Interview de Bertrand Belin dans le cadre de la sortie de l'album Watt (3 octobre 2025)

"ESSAYER DE FAIRE MIEUX, C'EST QUAND MÊME LA MOINDRE DES CHOSES IL ME SEMBLE... "
Rencontré le 26 septembre en fin d'après-midi aux Vinzelles, Bertrand Belin a accepté de parler de son nouvel album, Watt (qui s'apprêtait à sortir une semaine plus tard), juste avant la discussion pour présenter La Figure, son dernier livre, très réussi, paru cette année chez P.O.L.. Bien calés sous la mezzanine du tiers-lieu, qui réunit en son sein une librairie, une salle de concert et un restaurant (vivement conseillés !), on a pu évoquer longuement avec lui un disque qu'on considère comme son chef-d'oeuvre. Et ce alors que le Breton basé à Paris n'a pas été avare en disques classieux depuis ses débuts (Parcs, Hypernuit, Cap Waller... ), ce qui montre l'étendue de son talent. Le rendez-vous littéraire avec Belin fut mémorable pour les fans du Monsieur puisqu'après les passionnants échanges autour de son ouvrage - dont l'auteur a pris soin de lire quelques passages marquants -, ils ont eu droit à un mini-concert intimiste en mode guitare/voix, avec, entre autres, une version à tomber à la renverse de son déjà culte " L'Inconnu en personne "... Un beau cadeau !
20 ans après ton premier album éponyme (paru en 2005), tu publies le 3 octobre un nouveau disque intitulé Watt. Je l'ai écouté en boucle tout l'été, à mon avis c'est ton meilleur album. Qu'en penses-tu ?
Bertrand Belin : Heu, je ne sais pas si c'est mon meilleur album, je ne peux pas répondre à cette question. Ce que je peux dire, c'est que ce n'est pas la première fois que ça m'arrive, qu'on me dise ça. Donc, je ne sais pas, j'évolue lentement, c'est tout ce que je peux dire. (rires) C'est mon huitième album, disons qu'en général, il arrive souvent que les gens commencent par faire leur meilleur disque puis, après, déclinent. Il semblerait que ce soit le contraire chez moi, je ne sais pas. Ah, sinon, d'aucuns ont pensé qu'Hypernuit était mon meilleur album, ça dépend des gens, ça ne peut pas être une vérité scientifique. Je ne sais pas quoi en penser, ça ne me regarde pas.
Jean-Louis Murat disait qu'il étudiait patiemment son dernier album paru pour en identifier les points faibles, les défauts, et s'améliorer sur le suivant... Tu fais ça également ?
Oui, bien sûr, essayer de faire mieux, pour être gagné par le sentiment d'arriver au plus proche de ton idéal. Ce qui est difficile c'est d'expliciter cet idéal. Il y a quelque chose devant soi qui produit une attirance, un désir, d'aller encore faire de la musique, d'aller encore lancer tes filets dans l'eau noire, pour trouver, récupérer quelque chose, avoir plus de chance. Ce n'est pas tellement " faire mieux ", c'est recommencer avec cette foi : on n'est pas seul au monde, le monde avance aussi, on réessaye à un autre moment, les météos sont différentes, et on peut attraper quelque chose d'autre. C'est toujours cette métaphore un peu maritime mais essayer de faire mieux, c'est quand même la moindre des choses il me semble...
Ah oui !
Ou alors on est convaincu qu'on a atteint son maximum dès le début et, après, l'objectif est de rester à ce maximum, ne pas décliner...
Watt, c'est un disque qui s'inscrit dans la continuité de ton dernier disque, moins orienté " guitare ", plus tourné vers les claviers, mais cette fois-ci avec un gros travail sur les cordes, qui sont majestueuses...
