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Chronique de Concert

Chris Isaak

Chris Isaak en concert

Le Grand Rex, Paris 19 juin 2010

Critique écrite le par




La rencontre d'un admirable crooner rockabily surf country vintage fasciné par Elvis Presley - Chris Isaak - et d'une salle mythique de la ville lumière, Paris - Le Grand Rex - un samedi soir du mois de juin, qu'est que cela peut bien donner ? Un concert d'exception dans un lieu chargé d'histoire ? Une soirée entre gens bénéficiant d'un fort pouvoir d'achat ? Un show à l'américaine par un entertainer hors pair, avec ce que cela entraine de qualités et de défauts ? Réponse ci-dessous :




Comme une star Made In Las Vegas...

Peu avant 21h, Chris Isaak et ses cinq musiciens (guitare, basse, batterie, percussions, orgue électrique et Hammond... ), font leur apparition sur la scène du Grand Rex : la salle est copieusement garnie mais n'affiche pas complet à notre connaissance... Il faut dire que les tarifs pratiqués sont assez élevés : de 89 euros, pour avoir la chance d'être à l'orchestre, à 59 euros, pour avoir un aperçu lointain et une acoustique déplorable au balcon, en passant par un tarif intermédiaire pour prendre place en mezzanine... Cela n'a pas empêché un public bigarré, enthousiaste et pas si âgé qu'on aurait pu le croire de se déplacer visiblement avec joie ! Toujours beau comme un dieu et élégant comme une star Made In Las Vegas, l'élégant Chris déboule sur les planches affublé d'un tenue bleue royal digne des shows du grand Elvis dans la ville de perdition du Nevada. La prestance naturelle du fils spirituel ce dernier, son répertoire mythique en forme de collection de tubes (même si son dernier album studio - sonnant country FM - n'est pas à la hauteur) et sa voix en or faisant rêver aussi bien que les femmes que les hommes séduisent immédiatement, même si du balcon le son ressemble plus à une bouillie sonore qu'à une quelconque musique. Mais c'est Chris Isaak qui joue sur scène. Malgré les conditions précaires d'écoute et de vue, le charme commence à opérer doucement. Même s'il est joué un peu trop tôt, le génial Wicked Game fait son petit effet, et ce malgré le fait que le guitariste ne soit pas exactement l'homme de la situation : ses guitares ne sonnent pas assez fifties et son jeu est un peu trop technique à notre goût. Le très enlevé morceau Dancin' est, lui, interprété avec une chorégraphie décalée avec les deux guitaristes, façon ZZ Top. Somebody's Crying permet d'écraser le premier début de larme et de se dire que c'est vraiment quand il se lance dans des ballades tristes de cowboy solitaire délaissé par sa tendre et chère que notre homme excelle véritablement.




C'est du miel qui va couler dans les oreilles des fans de Chris Isaak...

Au bout de quelques morceaux, Mr Isaak brise admirablement la glace (déjà passablement réchauffée par ses roucoulades ultra sexy) en faisant un très beau numéro de chauffeur de salle : ses histoires aussi improbables que drolatiques, ses petites anecdotes croustillantes pour mettre en valeur ses musiciens tout en les brocardant sont réellement savoureuses. Cela a l'immense mérite de faire naitre la très agréable impression d'être en présence d'une personne voulant entrer en connexion avec le public... Impression confirmée par l'interprétation de la légendaire scie chantée par Presley, Love Me Tender. Les fans se pâment, des cris de loups en chaleur montent de l'assistance et l'auteur de Blue Hotel vient chanter au milieu du public, partout dans la salle. Même au balcon, où l'on voit avec émotion arriver la pimpante star, tout sourire et très en voix. Dès lors, et à part quelques nouveaux morceaux inintéressants et trop formatés FM (c'est typiquement ce qu'on écoute sur les radios country commerciales américaines en sillonnant les higways !), c'est du miel qui va couler dans les oreilles des fans de Chris Isaak. A la demande expresse de la vedette gominée aux suaves cordes vocales, le public se lève pour les morceaux les plus enlevés - dont l'hyper sexué Baby Did A Bad Bad Thing vers la fin -, nous permettant de nous rapprocher significativement de l'action. Là, le son est meilleur et l'on a une vue imprenable sur les chorés dans le plus pur style d'Elvis The Pelvis. Quand il fait onduler son bassin comme son héros, il le sait bien, Chris Isaak donne une petite idée derrière la tête à bien des gens !


Avalanche de tubes chromés chantés avec passion.

Et puis, jolie cerise sur le gâteau, cet homme de goût fasciné par le King paye son tribut à une autre de ses idoles, le génial Roy Orbison ; s'en suit un (Oh) Pretty Woman, certes un peu convenu mais quand même terriblement jouissif ! Un court hommage à l'immense parrain de la soul, James Brown est également proposé avec une version de I'll Go Crazy... Sous cette avalanche de tubes chromés chantés avec passion, on en oublierait presque le guitariste un peu lourdingue qui officie aux côtés de Chris Isaak, très délicat, quant à lui, sur sa "six cordes". Même si le reste du groupe est, lui, de bonne qualité, les meilleurs moments sont donc quand le guitariste reste sobrement discret (comme lors d'un petit set débranché où tout le monde est en front de scène) ou quand il laisse son leader se débrouiller (très bien !) tout seul. En rappel, le public, désormais chauffé à blanc a droit, entre autres, à un Blue Hotel de belle tenue et à un Forever Blue final absolument divin ! Les plus de deux heures de ce spectacle de Chris Isaak ont confirmé son statut de songwriter hors pair, de vocaliste sidérant et de showman hyper à l'aise. Les cinq ou six fautes de goûts ne sont finalement qu'une goutte d'eau dans un océan de classe !


Liens : www.myspace.com/chrisisaak, www.chrisisaak.com, www.facebook.com/chrisisaak, www.legrandrex.com.

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