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Interview du groupe Woody Murder Mystery pour la parution de l'album Lost In Beaucaire

Interview du groupe Woody Murder Mystery pour la parution de l'album Lost In Beaucaire en concert

Clermont-Ferrand Mai 2018

Interview réalisée le 26 mai 2018 par Pierre Andrieu



Merci à "Don't you (Forget about me)" de Simple Minds, "She drives me crazy" de Fine Young Cannibals et à cette fameuse drogue qui sévit actuellement dans les rues de Los Angeles, La Gentiane Couderc du Cantal, d'avoir donné envie à Baptiste Rougery d'enregistrer avec son groupe Woody Murder Mystery l'album "Lost In Beaucaire", une petite merveille de pop psyché qui vient tout juste de sortir chez Freemount Records/Differ-ant et qui ravira les fans des Beatles, de BJM et de Polnareff... Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur ce mystérieux autant que fameux groupe américain est à lire ci-dessous, dans une interview vérité recueillie en exclusivité mondiale au prix d'un harassant aller-retour en avion en Californie payé par la maison de disques. Et oui, je sais, ça fait rêver cette passionnante vie d'intervieweur de stars...

Tu peux raconter en quelques mots l'histoire de ton groupe, Woody Murder Mystery ?
Baptiste Rougery : L'histoire de Woody Murder Mystery, c'est un meurtre. Ça commence comme dans un film noir, un type embarqué dans une sale histoire, en cavale, changeant chaque soir d'identité...

Qui a trouvé le nom du groupe ? C'est un hommage à Woody Allen ?
C'est moi qui ai trouvé le nom Woody Murder Mystery. C'est en effet un hommage à Woody Allen dont j'affectionne tout particulièrement les films et le côté hypocondriaque. J'ai donc associé son prénom de scène et le titre de son film "Manhattan Murder Mystery" !

Au moment de former le groupe Woody Murder Mystery, tu avais dans l'idée de partir dans quelle direction ?
Au tout début, je voulais faire de la musique psychédélique. Puis je me suis rendu compte que je ne pourrai jamais m'obliger à faire tel ou tel style : je fais juste ce que j'aime au plus profond de moi même. Après, je laisse le soin au public de définir le ou les styles et le nom des groupes qui s'en rapprochent. Les journalistes, à travers les récits qu'ils ont fait à propos de l'album, m'ont permis de découvrir entre autres Mazzy Star et Pierre Vassiliu...

Un petit effort, essaie de nous dire quels sont les groupes ou artistes qui t'ont donné envie de monter le groupe Woody Murder Mystery ? En écoutant le disque, j'ai pensé à BJM ("Jusqu'au matin"), Polnareff, Joe Dassin ("La première fois"), aux Beatles et aux Byrds ("Interlude")...
Tu n'es pas loin de la vérité, je rajouterai Jacques Dutronc, Sacha Distel, Serge Gainsbourg, 50 cents, Them, Mariah Carey, Lee Hazlewood et Quilapayun...

Qui se charge de la composition des morceaux de Woody Murder Mystery ?
Je fais tout tout seul à la maison. Et après, en concert, on fait évoluer le truc. Greggy (alias Grégoire Lafarge) assaisonne le tout de sa petite tierce magique.



Parle-nous de l'élaboration du disque... Pourquoi l'avoir enregistré en comité restreint alors que sur scène vous êtes parfois 7 ou 8 ?
Après avoir écouté "Don't you (Forget about me)" de Simple Minds et "She drives me crazy" de Fine Young Cannibals, je me suis dit "il faut que je fasse un album !" Alors j'ai compilé des vieilles chansons et j'en ai élaboré de nouvelles. Le "comité restreint" pour l'enregistrement vient du simple fait que j'ai du matériel pour enregistrer chez moi, comme beaucoup de gens aujourd'hui, et que je suis souvent tout seul au moment de composer et d'enregistrer. Le côté "rassembler les musiciens pour enregistrer" est trop lourd avec mon emploi du temps et les disponibilités de chacun. Je ne te parle même pas de le faire en studio avec le déménagement de tout le matériel et un temps imparti... Ça me file de l'urticaire rien que d'y penser  !