Il n'y avait pas un plan clair, on découvre les choses à mesure qu'on les fait. Il n'y avait pas un projet de mettre des cordes dans cet album. Il y a les chansons, leur nature, ce qu'elles demandent. J'ai l'impression que ce sont les formes qui demandent quelque chose, ce n'est pas moi qui veut absolument mettre des cordes. J'ai déjà pensé comme ça à l'époque de mon deuxième album, La Perdue. Mais c'était un peu penser à l'envers : " tiens, j'ai envie de faire des chansons avec tel type d'arrangements ". Donc, j'essaye plutôt de répondre à la forme de la chanson une fois qu'elle est un peu posée pour moi, avec un croquis, un schéma. La chanson dans sa dimension schématique demande des choses pour se parfaire. C'est comme ça que je procède. Ce qui est vrai, c'est que Watt est un album beaucoup moins synthétique que Tambour Vision. Il y a des cordes jouées par un quatuor, c'est une vraie batterie sur le disque, il y a de la basse, de la guitare également, beaucoup plus que sur Tambour Vision, où il y a des boites à rythmes, des synthés, des basses jouées au clavier. Donc, Watt, c'est quand même un album plus enveloppant, plus organique, avec une production peut-être un peu plus chaude. Je tenais à revenir à des instruments où il y a une amplitude d'interprétation, comme sur une batterie ou sur une basse électrique. J'avais vraiment envie de ça, de cette dynamique, de cette amplitude, qu'il y ait des scories éventuelles, avec les contraintes que ça pose.
La réalisation, un travail commun avec Thibault Frisoni, est remarquable. Tu peux parler de votre mode de fonctionnement ?
C'est très simple. Dans la grande majorité des cas, je compose des chansons, soit au piano, soit à la guitare. Et je commence à les enregistrer moi-même, puisque je pratique le studio, je suis compétent dans l'approche du magnéto (concrètement, Pro-Tools) : je suis autonome. Très vite, je commence à arranger les choses que j'ai posées rapidement, parce que je rencontre une forme d'impatience quand je compose : j'ai envie d'aller vite et de mettre les choses en forme tout de suite. Parfois même, je fais tout en même temps : les paroles, les arrangements, tout. Et puis après Thibault, avec son expertise des synthés, son tempérament, sa patience, reprend les choses et les refait en grand. Il améliore l'ordinaire de ce que j'ai posé sur les bandes, et ensuite on travaille de concert jusqu'au bout. Sur ce disque, il y aussi deux musiques qui sont composées par Thibault Frisoni, c'était le cas sur le précédent album et peut-être même encore sur celui d'avant. Moi, mon plaisir de musicien, c'est de composer, d'écrire, donc je le fais. Avec Thibault, on a l'habitude de travailler ensemble et son style à lui, sa pulsation intime, rencontre de temps en temps mon univers : ça m'est parfois très agréable de m'emparer de ses créations musicales. Alors, ça n'arrive pas systématiquement, ce n'est pas quelque chose qu'on questionne, ça vient très naturellement. Tous les jours, on arrive au studio, je lui dit " Salut Thibault, écoute, je vais travailler pendant 3 ou 4 heures là-dessus... " et lui il bosse de son côté : par exemple, je vais m'occuper des cordes pendant que lui remplace un synthé que j'avais mis sur bandes un peu à la va-vite la veille.
Donc, en studio vous êtes une sorte de duo ?
Non, on n'est pas un duo, parce que j'écris 90 % des choses, il est réalisateur sur le disque. Quand je pense à un " duo ", je pense au groupe Air, donc ce n'est pas tout à fait pareil. Par ailleurs, Thibault a son propre champ artistique, son propre style qu'il développe dans d'autres moules que le mien, donc ça serait abuser de dire que c'est un duo.

Tu te rends à ton studio pour écrire et composer chaque jour que Dieu fait, à la manière de Nick Cave ?
Chaque jour, c'est compliqué parce qu'il y a la tournée, mais c'est sûr que ce disque comme les précédents, c'est dur de savoir quand est-ce qu'on l'a commencé. Ce n'est pas comme ce que j'ai pu connaître avant, quand je suis allé en deux occasions enregistrer à Sheffield avec Mark Sheridan. Dans ce cas-là, le studio est loué du 10 au 27 : on arrive le 10 avec ce qu'on appelle des maquettes ou juste des chansons que je sais jouer à la guitare et chanter de mémoire, et puis on fait le disque, on a 17 jours et c'est terminé. Là, j'ai mon propre studio... Il n'est pas aussi luxueux que celui dont on parlait à l'instant mais c'est là que j'ai fait les trois derniers disques, à partir de Persona. Je me rends au studio dès que possible, mais pas uniquement pour enregistrer des chansons : parfois j'y vais juste pour jouer du piano toute la journée, des fois j'y vais parce que j'ai aussi des bouquins ou d'autres trucs qui sont là-bas, c'est un lieu de vie. Il n'y a pas de début au disque, mais on est obligé de mettre une fin, parce qu'à un moment donné il faut rendre la copie au label, il y a des délais de fabrication etc. Mais pour ce qui est du début je ne sais pas trop quand ça a commencé. C'est un peu comme l'amour, on ne sait pas quand ça commence. Est-ce au premier regard ? Au premier baiser ? Lors de la première conversation ? La première nuit ? Au bout d'un an ? (rires)
En revanche, on sait très bien quand ça se termine !
