Critique de concert Grinderman


Autant le dire tout de suite, je suis un fan de Nick Cave. Pas un fan transi qui idolâtre jusqu’à l’absurde un musicien dont il fantasme la personnalité et dont il rêverait d’être l’ami, pire de lui ressembler comme cela peut arriver avec Johnny, Elvis, Michael Jackson, Madonna ou même Robert Smith. Rien de tout cela, car je pense que je ne saurai franchement pas quoi dire au chanteur australien si je le rencontrais à l’exception de l’embarrassant : J’aime beaucoup ce que vous faites !!! Bien sur il y a des périodes, des albums, des chansons et des formations que je préfère à d’autres. (Live seeds, let love in, the good son, kicking against the pricks, Dig lazarus Dig). Mais globalement, je peux dire que ce que j’aime le plus c’est que la musique de Nick Cave évolue d’album en albums et que je suis toujours en phase avec cette évolution... Je suis donc à l’affut et je ne manque pas ou presque pas ses passages scéniques parisiens depuis une quinzaine d’années. Sa tournée 2010 n’est pas une tournée Bad Seeds, mais son premier passage officiel avec Grinderman.
Il s’était déjà produit au Grand Rex avec la même formation, mais à l’époque sous l’appellation Nick Cave Solo pour un concert qui fut le moins bon qu’il m’ait été donné d’assister. Grinderman, c’est le nom qu’il donne à cette formation parallèle à ses fameux Bad Seeds. Si les musiciens qui la composent sont des membres des Bad Seeds, ils ne sont que 4 quand les Bad Seeds sont une petite dizaine. Depuis qu’il s’appelle Grinderman, le groupe a pris son indépendance et ne joue pas de titres des Bad Seeds sur scène. Ils ont leur propre répertoire et compte désormais deux albums à leur actif. Le style de Grinderman, s’il subsiste un cousinage évident avec les bad seeds des premiers albums, se démarque complètement de la carrière classique de Cave . C’est une musique brute, agressive, rarement mélodique. On perçoit les réminiscences de quelques blues crasseux, d’un punk rock digéré et d’une urgence prédominante. Il n’y a pas de place pour les ballades et les refrains incandescents. C’est une musique exigeante que l’on n’écoute pas au coin du feu, ni en faisant l’amour .Clairement, je préfère la carrière Bad Seeds à Grinderman, mais il n’était pas question de rater le concert. Car Nick Cave sur scène est toujours une bête de scène phénoménale. Sa présence, l’intensité de ses prestations et sa voix de stentor le range à mes yeux dans la catégorie des plus grands chanteurs qu’il m’ait été donné de voir sur scène avec Iggy pop, Cantat, Jagger et Leonard Cohen.
De plus la salle de l’auditorium de la Villette est l’une des meilleures salles de Paris, ou la qualité de l’acoustique se marie avec une dimension à taille humaine mais suffisamment spectaculaire pour voir un vrai bon concert de rock. La salle était complète d’un public de trentenaire grisonnants avertis fleurant bon l’est parisien tout acquis à la cause de Grinderman. Dès la première chanson, le ton est donné. Nick Cave et Warren Ellis prennent possession des lieux comme une brigade de bucherons enragés et armés de tronçonneuse se lâcheraient dans une foret millénaire. Le son est abrasif, violent, percutant mais le spectacle est là. Cave endosse le rôle du prédicateur possédé comme il sait si bien le faire porté par des riffs terrifiants et une rythmique digne d’une division blindé.
En dehors des quelques influences, parfaitement maitrisées et digérées que j’évoquais il y a quelques instants, la musique de Grinderman ne ressemble qu’à elle-même ou à une foreuse qui vous entraine dans les tréfonds de la terre jusqu’au magma incandescent. Le concert fut donc excellent, et le public fit un triomphe à cette très bonne prestation porté à la fois par son savoir faire et sa classe naturelle. Toutefois, à titre personnel, je reste plus réceptif aux prestations des Bad Seeds, dont la dernière que j’ai eu la chance de voir à l’olympia fut totalement exceptionnelle..
Signature : lol
le 10/12/2010

le 18 juillet 2008 - Parc del Forum, Barcelone (par Cybermetisse & Gring)

le 3 au 6 juillet 2008 - Roskilde, Danemark (par Pierre Andrieu)


le 5 juillet 2008 - Presqu'Ile du Malsaucy, Evette-Salbert (par Philippe)
Cité de la Musique, Paris

le 10 juillet 2011 - Cité de la Musique, Paris (par Pierre Andrieu)

le 8 septembre 2010 - Cité de la Musique, Paris (par Pierre Andrieu)
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Mercredi 30 mai 2012 : 9396 concerts, 20898 critiques de concert, 4722 critiques de CD. 












