Critique de concert Enzo Enzo (Festival de la Chanson Française)

Petit détour par le Festival de la Chanson Française à la Salle du Bois de l’Aunes d’Aix-en-Provence, Mardi dernier, pour assister au concert de Enzo Enzo, avec Christian Sbrocca en première partie.

Commençons par le commencement. Christian Sbrocca est un artiste québécois, qui nous a présenté en session acoustique (piano & guitare) un doux mélange de ses propres créations et d’un hommage à Charles Trenet.
Accueilli un peu timidement, par un public plutôt venue applaudir la tête d’affiche, il nous lance un "On m’avait dit que le public français était chaleureux ... !!" qui fait mouche et met tout le monde dans le bain (l’accent québécois étant, comme tout le monde le sait, absolument irrésistible !!). Il enchaîne même par un "Comme on dit par chez moi, j’ai brisé la glace !" qui plonge définitivement la salle dans la bonne humeur et annonce la couleur de la soirée.
Sur ce, il commence par se présenter : auteur, compositeur, interprète de Montréal, il est venu participer à ce festival, en tant que fervent défenseur de la langue française, comme beaucoup des ses compatriotes. Il en est très heureux puisque c’est la première fois qu’il "performe" (dans le texte !!) sur une scène en Europe.

Pour ce faire, il a même amené un camarade de jeux : un mannequin qu’il sort d’un grand sac de voyage, vêtu d’une chemise à carreaux 100% bûcheron québécois et d’un chapeau de cow-boy, qui va prendre place devant le piano pour l’accompagner. Façon tout à fait amusante de ne pas nous lancer bêtement la bande son (et oui, il ne peut être à la fois au four et au moulin !!)
A noter de très jolies reprises des standards de Trenet, avec en particulier un "Que reste-t-il de nos amours ?" tout à fait étonnant, jouant sur les harmonies et prenant la mélodie à contre-temps .... Belle mise en jambes pour la suite du programme.

Après une courte pause, le noir revient. Le piano s’allume et le pianiste prend place .... il commence à jouer et une voix s’élève des coulisses .... Enzo Enzo entre sur cette scène totalement épurée, éclairée d’une lumière bleue, toute en sobriété elle aussi : pantalon noir, chemisier blanc et micro à la main. Et elle commence par "L’homme de Plume" extrait de l’album Paroli.
Elle va ensuite enchaîner les morceaux, tantôt seule sur l’avant scène, tantôt appuyée sur le piano, alternant les chansons et nous offrant tour à tour son émotion et son espièglerie (et parfois même les deux en même temps).

J’ai beaucoup aimer son interprétation de "Edith". Magnifique texte d’Allain Leprest, qu’elle introduit en nous donnant sa vision du mot "interpréter" : une vrai rencontre entre un artiste et un auteur .... Et cette rencontre, on le comprend bien vite, est toute emprunte de tendresse.
Elle nous emmène ensuite dans des sonorités plus dansantes, prend des postures de tango, la main levée et le menton haut. Elle habite cette scène seule, avec son pianiste et sa musique. Chaque morceau est précédé d’une petite introduction. Elle aime a faire partager le pourquoi de chacune de ses chansons et se fait accompagner de jeux de lumières, parfois couchantes, toutes en ombres chinoises comme pour "Shalimar", qui nous laisse un petit goût de nostalgie dans le coeur et les yeux.

Un peu plus tard, après une évocation musicale tu tango, elle envoie un baiser vers le ciel à l’attention de "Copito", le gorille blanc du zoo de Barcelone, avec lequel elle a manqué, dit-elle, un rendez-vous poétique, un au-revoir trop souvent reporté.
Mais elle ne sombre jamais dans la tristesse, sait aussi nous entraîner dans de savoureux dialogues musicaux et visuels avec son pianiste Angelo Zurzolo, sans aucun doute complice de longue date, avec lequel elle entame une mini scène de ménage sur "Panne de coeur". Sans oublier le badinage qu’ils nous offrent tous deux avec "Je hais les gosses" : démarrage à l’américaine, ambiance piano-bar assis tous deux côte à côte, pour finir en chamaillerie (elle s’affale sur lui, fait des grimaces, tape des notes en désordre sur le piano et fini par lui piquer sa partition) ... Ce qui lui vaudra d’être virée de la banquette et de terminer sur les fesses !!
Encore une jolie introduction pour la chanson "En douce", avec ces quelques mots de Mistinguette : "Est-ce que vous avez l’impression que la terre tourne ? Non ? C’est parce que vous n’avez jamais été embrassés comme il faut !". Et elle nous montre une autre facette de sa voix à tiroir, en y ajoutant un peu de la gouaille qui fait le titi parisien.

