Peter Gabriel 25 Juillet 2007- Ile de Gaou - Six Fours Estimer à une heure le trajet entre Marseille à la presqu'île du Gaou s'avère nettement en deçà de la réalité, lorsqu'on doit monter la Gineste derrière un car de tourisme, se coltiner un papi sur la route du pas de belle-fille, circuler dans un .../...
Estimer à une heure le trajet entre Marseille à la presqu'île du Gaou s'avère nettement en deçà de la réalité, lorsqu'on doit monter la Gineste derrière un car de tourisme, se coltiner un papi sur la route du pas de belle-fille, circuler dans un embouteillage dès l'entrée de Six-fours, laisser sa voiture en vrac sur un trottoir (désigné comme un emplacement légal de parking par un agent de sécurité), s'entasser dans une navette qui mène à l'entrée d'un chemin au bout duquel attendent dans un préfabriqué 3 exemplaires d'une décharge à signer pour prétendre avoir le droit de faire des photos.
Guidés par une mélodie mi-électronique mi-orientale, c'est avec près de trois quarts d'heure de retard que nous arrivons enfin sur les lieux du concert. La musique se tait et sur l'écran géant Dafher Youssef en gros plan fait signe qu'il faut «couper», passant son index tendu sous sa gorge. Il débranche, sans claquement, le jack de ce qui semble être une sitar, et disparaît de l'écran, remplacé par le fond rouge du logo «I love Gaou».
La première partie ratée, il ne me reste plus qu'à essayer de trouver une place sur ce terrain déjà bien occupé et plus large que profond. Se caler au fond, contre le grillage ou contre un réverbère,reste tentant au vue de l'éloignement de la scène et des deux écrans géants qui la bordent, même si la disposition de ceux-ci laissent mécontents les plus petits qui ne les trouvent «pas assez hauts». La foule n'en finit plus d'affluer alors que les premières civières se fraient un chemin. Sur scène, d'immenses projecteurs en forme de séchoir de salon de coiffure, sont hissés à tours de manivelle au sommet de colonnes luminescentes rectangulaires. Le nouveau passage d'une civière est cette fois commentée d'un «c'est pas la chaleur !», chargé de sous-entendus, mais soulignant également qu'il ne fait effectivement pas chaud pour un soir de plein été, le Mistral étant une fois de plus de la partie.
Il fait presque noir lorsqu'une voix off féminine et synthétique annonce : « le concert de ce soir est enregistré, retrouvez-le sur www...»
21h45 le son du doudouk perce le ronronnement des nappes insistantes des synthétiseurs. Sous la douche blanche du projecteur, Levon Minassian, seul, interprète un extrait de passion, bande originale du film la dernière tentantion du Christ, doublement récompensée par un Grammy Award et un Golden Globe. La mélodie s'estompe alors pour laisser place aux battements et percussions de The Rhythm of the Heat accompagnant l'entrée en scène de Peter Gabriel et de ses musiciens. Dans L'ambiance haletante de ce titre qui ouvrait 24 ans plus tôt l'album live plays live, on retrouve l'incroyable contraste d'une voix à la fois cassée, sur un texte à peine chantée, et éclatante sur des envolées aigües du chanteur. En contre-point, Mélanie Gabriel, sa fille, assure les choeurs alors que Ged Lynch, roulements battants, mène la tension du morceau à son sommet d'où il choit net. Peter Gabriel enchaîne sur On the Air, titre de 1978 plus pop, voire néo-progressif si l'on en juge par la ressemblance avec des compositions de Derek Dick a.k.a Fish au sein de Marillion l'année suivante. Cette fois, le batteur use de ses charleys, et de là où je me trouve ils sonnent comme un sifflet de cocotte-minute, sonorité un peu désagréable mais largement compensée par les glissés de basse de l'excellent Tony Levin, dont je n'ai eu cesse d'entendre parler comme le loup blanc pour sa maîtrise du stick chapman. Suit Intruder avec son rythme de batterie à l'effet «gated reverb» (utilisé abondamment par Peter Gabriel, il consiste en un effet de réverbération qui s'interrompt brusquement), ses «hey,hey,hey», son thème un peu free, et, enrichissement live, ses craquements de cordes de guitares que l'on tend. Le côté épuré et torturé du morceau a séduit, il y a quelques années, le trio déjanté Primus qui le restitue fidèlement sur son album Miscilleneous Debris. Peter Gabriel, derrière son piano, chante, siffle avant de lancer le «I'm the intruder» final.
Feuilles à la main, le chanteur prend la parole en français, chose qu'il répètera tout au long du concert. Il nous explique qu'étant donné que le groupe n'a pas d'actualité musicale récente (les rumeurs annoncent un nouvel opus, I/O, pour 2008), le répertoire de ce soir est le fruit du choix de ses e-fans via un plébiscite sur Internet. Il est bon de rappeler que l'utilisation de ce medium est loin d'être un coup d'essai pour Peter Gabriel : en 1999 il était l'un des créateurs du système de téléchargement de musique OD2 (On Demand Distribution) mis à mal aujourd'hui par itunes, et qu'il a ensuite créé We7, dont la sortie a été annoncée cette année, système dans lequel l'insertion contreversée des DRM est remplacée par une publicité en début du titre téléchargé.
