Accueil Chronique de concert Dame Area + Nihiloxica
Dimanche 5 décembre 2021 : 11352 concerts, 25885 chroniques de concert, 5284 critiques d'album.

Chronique de Concert

Dame Area + Nihiloxica

Dame Area + Nihiloxica en concert

Petit Bain, Paris 2 Novembre 2021

Critique écrite le par

Mardi 2 novembre a marqué pour moi le vrai début du retour des concerts. Bien sûr depuis l'instauration du pass, j'en ai refait du concert, j'ai re-bougé mes cheveux, re-dansé mal comme ma tante Nadine à un mariage, re-bu des bières trop chères et senti des aisselles de trop près. Mais c'est lors de cette date fatidique, du pire jour de la semaine, du pire mois de l'année, que j'ai compris que c'était vraiment reparti. Déjà, parce qu'on était mardi, et pour sortir un mardi faut être sacrément motivé ou alcoolique ou les trois, mais surtout parce qu'on a réussi à me traîner dans une salle que je ne connaissais pas pour voir deux groupes que je connaissais pas, et même que j'ai payé... Et même que j'ai aimé ça. Alors déjà Petit Bain, ok, c'est dans le 13ème, c'est loin de tout, mais quelle chouette salle ! On est sur un bateau, mais on le sent pas, c'est pas trop grand et pas trop petit, et de toute façon ce qui compte, c'est comment on s'en sert, et puis franchement tout le monde fait bien son taf là-bas. Dès le début, j'ai senti une ambiance, notamment avec cet écriteau placardé partout qui expliquait que le machisme, le sexisme, le racisme et plein d'autres trucs étaient interdits dans la salle. Après m'être demandé si des gens quand ils voyaient ça se disaient : "Ah merde ! Bon ! Ben je me casse ! Allez viens la grosse, apparemment on n'a pas le droit ! ", je me suis senti intrigué par un des autres éléments de l'affiche qui expliquaient qu'en plus de tous ces trucs évidents, la "putophobie", aussi, était interdite. J'ai demandé au mec qui vendait des places ce que ça voulait dire. Il m'a expliqué très gentiment que c'était le fait d'être contre les travailleuses du sexe, de les dénigrer, voire d'être pour leur disparition. Il m'a ensuite demandé si, du coup, je l'étais ? J'ai dû admettre qu'il n'en était rien. Que même si on me demandait vraiment mon avis : j'étais carrément "pro-pute" ! Voire méga pro pute dans la mesure où j'étais beaucoup plus pour leur prolifération que leur disparition, tant qu'on était dans le domaine du choix libre, bien évidemment. Ça lui a paru être une bonne réponse et il m'a même qualifié de "putophobephobe", ce qui bien que je n'ai pas tout compris, m'a bien fait marrer. Après une bière, et en ayant pris soin de ne demander aucune précision à personne sur la nature de ce que j'allais me prendre dans la gueule, les lumières s'éteignent et une petite cinquantaine de personnes s'approchent de la scène.


Dame Area

Pas d'amplis apparents, pas de grosses grattes, ni de batterie dans le fond comme je m'y attendais, mais un amoncellement de machines bizarres et un micro. Apparaissent un homme d'une quarantaine d'années, équipé des plus belles rouflaquettes que j'ai vues depuis longtemps, et une jeune brune fluette dont le visage laisse transparaître son évidente envie de casser des gueules. Le mec s'installe au "clavier-machines bizarre avec plein de fils que je comprends pas," la fille se place devant le micro, une baguette à la main prête à en découdre. Et c'est ainsi que le show de Dame Area débuta. Je dis concert, mais on pourrait plus parler d'un "DJ-set", tant la velléité du groupe a été de nous faire bouger nos petits culs pendant 45 minutes. Dame Area, c'est une sorte de synth pop punk 80's bien vénère avec une fille qui hurle dans un micro. Et c'est le genre de truc qu'on verrait plus un samedi soir à 4h du mat qu'un mardi à 19h30, et pourtant, l'espace de 40 minutes grâce au duo mi-catalan mi-italien il n'y avait plus de début de semaine, plus de boulot le lendemain, il y avait juste des gens qui dansaient, mal certes, mais mal comme on aime, mal comme quand on danse et qu'on s'en fout de tout, et ça, c'est tout à leur honneur.

