Accueil Chronique de concert Cat Power + Ólafur Arnalds (Festival Days Off 2011)
Lundi 15 octobre 2018 : 13857 concerts, 25194 chroniques de concert, 5229 critiques d'album.

Chronique de Concert

Cat Power + Ólafur Arnalds (Festival Days Off 2011)

Cat Power + Ólafur  Arnalds (Festival Days Off 2011) en concert

Salle Pleyel, Paris 3 juillet 2011

Critique écrite le par




Cat Power en état de grâce...

Extraordinaire concert de l'éternellement surprenante Cat Power - en état de grâce - dans le cadre majestueux de la salle Pleyel à Paris, à l'occasion du festival Days Off... Signe que le show de Cat Power - vue en concert de nombreuses fois de 1996 à 2008 pour des prestations soit réussies soit à moitié ratées, mais toujours illuminées par des instants de beauté uniques - était exceptionnel, deux jours après, on n'arrête pas d'y penser et d'écouter ses disques en boucle. Récit d'un live d'anthologie...



Et là, c'est un petit miracle de deux heures qui se produit...

Après une super belle première partie assurée par l'hyper doué songwriter pianiste Ólafur Arnalds et ses musiciens - qui offrent au public de mini symphonies instrumentales entre musique classique onirique, pop échevelée et électro étrange, délivrées avec piano, cordes et machines et évoquant Sigur Ros et Radiohead, -, une très longue attente (viendra, viendra pas ? ) s'ensuit... Puis Chan Marshall et ses précieux musiciens, le Dirty Delta Blues avec Judah Bauer de Jon Spencer Blues Explosion, un excellent batteur, un bassiste remarquable et un divin organiste, arrivent sur scène... Et là, c'est un petit miracle de deux heures qui se produit : la magie opère quasiment dès le début ! C'est la symbiose totale entre la voix magique de Cat Power et la musique de son combo country blues folk rock 'n soul. La troupe se lance dans un set en deux parties où les titres les plus marquants de la belle native du Sud des Etats Unis et des reprises de ses héros sont joués de manière flottante, destructurée et sidérante. Ceux qui attendaient un concert propre et carré sont déçus, comme toujours, mais ceux qui aiment se faire bousculer par un artiste en proie au doute existentiel en sont tout retournés. Malgré un ou deux courts passages un peu trop borderline, le souffle émotionnel qui habite chaque interprétation est à tomber à la renverse et de nature à rendre encore plus amoureux de l'univers de ce petit bout de femme. Qui en scène se trimballe maladroitement tout en dansant bizarrement, sans oublier de vivre chaque mot chanté comme si sa vie en dépendait...



La voix de Cat Power n'est rien moins que bouleversante...

Ce soir, salle Pleyel, la voix de Cat Power n'est rien moins que bouleversante ; à chaque début de chanson l'on se dit que celle qui vénère plus que tout au monde Aretha Franklin, Al Green, Janis Joplin, Mick Jagger & Keith Richards, Bob Dylan, Joni Mitchell et Billie Holiday risque tôt ou tard de faire partie de ce cercle très fermé... En tout cas, le son qu'elle prodigue généreusement ce soir à ses fans est un pur bonheur : l'on se croirait à une très inspirée jam session à Nashville, Tennessee avec des musiciens fans des Rolling Stones et des plus grands bluesmen... Pour soutenir son illustre chanteuse, le flegmatique guitariste Judah Bauer décoche sobrement et toujours à propos quelques riffs ou rythmiques bien sentis, tandis que le batteur sait se monter caressant, discret, virtuose ou très présent, que le bassiste marque le rythme de manière admirablement basique avant de faire vrombir son instrument et que l'organiste/guitariste, qui est juste un putain de génie, fait tout à la perfection, avec un son versatile et classieux... D'ailleurs, sa participation à la très brillante relecture de The Greatest avec une ambiance typiquement orgue Hammond est un modèle du genre. Et ce morceau est un des nombreux sommets du concert, au même titre que la version d'I Wanna Be Your Dog des Stooges (en version country folk blues avec Chan Marshall à la guitare en renfort du groupe), que la poignante chanson en espagnol, Angelitos Negros, et l'inestimable I Don't Blame You (les deux jouées en final), que les reprises de Fletwood Mac, Dreams, Billie Holiday, Don't explain et Janis Joplin, Woman Left Lonely, ou encore que l'interprétation du très beau Song To Bobby...

Un bien bel exemple de classe, d'humilité et de partage.

Il faut bien avouer que pendant ce set qui fera date de nombreux frissons d'émotion et de joie parcourent notre corps et que nos yeux commencent à s'humecter en une ou deux occasions... A la fin, Cat Power revient saluer très longuement (10 minutes ?) son public - en mode standing ovation -, pour lui offrir des fleurs, dire quelques mots à chacun et citer le noms de ses musiciens... Un bien bel exemple de classe, d'humilité et de partage.


Liens : http://olafurarnalds.com, http://catpowerjukebox.com, www.sallepleyel.fr, www.daysoff.fr, http://twitter.com/#!/FestivalDaysOff, www.facebook.com/festivaldaysoff...

