Accueil Chronique de concert Les Insus?
Jeudi 13 décembre 2018 : 10823 concerts, 25295 chroniques de concert, 5236 critiques d'album.

Chronique de Concert

Les Insus?

Les Insus? en concert

Zénith de Paris 8 juin 2016

Critique écrite le par



Cela fait 30 ans que des dizaines de milliers de fans attendent la reformation de Téléphone... On a du mal, si l'on n'a pas vécu lors des grandes heures du groupe de Jean-Louis Aubert et Louis Bertignac, à réaliser l'impact de Téléphone sur le Rock français de l'époque. Téléphone a été le premier groupe Français 100% rock, sans une once de variété, à obtenir un vrai succès public et une vraie reconnaissance critique. Téléphone, c'est à la base un groupe d'ados fans des Stones qui va pendant près de 10 ans de carrière enchaîner les hits et déchaîner les passions comme aucun groupe de Rock français jusqu'alors. Malgré la séparation du groupe en 1986, les chansons de Téléphone n'ont jamais cessé d'être diffusées à la radio et de séduire de nouveaux ados.

Comme beaucoup, j'ai découvert Téléphone, ado après leur séparation. Comme beaucoup je me suis souvent demandé ce que pouvaient bien dire les textes de Jean-Louis Aubert. Comme beaucoup, Téléphone n'est aujourd'hui pas mon groupe préféré mais résonne comme une madeleine de Proust de mes années Lycées.
En fait c'est impossible d'être français, d'avoir une culture rock sans respecter Téléphone et kiffer pleinement ou en secret 5 à 10 titres de leur répertoire.

Trente ans, c'est long ! Mais c'est ce qu'il aura fallu pour que les 3 garçons du groupe décident, au-delà d'apparitions surprises, de se rabibocher vraiment et de prendre la route pour donner du plaisir aux dizaines de milliers de fans Français qui rêvent de les voir jouer ensemble depuis si longtemps. Pour des raisons obscures, personnelles et contractuelles, cette tournée se fera sans la bassiste d'origine et sous un autre nom : Les Insus, abréviation improbable des insupportables (un jeu de mot à la Jean-Louis Aubert)



Ce concert du 8 juin au Zénith est la première grosse salle parisienne du groupe depuis sa reformation. Le public, forcément majoritairement composé de quadras et de quinquas fait un triomphe au groupe lors de son entrée sur scène. Aubert a malgré ses 62 printemps toujours un look d'ado attardé. L'accoutrement de Bertignac l'installe définitivement comme une émule de Keith Richards à la française.

Ils attaquent fort avec "Crache ton venin", "Hygiaphone", "fait divers", "argent trop cher". Le son est mastoc, puissant, très calibré sur un mode tournée des grandes salles. Ce sera l'un des points faibles du concert. En effet, si la voix d'Aubert est toujours celle d'un ado et que Bertignac enchaine les solos avec aisance, brio et facilité, la section rythmique ne fait malheureusement pas dans la subtilité et écrase tout sur son passage. Richard Kolinka tape sur ses fûts avec la finesse d'une division de panzer allemands en juin 1940 et joue comme s'il accompagnait Rammstein. Du coup les guitares et les voix passent au second plan et c'est bien dommage... Cela n'empêche pas les insus de mettre tout le monde d'accord avec une très bonne version de " la bombe humaine" et d'enchainer avec mon titre préféré de leur répertoire " au cœur de la nuit".

Comme pour Keith Richards lors d'un concert des Stones, c'est désormais Bertignac qui prend le micro pour 2 chansons. Bien évidemment, il s'attaque à "Cendrillon" dans une version qui sera très bonne mais à mes yeux un poil décevante. En effet, par le passé j'ai eu la chance d'avoir dans un live impromptu de Bertignac, une version longue extraordinaire de "Cendrillon" d'une bonne dizaine de minutes. Ce ne sera malheureusement que la version classique qui sera jouée ce soir.





Avec "Flipper" et "Métro c'est trop", le groupe apporte des touches d'impro légèrement funKy , mais se retrouvent finalement écraser sous les coups de boutoir de Kolinka sur ses fûts. Kolinka est un batteur spectaculaire, mais on frise l'overdose tellement il prend de la place et se met en scène. Il y a clairement chez lui un besoin de reconnaissance palpable ou un complexe par rapport au duo Aubert/ Bertignac.

Comme à un concert des Stones, le concert se poursuit par une session umplugged avec une très bonne version de "ce soir est ce soir" et qui se clôturera avec une bonne version de " Le jour s'est levé". On approche de la fin du concert et on trouve que les simagrées de Kolinka deviennent vraiment fatigantes quand l'intro de "New York avec toi" et ses murs qui ont parfois la couleur des sons que tu vois (Du Aubert) donnent envie au public d'aller là-bas et toucher à ci et toucher à ça (encore du Aubert). Si la version et le solo de Bertignac sur ce titre sont très bons, j'aurais beaucoup aimé que cette chanson fut incorporées dans la session Umplugged...

Il est désormais temps de rêver à "Un autre monde" pour voir si la terre est bien ronde. La version est exceptionnelle. Bertignac envoie un très beau solo et le public exulte quand Aubert harangue la foule pour voir danser les autres mondes (du Aubert Toujours).



Le groupe reviendra pour un premier rappel ou ils joueront l'un de leur rare titre en anglais "In Paris". C'est en entendant l'accent d'Aubert sur ce titre que l'on comprend pourquoi le groupe n'a jamais réussi à s'exporter. Le temps est venu de faire plaisir au très grand public avec le terrible " Ça c'est vraiment toi". Je dois admettre que je redoutais ce moment, tant je suis en overdose de cette chanson. C'est un peu comme "No Woman no Cry "de Bob Marley ou "Another Brick in the wall part 2" de Pink Floyd. Ce ne sont pas des mauvaises chansons, loin de là... Mais je les ai tellement entendues et réentendues que je suis clairement en état d'indigestion avec ces titres. J'aurais toutefois été déçu s'il ne l'avait pas joué, ce qui révèle en moi une tendance quasi sado masochiste insoupçonné... Le concert se terminera au bout de 2 Heures et presque trente minutes par " Tu vas me manquer"sous une belle ovation du public.

Ce qu'il ressort de ce concert, c'est que Les Insus sont indubitablement le meilleur "tribute Band" de Téléphone... On a senti une vraie complicité et une vraie générosité chez les musiciens, qui semblaient prendre un plaisir fou à rejouer le répertoire de leurs jeunes années. Leur répertoire est une avalanche de Hits, car il n'y a que des tubes et au final aucune mauvaise chanson. On n'a pas vu le temps passé mais on aurait clairement aimé une section rythmique plus subtile. L'omniprésence de la batterie sur le son du reste du groupe a clairement empêcher ce concert d'être un très grand concert et pas seulement un bon concert.


Photos du concert signées Lofanax www.facebook.com/Lofanax-647803092016949

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