Exactement, c'est pareil. (rires) C'est le seul parallèle que je pourrais tracer...
Dans la production du disque, j'ai trouvé qu'il y avait des clins d'oeil aux Tindersticks ; des choses néo soul, avec de superbes cordes. C'est quelque chose auquel vous avez pensé avec Thibault ?
Pas du tout, non. C'est un groupe dont je connais l'existence, mais je n'ai pas leurs disques chez moi. Je vois très bien de quoi on parle, j'ai d'ailleurs partagé un plateau avec eux aux arènes de Fourvière, à Lyon. Stuart Staples et son groupe, je suis sensible à leur art, je ne peux pas dire le contraire, mais ça ne fait pas partie des choses que j'écoute. S'il y a des éléments qui se retrouvent en commun, c'est sans doute dû aux affinités qu'on partage.
Le morceau qui donne son nom au disque est enregistré avec ton ami Rodolphe Burger. Tu peux évoquer votre collaboration sur " Watt " ?
C'est un morceau de Thibault Frisoni, je me suis emparé de cette musique, j'adorais le rebond, je trouvais qu'il y avait un beau rebond, j'aimais beaucoup le couplet, le riff. Il y a eu quelques phases d'approches textuelles, puis je me suis engagé dans cette chanson assez obscure sur le langage, la prononciation et l'articulation. " J'articule dans les entrailles de l'air. " J'articule quoi ? Des calculs ? Des prières ? Des salades ? Des mensonges quoi. Qu'est ce qu'on fait avec le langage ? Bah, c'est ce qu'on fait, là : de l'information, des calculs, des prières, des salades, enfin toutes sortes de choses. " Watt ", c'est vraiment un truc personnel, l'interrogation à propos de l'origine du langage, c'est ma petite passion pour les sciences et une certaine vulgarisation de l'anthropologie. Je me questionne sur l'origine du langage, sur son apparition. Je m'intéresse aussi à l'origine des langues, à l'étymologie. Il y a beaucoup de choses très curieuses : le vocabulaire, la façon dont ça sonne, ce que ça nous demande comme gymnastique buccale du larynx, des joues et de la langue pour produire tel type de son pour dire " confiture ". Ce sont des choses assez simples qui sont quand même remarquables et ça nous différencie d'autres êtres vivants, pensants, souffrants, espérants, mais qui n'ont pas le langage articulé, comme les chiens ou les éléphants. Cette magie-là, cette espèce de poudre de perlimpinpin qui nous est donnée dans l'histoire de l'évolution biologique, c'est quand même une chose très curieuse, et en fait la chanson elle dit ça. Il y a cette interrogation " Watt ? ", on dirait des petites grenouilles sur un étang dans le refrain avec Rodolphe : " Watt ?, Watt ? ". Il y a un côté ludique qui me rappelle un petit peu le morceau " Les grenouilles " de Steve Waring. Rodolphe est un " articulateur " particulièrement bon, à la fois dans sa pratique du langage, par son corps, sa bouche, son son, sa voix, mais aussi dans sa vie, avec ses collaborations. Donc, c'est un invité " articuleur " de première catégorie. Dans la chanson, c'est à lui de dire " L'Escaut ", " Le Congo ", " Le Colorado ", " Chapeau pour le baptême ", ce sont simplement des noms qu'on a donné à des paysages, des fleuves qui sont des constructions de la nature baptisées par les hommes avec le langage articulé. Comment on les appelle ? Et bien, " L'Escaut ", " Le Congo ", " Le Colorado ". Ce sont des noms qu'on met sur les choses qu'on prononce, qui font un bruit dans la bouche et qui représentent des centaines de kilomètres de paysages. C'est quelque chose qui a à voir avec ça, avec le langage et le paysage, c'est pourquoi il y a " L'autre hémisphère " et " les grues ", parce que ce sont des mots : " grues ", " hémisphère ", " Escaut ". C'est toute une chanson sur le vocabulaire et le langage. Mais ça c'est mon explication, on peut l'écouter en se dandinant et ça suffit aussi, pas la peine de faire tout un cours là-dessus. Ce qui me motive à faire les choses, c'est ce genre de mécanismes, à la fin je sais bien que tout n'arrive pas dans cet état jusqu'aux auditrices et aux auditeurs. Mais ça peut, le cas échéant, arriver.

