Juillet 2008 - Six Fours (83) Ben Harper ouvrira cette 12eme édition des Voix du Gaou le 15 juillet.
Dernière actu : Du beau monde sur la presqu'île du Gaou cette année avec, entre autres, le folk blues hypnotique de Ben Harper, les chansons douces-amères de Cali, l'hommage au Rita de Catherine Ringer, le porte-parole de l'Afrique Tiken Jah Fakoly, la révélation nigériane Nneka, la légende ZZ Top, le trip-hop de Morcheeba, la folie Camille, la musique fascinante des Cocorosie, les jubilatoires Fancy, le bulldozer Justice, la pop romantique d'AaRON, ...
Birdy Nam Nam
Birdy Nam Nam est un groupe de DJ français composé de Little Mike, DJ Pone, DJ Need et Crazy B. Dans l'esprit des turntablists américains, ils samplent d'obscurs disques de jazz et de soul des années 70 et mélangent leurs influences variées (hip hop, électro, jazz, rock…). www.birdynamnam.com | Myspace
The Do
Un duo ultra doué évoluant quelque part entre pop extra terrestre (Kate Bush vs Cat Power), folk trip hop spectral et hallucinogène (on pense aussi bien à Portishead qu’à Björk) et world music étrangement dépaysante. Myspace
Thomas Dutronc
Thomas Dutronc est un guitariste de Jazz manouche passionné par l’univers de Django Reinhard. Après s’être fait ses gammes en côtoyant les meilleurs musiciens de Jazz manouche en plein cœur du marché aux puces de Saint-Ouen il collabore à différents projets et artistes pour lesquels il compose (Henri Salvador, -M-, Jacno, F. Hardy, Les triplettes de Belleville, l’A.J.T. Guitar Trio…), puis fin octobre 2007, il sort l’album « Comme un manouche sans guitare » où il se révèle chanteur tout en restant fidèle au style musical qu’il affectionne. www.thomasdutronc.fr/ | Myspace
AaRON
Une pop mélodique et raffinée qui oscille entre les sombres déclamations d'une voix rauque et écorchée, des ritournelles harmonieuses et une rythmique entraînante. www.aaronwebsite.com | myspace.com/aaronrecordings
ZZ Top + Steve Lukather - 20 juillet 2008 - Festival du Gaou - Six-Fours-les-Plages Nos barbus préférés de retour en France, et de surcroit sur le magnifique site plein air du Gaou, de un c'est immanquable, de deux c'est toute une promesse de bonheur musical ! ZZ top c'est un combo qui me met une patate terrible, une banane d'enfer sur la figure, une lecon de blues-rock.
Alors en .../...
Nos barbus préférés de retour en France, et de surcroit sur le magnifique site plein air du Gaou, de un c'est immanquable, de deux c'est toute une promesse de bonheur musical ! ZZ top c'est un combo qui me met une patate terrible, une banane d'enfer sur la figure, une lecon de blues-rock.
Alors en plus, de savoir qu'on aurait Steve Lukather, le guitariste de Toto, en première partie, on se dit qu'on a bien de la chance dans le sud.
J'embarque donc les vieux potes dans l'après midi, avec un crochet par Cassis, afin de ne pas arriver trop tard sur place, vu le bordel sans nom pour se garer à chaque fois aux alentours de l'île du Gaou... Ce sera raté pour cette fois, où la flicaille municipale barre certains accés un peu trop précocement (car nous verrons des places libres plus près du site...), et nous oblige à poser la caisse dans des rues bien loin du pont d'entrée... Un peu chiant pour le retour, mais contre mauvaise fortune bon coeur, on se prend quelques canettes en rejoignant mon père sur le chemin, par cette superbe journée ensoleillée.
Le temps de biser des connaissances, et on s'infiltre sur l'île, où je ne peux que déplorer, et même vilipender quelques points d'organisation fantaisistes...
