Critique de concert The Ex + Portobello Bones

Les Portobello Bones ont, paraît-il, décidé de jeter l'éponge après cette tournée. Pourtant leurs disques et leurs prestations scéniques sont toujours de qualité : ils n'ont vraiment pas l'âge de la retraite ! Ils sont trois sur scène, un batteur-chanteur, un guitariste-chanteur et un bassiste hurleur aux "choeurs". Le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est puissant : le batteur martyrise ses fûts en hurlant (pourquoi est-il si méchant ? PARCEQUE !), le guitariste sort des sons sursaturés et dissonants de son instrument pendant que le bassiste cogne sa basse en éructant des incantations sataniques. Les samples lancés par le batteur apportent un petit plus à l'ensemble. Musicalement, j'ai bien aimé : un hardcore/punk avec alternance de morceaux rapides, lents, courts, longs. Par contre, même si son jeu de batterie est excellent, je n'ai pas trop aimé le chant guttural du batteur sur certains titres. Les morceaux chantés par le guitariste et les instrumentaux m'ont en revanche bien plu. Au final, les Portobello Bones ont donc donné un bon concert.
The Ex, en provenance d'Amsterdam, vient ensuite nous "saccager" les oreilles avec un plaisir non dissimulé... Je comprends pourquoi Steve Albini a accepté de produire leur dernier disque : c'est très très radical, les concessions mélodiques ne sont pas admises, ils ne risquent pas de cartonner sur les radios commerciales !
Les trois premiers morceaux du concert de The Ex sont un peu difficiles à appréhender, je n'arrive pas à entrer dans ce magma informe, cette bouillie sonore. Je pense m'éclipser discrètement... mais finalement je décide d'attendre la prochaine "chanson", qui est pas mal. La musique, la voix et la manière de chanter demandent un temps d'adaptation puis on s'y fait.
The Ex pratique un rock bruitiste à la Sonic Youth, les morceaux sont déstructurés. Les deux guitaristes font un concours de bruits bizarres et de moues hallucinées, le bassiste participe avec joie au maelström sonore. La batteuse, qui fait penser à une tranquille mère de famille, les soutient de belle manière et chante de sa douce voix. Les morceaux qu'elle interprète offrent une accalmie sonique et sont très réussis. Un peu comme une éclaircie dans la tempête. Le chanteur se trémousse curieusement en chantant de manière assez surprenante puis se retire de la scène ou se met en retrait pour regarder ses amis ferrailler comme des bûcherons. La guitare du deuxième guitariste sonne un peu comme un violoncelle, cela ajoute au côté original du son de The Ex. Parfois, c'est la surenchère entre les deux guitaristes : "c'est moi qui suis le plus désaccordé !" - "Ah non, écoute ça : c'est moi ! " - "Tiens, regarde, je mets des grands coups de cuillère à soupe sur ma guitare ! " - " Et alors ? Moi, je fais des grands moulinets avec ma serviette en cognant ma guitare ! " - " Puisque c'est comme ça, je saute comme un possédé en remuant furieusement ma guitare " - "M'en fous ! Je me vengerai sur le prochain morceau ! ".
Ce qui est sûr c'est que The Ex n'a pas été influencé par les tournées maquillées et pyrotechniques de Kiss : ils cultivent le no look et ils ne sont pas très glamours. Toutefois, sous des airs de vétérans austères de la scène underground, The Ex fait quand même le spectacle. Attention, fans de Limp Bizkit, passez votre chemin : pas de poupées gonflables gigantesques et pas de feux d'artifice ici. Juste une symphonie bruitiste de fort bon aloi, ce bruit savamment orchestré est bien agréable finalement ! En outre, ces amis de 20 ans sont contents de jouer ensemble, ils s'amusent comme des gamins. En deux ou trois occasions, nous aurons même droit à un pètage de plombs collectif, est-ce bien raisonnable à 50 ans ? En tous cas, c'est assez jubilatoire de voir ces quinquagénaires s'amuser comme des adolescents dans leur garage. Si on ne se laisse pas rebuter par le côté extrême de la musique de The Ex, on découvre un excellent groupe de scène à voir absolument...
The Ex, en provenance d'Amsterdam, vient ensuite nous "saccager" les oreilles avec un plaisir non dissimulé... Je comprends pourquoi Steve Albini a accepté de produire leur dernier disque : c'est très très radical, les concessions mélodiques ne sont pas admises, ils ne risquent pas de cartonner sur les radios commerciales !
Les trois premiers morceaux du concert de The Ex sont un peu difficiles à appréhender, je n'arrive pas à entrer dans ce magma informe, cette bouillie sonore. Je pense m'éclipser discrètement... mais finalement je décide d'attendre la prochaine "chanson", qui est pas mal. La musique, la voix et la manière de chanter demandent un temps d'adaptation puis on s'y fait.
The Ex pratique un rock bruitiste à la Sonic Youth, les morceaux sont déstructurés. Les deux guitaristes font un concours de bruits bizarres et de moues hallucinées, le bassiste participe avec joie au maelström sonore. La batteuse, qui fait penser à une tranquille mère de famille, les soutient de belle manière et chante de sa douce voix. Les morceaux qu'elle interprète offrent une accalmie sonique et sont très réussis. Un peu comme une éclaircie dans la tempête. Le chanteur se trémousse curieusement en chantant de manière assez surprenante puis se retire de la scène ou se met en retrait pour regarder ses amis ferrailler comme des bûcherons. La guitare du deuxième guitariste sonne un peu comme un violoncelle, cela ajoute au côté original du son de The Ex. Parfois, c'est la surenchère entre les deux guitaristes : "c'est moi qui suis le plus désaccordé !" - "Ah non, écoute ça : c'est moi ! " - "Tiens, regarde, je mets des grands coups de cuillère à soupe sur ma guitare ! " - " Et alors ? Moi, je fais des grands moulinets avec ma serviette en cognant ma guitare ! " - " Puisque c'est comme ça, je saute comme un possédé en remuant furieusement ma guitare " - "M'en fous ! Je me vengerai sur le prochain morceau ! ".
Ce qui est sûr c'est que The Ex n'a pas été influencé par les tournées maquillées et pyrotechniques de Kiss : ils cultivent le no look et ils ne sont pas très glamours. Toutefois, sous des airs de vétérans austères de la scène underground, The Ex fait quand même le spectacle. Attention, fans de Limp Bizkit, passez votre chemin : pas de poupées gonflables gigantesques et pas de feux d'artifice ici. Juste une symphonie bruitiste de fort bon aloi, ce bruit savamment orchestré est bien agréable finalement ! En outre, ces amis de 20 ans sont contents de jouer ensemble, ils s'amusent comme des gamins. En deux ou trois occasions, nous aurons même droit à un pètage de plombs collectif, est-ce bien raisonnable à 50 ans ? En tous cas, c'est assez jubilatoire de voir ces quinquagénaires s'amuser comme des adolescents dans leur garage. Si on ne se laisse pas rebuter par le côté extrême de la musique de The Ex, on découvre un excellent groupe de scène à voir absolument...
Signature : pierre andrieule 09/05/2001
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