Accueil Chronique de concert Interview de Pierre Andrieu à propos du livre The Cure - Just Like Heaven, par A Pink Dream
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Chronique de Concert

Interview de Pierre Andrieu à propos du livre The Cure - Just Like Heaven, par A Pink Dream

Interview de Pierre Andrieu à propos du livre The Cure - Just Like Heaven, par A Pink Dream  en concert

Clermont-Ferrand Octobre 2026

Critique écrite le 07 octobre 2026 par A Pink Dream



Je viens de terminer la lecture de The Cure - Just Like Heaven (qui sort le 8 octobre 2026 aux éditions Le Boulon) et j'ai vraiment adoré ! Entre l'analyse des albums marquants, les souvenirs de live et la foule d'interviews croisées (de Lol Tolhurst à Bernard Lenoir, en passant par Dominique A, Nicolas Godin ou Thomas VDB), une chose saute aux yeux : tous ces regards différents convergent vers la même évidence - Robert Smith est un génie absolu et The Cure restera l'un des plus grands groupes de l'histoire du rock. Son auteur, Pierre Andrieu (journaliste musical depuis 25 ans et déjà auteur d'un super bouquin sur Jean-Louis Murat), a bien voulu se prêter au jeu de l'interview. On a parlé de la genèse du livre, de l'empreinte de la musique de Cure, des concerts marquants et de l'avenir du groupe. Une belle plongée dans l'univers de Robert Smith à découvrir ci-dessous !

A Pink Dream, fan club français de The Cure, www.facebook.com/Cureapinkdream : Pour ceux qui te découvrent sur les réseaux, peux-tu te présenter rapidement ? Tu entretiens quelle relation avec The Cure ?
P.A. Je m'appelle Pierre Andrieu, je viens d'avoir 55 ans, j'écris sur la musique depuis le début des années 2000 et j'en écoute avec passion depuis les années 1980. J'ai commencé par écrire des chroniques de concerts et de disques puis à faire des interviews pour le site www.concertandco.com, dont j'ai été longtemps salarié. Après quelques années, j'ai fait des piges pour les magazines Rock&Folk (comptes rendus de festivals), New Noise (chroniques de disques, festivals et interviews) et Plugged (idem). Puis, en 2023, à la mort d'un de mes artistes préférés, Jean-Louis Murat, j'ai eu envie de lui rendre hommage en écrivant un livre sur lui, Jean-Louis Murat - Les Jours du Jaguar, qui est sorti en avril 2024 aux éditions Le Boulon (leboulon.net/murat-jours-du-jaguar). Pour en venir à The Cure, c'est le premier groupe dont j'ai été fan, dès 1986 : après la découverte du groupe via l'album The Head on the Door et la compilation Standing on a Beach, j'ai rapidement "remonté" la discographie du groupe jusqu'à ses débuts, achetant et écoutant tous leurs albums en cassette. Puis j'ai guetté toutes les interviews de Robert Smith dans la presse, ses passages avec The Cure à la télévision française, j'ai lu les auteurs qu'il conseillait (Jean-Paul Sartre, Albert Camus...), j'ai acheté pas mal de posters et des baskets Reebok, comme lui, tout en rêvant de le voir sur scène... Le tout en écoutant en boucle mon tout premier compact disc, le formidable Concert: The Cure Live datant de 1984. Malgré quelques petites périodes à la fin des années 1990 et au début des années 2000 où j'ai moins aimé les albums de The Cure, j'ai toujours écouté la musique du groupe, tout en allant le voir régulièrement sur scène. Et à ce jour je n'ai jamais vu un mauvais concert de Cure !

