J’étais content de revenir à ce vieux festival de blues en plein air (déjà 16 ans d’existence) que j’avais découvert un fameux soir de 1992, ce soir là le grand Bernard Allison hypnotisait la foule avec son jeu de guitare exceptionnel, je repartais transformé...
L’ambiance du festival est restée très conviviale, presque familiale, un peu comme une fête de quartier qui reviendrait chaque année. Ce soir, où le ciel se montre menaçant, je suis venu voir Eric Bibb dont on m’a dit beaucoup de bien.

Après une brève présentation des politiques et des sponsors, la soirée débute par The Blues Conspiracy un collectif de blues née de l’association de trois artistes de blues : Nico Wayne Toussaint, Alain RIVET et le texan Neal Black. Après un tour de chauffe du Band composé d’excellents musiciens (2 guitaristes, un bassiste et un batteur), les trois artistes viendront tour à tour sur scène nous jouer leur propre conception du blues.

Le premier à s’élancer est le plus jeune, clinquant dans son costard beige, Nico Wayne Toussaint qui impressionne surtout par son jeu à l’harmonica et à sa voix de crooner américain. On accroche très vite à son blues plein de bonne humeur, c’est d’ailleurs celui des trois que j’ai préféré. Arrive ensuite Alain Rivet l’instigateur semble t il de cette conspiracy et qui nous livre un chant davantage soul/rythm’n blues, il m’a beaucoup fait penser à ces chanteurs du sud des états unis.

Le style de blues de Neal Blackest encore différent, plutôt blues-rock, il arrive sur scène cheveux longs, voix cassé et guitare Gibson en forme de flèche avec des riffs et des solos de folie digne d’un vrai guitarehéros. On reconnaît parfois le style boggie de John Lee Hooker ou encore sur un morceau on pense forcément au fameux Bo Diddley (un dieu du blues à la guitare carré).
C’est à ce moment que la pluie a fait son apparition, ce qui n’a pas empêché pourtant le groupe de finir leur morceau bravant l’électrocution, quel professionnalisme!

Après un brève intermède du à la pluie les Blues Conspiracy reviennent au complet sur scène pour clôturer cette première partie en beauté.

Après un cours entracte, Eric Bibb arrive seul sur scène avec une simple guitare en bandoulière, le contraste est biensur saisissant, on n’avait pas moins de 7 musiciens sur scène quelques minutes auparavant. Il sera rejoint un peu plus tard par le batteur Larry Crockett qui a su rester très discret.

Le blues d’Eric Bibb est en effet beaucoup plus traditionnel, centré sur le son pur de sa guitare électro-acoustique qu’il s’attache entre chaque morceau à accorder au plus juste. On est là dans un blues acoustique plus émouvant que festif, on écoute du coup plus facilement ses paroles. J’ai été bluffé par son timbre de voix très chaleureux où un simple yeahhh peut suffire à amadouer le public.
Une bonne expérience à redécouvrir dans une petite salle marseillaise.

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