Les musiciens reprennent avec D.I.Y, morceau pop-rock 70's où chacun scande «di-aï-ouaï» tous les 5 temps et pour lequel Tony Levin s'est saisi de son stick chapman. Véritable saut quantitatif dans le temps avec Steam faisant suite à un préambule énigmatique pour ceux qui comme moi ignore la traduction de ce mot,où qui n'auraient aucune notion de physique-chimie : «ici on à l'eau et la chaleur». Steam signifie vapeur en anglais. Chanson dans la veine de Sledgehammer, elle conjugue les sons de la guitare funky de David Rhodes, aux sonorités des tubes de INXS, et les cuivres soul, assurés ce soir par Richard Evans face à son écran d'ordinateur. L'entrain du morceau ne met guère de temps à faire lever les mains du public devant Peter Gabriel qui arpente la scène et lâche ses célèbres «haaa» aigüs (bien qu'ils semblent les retenir à l'écoute de l'original).«Les relations homme/femme», «Adam et Eve», sont les termes choisis par le chanteur pour présenter Blood of Eden. Arpège de guitare et son de cornemuse plongent les musiciens dans la chaleur écarlate de l'éclairage des colonnes du qui les entourent. La douceur des harmonies du refrain dans le duo des Gabriel est transcendé par la voix de la jeune Melanie qui remplace magnifiquement celle de Sinead O'Connor. Burn You Up, Burn You Down dans un élan rythm'n'blues donne une nouvelle occasion à Tony Levin d'opter pour une basse se présentant sous la forme d'un unique manche sans corps. Vient ensuite No Self-Control : quelques notes de xylophone de Richard Evans sur les sons de boîte à rythmes soutenus par les percussions de Ged Lynch, puis les «ha-ha-ha» Bee-Gees-like des choeurs qui donnent la réplique au chanteur sur «no self-control».
Peter Gabriel se lance alors dans une nomination élogieuse de ses musiciens, à commencer par «un grand talent clavier et grande voix», Angie Pollack qui m'était restée cachée jusqu'à maintenant, ou que j'ai du confondre avec Melanie Gabriel au moment de ses passages sur les écrans géants ! «grand musicien» pour le multi-instrumentaliste Richard Evans et «le maitre du son» pour le guitariste David Rhodes,à moins que ce ne soit l'inverse...Aucun doute par contre pour «à la basse et à la moustache», dont cette caractéristique physionomique me fait penser aux personnages syldaves de Tintin.
Après cet interlude, le concert repart sous les «go,go,go !» du chanteur pour son premier succès solo : Solsburry hill. Ce titre, dans lequel Peter Gabriel évoque son départ du groupe Genesis et qui peut rappeler une fois de plus des interprétations ultèrieures de Fish, affiche le noyau dur historique du groupe, composé du chanteur, du guitariste et du bassiste tournant tous trois dans une gigue. Peter Gabriel demande ensuite à sa fille de «chanter pour lui», sur Mother of violence. Accompagnée par son père au piano, Melanie Gabriel d'une voix intelligible aux intonations de Sheryl Crow interprète ce morceau couronné d'un «papa est fier».
Peter Gabriel évoque alors la tentative d'assassinat du Gouverneur George Wallace de l'Alabama en 1972 et le journal intime de son auteur, Diary of assassin, qui ont inspiré sa chanson Family Snapshot, et qui ont également inspiré le réalisateur Martin Scorsese pour son film taxi driver. Le morceau au tempérement progressif est d'abord commencé par Peter Gabriel seul au piano, rejoint par Tony Levin et ses excellentes parties de basse fretless, et soutenu à la voix par Melanie Gabriel. Les rythmes et percussions africaines de Lay Your Hands on Me dévoilent le côté world music du compositeur. Big Time «chanson devenue générique (chanson officielle) de la W.W.E (World Wrestling Entertainment)», agite les colonnes lumineuses transformées en véritables vu-mètres multicolores, et submerge la prequ'île de son groove puissant. Puis sur les grosses caisses font vibrer Secret world sur une instrumentation épurée, les claquements de mains prenant le relais pour faire tourner Peter Gabriel,tambourin à la main, et David Rhodes. À la fin du morceau, après une relance de guitare électrique, c'est sur la scène et dans le public que tout le monde saute à pieds joints. Enfin, comme pour conclure, Peter Gabriel annonce «il est temps pour» : Signal to noise. Commencée par des chants arabisants de la choriste, ce morceau est sans doute le plus envoutant de la soirée, un morceau dégageant une atmosphère palpable portée par des nappes de violons, hachées par des pulsations de batterie. Pendant les dernières minutes les musiciens se retirent un à un, ne laissant plus que Ged Lynch maintenir les ultimes souffles du morceau.
23h20 Au rappel du public répond un rythme de charleys. Suivent alors grosse caisse et claquement de main de Peter Gabriel contre le micro en guise de caisse claire. Enfin le thème au succès planétaire de Sledgehammer retentit, avec sa guitare funky, flûte de pan (synthétique ce soir) et un son de clavier original pour ce soir (sorte d'orgue hammond) et l'exultation de tout un public. Le bonheur ne serait pas total sans la danse dont les 3 compères ont la recette : quelques pas lents en avant en cassant les genoux, retour rapide en arrière, et répéter le tout ad lib (ou presque). Ambiance moins explosive avec In your eyes, bien que Peter Gabriel ait choisit de commencer cette ballade avec un duo comique avec Tony Levin qui s'évertue à répéter un «in your eyes» d'une voix mélodieuse mais définitivement trop grave. Finalement le bassiste s'en tiendra à son rôle d'instrumentiste...et de danseur, un peu plus loin, dans le morceau, avec un nouveau pas de danse, latéral cette fois, avec Peter Gabriel et David Rhodes. Dans le public, on reprend les «ho-ho-ho» en agitant les bras. Le chanteur termine en désignant chaque musicien d'un jet d'index; Richard Evans ainsi pointé tient dans ses mains une petite guitare électrique de la taille d'un youkulélé.
