Critique de concert Katel + Babet

Radio Neo, une radios des plus intéressantes pour qui aime découvrir les nouveaux talents, a invité Katel et Babet pour une session Live enregistrée au Sentier des Halles. Un co-plateau surprenant car les deux univers des artistes sont franchement yin et yang: autant Katel a un tempérament solaire que Babet reflète l'aspect lunaire de la féminité. Intéressant pari.
Katel est à présent un groupe de quatre complices volcaniques. Ils ont la simplicité des sages et le talent des plus grands. Et vont nous offrir ce qui à mon avis est le meilleur set des quatre vus ces derniers mois.
Ils plantent le décor avec "Tombée de l'escalier", riche en évocation, où Karen attaque presque à capella. Un synthé évoque l'orgue d'une chapelle désertée. Ambiance. Grand Messe, Enterrement ou Mariage? Un peu des trois, en fait. Comprenne qui peut.
C'est la cythare noire qui prend la relève dans une jolie introduction à la ballade picaresque que nous offre "Decorum". Les trois musiciens (Charles-Antoine Hurel à la batterie, Julien Grasset à la basse, Nicolas Marsanne à la basse) se joignent à la danse, et c'est parti pour une heure de set torride.
Pas de clim, les gens collés à la scène comme attirés par un aimant. Autant dire que pour photographier, c'est l'enfer. Et histoire d'en rajouter Katel réclame à l'ingé du rouge... Les meilleures conditions réunies pour bien bosser donc... Mais qu'à cela ne tienne!
Je veux capter l'énergie qui se dégage et je suis ravie. Nicolas se lâche sur les morceaux plus rock tels que "One Day", "La vieille" "Le chant du cygne" et même "Human Behaviour" de Björk se teinte de rouge et noir.
Julien ajoute par son toucher un côté groovy délicieux, et Charles-Antoine envoie le bois. La pièce est gorgé de chaleur et de vie, c'est limite étouffant et le public est hyper réceptif, visiblement feinté lui aussi. Même sur les titres les plus calmes il se passe quelque chose, il suffit de regarder Charles-Antoine chanter pour lui-même, les bras croisés, les yeux rivés sur Katel pour être touché par ce qui lie ces quatre musiciens. C'est de l'ordre de la communion. C'est juste beau. Et un rare privilège de le partager avec eux. J'ai un faible pour "Les parfums d'été" qu'on ne peut lire qu'au second degré et qui conclut habilement l'album, ainsi que le concert, en véritable point d'orgue qui synthétise le tout.
Au rappel, Katel invite les Skips pour "Escher" et reprend "Raides à la ville" qui au son du tambour nous dresse pour le combat...
Le public en veut encore, mais changement de set.
De l'air de l'air. Je m'enfuis dans la rue, ne fut-ce que pour sécher...
Au deuxième round l'assistance s'est clairsemée. 23h30, les fourmis sont allées se coucher, ou n'ont pas pu imaginer un deuxième set dans la fournaise.
Je m'attendais à un set acoustique: tout faux. Babet est entourée de Stephan Bertholio (Dionysos & Corleone) que je viens de croiser au Lounge de Marseille et qui ce soir est à la basse, Octavio Angarita au Violoncelle et Sylvain au piano.
L'atmosphère est très décontractée voire bon enfant, à l'image de Babet qui semble marcher sur un nuage. Elle porte une tenue claire, estivale. La transition est radicale. Limite violente. Il va me falloir quelques titres pour rentrer l'ambiance et redescendre dans le jardin de Babet. Les trois premiers titres ("Piano-Monstre", "Je pense à vous" et "London inédite") me passent à côté.
Je manque d'attention. Je décide de me poser et ne plus photographier (d'où le manque de variété dans mes clichés) car mon appareil est bruyant et je n'entends que lui. Et pour le coup, j'ai bien fait. Je me laisse séduire par "Le Bel été", emporter par "Le Marin".
L'univers acidulé de Babet exige que l'on s'attarde et laisse le charme opérer en toute confiance. Même les maladresses passent en douceur. Le public est souriant, apaisé. On finira assis sur la moquette. Les titres ont une fraîcheur préservée, délicate, fragile.
Son set finit fort tardivement, je pense déjà à le revoir dans de meilleures conditions.
