Suivez nous :facebooktwitterflux concerts
Mercredi 19 juin 2013 : 10508 concerts, 22026 critiques de concert, 4866 critiques de CD.

Critique de concert Get Well Soon + Soap&Skin + Bloc Party + Soy Un Caballo + The Barbed Wire Brothers (Festival Europavox 2009)


Get Well Soon + Soap&Skin + Bloc Party + Soy Un Caballo + The Barbed Wire Brothers (Festival Europavox 2009) en concert


5 étoiles, concert à ne pas manquer

Jaime




Soirée du samedi plutôt réussie au Festival Europavox 2009 à Clermont-Ferrand, avec des concerts mémorables (Soap&Skin, Get Well Soon), de belles découvertes (Soy Un Caballo, The Barbed Wire Brothers) et une grosse déception, même si un peu prévisible (Bloc Party)… En ce 30 mai ensoleillé et chaud, la place du 1er mai est animée par une jolie effervescence, la foule des grands jours est venue pour assister aux concerts (programmés à la Coopérative de Mai et dans deux Magic Mirrors installés à deux pas), mais aussi pour prendre l’air entre amis sur les pelouses et flâner en pensant à l’été qui arrive à grands pas. Il semblerait bien qu’Europavox soit en train de devenir un vrai festival, bonne nouvelle !





Soap&Skin : renversant !

Dès 19h30, dans la pénombre du club de la Coopérative de Mai, une jeune femme autrichienne fait sensation avec un set magistral, seule au piano, au micro et au laptop (pour lancer des samples glaçants). Sa voix gutturale et indomptable saisit immédiatement l’auditeur, le piano cristallin se charge, quant à lui, de faire voyager l’esprit loin, très loin, les samples salissant admirablement le son de bruits bizarroïdes parfois terrifiants. Assez vite, on pense à Patti Smith, PJ Harvey, Cat Power, Shannon Wright et Björk tout en constatant avec effarement la singulière originalité de cette très jeune extra terrestre musicale… Complètement absorbée par ses compositions, Anja Franz Lasch alias Soap&Skin propose un spectacle extrémiste (pas un sourire, pas un mot entres les titres, quelques regards menaçants jetés au public) et totalement renversant ; l’alternance bouleversante entre les moments de calmes (avec voix douce et piano caressé) et les brusques accès de fièvre (hurlements, martèlement de son instrument de prédilection, samples dignes d’un film d’horreur à se réveiller la nuit) fait un effet considérable sur la psyché. Sans crier gare, l’univers de Soap&Skin happe l’auditeur et le propulse dans un univers à la fois gothique, spleenesque et furieusement beau. Sidéré par un tel étalage de classe à l’état brut, on reste planté là, le souffle presque coupé, quand la belle étrangère se rue hors de scène comme une furie… Quel choc émotionnel !




Soy Un Caballo : un univers délicat, mélancolique et néanmoins lumineux.

Après la noirceur étourdissante du club de la Coopé, direction le Cabaret (un Magic Mirrors dressé place du 1er mai) pour le concert du duo Belge Soy Un Caballo, qui présente joliment sa musique avec deux guitares et/ou un marimba… Malgré des conditions un peu difficiles pour fixer son attention (chaleur étouffante, porte grande ouverte derrière la scène laissant entrer le soleil, public assez inattentif… ), on remarque instantanément que ces gens-là arrivent à trousser de très jolies pop songs en évitant la facilité et les effets putassiers. La folk pop proposée est chantée à deux voix captivantes (l’une féminine évoquant Françoiz Breut ou Armelle Pioline d’Holden, l’autre masculine, faisant penser à un Will Oldham embrumé ou aérien) ; ce qui permet à Aurélie Muller et Thomas Van Cottom d’emmener dans leur univers délicat, mélancolique et néanmoins lumineux. Habités par de très jolies mélodies et arrangés avec une remarquable sobriété, les morceaux (majoritairement chantés en français) de Soy Un Caballo offrent un embarquement immédiat vers une galaxie country pop peuplée de rythmes chaloupés, d’ambiances américaines et de cartes postales joliment écrites en français. A découvrir dans un lieu intimiste…