23h35 le ronronnement des nappes d'introduction ont ressurgi sur fond de scène vide. Peter Gabriel revient saluer la mémoire de Steven Biko et de «tous les hommes et les femmes qui se lèvent pour leur peuple» avant d'interpréter Biko. Cette chanson ne rappelle pas simplement l'intérêt du chanteur pour la wold music, mais surtout son engagement dans les causes humanitaires (une semaine plus tôt, le 18 Juillet, Nelson Mandela annonçait à l'occasion de son 89ème anniversaire la création d'un groupe de Elders (les anciens, les sages) impulsé par le chanteur dans la fin des années 90 et dont il sera l'un des financeurs). C'est de nouveau sous les «ho-ho-ho» que Peter Gabriel quitte la scène le poing levé.
Un jour artificiel se refait, le logo "I love Gaou" remplit à nouveau les deux écrans. La voix synthétique renouvelle son message « le concert de ce soir est enregistré, retrouvez-le sur www...» (peut-être a-t-il été enregistré par l'autre fille du chanteur, comme ce fut le cas pour le dernier DVD), et ajoute comme s'il s'agissait d'un débarquement : «Nous espérons que vous avez aimé le spectacle».
J'écoute les commentaires autour de moi à propos du concert : beaucoup sont contents d'avoir entendus ce mélange de veilles chansons et d'autres plus récentes, d'autres ont retrouvé des sonorités d'artistes aussi divers que Mike Oldfield ou Johnny Clegg...Peter Gabriel fait partie de cette poignée d'artistes (comme David Bowie,Sting,...) qui a su, au travers d'une longue carrière (40 ans depuis les débuts dans Genesis en 1967), renouveller son style, se poser en précurseur, élargir son panel artistique, s'impliquer dans le monde qui l'entoure. En venant le voir à ce concert, je m'attendais à assister à un show, à la lecture de plusieurs critiques, et ce sont ces 30 dernières années qui ont défilé devant mes oreilles, en 2 heures de concert, au travers du kaléïdoscope de ce musicien accompli, acteur de sa profession, acteur de ces dernières décennies...
2h30 c'est le prix à payer pour retourner à Marseille depuis un lieu paradisiaque mais qui se situe dans un cul-de-sac...
>> Réponse (le 01/04/2008 par toch) superbe critique, moi aussi j'ai bien "voyagé" avec ce magnifique concert, 3ème fois que le vois, à bientôt j'espère
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Peter Gabriel le 25 Juillet 2007- Le Gaou Avant sa tournée de 2003, Peter Gabriel n’avait plus mis le pied sur scène pendant environ dix ans. Depuis il enchaîne. Après la tournée promo de son excellent album Up, il s’attelle maintenant à une tournée pour le plaisir.
C’est souvent à ces .../...
Avant sa tournée de 2003, Peter Gabriel n’avait plus mis le pied sur scène pendant environ dix ans. Depuis il enchaîne. Après la tournée promo de son excellent album Up, il s’attelle maintenant à une tournée pour le plaisir.
C’est souvent à ces occasions qu’il est le plus plaisant de voir un artiste. Dégagé de la promo il peut puiser a souhait dans son répertoire. Quelquefois cela se transforme en tournée Best Of sans surprise donc. L’avantage avec Gabriel c’est qu’il n’a pas pléthore de véritables hits. Il peut donc se balader dans ses compositions et nous proposer des morceaux issus de ses premiers disques qu’on avait presque oubliés.
Le concert fut propre, beau, sophistiqué, intelligent, magnifiquement produit parfois a contrario, cela semblait sur travaillé, trop beau pour être honnête, oubliant les risques, la vie et la spontanéité.
Mais dans l’ensemble chapeau, il faut reconnaître qu’on a à faire à un grand artiste. Je dis cela avec d’autant plus d’honnêteté qu’au départ je ne suis vraiment pas fan de Genesis et de musique progressive.
Pour moi ce style a occupé le terrain durant une des périodes les plus vides de l’histoire de la musique et avec son caractère pompeux a heureusement ouvert en réaction la porte au punk alors salvateur. Pourtant c’est la troisième fois en quatre ans que je vois Gabriel sur scène ! C’est bien que j’y trouve ce que je cherche.
C’est aussi peut être car pour tout le monde, moi compris, Gabriel 30 ans après est encore et toujours l’ancien chanteur de Genesis, pourtant il est impossible de classer sa musique dans ce style prétentieux qui a perdu l’essence du rock : spontanéité et révolution.
Gabriel a quitté Genesis en 1975 et on en est encore la…
>> Réponse (le 06/08/2007 par Chris) Super concert du Gab et son groupe en grande forme; on a eu droit à pas mal de vieux morceaux (DIY, on the air, family .../...La suite
>> Réponse (le 06/08/2007 par Pascale) J'étais au Gaou également, où j'ai pu apprécier ce chanteur qui pour moi n'est pas du tout "seulement" l'ancien leader .../...La suite
Louise Attaque + Les Ogres de Barback [Les voix du Gaou 2006] 27 Juillet 2006- Ile du Gaou - Six-Fours La grande scène de l’Ile du Gaou fait le plein pour accueillir sous une chaleur étouffante deux des fleurons du « rock » français. Le cadre est quant à lui toujours aussi idyllique quoique moins intimiste que la petite scène située elle au cœur d’une .../...
La grande scène de l’Ile du Gaou fait le plein pour accueillir sous une chaleur étouffante deux des fleurons du « rock » français. Le cadre est quant à lui toujours aussi idyllique quoique moins intimiste que la petite scène située elle au cœur d’une pinède.
C’est les quatre frères et sœurs (ces deux là étant jumelles) des Ogres de Barback qui ouvrent le bal, pile à l’heure (chose au combien inhabituelle, mais agréable, quand on est marseillais). Le quatuor difficilement étiquetable (chanson ? rock ? musette de rue ?) flirte bon et large, entre Brassens et la Mano Negra pour l’esprit musical et les textes savoureux. En tout cas ils ont rapidement réussi à emballer un public probablement venu en majorité pour Louise Attaque. Leur incessante tournante musicale qui les voie jouer de plus d’une vingtaine d’instruments, parfois pour le moins exotique (et notamment de plusieurs dans le même morceaux), à quatre est toujours aussi impressionnante. Ca change des autres groupes du genre où il y a toujours une dizaine de personne sur scène, ici c’est l’intimité qui prime. Ils semblent bien petits sur une si grande scène mais font face à un public très nombreux avec un brio remarquable.
