Critique de concert Zombie Zombie + Deschamps (B-side festival)

Arrivé soigneusement en retard (c'est-à-dire après avoir pris dinatoirement l'apéro à trois endroits différents), il est pourtant encore trop tôt pour Zombie Zombie quand, à 23 heures passées, je gare Couguar (mon fidèle destrier à pédales) à l'abri des regards, devant ce lieu de perdition qu'est l'Embobineuse. La preuve, le clavier Etienne Jaumet glandouille encore tranquillement à l'entrée, où quelques masochistes fument même à l'extérieur. Dedans il y a beaucoup de monde, le lieu n'a pas changé depuis ma dernière venue il y a un bon moment (déco Dernier Cri & co) - je ne me rappelais pas toutefois de ces lourds rideaux rouges & lynchiens qui bordent toute la salle...
Il va donc bien falloir écouter la première partie, me dis-je après avoir réalisé que j'ai confondu DJ Deschamps avec ... le sympathique et mélodieux Kid Francescoli. Grossière erreur : ici c'est donc une musique bruyante, planante et répétitive, jouée par le barbu guitariste, une demoiselle bassiste et un ordinateur (qui pour une fois ne nous tourne pas le dos), pour la batterie. Le quart du public qui écoute semble déjà passablement zombifié, ce qui ne rend pas l'ambiance franchement groovy.
J'aime assez le premier titre entendu qui me fait penser à Sigur Rôs, le deuxième qu'on qualifiera d'anti-folk (pour faire le malin avec une expression à la c...) passe encore. Par la suite, ce principe d'empilation de boucles aigües finira par m'agacer un peu, voire franchement au moment où l'on bascule objectivement dans le bruit blanc. Je suis d'autant plus énervé par cette partie du public qui ne réagit toujours pas, même en mal - mais où sont-ils à la fin dans leur tête ?! J'admire quand même un moment cette jeune fille gironde glissée dans un magnifique corset mais, c'est décidé, cette configuration de M.Deschamps, qui tient plus de l'installation sonore que du concert, ne me fait définitivement rien ressentir !

Je réalise d'ailleurs que je ne me sens pas si bien parmi le public, dont je n'ai manifestement pas le dress code (veste en cuir et cheveux longs) et probablement plus bobotilo que celui que je cotoie habituellement - du genre qui paye 8 euros pour venir parler fort devant une scène, oh comme je les aime ceux-là - pas trouvé les gens du bar tellement agréables non plus. Au moins l'un des Zombies me remercie pour la chronique de leur premier et excellent album. De façon inespérée, j'aurai aussi le plaisir de croiser un couple d'amis venu par hasard...

Cela fera passer plus doucement la mise en place du deuxième groupe (qui consiste principalement à tirer le tapis pour faire approcher la batterie), d'autant qu'un DJ à moitié chauve semble très fier de passer une musique indéfinissable que je qualifierai à tout hasard d'électro-chiotte. A part ça, je me fais piéger à la régulière par ce farceur de Fred N, qui m'ayant fait dire en termes explicitement entériques ce que j'avais pensé de la première partie, m'avoue en rigolant que c'est son pote et qu'il adore ce qu'il fait... J'aurais du me méfier, c'est ma faute : M. Deschamps est la seule personne qui était arrivée avant moi au concert de Vibrion à Marsatac, c'était un signe ! En tout cas l'échange nous a bien amusé tous les deux !

Bref, c'est enfin le tour des deux nerds parfaits de Zombie Zombie de commencer, il me semble avec la basse mange-cervelle d'A Land for Renegades, ce qui au moins gagne l'attention du public qui cesse de marcher en tous sens, les bras en avant en regardant en l'air. Je réalise que le batteur fait lui-même les hurlements animaux qu'on entend tout au long du disque !

Suite avec What's happening in town ? aussi inquiétante, ainsi que la dissonnante Texas Rangers où l'on est bien content de ne pas avoir pris de psychotropes - ce qui est peut-être le secret de la faculté à rester stoïques en toute circonstance des morts-vivants qui occupent toujours l'avant du public.

Il faut dire que même ce public finira par se remuer (un peu) à l'écoute de la très kraftwerkienne Driving this road until death sets you free, tout comme sur l'encore plus entraînante Psychic Harmonia 2 ou leur reprise très plaisante et krautissime de Nightclubbing, maracas à l'appui.

Ensuite il se passe un truc sûrement très intéressant mais que je n'arrive pas à relire sur mes notes, et la fin du concert bascule dans le hardcore contondant, tandis que le batteur s'amuse longuement avec son Theremin. Une grosse heure de concert, ils n'ont pas forcé. Un je-ne-sais-quoi m'a quand même déçu sur l'ensemble - mais je crois que je rêvais peut-être simplement d'une salle déchaînée, qui aurait à mon sens mieux mis en valeur cette musique par ailleurs assez minimaliste.

Il est vrai qu'elle est un peu plus cérébrale que celle de ces autres groupes, plus accessibles et pourtant pas indignes qui actuellement affolent les foules : Vitalic, Justice et autres Digitalism... On ne saurait donc s'y amuser autant, nous sommes entre gens bien élevés tout de même !...

Bref pas complètement convaincu ce soir, ni par la musique ni par les gens (mais après tout c'est peut-être moi qui étais de mauvais poil ?). L'Embob' reste un endroit agréable, gentiment libertaire et même potentiellement écolo (le caddie à verre, pas mal !) qu'il conviendrait peut-être de fréquenter d'avantage à l'avenir, en amenant simplement plus d'amis !...
PS : Big Up à In The Garage qui se bouge encore et toujours pour nous remuer la couenne et les synapses !
Premières illustrations & 2 p'tites vidéos par Philippe et par ici !
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Signature : Philippele 13/04/2008
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Photographe : pirlouiiiit
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>> Réponse (le 15/04/2008 par Antoine)

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