Accueil Chronique de concert Mina May + Mina Tindle
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Chronique de Concert

Mina May + Mina Tindle

Mina May + Mina Tindle en concert

Les Passagers du Zinc - Avignon 25 Février 2012

Critique écrite le par

Comme toujours aux Passagers du Zinc, les musiciens viennent faire leurs accordages tranquillou, pendant que dans la salle on termine son verre en papotant. C'est là tout le plaisir des petites salles, où l'on se retrouve ainsi tous proches des artistes, à partager un moment de complicité et presque d'intimité en fait. Le batteur souffle sur le bout de ses doigts pour les réchauffer et la musique démarre sur un petit morceau électro-pop pas désagréable du tout.



Flashing Teeth nous lance la petite blague du jour : "Nous c'est Mina May, avant Mina Tindle ... C'est la soirée Mina !" Et sur ce, je me retourne ... Et sur qui je tombe ... Mon pote danseur fou du concert de Zenzile !! Yesss !! L'ambiance va donc être assurée. Il s'est même trouvé deux copines !! Mais trêve de plaisanteries, sur scène ça tourne vraiment aux chaises musicales. Ils savent tous jouer de tout et en profitent pour passer leur temps à échanger leurs postes. Tu lâches l'affaire 5 mn et tu ne suis plus ! C'est hyper vivant et musicalement plutôt sympa, mais avec un son super rétro quand même, à consonance années 80 genre Human League (avec un bon gros son de batterie derrière).



Le nombre de bidules et de boutons par terre est assez impressionnant. Ils envoient de jolis riffs de guitare. Les intros sont longues. Les voix aériennes. Les morceaux planants et rocks à la fois, mais malgré tout, ce n'est pas un son très innovant et les effets sont assez attendus. De plus, la totalité du set se déroule quasi dans le noir. Alors, cela a beau se terminer sur les chapeaux de roues, on reste à les écouter sans forcément être embarqué dans un univers personnel dans ce début de set.

Après A Scanner Darkly, Olivier semble rester seul sur scène dans un hallo de lumière, les autres étant à nouveau plongés dans l'ombre. Ils donnent une drôle de sensation d'excessive rapidité dans la plus grande des zenitudes. C'est une musique hyper positive, même si elle n'est pas toujours d'une extrême originalité. Les intros n'en finissent plus de finir et deviennent des morceaux à part entière. Le chanteur semble pris par la frénésie de sa machine et se met parfois à trembler, en osmose avec les vibrations de la musique. Les lumières sont toujours quasi inexistantes, ce qui donne parfois le sensation d'être totalement dans un autre monde. En immersion. Ce n'est pas forcément mon truc, mais je comprends l'engouement des danseurs psychés du premier rang.



En repassant à la guitare pour Evil Sons, un de leur plus ancien morceau, Flashing Deeth semble se tordre en permanence sur son instrument, toujours dans un jeu de scène très habité. L'énergie, la chaleur, leur implication ... Une musique qui devient carrément entêtante. La fin de leur set est beaucoup plus investie que le début. Les morceaux commencent souvent tout en douceur, mais il faut se méfier de l'eau qui dort. Ça décolle en suite et entraine tout sur son passage. Le spectacle se joue maintenant autant dans la salle que sur la scène et mon avis mitigé du début tourne au "A revoir pour transformer l'essai". Alors rendez-vous pris pour un prochain concert !

Olivier Swiatek aka Flashing Teeth : Chant & Guitare
Antoni Rossignol-Ripert : Guitare & Batterie
Christophe Salomone aka Concermate : Basse & Clavier
Pascal Alliot aka Dr QX : Guitare
Cyril Pugliese aka El Pulpo : Batterie



Setlist
1 - New Flesh For All
2 - Not Really No
3 - Main Title
4 - A Scanner Darkly
5 - The Seven Spirits
6 - Heavenly Priorities
7 - Visitor
8 - Evil Sons
9 - Think Twice
10 - Into Your Mouth
11 - Everything Was Beautiful And Nothing Hurt
12 - In The Turmoil

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Après le départ des Mina May, ce sont les Mina Tindle qui se mettent en place sur la petite scène des Passagers du Zinc. L'incontournable cérémonial permet de voir apparaitre plusieurs instruments que j'affectionne tout particulièrement : pèle-mêle se côtoient piano à vent, youkoulélé, guitare et clavier.

Et notre courte attente va bien vite être récompensée. Pauline apparait seule pour commencer à capella. C'est divin, mis à part la légère difficulté qu'a le public à se taire (petit défaut s'il en est de cette salle, toujours super bruyante quand même et c'est saoulant ... Si on est pas capable de faire silence pendant un concert, ben on va en boite, c'est plus sympa pour les autres !!) Mais qu'à cela ne tienne, Pauline décuple sa voix par le biais de sa petite boîte à effets magique. Elle nous enveloppe et c'est juste un petit bijou de premier morceau.