Festival Days Off : les dernières chroniques concerts

Savages (Festival Days Off 2017) en concert

Savages (Festival Days Off 2017) par lol
Cité de la Musique, Paris, le 04/07/2017
En ce 4 juillet, le Festival Days Off - organisé par la Philarmonie de Paris et la Cité de la musique - ne faisait pas dans la dentelle en programmant un concert de Savages, qui... La suite

Agnes Obel + St. Vincent + Kurt Vile And The Violators (Festival Days Off 2012)  en concert

Agnes Obel + St. Vincent + Kurt Vile And The Violators (Festival Days Off 2012) par Pierre Andrieu
Salle Pleyel, Paris, le 09/07/2012
Alors que restent en mémoire les prestations mémorables d'Antony And the Johnsons et Sufjan Stevens, Bryce Dessner & Nico Mulhy, c'est déjà le dernier soir du Festival Days... La suite

Sufjan Stevens, Bryce Dessner et Nico Muhly, Planetarium (avec New Trombone Collective et Navarra String Quartet) (Festival Days Off 2012) en concert

Sufjan Stevens, Bryce Dessner et Nico Muhly, Planetarium (avec New Trombone Collective et Navarra String Quartet) (Festival Days Off 2012) par Pierre Andrieu
Salle Pleyel, Paris, le 06/07/2012
Orgasmique et cosmique le rendez-vous avec Sufjan Stevens, Bryce Dessner et Nico Muhly, de passage à la Salle Pleyel, à Paris, pour présenter à l'occasion du festival... La suite

Antony And the Johnsons, Cut The World avec l'Orchestre National d'Ile-de-France (Festival Days Off 2012) en concert

Antony And the Johnsons, Cut The World avec l'Orchestre National d'Ile-de-France (Festival Days Off 2012) par Pierre Andrieu
Salle Pleyel, Paris, le 03/07/2012
Concert mémorable d'Antony And the Johnsons en compagnie de l'Orchestre National d'Île-de-France à la Salle Pleyel (Paris) dans le cadre du festival Days Off, le 3 juillet... La suite

Cat Power : les dernières chroniques concerts

Cat Power (This Is Not A Love Song Festival 2014) en concert

Cat Power (This Is Not A Love Song Festival 2014) par Pierre Andrieu
Paloma, Nîmes, le 30/05/2014
Beau à chialer des larmes de bonheur dans sa bière, voilà comme était le concert solo de Cat Power dans la grande salle du Paloma de Nîmes le 30 mai 2014 pour le This Is Not A... La suite

Cat Power + Woodbine par Hum !
Poste à Galène - Marseille, le 04/12/1998
C H I A N T I S S I M E !!! Voilà le ton de ce que j'allais écrire à chaud ... j'ai donc volontairement laissé passé le week-end pour être sûr. Il est vrai que globalement je me suis vraiment embêté ... peut être étais-je fatigué, mais vraiment les chansons super répétitives (même dans les textes avec des refrains de 5 mots répétés 15... La suite

Nick Cave, The National, Courtney Barnett, Patti Smith, The Districts, Spoon, Future Islands, The War on Drugs, Baxter Dury, The Black Lips, Shame, Cat Power (Festival All Points East Festival 2018) en concert

Nick Cave, The National, Courtney Barnett, Patti Smith, The Districts, Spoon, Future Islands, The War on Drugs, Baxter Dury, The Black Lips, Shame, Cat Power (Festival All Points East Festival 2018) par Daddrock
Victoria Park - Londres, le 03/06/2018
Une balade à Londres se fait toujours avec le souvenir d'un voyage scolaire. Revoir le palais de la Queen. Etre à l'heure pour assister au défilé de la garde et tenter la photo... La suite

Salle Pleyel, Paris : les dernières chroniques concerts

Robert Plant & The Sensational Space Shifters en concert

Robert Plant & The Sensational Space Shifters par Samuel C
Salle Pleyel - Paris, le 23/07/2018
Personnage à la fois mythique et mystique, Robert Plant se produisait salle Pleyel face à 3 000 fans du Dirigeable également adeptes de la carrière solo de cette légende du rock... La suite

Alice Cooper en concert

Alice Cooper par Samuel C
Salle Pleyel - Paris, le 03/12/2017
Pleyel, temple de la musique symphonique et de la variété : son marbre, son style art déco et ses fauteuils rouges. Un lieu classé monument historique au coeur du triangle... La suite

Madness en concert

Madness par lol
Salle Pleyel, Paris, le 11/11/2017
C'est la première fois que j'allais à la salle Pleyel pour un concert de rock, ou plutôt de ska... C'est une très belle salle, bien refaite, avec une très bonne acoustique mais... La suite

Benjamin Biolay en concert

Benjamin Biolay par Xavier Averlant
Salle Pleyel, Paris, le 25/09/2016
Après le concert du mois de juin à Lyon, c'est dans une Salle Pleyel toute rénovée que Benjamin Biolay est venu présenter son nouvel album "Palermo Hollywood". Depuis sa... La suite