Entamé sur l’excellente Rue d’paname, le concert verra défiler des chansons sur leur grand-mère (L’arménienne), leur cousin, leur frère, … souvent engagées juste ce qu’il faut, parfois racontant des histoires singulières à la façon de la Mano, sans oublier la fédératrice 3-0 qui sera l’occasion d’une jolie pirouette scénique ou les quatre musiciens tourneront au chant sur une toute petite plate-forme, chacun assurant un couplet sur une ville (assurés sur disque par des guest de luxe comme Massilia, Zebda ou les Hurlements de Léo). Excellent et résolument enthousiasmant. Il est en effet difficile de rester de marbre face à ces chansonniers des rues, doués musicalement, excellents chanteurs, chaleureux, communicatifs et inventifs. Un très bon moment et une heure presque trop courte … moi qui pensais que les ogres sur scène ce serait un peu ennuyeux, j’en sors convaincu et sous le charme. A noter un rappel de deux morceaux entamer par une reprise de Salut à toi des Béru et terminé par leur Salut à vous.
Place à Louise Attaque ! Tout punk que je sois Louise reste de loin un de mes groupes préférés et il y en a peu dont la reformation m’a procuré une telle joie et une telle attente. Seulement trois albums en presque dix ans d’existence et une (trop) longue pose depuis le deuxième, bref autant de raisons de profiter à fond de chacun de leur passage scénique.
Le groupe attaque son set tranquillement avec deux morceaux calme (La plume et Si c’était hier) avant de faire monter doucement la tension par un petit classique (Les nuits parisiennes). S’en suit des titres plutôt tranquille et mélancolique comme ils savent si bien les faire, issus majoritairement des deux derniers albums (La traversée du désert ; Si l’on marchait jusqu’à demain ; Tu dis rien ; Arrache-moi ; L’intranquilité) avec un rapide coup de speed pour la courte mais intense Oui, non.
Le groupe communique peu, préférant garder un certain rythme de 3-4 morceaux consécutifs, mais leur rares aparté sont chaleureuses (point sur lequel ils ont parfois eu de nombreux reproches). Ils n’hésitent pas non plus à transformer un peu les morceaux, changeant les paroles par ci par la ou rendant les morceaux plus agressifs comme sur le final de Arrache-moi ou Toute cette histoire. De manière générale ils ont tendances à pas mal partir dans des délires électriques sur des morceaux d’ordinaire plus zen sur disques.
Un solo de basse le temps de se désaltérer et la foule explose avec Savoir. Comme toujours ce sont essentiellement les morceaux du premier album qui font bondir les gens ; plus speed, festif et surtout plus connus. Un petit retour à une série plus calme et ambiante (Manhattan ; Toute cette histoire ; Sean Penn, Mitchum) avant l’explosion pour l’hyper tubesque J’t’emmène au vent qui fait exulter la foule jusque dans les gradins. A peine le temps de souffler avec la magnifique Depuis toujours que les Louise nous assène déjà le coup final avec la non moins célèbre Léa.
Place donc au rappel après une petite heure de concert. On rentre direct dans le vif du sujet par la touchante See you later alligator avant d’enchaîner les tubes pour la dernière ligne droite : Ton invitation, Qu’est ce qui nous tente ?, La brune (avec un petit délire en anglais en plein milieu) et enfin le carton par excellence pour Amours qui laisse le public lessivé après une bonne heure et demi de concert (correct pour un festival). Le groupe reste un moment sur scène pour saluer les gens, ils ont l’air content d’être là, ce qui est plutôt sympa.
En tout cas voila un bon petit concert de Louise Attaque où le groupe semble prendre de plus en plus de liberté avec ses morceaux par rapport aux disques, tant mieux, on va pas voir des concerts pour entendre le CD. En parlant de disques, un peu de statistiques tiens, neuf morceaux du premier, huit du dernier et seulement quatre petits de l’injustement boudé Comme on a dit (qui est à mes yeux le meilleur, mais ce n’est que mon avis hein). Le public a bien sur majoritairement répondu présent sur ceux de l’éponyme au sein d’un set assez axé sur les morceaux calmes et ambiants mais joués souvent de manière nerveuse. Bref, deux excellents groupes parfaitement complémentaires, un cadre superbe, deux très bon sets, de la joie, de la bonne humeur, en voila une bonne soirée ! Histoire quand même de mettre le holà à tant d’enthousiasme je dirais qu’il faisait bien trop chaud … oui oui !
Setlist : La plume ; Si c’était hier ; Les nuits parisiennes ; La traversée du désert ; Oui, non ; Si l’on marchait jusqu'à demain ; Tu dis rien ; Arrache-moi ; L’intranquilité ; Savoir ; Manhattan ; Toute cette histoire ; Sean Penn, Mitchum ; J’t’emmène au vent ; Depuis toujours ; Léa| Rappel |See you later alligator ; Ton invitation ; Qu’est ce qui nous tente ?; La brune ; Amours.
dEUS + Placebo 26 Juillet 2006- Voix du Gaou - Six Fours arrivé en retard.
Juste pour le dernier morceau de ce que je croyais être la 1ère partie.
Groupe inconnu à mes oreilles et à ma vue. Jeune groupe. Pas possible que ce soit dEUS me dis-je in petto !
donc je suis navré de d’avouer ma grande .../...