Dans une interview, tu disais que tu aimerais beaucoup écrire une chanson populaire, un tube qui passe en boucle à la radio... (il coupe)
Ça m'étonnerait que j'aie dit ça ! Franchement, je n'ai jamais dit ça, je n'ai jamais dit que j'aimerais écrire une tube populaire qui passe en boucle à la radio.
J'ai peut-être rajouté " un tube qui passe en boucle à la radio... ", pour expliciter.
Disons que je n'aurais aucun problème si une des chansons que j'avais écrites jusqu'à présent avait été ou devenait populaire, dans le sens où je n'ai rien contre l'idée de la chanson populaire. Mais, moi, je ne pense pas à écrire une chanson populaire. Je sais que c'est un truc qui pourrait m'arriver, parce que ça arrive aux chansons, mais ça n'arrive pas aux gens, ça arrive aux chansons, c'est ça qui est étonnant. On ne sait pas par quel chemin ça passe, mais si tu le dis comme dans ta question on dirait que je passe ma vie à le chercher. Ça, c'est la réponse à une interrogation qui m'est souvent faite : " on dirait que vous ne voulez pas écrire de chanson populaire ". Parce que soi-disant je compliquerais les choses, que mes chansons sont compliquées, que je me mettrais volontairement à l'abri de l'écriture d'un succès populaire. Alors qu'en fait, pas du tout, j'ai toujours voulu écrire une chanson populaire. J'ai toujours pensé écrire une chanson à potentiel populaire, j'ai toujours pensé ça.
Ce que je voulais dire à la fin de ma précédente question, c'est qu'il y a des artistes qui sortent des chansons écrites par plusieurs personnes et faites pour être reprises en choeur dans des stades, comme le dernier hit d'Indochine, " Le Chant des Cygnes "... (Ndr : après vérification, c'est un titre coécrit par Nicola Sirkis et Olivier Gérard)
Ah bon ? Comment on peut voir ça ? Je sais pas, je débarque, je n'ai pas écouté la chanson.
C'est le premier single de leur dernier album, Babel Babel, c'est une chanson carénée pour marcher, avec un refrain à reprendre en choeur. Et je pense que ce n'est pas ce que tu fais, toi...
Ce n'est pas ce que je fais, mais je ne fais pas non plus le contraire. Quand j'écris une chanson, je me dis " tiens, qu'est ce que j'ai en commun avec mes congénères qui fait que si moi j'aime sincèrement cette chanson, suffisamment pour la mettre sur un disque, je suppose qu'il y a dehors d'autres êtres qui ont un coeur, un cerveau et des nerfs qui sont à peu près organisés comme moi, et qui vont aimer cette chanson comme moi je l'aime ". Et c'est tout ce que je désire. Il se trouve que parfois ça existe : parfois ça plaît à 17 personnes, parfois c'est 3 millions. Par exemple, si on parle d'Indochine, qui aurait pu prédire que " J'ai demandé à la lune " deviendrait un succès si populaire ?
C'est une chanson écrite par Mickey 3D pour Indochine...
Oui, mais ça ne change rien. On n'a pas l'impression que cette chanson a été écrite pour faire un tube si énorme. Ce que je veux mettre en avant c'est la magie de l'autonomie de la chanson, que la chanson ait été écrite par 15 personnes comme pour la Motown il y a 60 ans ça n'est pas un problème, ça se pratiquait de faire des succès populaires dans le champ de l'industrie de la musique. C'est une vieille méthode qui donne parfois des succès extraordinaires. Mais il faut avoir eu une vie qui nous conduit vers ce genre d'univers, et, moi, ma vie ne m'a pas conduit vers ça : à cause de ma génération, et puis peut-être parce que je joue de la guitare, je la mets sur mes genoux et j'essaie d'arriver au bout d'un désir. Mais il y a des gens qui ont envie d'être chanteuse ou chanteur, qui ne jouent pas d'un instrument et qui n'écrivent pas, ils ont des compétences pour jouer sur scène, une très belle voix et donc il faut que quelqu'un leur fasse des compos. Il y a tellement de cas de figures différents dans l'industrie de la musique. Indochine, ça m'intéressait quand j'étais adolescent, c'était un peu le Cure français, de la new wave française un peu sophistiquée. Je me rappelle notamment de " Dizzidence Politik " qui me faisait de l'effet. Et puis après ils ont réalisé un parcours complètement fou et inattendu de groupe de stade. C'est très étrange, ce monde est plein de surprises, heureuses.