La dernière fois que je suis venu pour Iggy Pop, ca doit remonter au pire à trois années. La bière etait déjà à quatre euros (grand modèle, y a pas le choix), et la scène etait adossée aux arbres du fond, ce qui laissait tout l'espace libre en longueur.
Alors pourquoi avoir changé cet emplacement, en adossant cette même scène à la mer, réduisant l'espace en face de celle ci des deux tiers ?! Maintenant on est soit esquichés sur quelques rangs face aux artistes, soit etalés sur les cotés, la vue n'etant pas optimum, c'est le moins qu'on puisse dire... Faut qu'on m'explique certains choix débiles parfois... Et que dire de la binouse à cinq euros ! Si ce n'est qu'on en a pris qu'une, alors que d'habitude on est moins regardant. Tant pis pour eux, surtout qu'on etait pas les seuls à penser ca. Faut arreter de nous prendre pour des cons parfois.
Mais l'essentiel, c'est le spectacle n'est ce pas ? Donc quand Lukather se pointe à l'heure dite, on se prépare à recevoir une première salve de bonne musique, esperant même du Toto en bonus.
Alors comment dire... Attendez je cherche le mot juste.... "Chiantissime au possible" serait l'exact qualificatif pouvant décrire cette prestation... Non mais serieux Steve, tu nous as fait quoi là ? Uniquement des compos perso, d'une platitude, d'un ennui, sans nom. Aucun feeling, alors que je suis Toto depuis plus de dix ans, un Lukather bouffi qui ne m'avait pas l'air du tout à jeun, des changements de grattes inutiles, une seule chanson qui accroche (la deuxième) nous ayant fait esperer que le titre d'intro n'etait qu'une erreur tellement il fut inconsistant... Bref un ratage complet pour ma part, un des lives les plus ennuyeux que j'ai pu voir, c'est dire. Et je me dis que c'est le pire, d'être ennuyeux. Pire que d'être bien ou mauvais. Une heure perdue.
Heureusement, à dix heures pétantes, les Texans ramènent leur talent sur les planches. Et c'est parti pour une heure trente ,bien trop courte evidemment, de blues, de rock, de boogie. ZZ Top, c'est la force tranquille. Ils semblent si faciles, avec leurs petits pas de chorégraphie discrets mais légendaires, leurs riffs "simples" mais percutants, leur nonchalance feinte... Pour moi ils incarnent la Classe. Pas besoin d'en faire des tonnes, juste jouer parfaitement une musique qui fout la pêche, balancer des morceaux bien roots des 70s, comme d'autres plus sophistiqués des 80s, et puis et puis ce FEELING total dans le jeu. Gibbons dégouline de feeling à chaque note jouée, c'est impressionant. Hill n'est pas en reste à la basse, au contraire, il arrive à faire groover son instrument comme rarement. Et Beard, c'est zéro démonstration derrière ses fûts, mais c'est un métronome parfait, pas besoin d'en faire trop, il rythme le trio.
Le public est bien mort, ne se reveillant que pour "La Grange", et encore, c'etait pas la folie furieuse... J'espère qu'ils ont quand même apprécié interieurement, parce que de notre coté avec Eric, on swinguait ! Impossible de rester de marbre en ecoutant un si bon concert ! On ne peut que taper du pied, refaire les chorégraphies minimalistes mais ô combien bonnardes, hurler "I'm bad, I'm nationwide", She's got "Legs", "Gimme all your lovin'", "The planet of women" oh yeah ! ou faire le fameux "ow ow ow" sur "La Grange" !
De plus, les artistes se faisaient vraiment plaisir, Gibbons se marraient aux rares interventions parlées. Sympathique l'intermède où une fille monte sur scène pour poser quelques questions banales au gratteux, dont les reponses par oui ou non sont en soi un comique de situation. Et de finir par la question "mais comment etes vous venus ici", et la réponse " en hot rod Smart" (à Lyon c'etait en Twingo), qui a fait marrer l'audience, et a introduit "I'm bad, I'm nationwide".
