Accueil Chronique de concert Joe Bonamassa
Lundi 23 septembre 2019 : 14397 concerts, 25682 chroniques de concert, 5264 critiques d'album.

Chronique de Concert

Joe Bonamassa

Joe Bonamassa en concert

Zénith d'Auvergne, Cournon 8 mai 2019

Critique écrite le par



Joe Bonamassa a eu 42 ans le 8 mai 2019 et comme il avait rien à faire ce soir là, il s'est dit "tiens si je fêtais mes 42 ans à Clermont-Ferrand" ? Comme il est sympa, il nous a invité, enfin, invité c'est vite dit.... Bref, j'étais hier au concert de Joe Bonamassa et je me suis un peu embêté. J'ai découvert Joe Bonamassa par hasard. A cause de mes insomnies. Ne dormant pas un soir, je me suis levé, j'ai allumé la boite à cons, zappé, et suis tombé sur une rediffusion de 3 Taratata. Au piano, une nana reprend du Tom Waits, un titre se nommant "Chocolate Jesus". Je prends une claque d'intensité 12 sur l'échelle de Richter. Beth Hart se nomme le séisme... Me penchant le lendemain sur la discographie de la dame, je vois qu'elle vient de sortir un album avec le susnommé Joe Bonamassa. J'achète l'album, et trouve cela plutôt pas mal. Je me penche un peu plus sur la discographie des deux, tombe fou dingue de Beth Hart et trouve Joe Bonamassa intéressant. Donc quand j'apprends que le mec vient dans ma campagne paumée, la décision de venir le voir est vite prise... enfin pas si vite que cela. Pour moi, le blues est une musique populaire, genre pour schématiser, un truc de Noirs pauvres pour des gens pauvres. Là ce soir, avec une moyenne de 80 Euros la place on est plus dans de la musique de Blancs friqués pour des Blancs friqués. Nombre d'amis et de connaissances qui aiment ce type de musique ne sont pas venus en raison de ces tarifs prohibitifs, non justifiés par un quelconque dispositif scénique. Du coup ce soir, peu de monde dans un Zénith assis, et surtout un public conquis d'avance.



Joe Bonamassa est un prodige, un virtuose, précoce, il joue sur scène depuis 30 ans, a déjà 14 albums (il me semble) à son compteur, publie des vidéos presque chaque jour, possède une collection de guitares impressionnante. Il sait aussi s'entourer, prenant la crème des musiciens de session américains : Anton Fig à la batterie, Michael Rhodes à la basse, Lee Thornburg à la trompette, Paulie Cerra au saxophone, Reese Wymans aux claviers, et deux choristes Australiennes dont je n'ai pas captées le nom. Le musicien de session est intéressant, car, c'est une sorte de mercenaire, techniquement impeccable mais qui sait rester à sa place. Car pour moi, le truc qui coince avec Joe Bonamassa s'est son côté " Alaindelonesque " : La scène est pour lui, la lumière est pour lui. A se demander s'il ne joue pas que pour lui, parce que ce n'est pas la communication avec le public ou avec les musiciens qui ont marqué la soirée.



Certes le spectacle est impressionnant, le son plus que bon, tout est en place, y a pas une note de travers, les guitares se succèdent les unes aux autres, emmenées par un roadie au look Waynesworldien, les morceaux se succèdent sans trève pendant plus de deux heures, mais rapidement je m'emmerde et comme Joe Bonamassa je regarde discrètement ma montre... La virtuosité a ce don de m'emmerder si elle n'est pas accompagnée d'autre chose. Joe Bonamassa joue incroyablement bien, c'est indéniable, mais, pour moi, il n'a pas le supplément d'âme que je trouvais chez Gary Moore, chez Stevie Ray Vaughan. Sa musique parle à mes oreilles, à mes yeux, mais pas à mon cœur, pas à mon âme. Il m'épate, mais ne m'émeut pas. L'impression d'entendre et de voir un peu toujours le même titre me prend rapidement. Mais pourquoi, ne joue-t-il pas plus avec les monstres qui sont avec lui, pourquoi ne leur laisse-t-il pas plus de place ? Le clavier et le bassiste assurent un peu le show, mais constamment en retenue, pourtant ça groove mais ça ne décolle pas, ça reste tout sous contrôle, pas un cheveux ne dépasse. Les choristes sont sous utilisées, les cuivres aussi. Toute l'attention doit être fixée sur Joe Bonamassa qui ne se met de côté que pour marquer la fin des titres.



Les morceaux s'enchaînent, blues, boogie, slow... le public applaudit lorsque le Maître de cérémonie le demande, se lève pour les rappels. Un petit morceau seul en acoustique (un peu long à mon goût), une fin qui ne finit pas et après 2h15 le spectacle se termine. Que dire de plus ? Un gros concert, certes, des musiciens extraordinaires, certes, quelques rares interventions du clavier ou des autres musiciens intéressantes, mais pour moi un sentiment à nouveau de vacuité émotionnelle, de show trop parfait pour être honnête, trop contrôlé, trop centré sur une personne, d'indigestion de triolets, d'une overdose de notes. Je vais continuer à aller voir et écouter du blues, mais dans des plus petites salles, avec des mecs qui veulent faire passer une émotion avant une démonstration technique, qui jouent avec des musiciens et non devant des accompagnateurs, qui se produisant en live pour un public et pas seulement pour eux. Si vous aimez Joe Bonamassa et sa virtuosité allez voir ce show vous adorerez , si vous aimez l'émotion et la modestie, peut-être que vous aimerez moins..



Set list : Tigers in your tank, King Bee, Evil Mama, Just cause you can, Self inflicted Wounds, This train, Blues of Desesperation, How deep this River runs, Sloe Gin, I get evil, Teafor one/ I can't quit you Babe, Little girl, Last Kiss, Wake up dreaming, SWLABR, Mountain Time

Photos : Yann Cabello www.yanncabello.com, www.facebook.com/yann.cabello.7, twitter.com/YannCabello, instagram.com/yanncabello...




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