Everybody Down abordait le thème de l’amour à travers les yeux de divers personnages fictifs, Let Them Eat Chaos en reprend le style et la forme, tout en changeant le fond ; traitant cette fois-ci du déclin de notre société avec une maturité et un sens du verbe toujours impeccables. Sur « Europe is Lost », titre qui résume à lui seul l’ambiance de l’album, Tempest tire le constat d’un peuple individualiste, plus intéressé par la presse à scandales, à son apparence ou à se saouler plutôt qu’à se qui se passe réellement autour de lui ; ce qui l’emmène à nous demander « …and you wonder why kids want to die for religion ? » Nommée pour son précédent album au Mercury Prize, Kate Tempest démontre avec Let Them Eat Chaos -un nouveau brûlot aussi beau qu’engagé- qu’en plus de mériter amplement le prestigieux prix, elle impose définitivement son nom comme l’une des grandes artistes anglaises de sa génération.





Liens : www.facebook.com/katetempest, www.katetempest.co.uk, twitter.com/katetempest, www.instagram.com/katetempestofficial, soundcloud.com/katetempest.

Chronique initialement postée sur www.slowshow.fr.

2016 (Fiction)

Signature : Stéphane Pinguet
Artiste : Motorama  Titre : Dialogues
Style : Pop - Rock / Post Punk
Motorama - DialoguesFlottant toujours dans une mélancolie tenace qui confine à la dépression chronique, l'univers en noir en blanc des Russes de Motorama est idéal pour les indécrottables romantiques qui aiment se flageller mentalement en pensant à leurs amours perdues, aux tourments adolescents et aux joies passées tout droit sorties d'un temps définitivement révolu... Le songwriter, chanteur et guitariste du groupe basé à Rostov-sur-le-Don, dans le sud de l'ex URSS, le très inquiétant et tourmenté Vlad Parshin vient de faire paraître un nouveau volet de ses aventures joliment teintées de Cold Wave diaphane. Ça s'intitule Dialogues et c'est encore une fois saisissant de beauté et imparablement addictif pour quiconque ayant été bercé par les titres spleenétiques de Joy Division, The Cure, New Order et consorts. Vladislav et ses acolytes Irene Parshina, Maxim Polivanov et Sasha Norets ont encore une fois accouché dans la douleur (?) de pop songs post punk truffées de synthés aigrelets, de basse qui claque, de voix déchirantes, de guitares squelettiques et de boites à rythmes (volontairement) défectueuses. C'est ultra minimaliste, dépouillé comme c'est pas possible, ça sonne comme des démos réalisées dans une chambre par un jeune artiste en rupture de ban et c'est sans doute cela qui est touchant. Les morceaux, très bien écrits et sertis de mélodies classieuses (Tell me, Above the clouds, I see you, Sign, Deep... ), semblent être des SOS envoyés au monde depuis une prison volontaire située au fin fond du Caucase. Dans les textes, Vlad Parshin aime cultiver le malheur et se vautrer avec délectation dans ses peines de cœur (« How can I sleep tonight ? When I close my eyes I see you... »), ses états d’âmes, ses gueules de bois pas très roses (« I drink too much, I'm not here anymore »). Cela doit lui faire un bien fou de se purger ainsi de toutes ses idées noires, qu'elles soient authentiques ou imaginaires. Quant à lui, l'auditeur ayant un tant soit peu vécu (ou pas d'ailleurs : ces sentiments plus que mitigés pouvant être ressentis dès l'age de 15 ans, quand on doit se confronter au désespérant « monde des adultes »), se retrouve embarqué dans cette collection de dix chansons culminant à trente minutes chrono, avec la sensation de revivre certains trucs, et l'envie de dialoguer avec ses démons pour mieux les éloigner. Tant et si bien qu'on peut dire un grand merci pour le baume au cœur aux derniers mini tubes en date signés Motorama...

Motorama sera en concert à la Maroquinerie, à Paris, les 9 et 10 novembre 2016 pour fêter les 15 ans du label Talitres (bon anniversaire !) et en tournée française, les dates et les billets sont ici...