La playlist est bien bonne, même s'il manquera toujours des chansons ("Francine", "Give it up", "Rough boy", "Doubleback"...). L'essentiel y est (rhaaaa ce "Tush", ce "Sharp dressed man" ou ce "Legs" vivifiants !), avec un excellent son, pour notre plus grande joie. Et se frapper deux covers de qualité, reprises à leur sauce, en dernier rappel, c'est bandant.
Je le redis, voir ZZ Top c'est un gage de bonne humeur, et une lecon de blues-rock sans artifices mais emplie de feeling. Je reste scotché par le jeu de Gibbons. Ainsi que par sa voix si grave et ecorchée qu'il a retrouvé à peu près pleinement. Sans soublier les grattes spéciales (celles à fourrure sont toujours au top du kitsch !)
Un monument.
Setlist :
Intro/Under pressure
Waiting for the bus
Jesus just left chicago
Chevrolet
Pincushion
I'm bas, I'm nationwide
Heard it on the X
Just got paid
I need you tonight
Cheap sunglasses
Planet of women
Gimme all your lovin'
Sharp dressed man
Legs
FM + Catherine Ringer - 17 Juillet 2008 - Les Voix du Gaou - Six Fours les plages Je ne regrette pas mes trois quarts d’heure de trajet, adossée à la porte des toilettes du TGV direction la presqu’île du Gaou où nous attend Catherine Ringer , la charismatique auteur-compositeur-interprète des Rita Mitsouko avec ses 28 ans de carrière. Et c’est en hommage à Fred Chichin son .../...
Je ne regrette pas mes trois quarts d’heure de trajet, adossée à la porte des toilettes du TGV direction la presqu’île du Gaou où nous attend Catherine Ringer , la charismatique auteur-compositeur-interprète des Rita Mitsouko avec ses 28 ans de carrière. Et c’est en hommage à Fred Chichin son compagnon de vie et de scène, décédé il y a huit mois, qu’elle poursuit sa tournée alors interrompue, faisant vibrer sa voix avec d’autant plus d’émotion, une Rita pour un Mitsuko.
Après avoir franchi une centaine de barrages policiers (je confesse ici une probable démesure, Marseille oblige..), je me retrouve en mode pinte écumeuse les pieds dans l’eau à sagement guetter mon heure, cernée par de cigales champêtres gravitant sur un horizon carte postale ; ça change des festivals-gymnase à l’arrière-goût de sueur. Ma bouteille d’eau sans bouchon (alerte triple rouge pour plan vigipirate _on n’est jamais trop prudents..), je longe le sentier de la presqu’île avec mes quelques 900 compagnons-randonneurs, et ancre mes tongs sur un bout de pinède sableuse. Ma bouteille d’eau tombe, son bouchon qui se trouve dans la poche du vigil à l’entrée n’a donc pu stopper l’hémorragie. Le bar refile de l’eau payante et la pinte écumeuse s’enflamme, version ‘ici, c’est pas un PMU à Créteil, OK ?!’. Bref, cale sèche et poireautage sur gravillons le temps que les 150 personnes du staff spécialisées ‘régie plateau’ finissent de lustrer les planches.
Arrive FM , alias François Maurin, première partie apparemment choisie par Catherine. Quintet de cordes & cuivre intimiste sur fond de reprises improbables, de Blondie à Madonna en passant par The Cure . Deux violons et un violoncelle aux cordes frôlées, un trompettiste et notre chanteur en costume et guitare. Le voilà qui tente quelques traits d’humour un peu gauche, qui le rendent tout à coup très solitaire, et ravi de profiter du public de Dame Ringer , ne parvient plus à quitter la scène. « Allez monsieur, il faut y aller maintenant ; vous ne pouvez pas rester là »..
F.M. n’était pas le summum de la super éclate et de la marrade à grands coups de claques dans le dos, et le public trépignant le sable applaudit avec politesse. Ce n’était peut-être pas la première partie d’ambiance idéale pour Catherine Ringer ; à revoir dans un autre contexte.