Après ton livre sur Jean-Louis Murat en 2024, pourquoi t'attaquer à la montagne Robert Smith aujourd'hui ?
J'ai adoré l'expérience de l'écriture d'un livre sur un artiste qui me passionnait, et qui me passionne toujours d'ailleurs. S'immerger dans la musique de Jean-Louis Murat pendant les 9 mois de l'écriture du bouquin, tout en rencontrant ses musiciens et ses proches pour des entretiens, ça m'a beaucoup plu. Et ça n'a fait que renforcer ma passion pour son oeuvre, je ne me suis pas du tout lassé de ses albums... J'aurais aimé qu'il vive encore longtemps et poursuive sa carrière jusqu'à un âge avancé comme ses idoles Neil Young, Leonard Cohen, John Lee Hooker et les Rolling Stones. Malheureusement, ça ne s'est pas passé ainsi. Quand le livre Jean-Louis Murat - Les Jours du Jaguar est sorti, j'ai eu très envie d'en écrire un autre, cette fois sur un des artistes qui m'accompagne à chaque étape de ma vie depuis mon adolescence, Robert Smith. J'ai voulu reprendre le principe du livre sur Murat, à savoir proposer une biographie subjective avec un best of personnel des disques et concerts de The Cure que je trouve les plus importants. Le tout agrémenté de nombreuses interviews, afin de croiser les témoignages et de montrer qu'on peut aimer ce groupe dont la musique est intemporelle quel que soit son âge... Dans les 23 interviews présentes dans le livre, la pyramide des âges est parfaitement représentée : on va d'une fan nommée Justine Bergheaud, qui a un peu plus de 20 ans, au journaliste Bernard Lenoir, qui en a 80, en passant par de jeunes groupes inspirés par The Cure comme Sinaïve, Foxhole, JoyCut, Par-Sek ou Garciaphone et de "vieux briscards" comme And Also The Trees, Anton Newcombe de The Brian Jonestown Massacre, Nicolas Godin du groupe Air, Dominique A ou Frédéric Lo. Tous sont fascinés par l'oeuvre et le personnage de Robert Smith, qui figure lui aussi dans le livre via une interview de Christophe Basterra datant de 2000 (merci à lui !) et de nombreux extraits de ses interventions au fil des années. Il y a aussi des fans anonymes ou connus - Lydie Barbarian, Richard Bellia, qui ont été séduits par la musique de The Cure très tôt avant de devenir journaliste et photographe - qui évoquent leur histoire avec The Cure. Un peu comme moi via ce livre : c'est un livre de fan pour les fans, et ce même si j'ai effectué un travail de journaliste pendant deux ans pour le réaliser.

Dans le livre, tu parles de la claque "Inbetween Days" en 1985 et de l'écoute de la cassette de The Head on the Door dans les gorges du Verdon. C'est là que tout a basculé ?
Oui, ce titre génial et accrocheur, "Inbetween Days", et l'album dont il est extrait, The Head on the Door, m'ont marqué à vie. Mais je pense que je les ai découverts un peu "en décalé" par rapport à la sortie, donc fin 1985 ou plutôt en 1986 en plein Curemania. "Inbetween Days" et "Boys Don't Cry" (publié à nouveau via la compilation Standing on a Beach en 1986) passaient beaucoup à la radio et à la télé à cette époque. Mais je n'avais que 14 ans, donc je n'allais pas encore voir des concerts et je n'ai même pas su que The Cure se produisait à 20 minutes de chez moi, à la Maison des Sports de Clermont-Ferrand en décembre 1985. Il aurait fallu que j'habite en ville et pas à la campagne, ou que j'aie un grand frère, un cousin ou un parent fan et motorisé. J'envie un peu ceux qui sont interviewés dans le livre - comme Calmin Borel et Sébastien Lopez... - et qui ont pu voir The Cure à 13 ans. Mais, cela dit, l'attente avant de voir enfin Robert Smith sur scène, en 1992, a rendu le concert au Zénith de Paris encore plus fort pour moi.

