Accueil Chronique de concert Shellac + Décibelles
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Chronique de Concert

Shellac + Décibelles

Shellac + Décibelles en concert

La Coopérative de mai, Clermont-Ferrand 31 mai 2017

Critique écrite le par



Rhaaaaaaaaa, le groupe de Steve Albini, Shellac, à La Coopé ! Le saint Graal du noise rock à domicile, un an à peine après la monumentale gifle au This is Not A Love Song Festival de Nîmes, merci la vie ! En plus, l'affiche a attiré un public assez nombreux et motivé dans le club et il y a une bonne première partie, un jeune groupe lyonnais nommé Décibelles, qui pratique selon ses dires une pop noisy et énervée et a fait craquer Shellac, puisque plusieurs dates communes sont programmées en France et en Europe... Donc, tout devrait bien se passer normalement !



Décibelles

Sous les yeux du bassiste de Shellac, Bob Weston, l'ouverture du show est donc assurée par le juvénile trio féminin Décibelles, qui envoie du bois façon punk teinté de pop acidulée, le tout servi avec un chant vociféré dans les aigus... C'est frais, bien dans l'esprit " riot girls féministes ", et joué de manière très percutante et sèche : pas de fioritures, pas de démonstration technique, c'est de la noisy pop jouée en shorts et jupe sexy. Il n'y a donc pas de tromperie par rapport au nom adopté, Décibelles, un peu cliché au premier abord, mais assez vrai et efficace au final ! Alors que la majorité des titres - très bien foutus dans le style punk et parfois agrémentés de petits effets post rock sur la gratte - sont interprétés en anglais avec un charmant petit accent français, le dernier morceau, intitulé Le seum, est une charge punk anti beaufs capitalistes évoquant dans notre langue le douloureux problème du toucher rectal, entre autres. Peut-être le tube résumant le quinquennat d'Emmanuel Macron...



Shellac

Fidèles au poste et égaux à eux mêmes, toujours aussi peu showbiz, Steve Albini, Bob Weston et Todd Trainer débarquent ensuite sur scène après avoir monté eux-mêmes leur matos en compagnie de leur ingé son, une jeune, jolie et très compétente black avec laquelle on partirait volontiers en tournée mondiale... En forme olympique, Shellac peut alors dérouler une set list d'une heure (sans rappel) truffée de titres noise et punk façon " trio rock minimaliste ", la manière dont le combo aime à se présenter. Albini hurle à s'en faire péter les cordes vocales en s'acharnant sur sa guitare (sur laquelle il ne reste plus beaucoup de vernis), Weston délivre de monumentales lignes de basse en hurlant de temps en temps comme un possédé et Trainer essaie d'enfoncer son kit de batterie dans le sol à force de coups répétés... Bref, c'est ultra violent, peu consensuel, viscéralement punk et parfaitement adapté pour faire péter les plombs en buvant des pintes !



Cerise sur gâteau bruyant, les trois hommes ont l'air détendu et d'humeur badine : Steve fait le con en assumant publiquement son " erreur " après avoir planté un début de morceau, puis déclare plus tard que malgré tout l'amour qu'il a pour son public, il est principalement là parce qu'il aime ses potes Todd et Bob. Qui, lui, propose aux fans de faire une interview du groupe. Malgré le manque de tenue des questions (" Comment tu t'appelles ? " et " Es-tu un génie ? "), le débonnaire préposé à la basse répond en français " Je m'appelle Robert, je viens de Chicago. " puis en anglais " Le seul génie ici, c'est Steve ! ". Ce qui fait rire l'intéressé aux grandes oreilles faites pour bien entendre la musique qu'il compose et joue, mais aussi celle qu'il enregistre pour les autres (sur son CV : Nirvana, Pixies, PJ Harvey, Wedding Present, Les Thugs, Jon Spencer Blues Explosion, The Jesus Lizard, Godspeed You! Black Emperor, Sloy etc)...



En utilisant comme explosifs ingrédients, force riffs de guitare anguleux, batterie sèchement frappée, basse vrombissante et micros subissant les derniers outrages, Shellac ne manque pas de déployer son habituelle série de tubes grinçants et ultra agressifs (My Black Ass, Steady As She Goes, Watch Song, Copper, Squirrel Song, Wing Walker, Dude Incredible... ), voire admirablement lancinants (Riding Bikes). Un must ! Tout se termine beaucoup trop tôt, certes, mais après un peu plus de soixante minutes ayant permis d'atteindre un nirvana sonique quasi fatal... Ouf, on a eu chaud !



A lire, une interview datant de mai 2017 avec Steve Albini du groupe Shellac...

Photos : Yann Cabello (album complet ici) www.yanncabello.com, www.facebook.com/yann.cabello.7, twitter.com/YannCabello, instagram.com/yanncabello...



Affiche : SG Factory team (dessin Dylan Denouette, Bac Pro Communication visuelle pluri-média Lycée Saint-Géraud, Aurillac).






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