Les fans de longue date s’impatientent, les fausses alertes se succèdent ; en faim, les projecteurs s’éteignent de concert ; Catherine Ringer et ses musiciens entrent en piste. En habits couleur locale (toute de bleu vêtue), une longue natte noire -que coiffe tout de même un chapeau excentrique- Catherine Ringer nous observe, à la fois enjouée et émue. « Fred est peut-être dans le coin ; ce soir, c’est pleine lune » et le « aouh » du chien-loup salue les anges.
Auréolée par le groupe qu’elle avait constitué avec Fred pour leur dernier album ( Variety ) –on notera la splendide harmonie entre la couleur rouge du clavier et la chemise rouge de son pianoteur- Catherine évolue au creux de son univers fantaisiste, dans un ballet à la fois provocant et aérien, tout en rage gracieuse, ondulant son corps esquinté de spasmes. Catherine danse, twiste, pousse les murs et rêve à grand fracas, dans une énergie contagieuse. Poupée de cire, poupée de son ; débordante, belle et touchante.
Catherine enrichit son répertoire Mitsoukien de ses diverses influences musicales, comme l’artiste italienne Mina Mazzini , le groupe Mink DeVille , un des précurseurs de la scène punk-rock américaine, ou encore David Bowie ( Red Sails) et le Velvet ( After hours ), qu’elle reprenait déjà au tout début avec Fred sur des scènes alternatives. Catherine dégaine l’harmonica pour ‘L’ami ennemi’ et la guitare sèche pour ‘Marcia Baila’ . L’émotion est palpable, l’atmosphère est à la tendresse et la mélancolie : ‘Ma vieille ville’ , ‘Les amants’, et ‘Live in Las Vegas’ qu’elle chante abritée dans l’ombre d’un haut de forme ...et pourtant la magie opère, le show flambe, enlevé comme un véritable hymne à la vie et à sa pétillante mosaïque que le deuil peine à ternir.
Catherine sourit. Trois salutations théâtrales pour trois rappels en forme d’ovation. Catherine sourit. A mes pieds, quelques enfants dorment ; leurs parents s’enlacent, tendrement.
Un ange passe.
Peter Gabriel - 25 Juillet 2007 - Ile de Gaou - Six Fours Estimer à une heure le trajet entre Marseille à la presqu'île du Gaou s'avère nettement en deçà de la réalité, lorsqu'on doit monter la Gineste derrière un car de tourisme, se coltiner un papi sur la route du pas de belle-fille, circuler dans un embouteillage dès l'entrée de Six-fours, laisser sa .../...
Estimer à une heure le trajet entre Marseille à la presqu'île du Gaou s'avère nettement en deçà de la réalité, lorsqu'on doit monter la Gineste derrière un car de tourisme, se coltiner un papi sur la route du pas de belle-fille, circuler dans un embouteillage dès l'entrée de Six-fours, laisser sa voiture en vrac sur un trottoir (désigné comme un emplacement légal de parking par un agent de sécurité), s'entasser dans une navette qui mène à l'entrée d'un chemin au bout duquel attendent dans un préfabriqué 3 exemplaires d'une décharge à signer pour prétendre avoir le droit de faire des photos.
Guidés par une mélodie mi-électronique mi-orientale, c'est avec près de trois quarts d'heure de retard que nous arrivons enfin sur les lieux du concert. La musique se tait et sur l'écran géant Dafher Youssef en gros plan fait signe qu'il faut «couper», passant son index tendu sous sa gorge. Il débranche, sans claquement, le jack de ce qui semble être une sitar, et disparaît de l'écran, remplacé par le fond rouge du logo «I love Gaou».
