Accueil Chronique de concert Scorpions - Crazy World Tour 2018
Jeudi 16 août 2018 : 11787 concerts, 25130 chroniques de concert, 5221 critiques d'album.

Chronique de Concert

Scorpions - Crazy World Tour 2018

Scorpions - Crazy World Tour 2018 en concert

Zénith d'Auvergne, Clermont-Ferrand 24 mars 2018

Critique écrite le par



Il était une fois un petit garçon de neuf ans qui vivaient au fin fond de la pampa auvergnate. La contrée était sauvage puisque proche du Bourbonnais. C'était il y a 35 ans, la vie était difficile pour lui. Michel Drucker le samedi soir, la variétoche, l'accordéon... Et puis un jour, on offrit à ce petit garçon un disque : un double album live dont la pochette montrait un être humain chevelu dans une position inhumaine pour un dos normal. Cet album c'était le "Tokyo Tapes" de Scorpions. Il a changé ma vie ! Grâce à lui, j'ai découvert le rock, le hard rock, puis le métal, le punk, le garage...



35 ans après, ce petit garçon a grandi, vieilli, prix un peu de bide (ça va, c'est à cause de mon dos que je peux plus faire de sport... bon c'est aussi à cause de la bonne bouffe et de la bière, certes), et puis il a aussi un petit garçon de 9 ans, qui, pour l'instant aime le rock. Donc, il est évident pour lui de boucler la boucle. Direction Zénith de Clermont-Ferrand, on va voir les Scorpions en famille.



Un petit passage pour prendre mon photographe préféré, lui dire que ça va bien se passer, le rassurer un peu, et nous voilà dans les bouchons... Parce que Clermont-Ferrand c'est une ville magique où l'idée même de transports urbains cohérents relève de la plus pure folie. Pour le zénith, c'est ta bagnole or die ! Donc, bouchons + stationnement + récupération des invitations + queue avant d'entrée = 1h30 et je ne vous dirais rien de la première partie : Adrian Vandenberg's Moonkings. Vu que le monsieur a joué longtemps avec Whitesnake, que c'est un bon guitariste, ça devait certainement être dans un registre Hard FM... Je ne peux hélas (ou pas) pas en dire plus.



20h35, arrivée dans la fosse : la salle est pleine : Zénith complet, normal il n'y a pas de match ce soir ("Ici c'est Montferrand !"). Public familial, pas mal sont là aussi pour le batteur, Mikkey Dee, ex Motörhead, et la plupart pour voir un chouette spectacle mainstream. Ma douce arrive à se glisser au premier rang avec mon jeune rockeur, mission accomplie. Moi, je me gare dans un coin à gauche de la fosse et j'attends 21 heures que le spectacle commence.



21H10, l'immense et magnifique voile de devant de scène tombe, laissant apparaître un dispositif scénique grandiose, avec 3 écrans géants sur lesquels est projetée une vidéo d'introduction : un hélicoptère survole une ville et largue sur scène les 5 Scorpions. Et c'est parti avec "Going out with the band". Premières impressions : le son est bon, les lights et les effets énormes (comme à chaque fois), Rudolph Schenker, bien que très proche des 70 ans, est affûté comme un jeune homme, Matthias Jabs est de l'autre côté de la scène en T, et il ne viendra jamais faire un tour vers nous, Klaus Meine a l'air d'être en voix, bien que fatigué, Pawel Maciwoda, bassiste depuis 14 ans, est bien présent, souriant, discret et efficace (il ne fait pas partie du trio de tête et on le ressent bien), Mikkey Dee frappe fort, lourd, efficace. Dès le départ on sent que son arrivée dans le groupe, dont le retour sur le devant de la scène Hard Rock date du milieu des années 2000, est une bonne chose. Il apporte une rigueur, une force qui fait que parfois on a le sentiment que ce soir c'est bien lui et le charisme de Rudolph qui portent le groupe.



S'enchaînent ensuite les titres "Make it real", et le plutôt rare "Is there anybody there" à la rythmique un peu chaloupée, limite reggae. Le public reste et restera plutôt calme, tout au long de la soirée, même si le morceau suivant, "The zoo" avec sa partie de Talk-box est toujours aussi efficace. Il sera suivi de l'instrumental "Coast to Coast" pendant lequel Pawel et Klaus guitarisé rejoindront Mikkey sur la plateforme batterie, avant de finir tous ensemble sur les devant de la scène au milieu de la fosse.



