 | Dan le sac vs Scroobius Pip + Ratatat + AntiPop Consortium + Birdy Nam Nam 09 août 2008- Festival Pantiero, Cannes  Et de trois ! Troisième année consécutive au Pantiero à Cannes. Festival que je recommande donc vivement à tous les amateurs de bonne musique qui traînent leurs guêtres dans le Sud de la France au mois d’Août. Je dis bien guêtres, car même si bon nombre de cannoises ont sorti leur habit de lumière, on n’est pas obligé de se saper comme des stars .../...
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Et de trois ! Troisième année consécutive au Pantiero à Cannes. Festival que je recommande donc vivement à tous les amateurs de bonne musique qui traînent leurs guêtres dans le Sud de la France au mois d’Août. Je dis bien guêtres, car même si bon nombre de cannoises ont sorti leur habit de lumière, on n’est pas obligé de se saper comme des stars pour monter les (petites) marches de la terrasse du Palais des Festivals (juste à côté des grandes, avec le tapis rouge). Et ça c’est cool !
Seul hic en 2008 : les dates du Pantiero sont avancées d’une dizaine de jours par rapport aux éditions précédentes, et je ne peux malheureusement venir qu’à une seule soirée. Mais quelle soirée …
J’arrive (comme d’habitude …) trop tardivement pour donner un avis fourni sur la « première première partie » : Dan Le Sac vs Scroobius Pip, à savoir un slameur fou et son pote tout aussi barré aux machines.
Sur fond d’électro/rock/hip-hop ce duo plutôt comique visuellement (savant mélange de grosse barbe, costard et rouflaquettes) balance un son complètement déglingué ! Leur fin de set est parfois assez dark, mais bizarrement super entraînante. On reconnaît ça et là quelques reprises, un sample de Radiohead. Question paroles, les sujets semblent varier du très sérieux au totalement futile. Mais dieu quel accent british ! Difficile à comprendre …
Le temps d’un interlude musical assuré par un DJ local (dont je n’ai pas retenu le nom, mea culpa) et voilà les Ratatat qui entrent en scène. Disons le tout de suite, je n’ai absolument pas aimé. Je ne vais donc pas m’étendre sur ce duo new-yorkais pourtant encensé par la critique.
Nos deux guitaristes (dont un assure également aux percus), masqués par de longs cheveux qu’ils laissent volontairement tomber sur leurs visages, sont ce soir accompagnés d’un troisième larron aux claviers - enfin, disons plutôt d’une afro gigotant aux claviers. Je sais c’est nul, mais ça me fait penser à un concert de Fraggle Rock. Je rigole toute seule …
Musicalement on est propulsé dans un univers étrange, une sorte de rock pop psyché très TRES expérimentale. Agrémentée d’instruments vintage (orgue, synthé, etc) leur musique plutôt pointue et recherchée produit des ambiances aussi bien planantes que stridentes. Je me sens parfois à la croisée de Jean-Michel jarre, Vangelis et Queen (pour les riffs guitare). Très peu pour moi … surtout sur scène, où les trois artistes semblent plus dans un délire perso que dans une envie de partager !! j’en conclue que c’est à (re)tester bien caler dans un canapé.
Encore un petit set d’un autre DJ local et arrive enfin les très attendus Antipop Consortium, groupe de hip-hop alternatif cultissime, issu du circuit jazz-not-jazz des années 90. Sur scène 5 artistes dont deux aux machines/platines et bien sûr les trois légendaires rappeurs M. Sayyid, Beans et High Priest
Dans le public l’excitation monte, car AntiPop Consortium n’est pas un groupe comme les autres. Mélange de musique rap aussi puriste qu’expérimentale et de poésie slammée et engagée, ce groupe est (re)connu pour son côté alternatif et progressiste.
Ce samedi APC nous offre un set énergique mais malheureusement bien trop court. Une parfaire alternance de passages solos et freestyles, de jeu collectif, de bidouillage en commun de leurs machines, au profit d’un son original plutôt indus. Et l’enchaînement de très bons titres comme Volcano, See you through, Outside the machine ou encore Ghostlawns.
Le public venu en nombre voir ce groupe bien trop rare en France est comblé. À tel point qu’à la fin du set (trop court, donc), APC réussira sans grande difficulté à nous faire tous reprendre en choeur un truc aussi bizarre que What is your malfunction ?. Du grand art !
Sauf que voilà, environ 45 minutes de show, ça vous laisse comme un arrière-goût amer dans la bouche. Donc direction le bar (beaucoup plus fluide que les années précédentes, malgré le système de « tickets conso » parfois galère) pour une bière fraîche et une petite pause en attendant les Birdy Nam Nam.
Autant le dire de suite, je ne suis pas du tout objective au sujet des Birdy Nam Nam tout simplement parce que moi = fan. MAIS (car il y a un mais …) leur prestation de ce soir m’a un peu déçue. J’avais pris une énorme claque à leur dernier concert marseillais en découvrant leur bombe à cramer les dance floor (cf chronique pour les détails). J’ai eu beau tendre l’autre joue au Pantiero : bofff …
Toujours d’une efficacité redoutable, ce set 2008 à base d’électro furieuse et festive, encore plus dance floor qu’au concert d’avril dernier à l’Espace Julien, retourne en quelques minutes à peine le public de la terrasse du Palais des Festivals. Un public survolté qui semble finalement être venu en majorité pour se défouler sur le très bon son des Birdy Nam Nam (plus que pour AntiPop Consortium. Question d’âge sûrement …).
Ce concert au Pantiero était pour moi la 5ème occasion de les voir sur scène en à peine trois ans. Peut-être l’occasion de trop, si on considère le calibrage parfait de leur set (même reprise du titre phare Abbesses, même éclairage LED, même cris pour motiver public : faites du bruit pour vous, Cannes) et sa durée fortement raccourcie : 45 minutes environ au lieu du double à Marseille !! Enfin en tant que fan, je ne saurais que conseiller à tous ceux qui n’ont jamais vu les BNN en live de courir à leur prochain concert !
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