Juste pour le dernier morceau de ce que je croyais être la 1ère partie.
Groupe inconnu à mes oreilles et à ma vue. Jeune groupe. Pas possible que ce soit dEUS me dis-je in petto !
donc je suis navré de d’avouer ma grande incompétence en tant que pseudo journaliste de bas étage mais je ne saurais vous révéler le nom de ce groupe dont je n’ai pas même pas me faire une idée de la qualité.
Ce que je peux dire en revanche c’est que je suis super bien situé : juste derrière la sono, plein axe et éloigné de l’agglutinât de gens devant la scène.
Les gradins restent encore clairsemés mais le moment venu l’agglutinât aura pris en haut aussi.
A l’arrivée des belges de dEUS, j’ai cru que ma position stratégique se révélait être un leurre. on va encore m’accuser d’être un vrai vieux mais, ma parole, qu’est-ce qu’ils jouent fort ( je sais je sais pour ceux qui ont lu la chronique de Jamiroquai au Gaou, ma réputation de vieux est finie ). Mais sérieux ça arrachait sa race !
dEUS, je connais mal. Si ce n’est un de leur tout 1er album Ideal Crash très très bien foutu car avait réussi le pari audacieux de brouiller les cartes entre lyrico-punko-pop !
Je sais aussi que c’est un des rares groupes belges – Belgique dont on peut saluer au passage la vivacité de sa scène musicale – qui ait percé. Mais pour moi en tout cas, ça le fera pas ce soir là. Tom Barman et sa bande anversoise ne m’ont pas touché. Je les ai trouvé + bruyant qu’explosif, + cacophoniques que puissants et même les morceaux plus calmes sonnaient – je sens que je vais me faire des amis – artificiels. Je n’ai été sensible ni aux mélodies ni à la puissance de leurs chansons.
Ce soir là, sur la scène, j’ai bien cru voir un dIEU avec un « d » minuscule.
Cette fois-ci c’est sûr la 1ère partie de soirée est terminée avec le départ de dEUS. Va bientôt venir l’heure tant attendu du public, l’arrivée de Placebo. Les roadies s’affairent et c’est une immense tenture qui va se déplier au fond de la scène tel d’un rideau de théâtre. Sauf qu’à la place du rouge traditionnel, c’est un rideau avec deux crânes…deux crânes ? A la vérité, en y regardant avec un peu plus d’attention, ce sont deux photos de visages – saisis en plein mouvement à la façon des pochettes de leurs deux dernières d’album .
Bon maintenant que le décor est planté, et que le public du groupe – de plus en plus nombreux et de plus en plus jeune - bouillonne d’impatience, nos 3 placéboistes se ramènent enfin, dans une mise en scène classique : c’est le batteur qui ouvre la marche. Il sera suivant du géant Stefen Osdal et enfin l’androgyne Molko – la star -fermera la marche. Et c’est parti.
Je dois vous concéder en toute franchise ne plus me souvenir s’ils ont ouvert le bal par pure morning ou un de leurs tout nouveaux titres. Anecdotique me direz-vous ? Oui bien sûr, mais en attendant une chose est sûre, à l’écoute des qqles derniers titres de leur album Meds joués sur scène, je ne me sens carrément pas emballé. Déjà lorsque j’avais écouté à la radio les 2 derniers singles a song to say goodbye< et infrared j’avais été très déçu par ces titres…« standards », assez fades. Sur scène c’est la même chose. Je me disais bien pourtant- optimiste comme je suis – que traversé par la performance scénique, ces morceaux auraient une autre gueule, une autre allure. Mais non ni ces deux singles ni les autres morceaux de leur dernier opus n’ a tellement trouvé créance à mes oreilles. A mon sens trop quelconque pour marquer – et ce même si une de leur chanson a des faux airs de Cypherchild de Marilyn Manson
En revanche, les autres morceaux tiennent toujours autant la route et la prestation du groupe, sans être à tomber, les met suffisamment bien en valeur.
C’est caricatural pensez-vous ? Les nouveaux morceaux nuls et les anciens au firmament ! ma foi, peut-être mais c’est surtout un ressenti perso ! je ne les accuse pas pour autant de s’être fait tourner la tête par les succès rencontré et de vouloir le préserver par des ficelles, des recettes reconnues pour leur efficacité : on prend les mêmes titres et on recommence, on essaie de toucher le plus grand nombre quitte à perdre son âme, son essence. Ce serait un procès d’intention facile même s’ils ont tout cela prétant merveilleusement le flanc aux attaques en sortant 3 éditions d’un même album à savoir sleeping with ghosts ( pour rappel une 1er sortie internationale de l’album, puis à peine 1 poignée de mois + tard , sortie du même album mais adjoint cette fois-ci d’un – très bon - album de reprises et enfin qqles mois encore + tard, dernière sortie – seule modif’ la chanson protect me revue par la meilleure romancière que réalisatrice Virginie Despentes. Avouez que ça fait gros quand même ! on pourra les dédouaner en arguant que c’est une histoire d’agents, de producteurs et de maisons de disques. Pitêtre pitêtre comme dirait Homère ). Et qu’on ne me rétorque pas non plus le procès d’intention parce qu’à partir du moment où ils ont du succès, ils ne trouvent plus grâce à mes yeux. Je trouve ça plaisant qu’un groupe que j’apprécie hautement trouve un large spectre de public. Peu m’importe le chiffres de vente, seuls comptent l’authenticité, l’originalité, la créativité.
