Chronique de Concert
Gravenhurst
L'intérêt donc du concert d'hier soir était donc le suivant : qu'est qu'on fait comme rock chez Warp ? Réponse : on fait comme dans l'électro, du cérébral avant tout.

Après la sympathique prestation solo du leader de Nation All Dust, les quatre anglais montent sur scène dans la discrétion la plus totale. Batterie, basse, 2 guitares, un petit korg pour les effets et c'est tout. On leur donne 25 ans à tout cassés avec leur uniforme d'étudiants, jean, tee-shirt ou chemise et surtout, pour Talbot, une paire de lunette attaché avec un cordon comme ma grand-mère. Pas charismatique, pas sexy, passe-partout. Mais 3 albums au compteur. Certains qui ont la totale dégaine ne peuvent pas en dire autant...

Premier morceau éponyme tiré de leur dernier album, The western lands, et c'est parti comme Calexico il y a 10 ans en plein revival Mariachi... Nous voilà donc prévenu, pour ces anglais, le territoire qui compte est de l'autre côté de l'Atlantique. Un rapide coup d'il sur la carte et on comprend vite : Bristol, dont ils sont originaires, se situent sur la côte ouest anglaise. En face, t'as le choix entre Cardiff et... les USA... Alors, à défaut de faire du trip hop comme tout le monde là bas (de Massive Attack à Portishead), Gravenhurst fait du rock pensé, retenu, organisé. Pas de chant, plus de 5 minutes au moins, une maîtrise parfaite de leur instrument, bon tempo, l'assistance commence à se mettre dedans.

Second morceau, Hollow Men, là on se croirait chez My bloody Valentine, guitares à fond, mélodie qui surnage et voix éthérée. Ça commence doucement, ça éclate, ça revient, la mélodie bifurque, ça repart et puis ça éclate, etc. Là, on pense à Tortoise, Gastr del Sol ou encore Godspeed You ! Black Emperor, tous ces groupes nés dans les années 90 sur le continent américain, paresseusement qualifiés de post rock, tout ça parce qu'ils ne respectent pas les structures classiques couplets refrains et s'aventurent dans des contrées bruitistes.

Puis arrivera The Saints, She dance, Song among the pine, enfin presque tout le dernier album. Sur scène, c'est forcément plus nerveux que sur disque, .Il y a aura encore Trust, gentille chanson pop parasité par des larsens savamment distillée. Là, on pense un peu à Sonic Youth et beaucoup à Broadcast, un autre groupe anglais à mi chemin entre pop et posture arty. C'est pas mal, c'est vrai, mais comment dire... on s'emmerde. On comprend vite le principe des morceaux, ça ne surprend plus vraiment la pédale qu'on enclenche pour créer l'orage électrique et qu'on relâche pour retrouver la ligne claire de la mélodie.

Le reste du set, qui ne durera qu'une heure (y compris le rappel) répètera à l'envie la structure finira par fatiguer certains. On avait perdu l'habitude de regarder ses godasses dans un concert de rock depuis quelques années. Mais avec le retour programmé de My Bloody Valentine cet été, il va peut être falloir ressortir sa panoplie de contemplateur béat, parler art entre deux gorgées de vin tout en jetant une oreille discrète à cet obscur groupe qui s'échine à faire un peu de bruit blanc.

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Critique écrite le 15 avril 2008 par stéphane sarpaux
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> Réponse le 16 avril 2008, par Mystic Punk Pingouin
Quelle déception ! Attention hier c'était un bon concert. Mais je m'attendais à beaucoup plus de la part de Gravenhurst dont les 4 albums tournent en boucle sur ma platine depuis 3 ans. Groupe obsédant sur disque, il ne sera qu'appliqué sur scène. J'ai pas eu de frisson, pas ressenti d'émotions, l'impression d'assister à une démonstration de premiers de la classe, fortiches mais si peu viscéraux. Raaah, déçu de chez déçu le Pinguin... Bon ça n'empeche que je vais me repasser en boucle Black Holes in the sand... Réagir
> Réponse le 18 avril 2008, par Geff
Ouais... Pas vraiment d'accord. Le groupe était loin d'être décevant même si la prestation live est (trop) proche de l'album studio. Pour ma part, je trouve leurs chansons vraiment belles, mélodiques, romantiques, sensibles et...intelligentes. C'est vrai, ça peut passer pour une grosse tare de nos jours. Surtout quand il n'y a pas le mot "dancefloor", "leur musique fera bouger votre tête et vos pieds", "des chansons en forme de gros sucre d'orge" ou ce genre de conneries sur la notice du produit. Il y a beaucoup de choses qui passent dans leurs morceaux, beaucoup d'émotions, d'histoires racontées avec beaucoup de notes et un peu de voix posé délicatement dessus. Côté scénique, c'est sûr, c'est pas Mick Jagger. Mais moi, avec leurs petites gueules sérieuses et... La suite | Réagir
> Réponse le 23 avril 2008, par RnFrmLMrs
Nick Talbot et ses trois acolytes ? Croisés dans la rue, ils vous évoqueront une bande d'étudiants en science. Austères et peut-être un rien autistes. Mettez les sur la scène du Poste à galène, donnez leur une batterie, des guitares et une basse : rien ne change. Les voilà qui commencent à jouer. D'un coup, ça n'est plus du tout la même histoire. Pas qu'ils se mettent à gigoter en tout sens, à hurler ou à se transformer, non. Leur charisme scénique reste proche du zéro. Mais alors, pourquoi s'enthousiasmer ? Pour le son, tiens. Pour les montées, les descentes. Pour les mélodies accouchant de déflagrations. Pour le romantisme étrange qui habite leurs compositions. Pour ce flegme très anglais qui les voit débiter des décibels énormes, sans bouger les oreilles.... La suite | Réagir
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