Chronique de Concert
La Maison Tellier
Deux petits titres pour s'échauffer et nous laisser apprécier l'association des différents instruments : l'osmose est belle entre la guitare électrique de Raoul, la trompette de Léopold, la guitare acoustique et le chant d'Helmut qui déclenchent les premiers applaudissements.
Seule erreur d'Helmut de la soirée, nous demander : "Avez-vous l'accent quand vous criez ?" Aussitôt, les "Ma foi !", "Oh fan de Chichourle", "eh avance !" et autres "boulègue" fusent. Pas facile à maîtriser.
"C'est pas gentil de profiter" dit-il.
Le public retrouve vite la raison avec trois des pépites de leur nouvel album L'Art De La Fugue : des folksongs des deux côtés de l'Atlantique (Goldmine et La Peste) et le calexicoesque morceau-titre.
Alors, il peut renouer le dialogue, nous dire qu'ils ont vu Aimé Jacquet hier, nous parler de leur jeunesse en Haute-Normandie entre falaises et champs de betteraves avant d'entamer Après Dissipation. Dommage que les paroles n'aient pas été très audibles, nous n'avons pas pu profiter sur ce titre de "Il a fait froid cet hiver là. On a dû brûler nos parents" et sur Chambre Rose (qui se passe dans la Maison Tellier) cette question du client "Faites-vous des trucs avec la bouche et sans les dents ?".
Chaque instrument donne une couleur aux pièces jouées : le bugle sur Après Dissipation, le solo de guitare sur le liverpuldien Please Do, la trompette sur une reprise d'Ennio Morricone (ma femme me dit que c'est Le Bon, La Brute Et Le Truand, elle est cinéphile, je lui fais confiance), le trio mandoline / contrebasse / guitare acoustique sur le nostalgique Babouin.
En parlant de nostalgie, ils ont l'air amusé de la Soirée Années 80 qui suit et que le Poste propose à un rythme bimensuel. Alors, ils font une reprise des années 80 "à 20 ans près". En effet, Days Of Pearly Spencer de David McWilliams ne nous rajeunit guère. Le thème du violon de la VO y est avantageusement remplacé par la trompette.
"On dirait trop George Harrison quand il chante en Anglais" me souffle le mélomane Pirlouiiiit dans mon oreille droite, tandis que dans la gauche, ma cinéphile préférée trouve qu'"il a un faux air de Guillaume Canet". Il, c'est Helmut Tellier, au centre de tous les regards, irréprochable sauf peut-être sur Il N'Est Point De Sot Métier (Part 2), le seul titre qui souffre sur scène, la voix de Lippie présente sur le disque faisant cruellement défaut.
Il sait faire passer par exemple le désespoir du blues lors de son émouvante interprétation sur Five Years Blues, sans guitare, agrippé au micro. Il est le chef d'orchestre d'un magnifique Mexico City Blues, déjà mon titre préféré sur l'album mais davantage poignant encore sur scène.
Lors des rappels, nous avons droit entre autres à une chanson "pour tous les garçons qui ont été amoureux d'une Allemande à 20 ans" et à une impeccable et très fidèle reprise de Harvest de Neil Young avec trombone en bonus.
Mais La Maison Tellier doit définitivement fermer pour laisser la place aux années 80. Marthe Richard est morte en 1982...
La Maison Tellier : Léopold Tellier : trompette, bugle, trombone, chant / AH!lexandre Tellier : batterie / Helmut Tellier : chant, guitare acoustique / Raoul Tellier : guitare électrique, chant, banjo, mandoline / Alphonse Tellier : basse, contrebasse, chant.
Intro
Stuck
Goldmine
L'Art De La Fugue
La Peste
Second Souffle / The Last Days Of Gram Parsons
Laissez Venir
Après Dissipation
Please Do
Morricone
Mexico City Blues
Willard And The Crushing Dam
La Chambre Rose
Babouin
Days Of Pearly Spencer
Il N'Est Point De Sot Métier (Part 2)
To A Friend
The Troubles Of A Troubled Mind
Suite Royale
Five Years Blues
A La Petite Semaine
Cul De Sac
Cactus Kid
Rappels :
Fraühlein S
Harvest
?
Il N'Est Point De Sot Métier
Critique écrite le 29 avril 2010 par Mcyavell
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> Réponse le 29 avril 2010, par Pirlouiiiit
Ce soir nous avions (Lucie, Svet et moi) le choix entre sortir notre videoprojecteur et regarder un DVD, attendre la réponse quelques potes concernant un probable restau ou jeter un coup d'oeil à Concertandco. C'est en faisant cela que nous sommes tombés sur l'annonce du concert de La Maison Tellier groupe dont j'avais entendu parlé (ou plutôt dont j'avais vu passé le nom sur flickr) ... un deuxième coup d'oreille à leur myspace achève de me convaincre d'y aller ... Pas trop enervé / bruyant (ok pour Lucie), assez varié musicalement, en français et en anglais (ok pour svet) et pas trop loin puisqu'au Poste (ok pour moi). La première écoute de leurs morceaux m'avait laissé une drôle d'impression. De la chanson française, du folk americain, du blues ... peut être pas... La suite | Réagir
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