La première partie ratée, il ne me reste plus qu'à essayer de trouver une place sur ce terrain déjà bien occupé et plus large que profond. Se caler au fond, contre le grillage ou contre un réverbère,reste tentant au vue de l'éloignement de la scène et des deux écrans géants qui la bordent, même si la disposition de ceux-ci laissent mécontents les plus petits qui ne les trouvent «pas assez hauts». La foule n'en finit plus d'affluer alors que les premières civières se fraient un chemin. Sur scène, d'immenses projecteurs en forme de séchoir de salon de coiffure, sont hissés à tours de manivelle au sommet de colonnes luminescentes rectangulaires. Le nouveau passage d'une civière est cette fois commentée d'un «c'est pas la chaleur !», chargé de sous-entendus, mais soulignant également qu'il ne fait effectivement pas chaud pour un soir de plein été, le Mistral étant une fois de plus de la partie.
Il fait presque noir lorsqu'une voix off féminine et synthétique annonce : « le concert de ce soir est enregistré, retrouvez-le sur www...»
21h45 le son du doudouk perce le ronronnement des nappes insistantes des synthétiseurs. Sous la douche blanche du projecteur, Levon Minassian, seul, interprète un extrait de passion, bande originale du film la dernière tentantion du Christ, doublement récompensée par un Grammy Award et un Golden Globe. La mélodie s'estompe alors pour laisser place aux battements et percussions de The Rhythm of the Heat accompagnant l'entrée en scène de Peter Gabriel et de ses musiciens. Dans L'ambiance haletante de ce titre qui ouvrait 24 ans plus tôt l'album live plays live, on retrouve l'incroyable contraste d'une voix à la fois cassée, sur un texte à peine chantée, et éclatante sur des envolées aigües du chanteur. En contre-point, Mélanie Gabriel, sa fille, assure les choeurs alors que Ged Lynch, roulements battants, mène la tension du morceau à son sommet d'où il choit net. Peter Gabriel enchaîne sur On the Air, titre de 1978 plus pop, voire néo-progressif si l'on en juge par la ressemblance avec des compositions de Derek Dick a.k.a Fish au sein de Marillion l'année suivante. Cette fois, le batteur use de ses charleys, et de là où je me trouve ils sonnent comme un sifflet de cocotte-minute, sonorité un peu désagréable mais largement compensée par les glissés de basse de l'excellent Tony Levin, dont je n'ai eu cesse d'entendre parler comme le loup blanc pour sa maîtrise du stick chapman. Suit Intruder avec son rythme de batterie à l'effet «gated reverb» (utilisé abondamment par Peter Gabriel, il consiste en un effet de réverbération qui s'interrompt brusquement), ses «hey,hey,hey», son thème un peu free, et, enrichissement live, ses craquements de cordes de guitares que l'on tend. Le côté épuré et torturé du morceau a séduit, il y a quelques années, le trio déjanté Primus qui le restitue fidèlement sur son album Miscilleneous Debris. Peter Gabriel, derrière son piano, chante, siffle avant de lancer le «I'm the intruder» final.
Feuilles à la main, le chanteur prend la parole en français, chose qu'il répètera tout au long du concert. Il nous explique qu'étant donné que le groupe n'a pas d'actualité musicale récente (les rumeurs annoncent un nouvel opus, I/O, pour 2008), le répertoire de ce soir est le fruit du choix de ses e-fans via un plébiscite sur Internet. Il est bon de rappeler que l'utilisation de ce medium est loin d'être un coup d'essai pour Peter Gabriel : en 1999 il était l'un des créateurs du système de téléchargement de musique OD2 (On Demand Distribution) mis à mal aujourd'hui par itunes, et qu'il a ensuite créé We7, dont la sortie a été annoncée cette année, système dans lequel l'insertion contreversée des DRM est remplacée par une publicité en début du titre téléchargé.