Liens : www.facebook.com/wearemotorama, wearemotorama.com, www.youtube.com/user/motoramaofficial, twitter.com/motorama_tweet, talitres.com/, www.facebook.com/talitres.rds, twitter.com/talitres...

21 octobre 2016 (Talitres)

Vignette pierre andrieuSignature : pierre andrieu
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Artiste : Nots  Titre : Cosmetic
Style : Pop - Rock / Punk
Nots - CosmeticIllustré par une remarquable photo de lavabo, ce qui est toujours très joli à regarder vous en conviendrez aisément, les quatre fantastiques furies basées à Memphis, Tennessee de Nots, donnent une suite à leur album We are Nots (qui date de 2014) avec un ébouriffant disque nommé Cosmetic arrivant via le mythique et très bruyant label Goner Records (Jay Reatard etc)... Ce truc hautement dangereux pour les systèmes auditifs non habitués aux rites dissonants du punk 'n noise est une nouvelle et brillante déclinaison du mouvement riot girls offrant une belle volée de bois vert aux fans de cris aigus de meufs ne s'en laissant pas conter, de guitares particulièrement abrasives, de basses post punk, de batterie démontée et d'orgue aigrelet. Une recette imparable pour se faire administrer une bonne gifle en live - comme au This Is Not A Love Song Festival dans le club de Paloma à Nîmes - qui fonctionne aussi sur disque, où la puissance de feu maléfique de Natalie Hoffmann (vociférations hystéro/guitare), Charlotte Watson (batterie), Meredith Lones (basse) et Alexandra Eastburn (synthés) donne furieusement envie de tendre l'autre joue pour ainsi prolonger la délicieuse torture à base de traitement de choc baffé. Sans prendre trop de précautions, les membres de Nots dévoilent un véritable carré d'as de titres grinçants, lardés de distorsion et d'obédience punk arty féministe. Après avoir pris en pleine tronche des brûlots du type « Entertain Me », « Blank Reflection », « Inherently Low » ou encore « Cold Line » et s'être joyeusement fait irradier par toute cette électricité brute, les lamentables machos du rock, vous savez ceux pour qui le rock 'n roll est affaire de couilles, de poses lubriques, de muscles et de technique (mention spéciale à ceux qui lisent des mag illisibles de matos ou, encore plus grave, de guitare... ), retourneront illico presto dans leurs vestiaires sentant la vieille chaussette masculine pour aller se rhabiller. Puis se faire foutre ! Clairement, les fières jeunes femmes de Nots ont du clito et ont bien l'intention de le faire savoir à la Terre entière par l'intermédiaire de ce démoniaque et très agressif Cosmetic. Ce qui ne pourra pas lui faire de mal, à la Terre.





Liens : www.facebook.com/memphisnots, nots.bandcamp.com/, soundcloud.com/gonerrecords/nots-dust-red-goner-records, www.facebook.com/gonerrecords.

Septembre 2016 (Goner Records)

Vignette pierre andrieuSignature : pierre andrieu
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Artiste : Jean Jacques Boitard  Titre : Tagadagadagada Gadin !
Style : Chanson française
Jean Jacques Boitard - Tagadagadagada Gadin ! Curieusement c’est toujours avec un peu de retard que j’apprends la sortie d’un nouveau Jean Jacques Boitard … 5ème album (si on ne tient pas compte des 2 cassettes sorties en 85 et 86 récemment rééditées sur un CD) après un premier album éponyme (2004), Pourvu qu'ça dure ! (2005), En avant Mars ! (2008), Le long des histoires perdues... (2012), qui s’est même payé la coquetterie d’une version vinyle (« promotionnelle collector ultra limitée ») à l’occasion du dernier diquaire day et qui compte 14 nouveaux titres plein de bonne humeur. Car à l’image de ses pochettes et de son tube Tagadagada gadin !, Jean-Jacques du haut de ses 77 printemps, semble être animé d’une douce folie positive très contagieuse. Toujours accompagné artistiquement par Annick Taillé et Ilyès Yangui ce chansonnier à l’ancienne a encore des choses à raconter (il faut dire que je viens de voir sur son site qu’il d'un vivier de plus de 300 chansons !). Des chansons d’amour, mais aussi des chansons où il est question de massilia, d’argent (qui manque), de souvenirs heureux, de chiens … des chansons qui parlent en fait de tout et de rien et qui auraient pu être écrites au siècle dernier s’il n’était pas question de mail dans l’une d’entre elles. Cette fois encore j’ai pensé à Brassens pour la façon de rouler les “r”, Didier Volubile pour le côté chanson champêtre et yeux qui pétillent ou à Nery mais aussi cette fois à la La Tordue (sur Allez Ginette) et même à Renaud (sur Cartable killer). Du coup je réalise que je ne l’ai vu en concert qu’une seule fois et il y a fort longtemps (en 2009) ce qui est bien dommage et qu'il me faudra réparer au plus vite !