Puisque tu parles de groupe de stade, sur ta dernière tournée, tu as commencé à jouer dans des salles plus grandes et dans des festivals réunissant beaucoup de monde, comme Rock en Seine. J'avais quelques craintes a priori, mais j'ai trouvé que ton univers passait très bien dans des lieux plus vastes qu'avant. Comment c'était de jouer à Rock en Seine devant plus de 10 000 personnes ?
Je n'ai aucune idée là-dessus, je ne me fais pas d'illusions à ce sujet. Ce sont les rapports avec le public qui comptent, ce n'est pas tellement la musique, si elle est énergique, s'il y a des choristes, si la scène est grande ou petite : regarde Simon and Garfunkel à Central Park. Il ne s'agit pas de me comparer à eux, mais je veux dire par là qu'on n'est pas obligé d'être AC/DC pour jouer dans un endroit très grand. Si Beth Gibbons chante en version piano/voix, ça marche également. D'ailleurs, Billie Elish ce n'est pas non plus un répertoire tonitruant, donc l'intimité n'a pas à voir avec le nombre, ça a à voir avec le rapport qu'on entretient avec le public. Ce qui est difficile dans les grandes salles, ce sont les premières fois, quand le public ne te connaît pas ou qu'il est venu pour voir la vedette qui joue après. Évidemment, il y a un genre de défi, tu peux emporter la mise, ou pas. Ce n'est pas pareil si tu es une célébrité ou un inconnu, ça n'a aucun rapport avec la qualité artistique, c'est une question d'adhésion ou de frénésie, tout ce qui préside au désir d'acheter un billet pour un festival. Ça n'a pas seulement un rapport avec la musique, si tu as trois copains et deux copines qui y vont, tu vas y aller aussi. S'il y a Eminem qui joue le soir, c'est cool, ça suffit pour qu'on y aille et qu'on se retrouve devant cinq autres groupes, dont éventuellement trois qu'on ne connaît pas. Donc, il ne faut pas se faire d'illusions. J'ai une expérience étonnante, moi, parce que ça fait 25 ans que je fais ce métier, je fais de la musique depuis que j'ai 14 ans et j'en ai 55. Ça fait 20 ans ou 25 ans que je fais des concerts de mes propres chansons, avec de nombreuses années dans une indifférence assez généralisée, et j'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup joué devant des publics qui ne me connaissaient pas, du tout, pendant des années. Donc je vois la différence entre un concert où tu arrives comme un inconnu et un où tu arrives comme une personne attendue, où ton concert est une expérience attendue avec une certaine excitation. Ce n'est pas du tout la même chose, tu n'es pas porté de la même façon : le travail d'artiste et celui de vedette, ce sont deux choses différentes, à mon avis. Ça se recoupe, il y a une intersection mais 99 % des artistes ne sont pas connus, il faut se rappeler de ça quand même.
Je reviens sur les titres populaires... J'adore les deux premiers extraits de Watt que tu as publiés, " L'Inconnu en personne " et " Pluie de data ". J'avais le sentiment que ces deux titres avaient un souffle, une intensité qui pouvaient être fédérateurs. Tu penses qu'ils peuvent rencontrer un large public ?
" Un large public ", non, je ne crois pas. Je n'ai jamais pensé que je pouvais rassembler un large public. Je pense que mes chansons peuvent plaire à un certain nombre de personnes. Mais au plus grand nombre, je ne crois pas, parce que je suis un chanteur de ma génération et qu'il n'y a pas de chanteurs de ma génération qui remportent des succès populaires aujourd'hui. Ça n'existe pas, ou alors ça serait très accidentel.
Alain Bashung ou Gérard Manset n'étaient a priori pas faits pour avoir un succès massif, avoir de belles carrières et passer à la radio...