Bravo pour la production et les arrangements, ça sonne très classe !
Ça s'est fait en grande partie en Corrèze chez mes parents et à Clermont-Ferrand dans mon appartement à l'automne dernier...

Quel est le morceau dont tu es le plus fier sur le disque ?
Quand je danse : "Pour le plaisir" d'Herbert Léonard et Julien Lepers / Quand je dors : "Cannibal Holocaust theme" de Riz Ortolani / Quand je suis énervé : "La cigale et la fourmi" de Pit et Rik.

Heu, tu réponds vraiment à ma question, là ?
C'est fait exprès ! C'est juste pour dire que je suis plus fier des morceaux signés par d'autres artistes...

Ah ok, il faut que je suive mieux... Sinon, dans quel état d'esprit étais-tu au moment d'écrire et d'enregistrer l'album "Lost in Beaucaire" ?
Stressé de ne pas savoir ce qu'un master audio apporterait à mon mixage.

Pourquoi ce titre, "Lost In beaucaire" ?
Parce que j'aime bien ce titre, il représente ce qui se passe dans mon cerveau tous les jours. Il s'agit de la ville de Beaucaire dans le Gard. Ce qui est drôle, ce sont les mythes qui commencent à naître lorsqu'on voit des titres de chanson et qu'on entend des mots dans la musique. Pour dire la vérité, je compose en enregistrant. Je suis tellement pressé d'enregistrer que lorsqu'il faut donner un nom au projet dans l'ordinateur je marque ce qui me passe par la tête et après j'enregistre quelque chose qui tourne autour du titre. A l'inverse, il m'arrive de boucler une suite d'accords que j'aime, dans la foulée je crée un dossier sur l'ordinateur en lui donnant le nom de ce que m'évoque cette mélodie. Donc, "Lost in Beaucaire", malheureusement pour ceux qui s'imaginent autre chose, l'histoire c'est : courant juin 2015, après avoir passé deux jours aux rencontres de la photo en Arles, nous sommes partis, Jeanne et moi, deux jours à Beaucaire chez une amie de Jeanne. Trois jours après, je me retrouvais devant mon ordinateur à devoir rentrer un nom de projet sur le logiciel d'enregistrement pour une suite d'accords trouvée au clavier !



L'album est très "pop psyché"... Quelles drogues seraient adéquates selon toi pour bien tripper en l'écoutant ?
Ce qui marche le mieux, c'est de la Gentiane Couderc du Cantal avec des gousses d'ail frites à feu doux dans de l'huile d'olive...

Et que conseilles-tu comme endroit pour l'écoute ?
Au pied d'une cascade à Latouille-Lentillac dans le Lot dans le ruisseau "Le Cayla" avec une gentiane Couderc bue au début de la promenade amenant à la cascade et un bol d'ail frit à consommer une fois arrivé.

Comment la rencontre avec le label Freemount Records s'est-elle faite ?
Je connais Jérémy, un copain d'Aurillac, qui est le fondateur du Label. La décision a été prise il y a deux ans et demi, en 2015, lors d'un concert du groupe au festival Le Diamant Vert à Tessières-lès-Bouliès, dans le Cantal.

Le 1er album du groupe était sorti sur bandcamp en numérique, "Lost In Beaucaire" a droit à une sortie en vinyle, cassette et cd... Alors, heureux ?
Oui, il était temps pour nous de "graver" quelque chose !

Parle-nous des visuels et des photos qui illustrent la pochette, qui est très réussie...  
Il s'agit d'un mélange d'images de Suède et de Norvège, deux pays où je suis allé en camion il y a deux ans avec un ami. Puisque tu ne le demandes pas, voici les coordonnées des maisons en Suède : 73 Strandbackavägen, Träslövsläge, Comté de Halland.

