Critique de concert Philippe Renault & Enzo Carniel

Le jazz est une grande famille. Les projets y sont aussi riches que divers. Un musicien vous émeut lors d’un concert, vous retournez le voir dans son projet à lui et une réaction en chaîne vient de naître. Philippe Renault a été pour moi le déclencheur de découvertes en cascade. Jugez plutôt : Cascade n°1 : Philippe Renault & le GranTork / Christophe Leloil / Raphaël Imbert / Marion Rampal / Little Big (à venir) / …
Cascade n°2 : Philippe Renault & le GranTork / Sam Favreau / S.F. Funkestra
Ce soir, Philippe Renault, professeur de jazz au Conservatoire de Marseille et tromboniste se réjouit de jouer "ce qu’il aime" avec un de ses élèves, Enzo Carniel. Deux compositions que ce dernier lui a envoyées ont été le point de départ de cette collaboration, étoffée depuis de nouvelles créations du duo ainsi constitué.
Dès la première pièce Five Spirit, une ambiance films noirs des années 60 se dégage, impulsée par le trombone. Les spectateurs sont déjà conscients qu’ils vont assister à un grand moment. Chacune des pièces suivantes va solliciter leur imagination. La ballade qui suit, autre composition d’Enzo, m’évoque Mary Poppins sous un parapluie à Cherbourg lors d’un enterrement. Le pianiste a dû imaginer tout autre chose puisqu’il l’a nommée Valse Bulgare. Le titre a été annoncé après exécution et je m’étais déjà fait mon film.
Quelquefois, les titres sont annoncés avant. Cela ne bride pas pour autant l’imagination comme sur la Conversation Avec Baudelaire écrite par Philippe Renault. Baudelaire, c’est donc le piano et la poésie qui s’en échappe ressemble à un Madrigal Triste :
Je t'aime quand ton grand œil verse
Une eau chaude comme le sang ;
Quand, malgré ma main qui te berce,
Ton angoisse, trop lourde, perce
Comme un râle d'agonisant.
Plus enlevé, The Smile Of The Forest (d’Enzo) permet ponctuellement aux deux instruments de jouer la même partition avant qu’un tango puis une samba de Nelson Cavaquinho ne nous invitent à nous dégourdir les jambes. Pas pour danser, l’exiguïté du lieu ne le permet pas, mais pour aller déguster le merveilleux Lambrusco, presque autant pétillant que les yeux des spectateurs.
La deuxième partie offrira encore l’occasion d’apprécier la virtuosité des deux hommes et leur complicité : signes de tête d’Enzo Carniel pour signifier à Philippe que ça va être à lui, signes de doigts en guise de compte à rebours dans l’autre sens.
Enzo Carniel est un Enfant Des Etoiles. Comme nous tous, nous explique-t-il, la matière qui nous compose ayant été créée il y a 13 milliards d’années. Encore l’occasion de fermer les yeux et de se laisser transporter à la vitesse de la lumière, celle des doigts d’Enzo Carniel sur son clavier. Un crochet par la Lune et retour sur Terre avec l’observation des Bonobos (deux pièces de Guillaume de Chassis, ancien élève également de Philippe Renault si j’ai bien compris). Cyril Benhamou est également passé dans la classe du tromboniste. Une de ses compositions, Estie’s Dream, amène son professeur à utiliser un peu d’électronique pour un résultat merveilleusement angoissant.
A Night Without You nous plonge dans un film de Melville, Little Waltz To Say Goodbye rend hommage à Jay Jay Johnson. Le choix d’Ali Baba comme morceau de rappel ressemble à une dédicace au Roll’Studio : semaine après semaine, ce lieu est en effet une véritable caverne d’Ali Baba. Ce soir encore, un trésor y a été déposé.
Enzo Carniel est engagé dans plusieurs projets. Une troisième réaction en chaîne est peut-être née ce soir. Philippe Renault en aura encore été le point de départ. Je serais bien resté déguster des pizzas en compagnie des musiciens mais ma Cascade n°1 se poursuit ce soir à La Mesón avec Little Big.
Bonus vidéo : The Smile Of The Forest