Petite pause avant La Chanson que tout le monde attend .... Elle boit l’eau de la rose qui est posée sur le piano. Et nous raconte qu’un soir où elle prenait l’apéritif avec son père, celui-ci ouvre un apéricube et découvre, pas peu fière, la question suivante : Qui a écrit "Juste quelqu’un de bien" ? Cette notoriété incontestable la fait plutôt rire et lui donne envie de faire inscrire sur sa pierre tombale : Ci-gît une très bonne amie de la Vache Qui Rit !! La chanson démarre, elle la désacralise avec beaucoup d’humour, nous présentant son derrière (et oui !!) et en nous demandant de participer, tout en taquinant ceux qui se trompent avec un "Bon, je t’aide parce que tu ne connais même pas les paroles !!"

Pour moi deux mentions particulières pour "Des roses et des ronces" et "A mardi", chantées tout en douceur, accoudée au piano, avec encore plein d’échanges tendres et amusants avec son pianiste. Et on termine par un lâchage complet sur "Histoire de dents", avec à la fin éclats de rires et salut en danseuse du Lac des Cygnes. Angelo la prend dans ses bras et la couche sur le piano. Dernier morceau interprété ainsi, moitié parlé, moitié chanté. Il s’agenouille devant elle pour la faire descendre et saluent tous deux, dans les bras l’un de l’autre.
Ils reviendrons pour deux rappels : "Les yeux ouverts" (version française .... Festival oblige .... de "Dream a Little Dream of Me") et "Ca me suffit" tout simplement assise sur le piano.

Ce fut une soirée riche en émotions et pleine de tendresse.
Encore plus d’info avec la Setlist (et j’ai eu la sienne personnelle en propre !!)
1- L’homme de plume
2- Dehors
3- Edith
4- La petite fille
5- Ils s’adorent
6- Shalimar
7- Copito
8- Panne de coeur
9- Je hais les gosses
10- En douce
11- Eve
12- Les Naufrages
13- Quelqu’un de bien
14- Des roses et des ronces
15- A mardi
16- Histoire de dents
17- Youkali
Rappels :
Les yeux ouverts
Ca me suffit
Une petite vidéo de la soirée :

Commençons par le commencement. Christian Sbrocca est un artiste québécois, qui nous a présenté en session acoustique (piano & guitare) un doux mélange de ses propres créations et d’un hommage à Charles Trenet.
Accueilli un peu timidement, par un public plutôt venue applaudir la tête d’affiche, il nous lance un "On m’avait dit que le public français était chaleureux ... !!" qui fait mouche et met tout le monde dans le bain (l’accent québécois étant, comme tout le monde le sait, absolument irrésistible !!). Il enchaîne même par un "Comme on dit par chez moi, j’ai brisé la glace !" qui plonge définitivement la salle dans la bonne humeur et annonce la couleur de la soirée.
Sur ce, il commence par se présenter : auteur, compositeur, interprète de Montréal, il est venu participer à ce festival, en tant que fervent défenseur de la langue française, comme beaucoup des ses compatriotes. Il en est très heureux puisque c’est la première fois qu’il "performe" (dans le texte !!) sur une scène en Europe.

Pour ce faire, il a même amené un camarade de jeux : un mannequin qu’il sort d’un grand sac de voyage, vêtu d’une chemise à carreaux 100% bûcheron québécois et d’un chapeau de cow-boy, qui va prendre place devant le piano pour l’accompagner. Façon tout à fait amusante de ne pas nous lancer bêtement la bande son (et oui, il ne peut être à la fois au four et au moulin !!)
A noter de très jolies reprises des standards de Trenet, avec en particulier un "Que reste-t-il de nos amours ?" tout à fait étonnant, jouant sur les harmonies et prenant la mélodie à contre-temps .... Belle mise en jambes pour la suite du programme.

Après une courte pause, le noir revient. Le piano s’allume et le pianiste prend place .... il commence à jouer et une voix s’élève des coulisses .... Enzo Enzo entre sur cette scène totalement épurée, éclairée d’une lumière bleue, toute en sobriété elle aussi : pantalon noir, chemisier blanc et micro à la main. Et elle commence par "L’homme de Plume" extrait de l’album Paroli.
Elle va ensuite enchaîner les morceaux, tantôt seule sur l’avant scène, tantôt appuyée sur le piano, alternant les chansons et nous offrant tour à tour son émotion et son espièglerie (et parfois même les deux en même temps).