29 février 2016 (Jean Jacques Boitard - facebook)



Vignette pirlouiiiitSignature : pirlouiiiit
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Artiste : Frustration  Titre : Empires Of Shame
Style : Pop - Rock / Post
Frustration - Empires Of ShamePas de fioritures inutiles dans le post punk de Frustration sur son longtemps espéré nouvel album qui arrive via Born Bad Records, Empires Of Shame ! Le combo parisien tranche vraiment dans le lard avec une épatante agressivité sur sa dernière collection de chansons, idéales en bande son pour saccager de fond en comble une salle de concert en état de fusion avancée, un bar à l’heure de la fermeture, une soirée privée rock 'n roll ou tout simplement son propre logement (si l'on a beaucoup d'argent)... Loin de l'exposition médiatique de leurs risibles compagnons de label de La Femme, les sales gosses pas tout jeunes et aux mines patibulaires de Frustration n'ont pas été signés sur la major Barclay, n'ont pas droit aux couvertures des magazines – pourtant, « 2016, l'année de (la) Frustration », ça aurait de la gueule en une, non ? – mais ils viennent de sortir le meilleur disque de rock made in France de l'année, ni plus ni moins. Cet Empires Of Shame dont ils peuvent légitimement être très fiers est une obsédante succession de tubes à l'usage des fans de rock garage, de punk rock, de post punk, voire de synth punk... Dreams Laws Rights And Duties, le premier titre avec guitares acides et chant arrogant psychiatrique, tue littéralement. Comme Just wanna hide d'ailleurs, qui glace le sang grâce à la grosse voix façon Ian Curtis de Fabrice Gilbert, les super gimmicks de synthés de Frédéric Campo aka Junior se chargeant de faire danser, avant d'en finir une bonne fois pour toutes... Le viscéralement sauvage Excess, avec sa ligne de basse à la Peter Hook sous speed et ses chœurs hurlés, fait froid dans le dos, tout en obtenant le titre tant convoité de hit single du disque. On pourrait aussi évoquer longuement les atours accrocheurs du cinglant Cause you ran away, les synthés anxiogènes sur Empires Of Shame, le joli cassage de rythme façon Dark Folk que constitue Arrows of Arrogance ou la très efficace resucée (ce n'est pas aussi sale que ça en a l'air... ) de Blind, le tube inaugural de Frustration, qu'est l'imparable morceau Minimal Wife, mais ça ne servirait à rien d'en écrire beaucoup plus. Ce qu'il faut juste préciser avant d’arrêter de blablater, c'est que l'album Empires Of Shame dans sa globalité est une authentique bombe lâchée dans le souvent désespérant paysage musical français. Et que ses côtés explosifs sauteront à la gueule de ceux qui auront la présence d'esprit d'aller voir Frustration sur scène dans les mois à venir...





Liens : www.facebook.com/Frustrationparis, frustrationblind.bandcamp.com, www.facebook.com/bornbadrecords.

21 octobre 2016 (Born Bad Records)

Vignette pierre andrieuSignature : pierre andrieu
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1 à 11 sur 5132 critiques trouvées
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