Pour la couverture, tu as choisi un cliché pris par Antoine Giacomoni en 1981 à travers son miroir. Pourquoi cette photo précise de Robert Smith jeune, sans son "masque" habituel ?
Il y avait plusieurs options pour la couverture, mais quand l'éditeur du livre, Xavier Belrose, m'a proposé cette photo signée Antoine Giacomoni, j'ai été rapidement conquis : le cliché est vraiment superbe, il est peu connu et montre une facette originale de Robert Smith, qui commence un peu à avoir les cheveux ébouriffés mais qui ne se maquille pas encore. La photo date de la période Faith du groupe, que j'adore, comme de nombreux fans d'ailleurs, et qui est, bien évidemment, évoquée dans le livre. De plus, j'ai beaucoup aimé le livre de Clémentine Boulard sur la chanteuse Nico (Qui a peur d'être dans le noir, leboulon.net/nico/), biographie très originale et bien écrite illustrée par de superbes photos d'Antoine Giacomoni, en couverture et dans les pages intérieures. De fil en aiguille, j'ai pas mal appelé Antoine sur son téléphone fixe en Corse pour évoquer ce cliché de Robert Smith et le contexte de la prise de vue. Puis je lui ai proposé de raconter tout ça dans la préface, qui est très bien, je trouve.

Tu consacres des chapitres aux monuments que sont Faith, Pornography, Disintegration ou encore Songs of a Lost World, mais tu fais l'impasse sur les albums Wild Mood Swings, Bloodflowers, The Cure ou 4:13 Dream. Pourquoi ce choix ?
Comme pour le livre sur Murat, je ne désirais pas être exhaustif, je souhaitais proposer un best of de The Cure, mon best of de The Cure. Je sais que c'est subjectif et que chacun a ses propres albums préférés, mais je voulais mettre en avant la crème de la crème de ce que Robert Smith et son groupe ont enregistré au fil des années. Il me semble que, même s'il y a quelques bons titres dessus, Wild Mood Swings, The Cure, Bloodflowers et 4:13 Dream sont des disques mineurs par rapport aux chefs-d'oeuvre que sont Seventeen Seconds, Faith, Pornography, Japanese Whispers, The Top, The Head on the Door, Disintegration ou Wish. Cela dit, Bloodflowers est le meilleur de ces quatre disques, il marquait un renouveau après Wild Mood Swings. J'ai chroniqué Songs of a Lost World dans le livre parce que je l'inclus dans la catégorie "chef-d'oeuvre" : c'est un très beau disque, dont le thème est particulièrement émouvant, il s'écoute d'une seule traite, comme un tout. C'est un disque qui a touché beaucoup de monde, l'interprétation des titres "Alone" et "Endsong" sur la tournée 2026 était un très grand moment dans des concerts pourtant truffés de titres forts. Cela prouve, à mon avis, la qualité de ces morceaux, presque deux ans après leur sortie.

Même si tu aimes moins cette période, il y a quand même un morceau ou une face B que tu sauves là-dedans ?
Oui, comme je le disais à l'instant, Bloodflowers est un bon disque, même s'il est moins marquant que les albums cultes que je viens de citer. "The Last Day of Summer" est un très beau titre, qui a d'ailleurs été joué sur la dernière tournée des festivals en 2026. Il ne déparait pas la setlist constellée de merveilles. Même si Wild Mood Swings est un album moyen à mon avis, et si je suis passé à côté à l'époque de sa sortie, il comporte quelques belles réussites que j'ai appris à apprécier lors de l'écriture de The Cure - Just Like Heaven. Je pense en particulier à "This Is A Lie", que Thomas VDB mentionne dans l'interview, à la fois drôle et intéressante, qui est dans le bouquin. J'ai réécouté après l'entretien, et j'ai été séduit, c'est vraiment superbe, merci monsieur VDB ! Pasquale Pezzillo du groupe JoyCut m'a parlé, lui, de "Treasure" pour le livre, et comme pour "This Is A Lie" j'ai redécouvert ce morceau, je le trouve très classe. Et puis lors du premier concert dans les arènes de Nîmes cet été, The Cure a joué "Want", encore un extrait de Wild Mood Swings, et j'ai vraiment apprécié ce moment.