Ça, c'était il y a 30 ans, les choses ont changé, les radios privées ou certains groupes d'intérêt capitalistique liés à la mode ou à l'industrie mettent en avant une autre génération, ce qui est assez normal. Je ne sais pas, moi, où il est mon public, je ne me pose pas la question. La question que tu te poses, c'est peut-être de savoir si j'ai choisi de mettre ces chansons en avant parce qu'elles avaient plus de potentiel que les autres. Ça, oui, bien sûr. Globalement, les chansons où il y a un peu plus de tempo ont plus de chance d'être accueillies comme quelque chose de divertissant, c'est une réalité de l'industrie de la musique. Il y a de temps en temps un slow ou une ballade qui arrive à traverser ça, mais globalement le public recherche quelque chose qui a une certaine énergie. Mais on ne sait jamais quand une chanson va avoir du succès : " Le Sud " de Nino Ferrer a connu un immense succès alors qu'elle avait eu du mal à être acceptée par sa maison de disques.
Je croyais que c'était une chanson qu'il n'aimait pas parce qu'il la trouvait trop facile. Je pensais que sa maison de disques l'avait poussé à l'enregistrer...
Il en avait écrit un texte en anglais. La chanson est tellement belle, c'est de la très, très belle musique, tu pourrais mettre McCartney qui chante là-dessus, ce serait magnifique. Au niveau de la composition et de la production, c'est une chanson qui n'avait rien à envier à ce qui se faisait au niveau mondial à l'époque où elle est sortie, et donc peut-être qu'il avait des rêves transfrontaliers qui lui ont été refusés par sa maison de disques, qui lui a dit de la chanter en français. Ce qui l'a un petit peu fâché, ce que je peux comprendre. Mais qu'est ce qui peut travailler la tête d'un chanteur comme Nino Ferrer au moment de dire que " Le Sud " c'est trop léger et que " Les Cornichons " ce n'est pas trop léger ? Je pense que c'est de la pudeur liée à la gravité du texte : ce qui l'embêtait c'était d'être grave. Et peut-être une certaine sincérité du texte qui le dévoilait plus que certaines autres chansons, comme " Mirza ", qui est top, mais là on est en train de spéculer. Quand on fait un disque, j'ai des chansons préférées, mais ça ne veut pas dire que ce sont celles-là qui vont être le plus appropriées à faire leur vie en s'envolant du nid. Et puis, j'ai un label, il y a des gens qui travaillent pour ce label - attachés de presse, management -, il y a tout un environnement et à la fin ce n'est pas toi qui choisis quelles chansons passent à la radio. Et d'ailleurs tu n'es pas sûr de passer sur les ondes.
A propos de ça, dans une interview tu as dit que tu ne serais plus là s'il n'y avait pas France Inter...
C'est sûr qu'à part Radio Nova, qui a eu la gentillesse de me passer quelques fois. France Inter m'a soutenu et m'a ouvert des portes, je les en remercie, c'est cette station qui a diffusé mes chansons en premier. La Maison de la Radio, FIP, France Culture, c'est vrai que sans la radio de service public, il n'y a pas de doute que je ne serais pas là. Pas de doute, aucun doute. Et je ne suis pas le seul...
Murat disait ça également...
Bah ouais, ça ne m'étonne pas, c'est vrai ! Comprendre le pourquoi du comment, ça je ne sais pas. C'est une histoire de profil, je ne sais pas, c'est peut-être lié au talent. Soit tu es plébiscité par toutes les radios, qui tout à coup jouent ton morceau sur toutes les ondes, soit tu ne l'es pas. Pour comprendre, il faut se gratter la tête, je ne sais pas s'il y a une réponse. Et s'il y a une réponse, elle ne me paraît pas " jojo ".
Ton titre le plus écouté sur les plateformes, c'est " Oiseau ", dont tu as écrit le texte, la musique étant signée par Laurent Bardainne et Tigre d'Eau Douce. Tu peux revenir sur ce morceau que je trouve absolument magique ?
Il n'y a pas grand-chose à dire, si ce n'est que Laurent Bardainne m'a envoyé la version instrumentale en me disant " Tiens, j'ai cette musique, j'aimerais bien que tu t'en empares... " J'ai mis le casque sur les oreilles, j'ai écrit la chanson et je l'ai enregistrée : ça s'est fait dans la journée.
Dans la journée ?