Pour en revenir à la scène, aucune communication avec le public à part 2-3 « merci beaucoup » sans accent. Pourtant nos lascars qui parlent un excellent français ( pour avoir fait leurs études au Luxembourg…tiens le Luxembourg, c’est pas un pays de blanchiment de flouze et autre paradis fiscal pour capitalistes à gros cigares, ça ? décidément y a des signes avant coureurs qui ne trompent que les candides….Oh la la ça va je rigole quoi!!! ) avaient de quoi tailler la bavette. Mais bon ça ne me dérange pas outre mesure. Aaaah ça c’est sûr que c’est pas M sur scène mais bon en concert je viens surtout chercher de l’énergie et de la musique plutôt qu’un groupe à la faconde aussi sympathique puisse-t-elle être. Sur scène, j’attends d’un groupe qu’il me rejoue leurs titres les + affirmés et aussi les + timides, j’attends d’un groupe qu’il revisite tous ses morceaux pour m’en offrir une nouvelle mouture, en un mot comme en cent je cherche de la créativité et pas de l’exécution. Sans avoir été à la pointe de mes attentes, ils n’ont quand même pas été jusqu’à l’inverse. Et je dois même dire que j’étais bien emballé par l’agressivité des grosses guitares et le rythme de leur meilleurs titres, par leur rock torturé et mélancolique - qui reste leur marque de fabrique.
Sur scène, ils se sont enjoints les services de deux gus qui font tour à tour guitare et clavier. Osdal ne touchera d’ailleurs que très peu de fois à sa basse.
Mais s’il n’avait été du 1er rappel, s’ils en étaient resté là, j’aurai conclu ma chronique en qualifiant le concert de « bon concert sans plus. Honnête avec la chaleur et la pointe de génie en moins ». Mais la pointe de génie, ils sont pas beaucoup les « artistes » qui peuvent se vanter de l’avoir….même épisodiquement. Certains c’est vrai ont du talent. Mais du génie….
sauf qu’il s’est passé un truc hors du commun ce soir là, juste un truc, mais c’est pour ça qu’on va aux concerts, c’est pour ça qu’on écoute de la musique ou qu’on lit des livres, qu’on s’intéresse à l’art sous toutes ses formes, c’est pour ça qu’on vit, qu’on vibre, on veut entendre on veut lire ce qui n ‘a pas encore été écrit ou entendu. CE qui nous intéresse dans la vie c’est la création, nous cherchons ce qui n’a jamais été lu, entendu et que nous ne verrons jamais, nous vivons dans cet écrat là. Ce soir là, lors du 1er morceau du 1er rappel, le génie a pointé le bout de son nez. Et ça ne laisse pas indifférent, ça transforme l’air ambiant, ça transforme la lumière, l’atmosphère, les sons perçus etc. ça transforme la perception du monde.
Running up that hill la reprise du morceau de Kate Bush sera joué avec une maestria dont j’ai rarement été le témoin en tant que spectateur. Jamais Molko n’a chanté si bien, si juste, avec tant d’émotion dans sa voix : étranglée, chétive, puis avec plus de coffre, hurlant des mots acides comme porteurs d’espoir et douloureux.
. Le morceau débute par une rythmique scandée, presque mécanique, anxieuse, s’invitent alors les guitares clinquantes, acérées en finesse lui conférant plus de majesté, plus de fièvre. C’est du Baudelaire, du Lautréamont, du Rimbaud…
la voix de Molko se transforme en un cri déchirant derrière une puissance de feu musical, la fureur blanche des guitares nous plongeant presque en transe avant que des sons aiguës, planant puis se traînant, presque rampant, mais poignant, comme des sons de baleine mais en moins standards finissent la complainte redevenant de plus en sage, comme si la musique mourait doucement, le morceau s’éteint alors comme il avait commencé tout en douceur. Cette chanson qui parle des efforts d’un couple pour sauver leur histoire passe entre les mains de Placebo de la rage à la douceur, du sombre au tragique, elle se fait langoureuse, étrange, nous traverse, nous transperce, nous enveloppe d'une chaleur suave et sensuelle et nous transporte hors du temps.
En un seul morceau, Placebo a touché à l’art. Ce n’est pas pour la beauté des mots que j’écris tout cela mais parce qu’ils décrivent le plus justement ce qu’il s’est passé. La fin du concert sera plus anecdotique, le groupe découvert par Bowie et Iggy Pop ne retrouvant pas cette grâce par la suite. Réagir à cette critique
Dominique A, Yann Tiersen 25 juillet 2006- Voix du Gaou - Six Fours on imagine sans peine quel pied ça doit être pour un artiste de se produire dans la magnificence qu’offre le cadre de la presqu’île du Gaou - et plus encore la scène B plus intime que la grosse A, plus boisée aussi - pour le prendre nous-mêmes en .../...
on imagine sans peine quel pied ça doit être pour un artiste de se produire dans la magnificence qu’offre le cadre de la presqu’île du Gaou - et plus encore la scène B plus intime que la grosse A, plus boisée aussi - pour le prendre nous-mêmes en tant que spectateurs.
Attention ce soir là, le fameux adage « les absents ont tjs tort » s’est une fois de plus vérifié.
Pensez-vous, Dominique Ané dit Dominique A sur scène ( même en « 1ère partie » ) suivi de l’homme orchestre, Yann Tiersen, c’est par avance à ne surtout pas manquer. Les bougres le prouveront de la plus éclatante des manières. Même si la palme revient, de loin, à mon sens, à Dominique A.
C’est tout de noir vêtu que celui-ci entre sur scène. « les gothiques arrivent » lâchera-t-il avec un sens certain de l’auto dérision sachant en outre qu’il a déjà été attaqué à ce sujet là : la pleureuse n’est-elle pas en réponse une chanson qui revendique la tristesse, la mélancolie, le spleen de ses chansons.