Les musiciens reprennent avec D.I.Y, morceau pop-rock 70's où chacun scande «di-aï-ouaï» tous les 5 temps et pour lequel Tony Levin s'est saisi de son stick chapman. Véritable saut quantitatif dans le temps avec Steam faisant suite à un préambule énigmatique pour ceux qui comme moi ignore la traduction de ce mot,où qui n'auraient aucune notion de physique-chimie : «ici on à l'eau et la chaleur». Steam signifie vapeur en anglais. Chanson dans la veine de Sledgehammer, elle conjugue les sons de la guitare funky de David Rhodes, aux sonorités des tubes de INXS, et les cuivres soul, assurés ce soir par Richard Evans face à son écran d'ordinateur. L'entrain du morceau ne met guère de temps à faire lever les mains du public devant Peter Gabriel qui arpente la scène et lâche ses célèbres «haaa» aigüs (bien qu'ils semblent les retenir à l'écoute de l'original).«Les relations homme/femme», «Adam et Eve», sont les termes choisis par le chanteur pour présenter Blood of Eden. Arpège de guitare et son de cornemuse plongent les musiciens dans la chaleur écarlate de l'éclairage des colonnes du qui les entourent. La douceur des harmonies du refrain dans le duo des Gabriel est transcendé par la voix de la jeune Melanie qui remplace magnifiquement celle de Sinead O'Connor. Burn You Up, Burn You Down dans un élan rythm'n'blues donne une nouvelle occasion à Tony Levin d'opter pour une basse se présentant sous la forme d'un unique manche sans corps. Vient ensuite No Self-Control : quelques notes de xylophone de Richard Evans sur les sons de boîte à rythmes soutenus par les percussions de Ged Lynch, puis les «ha-ha-ha» Bee-Gees-like des choeurs qui donnent la réplique au chanteur sur «no self-control».
Peter Gabriel se lance alors dans une nomination élogieuse de ses musiciens, à commencer par «un grand talent clavier et grande voix», Angie Pollack qui m'était restée cachée jusqu'à maintenant, ou que j'ai du confondre avec Melanie Gabriel au moment de ses passages sur les écrans géants ! «grand musicien» pour le multi-instrumentaliste Richard Evans et «le maitre du son» pour le guitariste David Rhodes,à moins que ce ne soit l'inverse...Aucun doute par contre pour «à la basse et à la moustache», dont cette caractéristique physionomique me fait penser aux personnages syldaves de Tintin.
Après cet interlude, le concert repart sous les «go,go,go !» du chanteur pour son premier succès solo : Solsburry hill. Ce titre, dans lequel Peter Gabriel évoque son départ du groupe Genesis et qui peut rappeler une fois de plus des interprétations ultèrieures de Fish, affiche le noyau dur historique du groupe, composé du chanteur, du guitariste et du bassiste tournant tous trois dans une gigue. Peter Gabriel demande ensuite à sa fille de «chanter pour lui», sur Mother of violence. Accompagnée par son père au piano, Melanie Gabriel d'une voix intelligible aux intonations de Sheryl Crow interprète ce morceau couronné d'un «papa est fier».
Peter Gabriel évoque alors la tentative d'assassinat du Gouverneur George Wallace de l'Alabama en 1972 et le journal intime de son auteur, Diary of assassin, qui ont inspiré sa chanson Family Snapshot, et qui ont également inspiré le réalisateur Martin Scorsese pour son film taxi driver. Le morceau au tempérement progressif est d'abord commencé par Peter Gabriel seul au piano, rejoint par Tony Levin et ses excellentes parties de basse fretless, et soutenu à la voix par Melanie Gabriel. Les rythmes et percussions africaines de Lay Your Hands on Me dévoilent le côté world music du compositeur. Big Time «chanson devenue générique (chanson officielle) de la W.W.E (World Wrestling Entertainment)», agite les colonnes lumineuses transformées en véritables vu-mètres multicolores, et submerge la prequ'île de son groove puissant. Puis sur les grosses caisses font vibrer Secret world sur une instrumentation épurée, les claquements de mains prenant le relais pour faire tourner Peter Gabriel,tambourin à la main, et David Rhodes. À la fin du morceau, après une relance de guitare électrique, c'est sur la scène et dans le public que tout le monde saute à pieds joints. Enfin, comme pour conclure, Peter Gabriel annonce «il est temps pour» : Signal to noise. Commencée par des chants arabisants de la choriste, ce morceau est sans doute le plus envoutant de la soirée, un morceau dégageant une atmosphère palpable portée par des nappes de violons, hachées par des pulsations de batterie. Pendant les dernières minutes les musiciens se retirent un à un, ne laissant plus que Ged Lynch maintenir les ultimes souffles du morceau.