Oui, c'est une chanson que j'ai écrite très rapidement, en quelques minutes. Mais je n'ai écrit que les paroles, pas la musique. Ce n'est pas tout à fait un succès populaire non plus, mais la chanson a eu cette vie, elle a plu aux petits et aux grands. Ça rejoint une forme que j'aime, parce qu'il y a une simplicité dans l'énoncé des choses, il y a une profondeur dans la signification, si on veut aller voir de quoi il est question, et il y a une petite fantaisie dans la forme. Donc, ça me convient. Ce qui est sûr, c'est que je n'aurais pas spontanément composé cette musique, je n'aurais jamais écrit ce texte s'il n'y avait pas eu cette musique, je ne crois pas. Ou alors si ce texte était arrivé, comment je l'aurais fait ? Comment je l'aurais mis en musique ? Je ne sais pas. A ce stade, c'est de l'alchimie, c'est vraiment le moteur de la chanson : si tu mets des paroles sur une musique, c'est comme si tu mettais un petit carburant, ou comme si tu mettais des pédales, ça commence à fabriquer un petit moteur dramatique, ça crée une chose dont tu ne peux pas te sentir entièrement responsable. Il y a quelque chose de l'essai réussi, quelque chose de la chance. McCartney dit que certaines chansons lui sont tombées du ciel, je crois qu'il a dit ça de " Yesterday ", il a eu l'impression d'être nourri par les anges, d'avoir été frappé par la grâce, d'avoir été l'envoyé du divin. (rires) Être celui par lequel quelque chose se donne, ça, oui, je le conçois très bien, mais comme la société, la génération produit le type d'artiste qui la représente. Ça me paraît tout à fait logique ça, qu'on ne soit pas tout à fait les auteurs de nos carrières, qu'on soit un peu conduits par nos générations, par le monde dans lequel on exerce ce métier. Il y a de la musique depuis des milliers d'années sur cette Terre, du chant, de la poésie, c'est un peu comme si on était au service de cet art plutôt que le contraire. Avec des rendez-vous rutilants, ou pas de rendez-vous.
Il y a un procédé qui m'a fait rire sur la chanson " Oiseau " et que tu utilises aussi dans ton livre, La Figure : tu introduis de la trivialité et des termes un peu trash au milieu d'un texte poétique. Comme " chier des pépins " dans " Oiseau " et l'épisode de " l'étron dans le verger " dans ton dernier ouvrage. L'effet est très réussi je trouve, comment ça t'es venu ?
Le siècle nous a montré que le trivial et le poétique, ce n'étaient pas deux choses qui s'opposaient. Et puis ça fait référence à une chansonnette que je connais depuis l'enfance : " Ils sont dans les vignes les moineaux, du matin au soir les salauds, ils ont mangé tous les raisins, ils ont chié tous les pépins. " Donc, c'est juste un emprunt à une chanson populaire de campagne qui n'est pas triviale, qui parle d'une réalité quotidienne en fait. C'est l'art des contrastes : si t'as un mur noir et si tu veux dessiner un point dessus, si tu veux qu'on le voie, il ne faut pas le faire gris foncé ! Faut que ça " shine ", il faut aller chercher du jaune. Ce sont des niveaux de langage qui viennent se percuter, et qui font que tout à coup tu entends ce que les gens disent, parce qu'ils disent un gros mot, c'est saillant et tu sors de la litanie d'une sorte de poésie à base de dauphin, d'arc-en-ciel, de licorne, et d'eau bleue, de tout ça. Ou alors de pénombre, de château hanté, de corbeaux, de chandeliers etc., des choses dont je me moque aussi dans La Figure. Il y a différents ensembles comme ça qui sont le décor de ce qu'on s'imagine être la poésie, ce dont tu parlais ce sont des petits mots qui viennent contredire ces idées préconçues, c'est comme ça que je le vis.
Après " Oiseau ", tu as poursuivi tes aventures avec tes potes des Limiñanas sur le tubesque " J'adore le monde ", extrait de leur album Faded. Tu peux dire quelques mots sur cette chanson et sur les rapports que tu entretiens avec Lionel et Marie ?
J'ai de très bons rapports avec eux, je les admire, je les adore en tant que personnes et en tant qu'artistes. J'aime leur façon de vivre leur métier de musiciens - la tournée, les collaborations - mais aussi leur exigence et leur simplicité. J'aime beaucoup de choses de ce que je connais d'eux. Et puis c'est très facile avec eux, ils m'envoient des musiques et j'écris mes textes. J'avais collaboré également avec eux sur le disque de L'Epée (Ndr : groupe réunissant les Liminanas, Emmanuelle Seigner et Anton Newcombe).
Oui, c'était également très réussi et ça t'avait d'ailleurs permis d'être surnommé le " Nick Cave français " par Anton Newcombe ! C'est même repris sur ta page Wikipedia
Ce n'est pas moi qui rédige ma page Wikipedia !