Cascade n°2 : Philippe Renault & le GranTork / Sam Favreau / S.F. Funkestra
Ce soir, Philippe Renault, professeur de jazz au Conservatoire de Marseille et tromboniste se réjouit de jouer "ce qu’il aime" avec un de ses élèves, Enzo Carniel. Deux compositions que ce dernier lui a envoyées ont été le point de départ de cette collaboration, étoffée depuis de nouvelles créations du duo ainsi constitué.
Dès la première pièce Five Spirit, une ambiance films noirs des années 60 se dégage, impulsée par le trombone. Les spectateurs sont déjà conscients qu’ils vont assister à un grand moment. Chacune des pièces suivantes va solliciter leur imagination. La ballade qui suit, autre composition d’Enzo, m’évoque Mary Poppins sous un parapluie à Cherbourg lors d’un enterrement. Le pianiste a dû imaginer tout autre chose puisqu’il l’a nommée Valse Bulgare. Le titre a été annoncé après exécution et je m’étais déjà fait mon film.
Quelquefois, les titres sont annoncés avant. Cela ne bride pas pour autant l’imagination comme sur la Conversation Avec Baudelaire écrite par Philippe Renault. Baudelaire, c’est donc le piano et la poésie qui s’en échappe ressemble à un Madrigal Triste :
Je t'aime quand ton grand œil verse
Une eau chaude comme le sang ;
Quand, malgré ma main qui te berce,
Ton angoisse, trop lourde, perce
Comme un râle d'agonisant.
Plus enlevé, The Smile Of The Forest (d’Enzo) permet ponctuellement aux deux instruments de jouer la même partition avant qu’un tango puis une samba de Nelson Cavaquinho ne nous invitent à nous dégourdir les jambes. Pas pour danser, l’exiguïté du lieu ne le permet pas, mais pour aller déguster le merveilleux Lambrusco, presque autant pétillant que les yeux des spectateurs.
La deuxième partie offrira encore l’occasion d’apprécier la virtuosité des deux hommes et leur complicité : signes de tête d’Enzo Carniel pour signifier à Philippe que ça va être à lui, signes de doigts en guise de compte à rebours dans l’autre sens.
Enzo Carniel est un Enfant Des Etoiles. Comme nous tous, nous explique-t-il, la matière qui nous compose ayant été créée il y a 13 milliards d’années. Encore l’occasion de fermer les yeux et de se laisser transporter à la vitesse de la lumière, celle des doigts d’Enzo Carniel sur son clavier. Un crochet par la Lune et retour sur Terre avec l’observation des Bonobos (deux pièces de Guillaume de Chassis, ancien élève également de Philippe Renault si j’ai bien compris). Cyril Benhamou est également passé dans la classe du tromboniste. Une de ses compositions, Estie’s Dream, amène son professeur à utiliser un peu d’électronique pour un résultat merveilleusement angoissant.
A Night Without You nous plonge dans un film de Melville, Little Waltz To Say Goodbye rend hommage à Jay Jay Johnson. Le choix d’Ali Baba comme morceau de rappel ressemble à une dédicace au Roll’Studio : semaine après semaine, ce lieu est en effet une véritable caverne d’Ali Baba. Ce soir encore, un trésor y a été déposé.
Enzo Carniel est engagé dans plusieurs projets. Une troisième réaction en chaîne est peut-être née ce soir. Philippe Renault en aura encore été le point de départ. Je serais bien resté déguster des pizzas en compagnie des musiciens mais ma Cascade n°1 se poursuit ce soir à La Mesón avec Little Big.
Signature : mcyavellle 08/12/2009
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Photographe : flag
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>> Réponse (le 10/12/2009 par Naura) Un moment d'exception, troublant que l'on voudrait entendre résonner longtemps. > Réagir à cette critique


le 14 mai 2012 - Conservatoire National de Marseille (par Mardal)

le 6 juillet 2011 - Conservatoire National - Marseille (par Mardal)


le 7 octobre 2010 - Le Cri du Port - Marseille (par Mcyavell)
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