Que garderais-tu si tu devais ne choisir qu'un seul album ou une seule période de The Cure ?
Question extrêmement délicate ! La trilogie glacée Seventeen Seconds / Faith / Pornography, qui va de la période 1980 à 1982 est absolument exceptionnelle, et même si les deux premiers disques sont géniaux, je place Pornography au-dessus, ne serait-ce que pour les titres "A Strange Day", "The Figurehead", "Siamese Twins", "Cold" et "One Hundred Years". En premier ex æquo - oui, je sais, c'est de la triche ! - dans mon panthéon curiste personnel, je placerais Disintegration, un chef-d'oeuvre de plus de 70 minutes ne comportant pas une seule note à changer. Les deux disques sont intemporels et sertis de titres mémorables, mais Disintegration est moins extrémiste dans le son et les textes, il est donc plus facile à écouter avec des gens "normaux". Alors que Pornography s'écoute seul, à mon avis... Ou alors avec des personnes averties et très fans !

Tu as écrit des livres sur Robert Smith et sur Jean-Louis Murat... Quels sont les vrais points communs entre les deux à ton avis ?
On m'a dit que Jean-Louis Murat avait quelques disques de The Cure chez lui, dont Pornography et le live The Cure in Orange. Et l'un de ses meilleurs amis, le regretté musicien Christophe Pie, était un grand fan de Cure, on en avait parlé tous les deux. Il y a beaucoup de points communs entre The Cure et Jean-Louis Murat et l'on peut très bien être fan des deux, j'en suis la preuve vivante ! Les discographies de Murat et de Robert Smith sont toutes les deux foisonnantes et très variées : ce sont deux artistes qui essayaient, ou essaient encore pour Smith, d'éviter les redites. On retrouve dans les disques des deux beaucoup de poésie et de mélancolie, des emprunts à la littérature, et un savoir-faire manifeste pour créer des pop songs qui restent en tête et de longues chevauchées très prenantes. Smith et Murat ont des personnalités complexes et doubles : à la fois timides et extravertis, très francs et drôles en interview, avec une sorte de génie pour trouver des formules percutantes et vachardes reprises par les journalistes dans leurs papiers. Comme elle m'avait dit être fan et avoir vu The Cure au Madison Square Garden de New York, ça m'a fait plaisir d'interviewer pour le livre Justine Bergheaud, la fille de Jean-Louis Murat et Laure Desbruères. Et ça m'a permis de faire un lien entre les deux bouquins et les deux artistes.

Murat allait souvent au clash en interview, alors que Smith joue plutôt la carte de l'ironie, du second degré et des histoires inventées lors des entretiens qu'il accorde. Quel est leur but derrière tout cela ?
Faire parler d'eux et vendre des disques ? Ce qui paraît être le but de la promotion... Les deux artistes étaient (Smith l'est toujours) des maîtres en termes de communication : ils savaient emmener les journalistes là où ils voulaient aller pour leur promo, et leurs traits d'esprit étaient brillants et souvent hilarants. Avec dans les interventions des deux, des saillies bien senties sur la politique, le métier du disque ou leurs camarades musiciens (Morrissey, Renaud, etc.). Et puis une mine d'informations sur leurs coups de coeur musicaux, cinématographiques et littéraires, ce qui est très important pour moi.

Quelle est la qualité de Robert Smith qui est revenue systématiquement quand tu as interrogé Lol Tolhurst, Lydie Barbarian, Bernard Lenoir, Anton Newcombe, Jessica93, Dominique A, etc. pour le livre ?
Dans quasiment chaque interview, Robert Smith est salué comme un très grand songwriter, chanteur et guitariste, un artiste total vivant pour sa musique en étant complètement dans son monde, imperméable aux influences extérieures trop visibles... Et donc comme quelqu'un capable de produire une musique hyper originale et très personnelle. De nombreux intervenants mentionnent également sa tolérance et son ouverture d'esprit.

Tous les musiciens du livre bloquent sur le jeu de guitare de Smith - les cordes à vide, la reverb, le chorus. C'est ça le vrai secret du son Cure ?
Oui, en partie, c'est à partir de l'album Seventeen Seconds en 1980 que Robert Smith propose des chansons identifiées comme typiques du "son The Cure", comme sur le tube intemporel "A Forest". Son jeu de guitare est remarquable car avec très peu de notes et en restant sobre au niveau technique, il arrive à créer des sons incroyables, parfaitement adaptés aux chansons et à l'émotion qu'il veut véhiculer dans tel ou tel morceau. Les effets qu'il utilise sur ses parties de guitare sont importants également, mais je trouve que c'est fait avec goût, pour servir les morceaux et en évitant la caricature. À mon avis, le grand secret du son de The Cure, c'est la voix de Robert Smith, très originale, hyper touchante et toujours sur le fil de l'émotion : grâce à cela on ressent exactement ce qu'il veut faire passer dans ses chansons.