Il avait dit ça lors d'un interview que j'avais faite avec lui...
Oui, qu'est ce que tu veux, si ce n'était pas Anton Newcombe qui l'avait dit... Mais c'est Anton Newcombe qui l'a dit, hein. (rires)

" J'adore le monde ", ça a été aussi " facile " et rapide à écrire que " Oiseau ", dont on parlait à l'instant ?
Oui, ça été fait en dix minutes. Quand je reçois leurs musiques c'est comme s'il y avait déjà des paroles dedans, j'ai juste à écarter un petit peu la poussière pour voir apparaître quelque chose.
Ils te donnent une direction je crois...
Oui, ils m'avaient donné une idée, il y avait un thème à leur album... Mais, soit j'ai oublié, soit ça a fait un chemin spécial dans ma tête. Mais quoi qu'il en soit, d'un point de vue théorique tout est lié : si on te dit, " tiens, fais une chanson sur une actrice ou sur le monde des acteurs d'Hollywood en fin de parcours " et si tu écris " J'adore le monde ", ça peut se recoudre à cette idée-là, il suffit de l'énoncer. Les thèmes, les sujets... je n'écris jamais des chansons de sujets, moi. Mais sinon, leur musique, leur tempo, la dimension " dronale " de leur musique de transe garage, tout ça m'incite à utiliser un certain type de vocabulaire et à laisser s'exprimer en moi quelqu'un qui ressent une vibration différente. A propos de ce titre, d'aucuns pensaient qu'il y avait un peu d'ironie et que l'on retrouvait dedans quelque chose de Dutronc. Et c'est vrai. C'est bien la musique des Liminanas qui m'a entraîné vers ça. Quand j'entends une musique, y compris celle que je compose, elle m'oblige à un certain type d'écriture. Et ça je ne sais pas trop comment ça se passe, je le constate, c'est comme ça.
Quand on avait parlé de " Dimanche " des Limiñanas il y a quelques temps, tu m'avais dit que ce n'était pas ton meilleur texte, mais une très bonne chanson...
Je ne pourrais pas dire que c'est mon meilleur texte, je ne sais pas quel est mon meilleur texte... Ce n'est pas moi qui choisis quel est mon meilleur texte.
Juste après, on avait parlé de " Peggy ", et tu avais dit que c'était une grande chanson...
Quoi ? Moi, j'ai dit que c'était une grande chanson ? Non, ça m'étonnerait...
Je me souviens, tu as plutôt dit " C'est une bonne chanson ", c'est moi qui pense que c'est une grande chanson...
Oui, je ne crois pas que je qualifie moi-même mes chansons de " grandes chansons ", quand même je ne pense pas avoir osé dire ça. Je pense que " Peggy " est une bonne chanson mais je te le dis très honnêtement : je pense ça de 90 % de mes chansons, sinon pourquoi je les mettrai sur des disques ? Si ce n'était pas le cas, ça n'aurait aucun sens. Avec le temps, je peux m'apercevoir que je me suis un peu trompé, que telle ou telle chanson n'était pas aussi terrible que ce que je croyais quand je l'ai faite. Il y en a quelques-unes qui passent par ce jugement mais ce ne sont que " quelques-unes ", il n'y a pas des disques entiers que je renie. Il n'y a pas beaucoup de chansons que je renie, il n'y en a aucune d'ailleurs. Il y en a quatre ou cinq où je me rappelle de l'enthousiasme, de la fébrilité que je ressentais quand je les faisais, je croyais que c'était plus durable, plus fort. Je devais être dans une espèce d'hyper sensibilité à l'époque pour trouver que c'était si génial. Donc, j'ai quelques regrets sur une poignée de chansons que j'ai mises dans mes disques, mais je dirais cinq sur quatre-vingt. " Grandes ", non, non, il n'y en a certainement pas de grandes. Mais des chansons que j'aime profondément, il y en a : " Peggy " en fait partie, " Ne sois plus mon frère " en fait partie, " Hypernuit " en fait partie, " Pauvre Grue " en fait partie. Je n'ai pas de problème avec ces chansons-là, je les assume pleinement, je suis heureux de les savoir écrites. Je pourrais dire " il y a des gens qui font de superbes chansons, ça m'est arrivé ", mais à la limite j'irais un peu trop loin, là.
Photos : (c) Héloïse Hesquié (numéros 1, 2, 3 et 4) et (c) Morgane Imbeaud / Biscuit Production (n° 5)
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