Get Well Soon : grand messe fervente et inspirée…

Il est un peu plus de 22h et la grande salle de la Coopérative de mai est comble pour accueillir le retour des Allemands de Get Well Soon, quelques mois après leur concert d’anthologie dans le club. Toutes les conditions sont donc réunies pour communier une nouvelle fois avec ce groupe d’exception créant des œuvres dans la droite lignée de Radiohead, Arcade Fire et Beirut, tout en y apposant une géniale patte personnelle gothico bizarre. Emmenée par un leader évoquant physiquement un Antony Hegarty light (Konstantin Gropper), la troupe tutoie les anges dès le premier morceau, permettant au public de participer à une trop courte grand messe à la fois fervente et inspirée. Extraits des très recommandés albums Rest Now, Weary Head ! You Will... et Songs Against The Glaciation, les morceaux déversent des torrents de tristesse et de noirceur, tout en conduisant à prendre d’étonnantes montagnes russes sonico émotionnelles. Les yeux fermés et l’esprit en ébullition, ces dernières nous semblent éclairées par des lumières stroboscopiques aveuglantes mais permettant brièvement de voir plus loin que ses petites dépressions intimes.



Effet imparable autorisant à se sentir effroyablement seul au monde tout en étant irrémédiablement submergé de joie… Emporté par une tornade de joie triste, on aimerait monter sur scène pour serrer très fort dans nos bras chaque musicien : Konstantin, pour avoir écrit ces morceaux magiques et pour ses interprétations habitées, la divine choriste/violoniste pour son apport décisif à la pyramide sonore Get Well Soon, mais aussi le trompettiste, le guitariste, le bassiste, l’organiste et le batteur, pour leur sobre talent de mise en son et leur foi inébranlable en leur musique. Entre les morceaux on se pince presque pour vérifier qu’on ne rêve pas ! Mais non, c’est bien réel : on assiste bel et bien à un spectacle mémorable dans une salle communiant comme un seul homme avec ce groupe à part. Seul petit problème : après ce moment en apesanteur, l’atterrissage est bien difficile à négocier…




Bloc Party : le grand rien.

Peu de temps après, on constate avec effroi que la tête d’affiche du jour (et du festival !) est sans doute le groupe le plus faible du lot… Très surestimés (il est vrai sur la foi d’un excellent premier album), Bloc Party a semble-t-il oublié d’écrire des chansons qui tiennent la route pour son dernier album : les nouveaux morceaux ne sont que des brouillons prétentieux aboutissant dans un cul de sac. On sent clairement que le groupe s’emmerde à en crever à jouer ses morceaux, aussi fadasses et convenus. Le public - conquis d’avance, bien sûr ! - essaye de faire bonne figure mais le cœur n’y est pas. Encéphalogramme plat, combo en pilotage automatique se produisant en live uniquement pour faire rentrer de l’argent frais, c’est véritablement désespérant ! Seul le tube Banquet relève un peu le niveau, mais il est joué parce qu’il le faut par un groupe navigant dans un grand rien artistique. Fuyons !




The Barbed Wire Brothers : merci pour la joie de jouer…

Dehors, place du 1er mai, entre une baraque à frites et un Magic Mirrors, il y a encore de la vie, ouf ! De vrais musiciens jouant pour la plaisir et pour la gloire empoignent leurs instruments débranchés pour faire revivre la musique chère à Johnny Cash. Leur nom ? The Barbed Wire Brothers, un super groupe de country rock composé de membres d’Araban (qui a encore fait très bonne impression ce soir, cette fois en jouant sur les marches du club) - à la caisse claire et à la guitare - et Stetson (banjo, voix superbement hurlée), plus le souriant barman du Bikini à la guitare et un contrebassiste pas exactement maladroit. A la fois festif, hyper bien envoyé et réconfortant, le set improvisé et branleur de cette troupe de gars qui n’en veulent du rock ‘n roll country est l’exact opposé de Bloc Party. Contrairement aux déprimants anglais avides d’euros, chez les Barbed Wire Brothers, on joue sans sonorisation, par pure passion et on écrit de super chansons authentiques… Quel bonheur de voir ces cinq amis se mêler à la foule avec leurs instruments pour interpréter en toute simplicité leur répertoire naissant ! Composé de chansons originales faisant un effet boeuf (bientôt disponibles dans les bacs) et de reprises bien envoyées, ce set sauvagement LOFI, garanti sans électricité et outrageusement houblonné avait que quoi redonner le sourire pour un paquet de temps ! Merci pour la joie de jouer les gars ! Et rendez-vous demain pour d’autres aventures au Festival Europavox…