Babet et Katel seront présentes aux Francofolies de la Rochelle, allez les voir, et écouter ce qu'il y a de meilleur sur la scène française d'aujourd'hui: le programme est féerique! Et l'océan sera à deux pas....
Bel été à vous.
Katel est à présent un groupe de quatre complices volcaniques. Ils ont la simplicité des sages et le talent des plus grands. Et vont nous offrir ce qui à mon avis est le meilleur set des quatre vus ces derniers mois.
Ils plantent le décor avec "Tombée de l'escalier", riche en évocation, où Karen attaque presque à capella. Un synthé évoque l'orgue d'une chapelle désertée. Ambiance. Grand Messe, Enterrement ou Mariage? Un peu des trois, en fait. Comprenne qui peut.
C'est la cythare noire qui prend la relève dans une jolie introduction à la ballade picaresque que nous offre "Decorum". Les trois musiciens (Charles-Antoine Hurel à la batterie, Julien Grasset à la basse, Nicolas Marsanne à la basse) se joignent à la danse, et c'est parti pour une heure de set torride.
Pas de clim, les gens collés à la scène comme attirés par un aimant. Autant dire que pour photographier, c'est l'enfer. Et histoire d'en rajouter Katel réclame à l'ingé du rouge... Les meilleures conditions réunies pour bien bosser donc... Mais qu'à cela ne tienne!
Je veux capter l'énergie qui se dégage et je suis ravie. Nicolas se lâche sur les morceaux plus rock tels que "One Day", "La vieille" "Le chant du cygne" et même "Human Behaviour" de Björk se teinte de rouge et noir.
Julien ajoute par son toucher un côté groovy délicieux, et Charles-Antoine envoie le bois. La pièce est gorgé de chaleur et de vie, c'est limite étouffant et le public est hyper réceptif, visiblement feinté lui aussi. Même sur les titres les plus calmes il se passe quelque chose, il suffit de regarder Charles-Antoine chanter pour lui-même, les bras croisés, les yeux rivés sur Katel pour être touché par ce qui lie ces quatre musiciens. C'est de l'ordre de la communion. C'est juste beau. Et un rare privilège de le partager avec eux. J'ai un faible pour "Les parfums d'été" qu'on ne peut lire qu'au second degré et qui conclut habilement l'album, ainsi que le concert, en véritable point d'orgue qui synthétise le tout.
Au rappel, Katel invite les Skips pour "Escher" et reprend "Raides à la ville" qui au son du tambour nous dresse pour le combat...
Le public en veut encore, mais changement de set.
De l'air de l'air. Je m'enfuis dans la rue, ne fut-ce que pour sécher...
Au deuxième round l'assistance s'est clairsemée. 23h30, les fourmis sont allées se coucher, ou n'ont pas pu imaginer un deuxième set dans la fournaise.
Je m'attendais à un set acoustique: tout faux. Babet est entourée de Stephan Bertholio (Dionysos & Corleone) que je viens de croiser au Lounge de Marseille et qui ce soir est à la basse, Octavio Angarita au Violoncelle et Sylvain au piano.
L'atmosphère est très décontractée voire bon enfant, à l'image de Babet qui semble marcher sur un nuage. Elle porte une tenue claire, estivale. La transition est radicale. Limite violente. Il va me falloir quelques titres pour rentrer l'ambiance et redescendre dans le jardin de Babet. Les trois premiers titres ("Piano-Monstre", "Je pense à vous" et "London inédite") me passent à côté.
Je manque d'attention. Je décide de me poser et ne plus photographier (d'où le manque de variété dans mes clichés) car mon appareil est bruyant et je n'entends que lui. Et pour le coup, j'ai bien fait. Je me laisse séduire par "Le Bel été", emporter par "Le Marin".
L'univers acidulé de Babet exige que l'on s'attarde et laisse le charme opérer en toute confiance. Même les maladresses passent en douceur. Le public est souriant, apaisé. On finira assis sur la moquette. Les titres ont une fraîcheur préservée, délicate, fragile.
Son set finit fort tardivement, je pense déjà à le revoir dans de meilleures conditions.
Babet et Katel seront présentes aux Francofolies de la Rochelle, allez les voir, et écouter ce qu'il y a de meilleur sur la scène française d'aujourd'hui: le programme est féerique! Et l'océan sera à deux pas....
Bel été à vous.
Signature : lartsenicle 21/06/2010
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