J’ai beaucoup aimer son interprétation de "Edith". Magnifique texte d’Allain Leprest, qu’elle introduit en nous donnant sa vision du mot "interpréter" : une vrai rencontre entre un artiste et un auteur .... Et cette rencontre, on le comprend bien vite, est toute emprunte de tendresse.
Elle nous emmène ensuite dans des sonorités plus dansantes, prend des postures de tango, la main levée et le menton haut. Elle habite cette scène seule, avec son pianiste et sa musique. Chaque morceau est précédé d’une petite introduction. Elle aime a faire partager le pourquoi de chacune de ses chansons et se fait accompagner de jeux de lumières, parfois couchantes, toutes en ombres chinoises comme pour "Shalimar", qui nous laisse un petit goût de nostalgie dans le coeur et les yeux.

Un peu plus tard, après une évocation musicale tu tango, elle envoie un baiser vers le ciel à l’attention de "Copito", le gorille blanc du zoo de Barcelone, avec lequel elle a manqué, dit-elle, un rendez-vous poétique, un au-revoir trop souvent reporté.
Mais elle ne sombre jamais dans la tristesse, sait aussi nous entraîner dans de savoureux dialogues musicaux et visuels avec son pianiste Angelo Zurzolo, sans aucun doute complice de longue date, avec lequel elle entame une mini scène de ménage sur "Panne de coeur". Sans oublier le badinage qu’ils nous offrent tous deux avec "Je hais les gosses" : démarrage à l’américaine, ambiance piano-bar assis tous deux côte à côte, pour finir en chamaillerie (elle s’affale sur lui, fait des grimaces, tape des notes en désordre sur le piano et fini par lui piquer sa partition) ... Ce qui lui vaudra d’être virée de la banquette et de terminer sur les fesses !!
Encore une jolie introduction pour la chanson "En douce", avec ces quelques mots de Mistinguette : "Est-ce que vous avez l’impression que la terre tourne ? Non ? C’est parce que vous n’avez jamais été embrassés comme il faut !". Et elle nous montre une autre facette de sa voix à tiroir, en y ajoutant un peu de la gouaille qui fait le titi parisien.

Petite pause avant La Chanson que tout le monde attend .... Elle boit l’eau de la rose qui est posée sur le piano. Et nous raconte qu’un soir où elle prenait l’apéritif avec son père, celui-ci ouvre un apéricube et découvre, pas peu fière, la question suivante : Qui a écrit "Juste quelqu’un de bien" ? Cette notoriété incontestable la fait plutôt rire et lui donne envie de faire inscrire sur sa pierre tombale : Ci-gît une très bonne amie de la Vache Qui Rit !! La chanson démarre, elle la désacralise avec beaucoup d’humour, nous présentant son derrière (et oui !!) et en nous demandant de participer, tout en taquinant ceux qui se trompent avec un "Bon, je t’aide parce que tu ne connais même pas les paroles !!"

Pour moi deux mentions particulières pour "Des roses et des ronces" et "A mardi", chantées tout en douceur, accoudée au piano, avec encore plein d’échanges tendres et amusants avec son pianiste. Et on termine par un lâchage complet sur "Histoire de dents", avec à la fin éclats de rires et salut en danseuse du Lac des Cygnes. Angelo la prend dans ses bras et la couche sur le piano. Dernier morceau interprété ainsi, moitié parlé, moitié chanté. Il s’agenouille devant elle pour la faire descendre et saluent tous deux, dans les bras l’un de l’autre.
Ils reviendrons pour deux rappels : "Les yeux ouverts" (version française .... Festival oblige .... de "Dream a Little Dream of Me") et "Ca me suffit" tout simplement assise sur le piano.

Ce fut une soirée riche en émotions et pleine de tendresse.
Encore plus d’info avec la Setlist (et j’ai eu la sienne personnelle en propre !!)
1- L’homme de plume
2- Dehors
3- Edith
4- La petite fille
5- Ils s’adorent
6- Shalimar
7- Copito
8- Panne de coeur
9- Je hais les gosses
10- En douce
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Signature : ysabelle 12/10/2010
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Photographe : arnaud d
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Salle du Bois de l’Aunes - Aix en Provence

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