A lire également sur le Festival Europavox 2009, les comptes rendus des concerts de Herman Dune + Loney Dear + Collectif Kutu Folk + Zak Laughed + Mujeres + Declan De Barra + Lonely Drifter Karen + Southpaw et Ebony Bones + Powersolo + I'm From Barcelona + Triggerfinger + Charlie Winston + ZZZ + Araban



Sites Internet : www.europavox.com, www.myspace.com/soapandskin, www.myspace.com/soyuncaballo, www.myspace.com/youwillgetwellsoon, www.myspace.com/blocparty, www.myspace.com/thebarbedwirebrothers, www.lacoope.com.


Photos extraites des sites myspace des artistes.

Sauf la photo du concert de Get Well Soon, signée Rémi Boissau



 


>> Réponse (le 31/05/2009 par Brunelle & Annaa)
La coopérative de mai - 30mai2009
Nous avons assisté au concert de Bloc Party et nous ne sommes pas du tout d'accord avec votre critique. Ils ont assuré le show, l'ambiance y était, au premier rang de la fosse, l'excitation était à son comble alors que pour les 3 premiers concerts qui étaient quand même bons le public était loin d'être aussi enthousiaste que pour cette belle tête d'affiche ! C'est vrai que leurs dernières chansons sont moins bonnes, mais le public a dansé toute la soirée, et Kélé Okereke n'avais pas du tout l'air de s'emmerder. Il plaisanté avec le public ! Pourquoi avez-vous trouvé le concert si faible ? Y avez-vous assisté ?!  > Réagir à cette critique

>> Réponse (le 03/06/2009 par stephane sarpaux) Pareil, je ne suis pas d'accord. J'étais dans la fosse et l'ambiance était là uniquement pour Bloc Party. Pour les autres groupes, le public s'impatientait et s'ennuyait malgré quand même quelques personnes qui appréciaient mais c'était loin d'être une majorité.  > Réagir à cette critique
>> Réponse (le 04/06/2009 par Vand) Je réagis en faveur de Pierre Andrieu : pour avoir vu Bloc Party moi aussi, mais en d'autres lieux, je ressens totalement la même chose que lui (cf mon compte-rendu aux Docks des Suds à Marseille) ! De plus, vous deux semblez totalement d'accord pour dire que le public était hystérique, et en ça croyez-moi (nous), je vous fais entièrement confiance, s'il est une chose que l'on apprend lorsque l'on fréquente les concerts, c'est qu'un public de plusieurs milliers de personnes pourra passer totalement à côté de la performance d'un putain d'artiste (là par exemple j'ai en tête Nosfell qui ouvrait pour Pixies et RHCP), mais jouez-lui n'importe quel tube, fait par n'importe quel groupe médiatisé, et il sera totalement déchaîné, et ce même si le groupe est chiant à mourir, et joue pour .../...

 

  > Réagir à cette critique
Le festival Festival Solidays : concerts et billetterieLe festival Euskal Herria Zuzenean : concerts et billetterieLe festival Le Rock Dans Tous Ses Etats : concerts et billetterieLe festival Festival Garorock : concerts et billetterieLe festival Glastonbury Festival : concerts et billetterieLe festival Jazz à Vienne : concerts et billetterieLe festival Festival de Nimes : concerts et billetterieLe festival Cognac Blues Passions : concerts et billetterieLe festival Worldwide festival : concerts et billetterieLe festival Musiques en Stock : concerts et billetterie
Copyright © Neolab Production 2000-2013. Reproduction totale ou partielle interdite sans accord préalable.
Conditions générales d'utilisation