Y -a-t-il des clips prévus pour illustrer certaines chansons ?
Oui, un clip réalisé par Léa Enjalbert et Clara Devred pour "White guy ".

Sur scène, Woody Murder Mystery est assez imprévisible, il y a beaucoup de musiciens invités sur scène, les postes ne sont pas fixes, c'est un groupe à géométrie variable, et il y a pas mal de déconne... Comment vous faites pour répéter ? C'est de l'impro ? As-tu quelqu'un pour écrire tes blagues ? Comptes-tu te lancer dans le stand up si la musique ne marche pas ?
C'est pénible pour répéter. Tout le monde est content de sortir son instrument et faire mumuse, parfois au détriment de la chanson. Il faut être chef de régiment pour gérer tout ça et je ne sais pas faire... Donc, en concert c'est souvent de l'improvisation. Aujourd'hui, je veux essayer de limiter le nombre de musiciens à 5 et fidéliser les répètes ! Pour les blagues je demande parfois à monsieur Bigard Jean-Marie de m'écrire quelques punchlines dont il a le secret. Si la musique ne marche pas, je monterai une baraque à gnocchi dans le Cézallier, à Marcenat.

Oui, ça me parait très judicieux comme projet ! En attendant cette heureuse perspective, en live votre public a parfois droit à des reprises à la fois osées et marquantes ("Où sont les femmes ?" de Patrick Juvet, "Sous quel étoile suis-je né" de Polnareff)... En avez-vous d'autres sous le coude ?
Il n'y en aura malheureusement pas lors notre concert du samedi 26 mai au Fotomat pour la Freemount party Vol.3. A moins que...



Y a-t-il des livres, des disques ou des films qui ont influencé le disque d'une manière ou d'une autre ?
C'est sûr ! Mais je n'ai pas de mémoire alors je ne m'en souviens plus ! En cherchant un peu je dirais qu'à l'époque j'écoutais "Hypnophobia" de Jacco Gardner, "The very special world of Lee Hazlewood", je lisais "L'insoutenable légèreté de l'être" de Kundera et j'avais dû voir plein de films, mais j'ai oublié lesquels...

Quels sont les disques que tu écoutes en ce moment  ?
"Felt Mountain" de Goldfrapp, Ultimate Painting, "Mug Museum" de Cate le Bon, "Harlem River" de Kevin Morby, Ennio Morricone, Adam Green & Binki Shapiro, entre autres...

Quels sont les derniers concerts marquants auxquels vous avez assisté récemment ?
Altin Gun à la Coopérative de Mai cette année et Jacco Gardner, Michael Rault et Eerie Wanda au Café de la Danse à Paris en 2015.

As-tu des rêves de premières parties, de festivals (Levitation ?), de producteurs (Anton Newcombe ?), de collaborations pour l'avenir ?
J'aimerai beaucoup enregistrer chez Noah Georgeson... Les disques sur lesquels il a travaillés sont incroyables : Adam Green, Cate le Bon, Andy Shauf...

Avant de terminer cette brillante interview, il y a une question que tu aurais aimé que je te pose et que je n'ai pas posée ?
Oui, tu aurais vraiment dû me poser cette question cruciale : "D'où te vient la passion de l'emmental ?"

Ah merde, je savais bien que j'avais oublié un truc ! Je te la pose, donc ! D'où te vient la passion de l'emmental ? 
De sa capacité à combler la faim et à me procurer un plaisir gastrique intense !

En plus de cette information essentielle, tu as quelque chose à ajouter pour conclure ?
Je me rappelle de la phrase du centenaire de M. Levi Strauss, qui était professeur au lycée de Mont-de-Marsan, qui disait que "l'espèce humaine vit sous une sorte de régime d'empoisonnement interne".



Woody Murder Mystery sera en concert au Fotomat, à Clermont-Ferrand, le samedi 26 mai 2018, infos ici...



Liens : woodymurdermystery.bandcamp.com, www.facebook.com/Woody-Murder-Mystery, freemountrecords.bandcamp.com, www.facebook.com/freemountrecords...


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