Sur les stridulations de cigales – « on les aura ! » s’amuse-t-il à répéter se sentant concurrencer par ces insectes si chers aussi à nos cœurs - Dominique A et ses comparses( batteur, guitare, basse et cuivre parfois ) vont se livrer à une fabuleuse prestation scénique…
Non seulement, notre défenestré de la toiture comme aurait dit Pierre Dac préféré possède le sens des mots, offrant à ses chansons une livrée poétique d’éternité, non seulement il a étalé au grand jour, depuis qu’il a décidé de prendre un tournant par rapport à ses 1ères années de musique dite minimaliste ( il en était d’ailleurs à l’époque le chef de file ) qu’il était un vrai compositeur aux musiques originales, habitées et variées ( comparez la fossette son 1er opus datant de 14 ans en arrière et l’horizon le dernier en date et rendez vous compte du chemin parcouru- autant de remise en question qui l’auront fait avancer, progresser, se transformer ) mais c’est qui plus un interprète impressionnant de charisme et de présence sur scène. Difficile quand on réalise l’étendue de ses talents de ne pas croire au jansénisme.
Non y a pas à chier cet artiste à la fois précieux, exigeant ( car exact ) et accessible ( la poésie ne se confond pas avec l’alambiqué ), ténu et tendu, sobre et altier, ne manque d’aucune corde à son arc. Pendant une heure, à peu près, ses anciens chefs d’œuvre ( antonia, le courage des oiseaux, je t’ai toujours aimé etc.) alterneront avec les perles que sont « rouvrir », « par l’ouest » pour ne citer qu’elles, ne craignant pas de les habiller musicalement différemment pour leur passage sur scène. Plus rock bien sûr. Aaaah l’horizon - pour ne focaliser que sur elle - quel bijou, quel chef d’œuvre cette chanson tout en alexandrins que n’aurait pas renier Jack London ( je le sais c’est un vieux pote à moi depuis 20 ans ) tant l’onirisme et la voyage l’habitent. Certes sur scène nous n’auront pas droit aux bruitages et aux envolées mélancoliques de la version studio mais il lui conserver à l’essentiel : l’émotion, le rêve, la liberté ( voire ses contraintes ).
Il est maintenant complètement en nage, ses fringues noires lui collent à la peau, il transpire tellement mes aïeux ( faut dire que quand il se laisse transporté par sa musique il « danse » comme un épileptique :-) que ses vêtements miroitent et de ma place, on jurerait presque qu’il est tout de cuir vêtu…
La beauté c’est, je crois, tout ce qui est agréable à entendre, voir comprendre, en soi même, indépendamment de qqle utilité que ce soit. Le beau se reconnaît d’abord au plaisir qu’il suscite : alors croyez-moi, quel plaisir, ce soir là, d’écouter et de voir le talent en pleine action, se déchaîner et se livrer sans honte ni forfanterie. Quel plaisir d’entendre jouer sur scène des chansons avec des textes si dépouillés, si bien ciselés aux mots plus justes que beaux.
A ceux qui d’entre vous penseraient que je suis fan, détrompez-vous, je suis admiratif et reconnaissant.
Sa voix a beau ne pas être celle d’un stentor, elle nous fait passer par toute une gamme de sentiments et d’émotions, elle est tout en dedans, rentrée, elle est belle, exactement ce qu’il faut pour ses textes au lyrisme à bride tenue et pour ses compos. Tout est complémentaire, le parfait équilibre…
Vous savez on va encore me reprocher de partir dans mes délires mais quand on écoute pareil artiste, on se rend compte avec la plus de netteté possible de ce qui caractérise l’art. Même l’art dit mineur. Une ouvre d’art est qqchose d’irremplaçable tout comme l’individu qui l’a crée, c’est à quoi se reconnaît une ouvre d’art. Il s’agit d’exprimer l’irremplaçable de nos vies, et d’autant plus qu’elle sont ordinaires. Que la beauté soit au rendez-vous est le miracle de l’art. Ce soir et depuis longtemps, Dominique A l’a fait sien.
C’était pour la parenthèse.
quoi qu’il en soit sa musique aura ravi nos oreilles, fait frissonner nos sens et battre nos cœurs pendant à peut près 1 heure…1 heure, c’est vachement trop court…j’en veux encore…
passer après un tel talent tient de la gageure. Même si on s’appelle . Allez je vais pas vous faire le gros suspens, il a eu beau trouvé le public un ch’tit peu mollasson au début, il a beau délivrer un concert moins abouti à mon sens qu’au moulin en fin d’année 2005, c’est pas un blaireau non plus le breton, poète des sons et dompteur de sonorités, et il a quand même bien assuré.
Mais juste avant de coucher quelques lignes sur le set de tiersen et les siens, je souhaiterai saluer les prestations de celles et ceux d el’école nationale du cirque qui avaient été invités par le festival à nous distraire durant le temps mort que constitue la préparation du matos d’un artiste à l’autre.
De superbes numéros qui changent des numéros de voltiges ou jonglages habituels. Ce soir ça, tenait plus de Spiderman, Buster Keaton ou Matrix que du trapéziste avec sa surannée tenue moule burnes, si vous voulez bien me passer l’_expression arrière précieuse. Nous les avions déjà aperçu lors de la rouvrir où une nana de l’école s’était livrée à un numéro de danse mais en remplaçant la barre d’exercice de danse par une corde suspendue verticalement. Plus tard lors du concert de Tiersen, un gus viendra transformant ses yo-yo en tentacules du Dr Octopus.
Tiersen , parlons–en justement.
Si vous n’avez jamais vu Tiersen sur scène ( sans dec’ ?!? ), je peux vous dire qu’on a l’impression d’assister à un défilé de haute couture à Milan ( ou d’ailleurs ) : c’est une valse d’instruments qui passent, s’en vont, reviennent. Un vrai défilé de guitares notamment, de toutes sortes, de toutes les couleurs, de toutes formes, des anorexiques, des bien en chair, des chromées, des blacks etc.