Smith adore broder ou inventer des trucs en interview. Tu as fait comment pour trier entre le mythe savamment entretenu et la réalité ?
J'ai procédé par recoupements en lisant beaucoup d'interviews de Smith et des gens qui ont bossé avec lui, qu'ils soient musiciens ou producteurs. Parfois, on ne sait pas s'il dit vrai ou si c'est une légende, mais tout ceci est exprimé avec tellement de poésie que c'est beau. Donc, ne vaut-il pas mieux imprimer la légende ? Je pense en particulier à "Pictures of You" et à l'histoire de l'incendie de la chambre de Robert Smith ayant fait disparaître les photos de Mary pendant l'enregistrement de Disintegration. Que ce soit vrai ou pas, c'est une histoire touchante et, surtout, cela a abouti à l'écriture d'une incroyable chanson !

Tu as vu Nick Cave à Rock en Seine cet été et je crois que le concert t'a scotché, limite plus que Cure. Est-ce que Nick Cave est le seul de cette génération à tenir la comparaison sur scène, ou tu vois de plus jeunes groupes capables de prendre le relais ?
Le concert de Nick Cave à Rock en Seine était vraiment exceptionnel, j'étais très bien placé au milieu de la fosse, avec une vue imprenable et un très bon son. Celui de The Cure, deux jours plus tard au même endroit, était excellent, mais la setlist était plus consensuelle et moins intéressante qu'à Nîmes - je n'aime pas trop les titres "Mint Car" et "Wrong Number", et je trouve "alt.end" anecdotique... - et surtout j'étais plus loin dans la fosse que pour Nick Cave. On était les uns sur les autres, très serrés (le site était à saturation, il faudrait vendre moins de tickets : 35 000, oui, 40 000, non !), tant et si bien qu'au bout d'1 heure 15, je me suis reculé pour respirer et je me suis retrouvé trop loin. Les trois concerts à Nîmes étaient tellement géniaux et la fosse des arènes est tellement parfaite pour assister à un concert (on paie le prix fort, 124 euros, mais on n'est pas compressés du tout, et on a presque la sensation d'être sur scène) qu'à Rock en Seine j'ai un peu moins apprécié le show. Surtout à cause des conditions d'accueil, qui m'ont un peu gâché l'expérience. En plus, à Nîmes, le public a été gâté avec des setlists incluant des perles rares comme "Faith", "Charlotte Sometimes", "In Your House", "Shake Dog Shake", "Trust", "It Can Never Be the Same"... Dans les groupes plus jeunes capables de prendre le relais, je pense à Fontaines D.C., que j'ai vu en très grande forme à La Route du Rock cet été, malheureusement dans des conditions faisant penser à Rock en Seine pour The Cure : site saturé. La musique de Fontaines D.C. est à la fois fédératrice et pointue, et en plus le groupe est très fan de The Cure, il y a d'ailleurs dans leur répertoire des titres où l'on voit assez clairement l'influence de Robert Smith et de ses petits camarades. Sinon, j'ai adoré les concerts des groupes And Also The Trees, Mogwai, Slowdive, Interpol, Just Mustard et Jessica93 cet été... Ils sont moins populaires que Fontaines D.C., mais tout aussi bons, et sont tous inspirés par et/ou proches de The Cure.

