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Chronique de Concert

Alice Cooper

Alice Cooper en concert

Olympia de Paris 7 décembre 2017

Critique écrite le par



A l'orée des années 70, Alice Cooper n'était pas uniquement l'incarnation scénique du chanteur Vincent Furnier. C'était un groupe et probablement l'un des meilleurs de l'histoire du rock ! Les albums "School's out", "Love it to death", "Killer", "Billion dollars babies" et "Muscle of love" sont au panthéon des grands disques des 70's et de l'histoire. Ils initièrent le mouvement glam-rock et furent les pierres angulaires de ce que l'on appela par la suite et souvent à tort le Hard Rock.

A l'époque, l'extraordinaire voix rock (assurément l'une des plus marquantes de tous les temps) de Vincent Furnier était soutenue à la guitare par le formidable guitariste Glenn Buxton (co-auteur des grands titres de cette période), la basse de Dennis Dunnaway, la guitare rythmique de Michael Bruce et la batterie de Neil Smith. Cette formation historique se sépara malheureusement à la fin de l'année 1973. Furnier endosse désormais seul, depuis plus de 40 ans, le nom d'Alice Cooper.



Pendant toutes ces années, le nom d'Alice Cooper est devenu synonyme de grands shows où se côtoient le hard rock le plus pur et des mises en scènes de grand guignol macabres où le hurleur en chef se fait tour à tour guillotiner, électrocuter, décapiter à grands renfort de trucages et de pyrotechnie. Et ce sous les applaudissements d'un public chauffé à blanc par les solos et les refrains incandescents du répertoire plus que tubesque du maître de cérémonie.

Bien que toujours actif, Alice Cooper a une postérité non négligeable puisqu'il est sans nul doute l'influence majeure de groupes comme Kiss, Marilyn Manson, Ghost et que de nombreuses sommités de l'histoire du rock ont souvent débuté avec lui ou l'ont accompagné à un moment ou à un autre de son immense carrière. On citera les noms de Joe Satriani, Steve Vai, Steve Hunter (le guitariste historique des albums live de Lou Reed), Bob Erzin, Steve Lukather, et même Richard Kolinka (le batteur de Téléphone).



S'il a tutoyé les sommets de la popularité et du show business avec des albums comme "Trash", "Welcome To My nightmare", "Hey Stoopid "dans les années 70 et 80, Cooper a aussi connu des années moins fastes où il ne se produisait plus que dans des "petites salles" comme le Bataclan à Paris. Cependant, en restant fidèle à son ADN hard rock et au professionnalisme de ses grands shows macabres, il a fini par renouveler son public en multipliant les concerts et en ne rechignant pas à se produire dans la plupart des grands festivals de la planète, et ce en inspirant le plus profond respect à tous les amateurs de rock un peu éclairés.

Bien que n'étant pas un inconditionnel, c'est la troisième fois que j'assistais à un concert d'Alice Cooper. Après un Zénith en 1991, un Bataclan à l'orée des années 2000, me voilà dans les travées d'un Olympia sold out pour applaudir un Vincent Furnier désormais âgé de 70 ans.



Comme à chaque fois, la recette est la même et elle est savoureuse ! Entouré d'un groupe de fines gâchettes rajeunies et hyper efficaces qu'il dirige à la baguette, Alice C. fait d'emblée monter la température, en débit d'un problème de sonorisation évident et que l'on regrettera pendant tout le concert. Il faut dire que quand on attaque un show par "Brutal planete", "No more Mister nice Guy" et "Under my wheels" cela envoie du lourd ! Le groupe, qui compte 3 guitaristes virtuoses ferraillant à coup de solos chacun dans son style, donne au show une énergie juvénile qui se marie parfaitement avec la voix du maître.

Il arrive dans certains concerts que l'on attende gentiment le ou les quelques titres historiques du groupe qui se produit. Avec Alice Cooper, il en surgit de partout ! On passe de "Billion Dollars baby" à "Feed My Frankenstein" en passant par les refrains fédérateurs du tube eighties "Poison". Le côté grand guignol fait lui aussi fureur ! Du Frankenstein géant à la légendaire guillotine, tout y passe, sans que le rythme ne baisse d'un iota. La ballade "Only Women bleed" montrera à quel point la voix de Furnier n'a pas bougé depuis La première moitié des années 70.



Si les spectateurs de la tournée anglaise avaient eu la surprise quelques jours au paravent de voir débarquer les survivants du groupe historique (sans Glenn Buxton, mort en 1997) pour un final de concert tonitruant, l'Olympia n'aura pas cette chance et se contentera sans déplaisir des jeunes loups du groupe actuel qui atomiseront la salle sur de grands classiques comme "Killer", "Eigteen" et un "School's out" qui conclura de belle façon cette grand-messe de hard rock à l'ancienne !

Photos (prises à la salle Pleyel à Paris le 3 décembre 2017) : Manu Wino manuwino.com www.facebook.com/manuwino


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