Bien sûr il reste quand même sa marque de fabrique : violon, mélodicas, toy-piano mais ce soir ce sera plus un podium pour les guitares que l’habituelle valse de violon, guitares, clavecin, scies musicales, vibraphone, violoncelle, mélodica, accordéon, marimba.
Mais pour l’heure, fini l’équilibre savoureux entre rêves symphoniques et guinguette populaire, Tiersen a décidé de corser ses performances sur scène en leur donnant un corps bp plus rock ( je ne sais pas si l’album les retrouvailles est ainsi )– ce qui m’avait tant emballé au Moulin. Ce soir rebelote ( et c’est pas plus mal quand on veut se renouveler ) même si les morceaux interprétés passent par différentes strates. Autant agressif que par souvent torturés, parfois atmosphériques et pénétrants.
Sa musique reste un mystère : ample, majestueuse, poétique, romantique, sublime, puissante avec des réminiscences musicales totalement absorbées.
On aura quand même droit ( et je fais partie de ceux qui pensent que c’est tant mieux ) à LA améliepoulinade mais sans l’accordéon guinguette et les violons passéistes habituellement associés à cette valse musette. Non ce soir je le redis et le génial touche-à-tout et multi-instrumentiste hallucinant qui tire des sons de tout ce qui lui passe à portée de main, persiste et signe, c’est rock’n’roll baby…et franchement c’est très convaincant.
Autre nouveauté, l’arrivée du chant sur ses morceaux. Sauf que vrai
bémol ( c’est pas plus mal car à force de lire mes chroniques vous vous risqueriez à croire que je suis un impénitent thuriféraire illuminé) ça le fait pas un brin je trouve quand notre ami se frotte au chant…ouais pas un brin. Autant la voix de Dominique A est rentré, intimiste, pleine de douceur ( enfin il a une voix quoi ! ) autant Tiersen devrait éviter de chanter. C’est bien de s’essayer à d’autres choses, d’expérimenter de nouveaux champ d’investigation, d’éprouver ses limites mais c’est plus noble encore de reconnaître lesdites limites. Même son guitariste ( dont perdu je ne me souviens plus du prénom ) chante mieux que lui ( lors de la reprise d’un morceau de The Ex ).Je trouve que son chant est carrément dommageable pour les chansons.
Heureusement il invite Dominique pour un morceau.
Cela étant, au final, autant les musiciens que le public était ravi.
Pour ma part, parmi ses nouveaux titres, qqles chansons à mettre en exergue : la jetée ( à ne pas confondre avec la veillée bien trop ressemblant pour ne pas dire copie conforme de morceaux présents dans l’album Le phare, le jour de l’ouverture pour laquelle Dominique A a fait un retour sur scène, pluie d’hiver (ou un titre dans le genre il me semble) aux paroles assez sibyllines mais condamnant si j’ai bien compris notre monde ultra-libéral ( Benoît 16 et Tiersen même combat ? ).
Pixies + We are scientists (Voix du Gaou 2006) 19 juillet 2006- Presqu'ile du Gaou - Six Fours les Plages
La soirée commence donc par We are scientists qui m’avaient guère enthousiasmé en mp3, en live c’est à peine mieux : si tu as 19 ans et que le Rock = Franz Ferdinand & co, tu as dû adoré,
moi j’ai trouvé ça plat et sans réel intérêt…ça me fait .../...
La soirée commence donc par We are scientists qui m’avaient guère enthousiasmé en mp3, en live c’est à peine mieux : si tu as 19 ans et que le Rock = Franz Ferdinand & co, tu as dû adoré,
moi j’ai trouvé ça plat et sans réel intérêt…ça me fait penser à tous ces staracademiciens qui arborent fièrement une crête de punk…mais bon, ça fait passer le temps et de temps à autre on peut même taper du pied…Le changement de plateau dure plus d’une ½ heure : long !
J’avoue : j’avais un a priori un peu négatif vis-à-vis de ce concert des Pixies, après avoir lu des propos de Frank Black qui avouait avoir reformer le groupe avant tout pour le fric, et après avoir entendu un extrait live où il chante faux tout le long et où le groupe joue sans conviction, ce devait être un jour sans…
Car le concert de ce soir, bien que n’ayant duré qu’1h10, est pas loin d’être un concert historique à mes yeux et à mes oreilles…D’ailleurs, nous étions nombreux à repartir en arborant un large sourire de satisfaction ! Bon ok, désormais ils sont 2 gros sur scènes ( désolé « qui me deal »), mais ils ont vraiment assuré en jouant avec énergie une 20taine de titres enchaînés rapidement … J’ai commencé à sérieusement rentrer dedans quand ils ont enchaîné monkey gone to Heaven et Debaser…Le son est plus cru que sur disque, pas de surf guitar…Frank Black hurlait comme un putois sur les titres les plus énervés, et c’était carrément jouissif…J’ai aussi bien pris mon pied à chanter les mélodies dissonantes et inoubliables de Joey Santiago qui arbore désormais un bouc et un super crâne rasé.
D’ailleurs le public chantait assez souvent…Le rappel fut le grand moment sympathique du concert, puisqu’ils sont resté sur scène pour communiquer avec le public…Frank Black a pris son acoustique et on a compris que pointait where is my mind : encore un grand moment quand on a tous repris en cœur avec Kim Deal les « ouh-ouhhh » de la fin…Puis David, le batteur s’est chargé de La La love you avec humour et décontraction.
Ils ont terminé avec un riff rocknroll downtempo répété à l’infini (énorme basse) : hypnotique et final orgasmique (Vamos)…
Donc, après les Stooges, l’an dernier, pourquoi ne pas programmer un autre groupe mythique, l’année prochaine ? Depuis, le retour du leader Roger Waters, Pink Floyd ont l’air d’avoir retrouvé la flamme…….