23h20 Au rappel du public répond un rythme de charleys. Suivent alors grosse caisse et claquement de main de Peter Gabriel contre le micro en guise de caisse claire. Enfin le thème au succès planétaire de Sledgehammer retentit, avec sa guitare funky, flûte de pan (synthétique ce soir) et un son de clavier original pour ce soir (sorte d'orgue hammond) et l'exultation de tout un public. Le bonheur ne serait pas total sans la danse dont les 3 compères ont la recette : quelques pas lents en avant en cassant les genoux, retour rapide en arrière, et répéter le tout ad lib (ou presque). Ambiance moins explosive avec In your eyes, bien que Peter Gabriel ait choisit de commencer cette ballade avec un duo comique avec Tony Levin qui s'évertue à répéter un «in your eyes» d'une voix mélodieuse mais définitivement trop grave. Finalement le bassiste s'en tiendra à son rôle d'instrumentiste...et de danseur, un peu plus loin, dans le morceau, avec un nouveau pas de danse, latéral cette fois, avec Peter Gabriel et David Rhodes. Dans le public, on reprend les «ho-ho-ho» en agitant les bras. Le chanteur termine en désignant chaque musicien d'un jet d'index; Richard Evans ainsi pointé tient dans ses mains une petite guitare électrique de la taille d'un youkulélé.
23h35 le ronronnement des nappes d'introduction ont ressurgi sur fond de scène vide. Peter Gabriel revient saluer la mémoire de Steven Biko et de «tous les hommes et les femmes qui se lèvent pour leur peuple» avant d'interpréter Biko. Cette chanson ne rappelle pas simplement l'intérêt du chanteur pour la wold music, mais surtout son engagement dans les causes humanitaires (une semaine plus tôt, le 18 Juillet, Nelson Mandela annonçait à l'occasion de son 89ème anniversaire la création d'un groupe de Elders (les anciens, les sages) impulsé par le chanteur dans la fin des années 90 et dont il sera l'un des financeurs). C'est de nouveau sous les «ho-ho-ho» que Peter Gabriel quitte la scène le poing levé.
Un jour artificiel se refait, le logo "I love Gaou" remplit à nouveau les deux écrans. La voix synthétique renouvelle son message « le concert de ce soir est enregistré, retrouvez-le sur www...» (peut-être a-t-il été enregistré par l'autre fille du chanteur, comme ce fut le cas pour le dernier DVD), et ajoute comme s'il s'agissait d'un débarquement : «Nous espérons que vous avez aimé le spectacle».
J'écoute les commentaires autour de moi à propos du concert : beaucoup sont contents d'avoir entendus ce mélange de veilles chansons et d'autres plus récentes, d'autres ont retrouvé des sonorités d'artistes aussi divers que Mike Oldfield ou Johnny Clegg...Peter Gabriel fait partie de cette poignée d'artistes (comme David Bowie,Sting,...) qui a su, au travers d'une longue carrière (40 ans depuis les débuts dans Genesis en 1967), renouveller son style, se poser en précurseur, élargir son panel artistique, s'impliquer dans le monde qui l'entoure. En venant le voir à ce concert, je m'attendais à assister à un show, à la lecture de plusieurs critiques, et ce sont ces 30 dernières années qui ont défilé devant mes oreilles, en 2 heures de concert, au travers du kaléïdoscope de ce musicien accompli, acteur de sa profession, acteur de ces dernières décennies...
2h30 c'est le prix à payer pour retourner à Marseille depuis un lieu paradisiaque mais qui se situe dans un cul-de-sac...