Scorpions ayant vu le jour à l'aube des années 70, nous avons le droit à un medley (c'est à ça que l'on reconnaît les vieux groupes qui ont à la fois beaucoup de titres à jouer et plus la force de les faire en entier) de titres des premiers albums : "Top of the Bill / Steamrock Fever / Speedy's Coming / Catch Your Train". Un bout de couplet, un refrain et hop c'est plié ! Dommage, même si ça fait plaisir quand même. D'autant plus dommage que les titres suivants : "We built this house", "Delicate dance ", morceau instrumental de Matthias Jabs dont l'intérêt est surtout de permettre aux deux anciens de reprendre un peu d'air (ce qui est bien normal convenons-en !) et ne sont pas ce qu'ils ont fait de meilleurs.



Vient le moment où le groupe rejoint l'avant scène pour le quart d'heure boule à facette géante, guitares acoustiques, filles qui pleurent : séquence émotions. Et là surprise (bonne ou mauvaise chacun jugera) pas de "Holidays", mais à la place un medley "Follow Your Heart / Eye of the Storm / Send Me an Angel", ce dernier repris assez mollement par les 9400 personnes présentes. On continue dans le titre célèbre, qui rappelons le a vu le jour dans les années 90, un des plus grand succès des Scorpions, suivi de près par la quasi disparition du groupe pendant presque 10 ans. Ce titre, "Wind of change", est dédié par Klaus aux victimes des attentats et particulièrement à ceux d'avant-hier.



Jusqu'à présent, le concert est de bonne tenue, mais reste mou, rien qui ne rappelle que Scorpions a aussi à son répertoire des titres Rock, Hard rock qui bougent, il est donc grand temps d'envoyer du bois. C'est ce qui arrive avec tout d'abord "Tease me, please me" et surtout l'hommage à leur ami, le regretté Lemmy avec une reprise de "Overkill ", qui, pour moi a été le meilleur moment du concert (bon ok, je suis fan absolu de Motörhead, et de revoir ce bon vieux Lem sur les écrans géants m'a bien mis les larmes aux yeux). S'ensuit alors LE SOLO de batterie de celui que le-dit Lemmy qualifiait, à juste titre de meilleur batteur au monde, Mister Mikkey Dee. Le kit de batterie se soulève au dessus de la scène pour un moment de pure folie. Ce type est un monstre, une machine à frapper, cheveux blonds volants en tout sens, ça cogne lourd, vite fort précis. C'est juste monstrueux, comme le gars et ses baguettes (distribuées par stères par Klaus tout au long du concert). C'est du made in Sweden, et ça réveille bien le public, dont certains membres découvrent le bonhomme et j'espère pour eux iront plus loin découvrir l'œuvre de Motörhead. Sur cette lancée, Rudolph revient avec une autre guitare (toujours abonné aux Flying V aux symboles automobiles), agrémentée d'un pot d'échappement fumant pour le meilleur morceau de la soirée, "Blackout". Ils sont bons quand ils sont dans ce registre, c'est dommage qu'il n'y ait pas plus de titres de ce genre. On termine cette première partie avec "Big City Nights", sans la pyramide humaine à la fin du titre (non ce n'est pas à cause du risque de rupture spontanée du col du fémur, bande de mauvaises langues !).



Lancer de baguettes, de médiators, fausse sortie et retour sur scène pour deux titres : évidemment "Still loving you", plutôt bien interprétée, malgré deux doigts de Rudolph dans un bien sale état (genre ongles bien noirs, style j'ai laissé la main dans la portière de la voiture !). Et c'est la fin, sur "Rock you like a Hurricane", bien envoyé. Quelques saluts, un public qui commence à partir, les lumières se rallument, c'est fini. 1 heure 40 de concert seulement, mais à leur âge c'est déjà beaucoup !



Au final, des sentiments mitigés. Ils ont pris un bon coup de vieux depuis leur dernier passage à Clermont-Ferrand. On passe de 21 à 17 titres. Ce n'est pas encore la tournée de trop, mais c'est celle qu'il ne faut pas rater. Le show est énorme : décor, projection, lumières, son... Mais la fatigue et l'âge aussi, naturellement. L'arrivée de Mikkey Dee est un bienfait pour eux, on sent que sur les quelques titres relevés du set que c'est lui qui tient la boutique et qui les pousse au cul. Au plan personnel, une bonne soirée, un enfant heureux et un grand merci à Rudolph, qui a demandé à son tech guitare de revenir pour donner un médiator en main propre à ce petit garçon dont les yeux qui brillaient hier soir ont été pour moi la plus belle raison de me taper à nouveau 1 heure 30 de plus pour sortir de ce p.t..n de Zénith d'Auvergne !



Photos : Yann Cabello (album complet ici) www.yanncabello.com, www.facebook.com/yann.cabello.7, twitter.com/YannCabello, instagram.com/yanncabello...







> Réponse le 29 avril 2018, par RENAUD76

[Zénith Rouen - 30/03/2018] Aucune critique sur les Scorpions pour qui je valide le groupe depuis plus 35 ans. Je suis un inconditionnel et je ne lasse pas de les écoutez ! La crème de la musique rock !   Réagir


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