Lydia Lunch au
Montevideo
30 ans après sa première apparition au côté de
Teenage Jesus and the Jerks dans les prémices turbulentes du mouvement ‘no wave’,
Lydia Lunch et ses 49 ans nous font face ce soir sur la scène du Montevideo pour un concert expérimental de spoken word.
Affublée d’une traductrice française évaporée, d’un batteur en transe et d’une boite noire avec sons enregistrés,
Lydia Lunch en talons et robe noire scintillante nous livre un opus cathartique sur fond de vidéo-projection d’abstractions psycho-apocalyptiques (n’est-ce pas).
L’égérie du mouvement Underground new-yorkais nous scande de sa voix rauque et fiévreuse des thématiques brutes suintant la folie et la violence :
« I am still searching for the drug » rugit-t–elle, oscillant d’un micro à un autre, entre une gorgée de bière et un chasse-démons en forme d’éventail rouge. Elle envoûte et crispe les nerfs, sur un fond percussivement déstructuré, saturé par des riffs évanescents de didgeridoo, de sax ou de guitare mal famée.
A mi-chemin entre une
Marianne Faithfull, classe et poétique, et un
Jim Morisson extatique dans ses incantations de ‘Lizard King’,
Lydia Lunch nous délivre « a tribute of my own survival to the sickest ».
On regrettera cependant de ne pouvoir entrer dans cette ronde hypnotique ; on se voyait bien absorber la mélodie grinçante de
Lydia Lunch en fin de soirée, noyés dans une salle flouée de fumée névrotique. Non, dommage. Ici, nous sommes debout dans une salle criblée de bobos parfumés à l’eau de Cologne, simulant la trash attitude. Le show se termine, 50 minutes plus tard, et nous n’avons pas du tout envie de squatter une minute de plus la superficielle atmosphère… « You’d better believe in ghosts »..