Smith a parlé d'arrêter définitivement le groupe pour ses 70 ans en 2029. Tu penses qu'ils vont vraiment raccrocher ?
Même si le groupe était en très grande forme lors des concerts donnés en 2026, je pense qu'il est sage de prévoir une fin en 2029 - Robert Smith aura alors 70 ans - pour éviter de trop tirer sur la corde, comme le font certains artistes. Avec des dommages collatéraux comme une voix faiblarde ou une énergie défaillante... À ce jour, la voix de Smith est intacte, son envie de jouer est quasi palpable sur scène et son groupe est impeccable, même si les soucis de santé de Simon Gallup à Berlin cette année sont un peu inquiétants et si l'âge de Reeves Gabrels peut interroger pour l'avenir, il a 70 ans. D'ici 2029, j'espère encore un ou deux albums studio et des tournées passant par la France ! Mais après 2029, il faudra voir quel est "l'état des troupes" pour éviter les concerts de trop et ainsi permettre de rester sur une bonne note. Au final, c'est Robert qui décidera en fonction de sa forme et de son envie de se lancer une fois de plus dans une éreintante série de shows. Mais si tous les voyants sont au vert, je le vois bien repousser un peu la date de la fin de The Cure ! C'est un groupe que j'ai vu onze fois sur scène entre 1992 et 2026, j'aimerais encore avoir l'occasion d'assister à de nombreux concerts avant qu'il ne raccroche les guitares. En espérant un passage à Clermont-Ferrand, chez moi, au Zénith d'Auvergne et un entretien en tête-à-tête avec Robert Smith à propos d'un nouvel album, ou parcourant toute la carrière de son groupe.

Si tu devais résumer The Cure en un seul mot ou un seul titre, tu choisirais quoi ?
J'hésite entre "génie" et "honnêteté", parce qu'objectivement la carrière de The Cure et le nombre d'albums cultes et de tubes sont vraiment impressionnants. Seul un génie comme Robert Smith peut réussir à mener une telle carrière. Et outre ce génie, l'une des raisons de cette carrière, c'est son honnêteté, son authenticité : quand il chante quelque chose, on sent qu'il y croit, que ça le touche au plus profond de lui-même. C'est pour ça qu'il est très bon sur scène : il vit chaque mot qu'il chante, ce qui se ressent dans le public. Pour illustrer ce propos, je mentionnerais ses interprétations réellement bouleversantes de "Faith" les trois soirs aux arènes de Nîmes. Autre preuve de son honnêteté, le fait qu'il ait longtemps attendu pour publier l'album Songs of a Lost World : il voulait trouver les mots justes pour évoquer la perte de ses proches et la déliquescence du monde dans lequel nous vivons. Pour le titre, je vais encore "tricher" et en citer deux. Tout d'abord, l'inoxydable et acclamée "Just Like Heaven", qui, à mon avis, est LA chanson pop parfaite pour propulser tout le monde au paradis, c'est d'ailleurs pour ça que j'ai choisi d'appeler le livre The Cure - Just Like Heaven. Robert Smith est très fier de ce tube, il l'a souvent dit en interview. Normal, tout est génial : la composition, le texte, la mélodie, les arrangements, le clip... Je ne m'en lasse pas, et pourtant je l'écoute très souvent et je la passe chaque fois que je fais le DJ, en l'enchaînant avec l'immense "Love Will Tear Us Apart" de Joy Division. L'autre titre qui résume bien The Cure à mon avis c'est "A Strange Day". Sur ce morceau d'anthologie, on entre de plein fouet dans la facette sombre de The Cure avec un texte torturé, une voix plaintive, une production inquiétante. C'est une composition extrêmement brillante, avec une partie de guitare culte et un break hallucinant qui me cueille à chaque fois. Quand The Cure la joue sur scène, ce qui est assez rare, je défaille de joie !

Retrouvez A Pink Dream, fan club français du groupe The Cure ici : www.facebook.com/Cureapinkdream

Réseaux sociaux de Pierre Andrieu : www.facebook.com/andrieupierre, www.instagram.com/pierre.andrieu et x.com/pierreandrieu

Rencontre dédicace à Paris le 14 octobre à 19h :


Rencontre dédicace + concert de reprises de The Cure par Wendy Darlings, Foxhole, Garciaphone, Morgane Imbeaud, Alexandra Issartel, Joann d'Octobre Novembre, etc. à Volvic (près de Clermont-Fd) le 16 octobre à 19h30 :


 Critique écrite le 07 octobre 2026 par A Pink Dream


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