Accueil Chronique album : Viagra Boys - Consistency Of Energy / Call Of The Wild, par Philippe
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Critique d'album

Viagra Boys : "Consistency Of Energy / Call Of The Wild"

Viagra Boys :

Pop - Rock / post-punk

Critique écrite le 13 septembre 2018 par Philippe

De prime abord, le groupe suédois Viagra Boys a un côté plutôt désespérant, presque cas social, un côté branquignol dont on botterait bien le cul... D'abord parce que selon nos stat' personnelles, leurs concerts sont presque géniaux une fois sur deux, et pas loin d'être nuls, l'autre ... D'ailleurs leur chanteur Sebastian Murphy est vilain, vaguement bedonnant, couvert de tatouages plutôt agressifs, et sa belle voix grave se décèle difficilement, puisqu'à l'heure où vous le croisez, perché comme il est, il est pratiquement incapable de chanter en live (ni en tonalité, ni en rythme) et semble détester tout particulièrement ce concept idiot et épuisant d'être sur scène avec un micro - ce qu'il vous fait bien sentir en vous insultant sans raisons particulières...
Ensuite, parce que leur discographie commencée en 2016 (?) est un brave bordel, tout comme leur représentation sur le web : entre 2 et 3 EP's à ce jour, a priori pas tous sortis dans la vraie vie, impossibles à référencer précisément. Pas de site web, pas de page wikipedia même en anglais ou en suédois (on a vérifié !), même Allmusic.com est muet à leur sujet, faut le faire, en 2018 ! Tout est à l'image de leurs pochettes, moches comme c'est pas permis... On fera donc ici une chronique compilant ces EPs et singles déjà sortis, et ça ira bien comme ça ! Et encore, on a pas parlé des sujets de leurs chansons, souvent aussi débiles que leur nom : troubles érectiles (Can't Get it Up), problèmes de mémoire post-cuite (I don't remember that), de drogue, etc. etc. Pas avec eux qu'on va refaire le monde !
Et pourtant... Avec une section rythmique absolument infernale, répétant jusqu'à la transe des beats/basses lancinants et glaciaires (on peut penser à Sleaford Mods, en plus musclé et sale), du talk-over et des braillements joliment foutus, des guitares maltraitées, un saxo en embuscade, l'effet finit par se faire et leurs titres, par vous attraper au collet, à l'instar de leur dernier single Sports, assez représentatif du genre. Mais surtout du tuant, hypnotique et halluciné Research Chemicals, une bombe à fragmentation dont les 7 minutes repoussent toutes les limites de la décence punk ou post-punk. Tout comme de la (d'après ce qu'on en comprend) pornographique et en tout cas très jouissive Liquids...
Plus loin, on découvre l'étrange et toxique ballade Baby Teeth (non, on n'a pas cherché à comprendre ce que ce type faisait avec des dents de bébé, dans un titre qui sonne comme du early Nick Cave...), ou encore la curieusement nostalgique Call of the Wild, montrant un potentiel écorché vif inattendu, et presque émouvant. Pas mal de belles surprises donc déjà, dans les 7 à 8 titres à peu près référencés. Et au final, si l'élève doit faire ses preuves à l'examen, il révèle un énorme potentiel et ses compositions flottent loin, très loin au dessus de la mêlée, dans des styles qui ont pourtant déjà été tués depuis très longtemps ... A découvrir, donc !
(2016-2018, divers labels)
Vignette Philippe

 Critique écrite le 13 septembre 2018 par Philippe
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