Vendredi 23 octobre...c'est (enfin!) le début des vacances scolaires. Et quoi de mieux pour commencer ces vacances qu'un bon concert qui met bien la pêche? Et tant qu'on y est, prenons l'un des meilleurs groupes pop-rock britanniques de ces dernières années, en le nom de Kasabian, qui vient de sortir l'un des meilleurs albums de 2009, vous savez celui avec une pochette très bizarre où ils sont en costumes plutôt glauques, et qui porte le nom très distingué (comme dirait Yann Barthès) de West Ryder Pauper Lunatic Aslyum (mais qu'est-ce qui leur est passé par la tête?!!!). Et ce dans une des meilleures salles, le Bataclan, de la plus belle ville du monde, Paris! Y a pas à dire, ce genre de concert, ça fait voir la vie en rose.
Bon, par contre, autant le dire tout de suite, le son était mauvais. Une basse trop forte, la guitare soliste presque inaudible, tout comme les claviers. Ce qui est plutôt surprenant pour le Bataclan qui m'avait habitué à mieux... Mais heureusement, ces problèmes furent largement consolés par un homme, Tom Meighan.
Le chanteur et leader du groupe a, en plus d'une superbe voix rock, puissante et claire, un charisme et un enthousiasme exceptionnel. Il est à fond dans son chant et n'arrête pas de chauffer la foule à coup de "Come On Paris!", "Put your hands up in the air!" ou encore de "Sing It Loud!". Avec la plupart des personnes, ça parait ridicule. Mais lui tient ce côté "lad" anglais, souriant et arogant, qu'on ne peut que, à défaut d'admirer, pleinement apprécier, un peu comme la démesure d'un certain Robert Plant, et totalement à l'opposé d'un certain Frank Black. Et surtout, ses frasques collent à la musique de son groupe.

Emmenés par le génie qu'est Sergio Pizzorno, le guitariste et le compositeur de la quasi-totalité des titres, ils distillent une pop-rock, teintée d'électro sur certaines chansons, terriblement efficace. Tous leurs anciens tubes sont joués: "Club Foot","Cut Off","Shoot The Runner","Empire", qui déclenchent le feu aux cordes vocales des adolescentes. Sont joués également quelques morceaux moins connus, mais plus audacieux musicalement comme "Butcher Blues", "Stuntman" et "The Doberman". Mais ce que je retiens le plus de cette soirée, c'est l'immense qualité des nouveaux morceaux de Kasabian. Sur CD, l'album West Ryder etc... me paraissait déjà comme plus original, sans parler du titre, et plus mature, trouvant un équilibre parfait entre la vieille recette des tubes "Kasabianeques" (qui, non, ne ressemblent pas à Oasis ! Arrêtons avec cette comparaison facile !) et des passages plus osés, presque psychédéliques. Et cette impression a été complètement confirmée par ce que j'ai vu sur scène !
L'enchaînement initial "Underdog","Where Did All The Love Go" et "Swarfiga" était juste jouissif. Les ballades "Thick As Thieves" et "West Ryder Silver Bullet" (mais que signifie ce "West Ryder"?!!!) furent extrêmement sympathiques. Mais que dire de ces quatres chansons que sont "Take Aim Now","Fast Fuse","Fire" et la funky, au nom encore improbable, "Vlad The Impaler"? Elles furent simplement tonitruantes, excitantes à souhait et diablement stimulantes.
Pour terminer leur set, "L.S.F." se fait entendre tout autour de la salle, pour pouvoir s'en aller avec des étoiles aux yeux et des "Lalalalalalalala" plein la tête.
Un concert excellent donc, avec un chanteur à la tête d'un groupe qui ne s'est pas compté, mais qui a quand même souffert de quelques temps morts et de petites déceptions, uniquement sur des "vieux" titres comme "Shoot The Runner", que l'on pourrait mettre sur le dos des ingénieurs du son. Leur musique reste encore plutôt basique, mais ils ont certainement le potentiel de partir vers de nouveaux sommets, et dans l'avenir nous offrir des concerts "4 étoiles".
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