Je parle de DJ set aussi parce que leur set, qui a l'air d'être rodé au poil de cul, ne souffre d'aucune pause... Chose dont nombre de groupes de rock devraient s'inspirer... Trop de pauses entre les chansons, ça fait descendre le momentum, et les blagues de merde du chanteur n'y changent rien. Alors, ok, ma tante Nadine trouve que : "Même si elle comprend pas tout l'anglais, c'est sympa de parler au public", mais en vrai ça prouve souvent que le groupe a pas assez bossé, et c'est ce genre de temps morts qui te niquent une ambiance. Dame Area, les temps morts, ils n'en veulent clairement pas, leur but : nous abattre, leurs armes : du gros son rétro juste ce qu'il faut et une débauche d'énergie. Ils ne lâchent ja-mais la pression ! Ils réussissent l'exploit de nous faire croire qu'ils sont en train de jouer des tubes qu'on connait tous, alors qu'ils ne jouent quasiment que leurs chansons (je pense avoir repéré une reprise grillée tout de même.) que presque personne ne connaît. Et puis surtout ils sont à fond : on est une centaine en milieu de concert, et la chanteuse italienne, Sylvia, descend dans la fosse pour faire danser les gens comme si on était 2000, et d'ailleurs, à un moment, on y a presque cru. Le set se finit en apothéose, juste avant qu'on trouve ça long. Rien à dire. C'est maîtrisé, la prochaine fois, on veut les voir un samedi très tard.


Nihiloxica

Deuxième Pinte (dernière qu'on se dit, on est quand même mardi.). Débrief à base de "Sympa hein ?", " Impressionnante la meuf", "Ah mais il est Espagnol le gars !! Mais c'est pour ça les rouflaquettesi !!!" ,"Tu crois qu'ils baisent les deux ? " Et c'est parti pour Nihiloxica (même si à ce moment-là, pour moi, ils étaient "le deuxième groupe"). Sur la scène : beaucoup trop de djembés ! Enfin... Un vrai djembé et puis d'autres instruments qui j'en suis sûr doivent avoir des vrais noms, mais que je qualifierais de "gros djembé" "énormes djembé" et "rikiki djembés". Rajoutez à ça : une batterie ("Ah, quand même !" me dis-je !!! Parce que j'aime bien me dire des trucs) et des machines bizarres en fond de scène. En fait, Nihiloxica, c'est : trois percussionnistes qui viennent d'Ouganda et deux musiciens anglais de Londres (c'est les gens qui sont pas au djembé.). Au début, j'ai peur, parce qu'autant de djembés ça sent la manif de la CGT à plein nez, mais dès le début, je comprends qu'on est sur un autre game. Ça cogne fort, et ça va pas s'arrêter pendant une heure. En plus des rythmes qui vont pas tarder à mettre tout le petit bain, cette fois franchement rempli, en transe, les nappes de sons et la batterie bien pas contente du tout ajoutent aux sons très africains une froideur européenne qui donne une température musicale qui s'accorde très bien avec ce mardi de novembre. Au bout d'un moment, entre les pintes qui commencent à faire effet sur tout le monde, les sons hypnotiques des machines, et le percussionniste de gauche qui gueule dans son micro à balle de reverb comme un toaster jamaïcain, on est pris dans le truc, et on se surprend à danser franchement et à frapper sa pinte en rythme, en espérant que tout le monde soit occupé à faire pareil (Si quelqu'un a une vidéo de moi qui danse si mal, je vous la rachète très cher.). Le set monte en puissance, j'ai compris plus tard qu'ils avaient joué la quasi-totalité de leur dernier album sorti en 2021 et finit au bon moment (c'est-à-dire juste avant qu'on s'emmerde) après une heure bien maîtrisée. Je ne sais pas ce que donnent ces deux groupes en disque (enfin en streaming hein...), mais en live, c'était vraiment bien. Sortez, même un mardi, même si vous connaissez pas le groupe, même si vous dansez mal, c'est vital en fait.


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