C'est un set tout en nuances, tout en douceur et en subtilité, légèrement tintée de folk. Transition pas évidente à faire après l'univers Electro 80's de la première partie. Je ne suis pas convaincue de la pertinence de ce choix, mais bon. Pas grave. Je me laisse porter par cette musique légère, enjouée et vraiment très riche, avec en prime une expression de bonheur que l'on peut lire en permanence sur les lèvres de Pauline. Sonorités subtiles du clavier, un peu de drums ... Une impression de se sentir comme en apesanteur.

Lorsqu'elle attaque The Kingdom, elle semble presque irréelle seule dans la lumière et avec toujours ce sourire !! Tout se joue dans l'harmonie. Comme une fenêtre ouverte sur le paradis. Et lorsque Guillaume vient la soutenir en seconde voix sur Pan (texte en français) on a l'impression d'écouter une adaptation à nos temps modernes faite pour les troubadours.



Selon les moments, selon les morceaux, elle passe de la guitare au clavier, mais toujours avec ce côté mélodique ludique que sa voix sert à merveille. Et lorsqu'elle donne plus de puissance, il émane d'elle comme une expression de légère souffrance, très touchante et poignante.

Spéciale dédicace au poulailler du fond de salle avec Too Loud, qui parle de cette tendance qu'ont certaines filles de parler trop fort dans les lieux publics (quelle drôle d'idée !) Mais pas de crainte, cela ne changera en rien le niveau sonore de leurs jacasseries (pas étonnant ceci étant, puisque j'imagine qu'elles n'entendent pas plus ce morceaux que les précédents !!) Mais rien ne gâchera mon plaisir. Avec Sister, le clavier se fait piano d'enfant, auquel s'ajoute un piano à vent et sa voix qui se promène sur tout cela. Il y a comme un parfum de CocoRosie là dedans. Ils parviennent à vous planter le décor en l'espace de quelques notes et à vous embarquer dans leur univers musical aérien et subtil à la fois. Vraiment superbe.



Ils semblent tous trois hyper absorbés. Dans leur bulle. Vraiment un bel univers emmené par une Pauline qui semble marcher sur l'eau ... Beaucoup de pureté, sans un soupçon de guimauve. Et une voix qui fait facilement penser à quelque chose de celtique. Elle taquine nos danseurs gesticulants du premier rang : "Si vous arrivez à danser sur celle-ci, vous aurez droit à un Oscar !". Et c'est vrai qu'elle est douce, belle et nostalgique Plein Nord. Mais sans déconner, ce brouhaha est juste intolérable et je suis au premier rang, face à elle. Elle est seule avec sa guitare. Ce devrait être un moment de pure félicité et il est pourtant presque difficile de l'écouter.

Après ce moment gâché il faut bien le dire (désolée, mais c'est vrai), la ballade continue et il est bien rare que je bénisse les basses, mais dans le cas présent elles couvrent au moins les voix importunes. Malgré tout, le set touche à sa fin. Lovely Day est annoncée comme la dernière. Le rythme est enlevé et l'on retrouve l'esprit festif des premiers morceaux après cette petite parenthèse plus nostalgique et tendre, avec les drums d'Olivier en tête (qui, pour la petite histoire, officie également au sein de Syd Matters). On retrouve également leurs sourires à tous les trois, comme s'ils revenaient d'une longue route. Très belle façon de terminer ce set, avec de la puissance toujours mêlée à la légèreté (concept qui peut paraître paradoxale, mais c'est exactement ça !)

Pour le premier rappel, les deux garçons se mettent aux cordes et ils sont tous contents de nous offrir cette reprise de Be My Baby de The Roneetes (annoncée comme une première). En résumé, eux se limitent à faire une ligne de guitare et de basse et c'est Pauline qui fait tout le boulot !! Bon aller, je suis un peu méchante, ils font aussi très bien les chœurs ;)

Le dernier rappel, Austin, nous permet de terminer sur quelque chose de très différent. Peut-être un peu plus tinté d'électro que tout ce que nous avons entendu depuis le début. Très envoutant comme morceau, avec une fin assez bouleversante, qui sera suivie un joli salut sur une ligne de synthé qui s'éteindra toute seule. Parfait et en harmonie avec cette très belle soirée passée avec eux.



Pauline De Lassus : Chant - Clavier & Guitare
Guillaume Villadier : Guitare & Basse
Olivier Marguerit : Clavier - Percu & Drums

Setlist
1 - Time Writer
2 - Bells
3 - The Kingdom
4 - Pan
5 - Too Loud
6 - Henry
7 - Sister
8 - To Carry Many Small Things
9 - Plein Nord
10 - Echo
11 - Lovely Day
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12 - Be My Baby (The Roneetes)
13 - Austin

Chronique réalisée par l'équipe de Concerts en Boîte

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