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Chronique de Concert

Mourn

Mourn en concert

La Boule Noire, Paris 13 Novembre 2021

Critique écrite le par

Samedi 13 novembre, moi, Dj Raoult, esthète mélomane notoire, bourreau des coeurs, prix Nobel de la B, et plein d'autres trucs pas vraiment vrais mais qui font vachement classe quand on se présente pour débuter un papier, file d'un Comedy Club aussi vite que mon gros fiac me le permet pour atteindre la Boule Noire, où on m'a gracieusement invité pour voir le concert de Mourn.

Ce que je savais de Mourn avant le concert :
- C'est un groupe de rock espagnol basé à Barcelone
- Presque exclusivement féminin
- Qui fait du rock indé 90's
- Plein d'amis à moi étaient allés les voir à Clermont le jour où j'y jouais, et ils m'ont dit que c'était vachement bien... et j'espère bien vu qu'ils ont préféré voir le concert au lieu de me voir faire des blagues... (j'aurais fait pareil à leur place)
- Pitchfork a noté leur dernier album 7.2... Quand on sait que ces petits enfoirés de hipsters américains notent comme des profs de prépas il faut bien comprendre que 7.2, c'est beaucoup... Et quand Pitchfork note bien, ça ne laisse que deux options, soit c'est mortel, soit c'est meeeeeega chiant et prétentieux.

Aucune file d'attente devant la Boule Noire : arriver en retard c'est finalement pas si mal. Reste la crainte d'arriver en milieu de set et la honte d'avoir lamentablement raté la première partie. Vite, il faut que je demande à la première personne que je croise où on en est dans le concert. Un type sort dehors pour s'allumer une clope. Je lui parle en français, ça passe pas ! Je tente l'anglais.. Non plus. Merde ! L'impensable... L'inimaginable... Ce con là est Espagnol !! Me voilà bien, moi qui déteste ces bouffeurs de sandwich à l'omelette... Alors là vous vous dites... c'est du racisme anti ibérique... Pas faux... Mais, autant se mettre d'accord tout de suite, moi, je suis le gars ouvert. Aller voir un concert de rock espagnol, ça me va. Surtout qu'elles chantent en anglais ce qui est quand même appréciable quand on sait que les langues latines se mêlent quand même plutôt mal au phrasé rock. J'inclue évidemment le français dans ce racisme rock n'rollien. Mais bon, vu que l'espagnol c'est rien de moins que du français bizarre avec des o et des a, c'est vraiment très, très bien qu'elles chantent en anglais. Parce que, attention, l'espagnol ça passe super quand il s'agit de faire la fête. Mais là avec Mourn, on est plus sur une ambiance d'ado 90's vaguement emo qui sait pas quoi penser de la vie, donc vraiment l'espagnol ça passe pas. Tout ça pour dire, ok, je suis un gars ouvert sur le monde je vais voir du rock espagnol, et je rechigne pas. MAIS ! Je dois bien avouer que quand la première personne que j'ai croisée fût cet Espagnol bourré sûrement abreuvé de vin rouge au coca, ça m'a tout de suite inquiété. Est ce que je vais me retrouver dans une salle remplie exclusivement d'ibériques ? Moi je suis prêt à faire des concessions, mais transformer ma soirée rock en bodega c'est non... Bon allez j'arrête les attaques gratuites, j'ai juste passé la pire année de ma vie en Espagne et je leur en tiens rigueur. Pour info le mec m'a très vite rassuré, j'avais bien raté la première partie mais le set de Mourn n'a pas commencé. Ouf...



Direction le bar et les potes. Petit débat pour savoir si la première partie était bien ou pas. Personne n'est d'accord. Vu que je suis Français, j'ai rien vu mais j'ai quand même un avis. Les lumières s'éteignent, Mourn commence. Dès le début je remarque qu'elles ne sont plus 3 filles et un mec. Mais bien deux filles à la guitare et au chant, pendant que la section rythmique est assuré par deux bonhommes. Je me rappelle alors qu'on m'avait dit que la bassiste s'était barrée récemment et qu'elle avait été remplacée au dernier moment par un mec, qui selon mon pote Costuche était "clairement pas un manche". Bon, ça vaut ce que ça vaut comme critique mais ça s'est avéré être très proche de la réalité. Les quatre membres du groupe arborent un smile communicatif et ce malgré le fait que la salle soit aux 3/4 vide. On reconnaît là le groupe qui sait que son nouveau disque est très bon et qui est juste content d'être là. On voit dans leur manière d'enchaîner les excellents morceaux à toute vitesse qu'ils prennent un plaisir monstre à jouer ensemble. Et franchement dans un monde du rock indé où faire la gueule est presque devenu une obligation, même moi le grincheux de base, je dois avouer que ça fait du bien. Le capital sympathie acquis me permet-il d'excuser totalement le mulet arboré par la chanteuse ? C'est une autre question. Disons que si l'accent anglais des deux chanteuses barcelonaises ne trahit pas à la première écoute leurs origines, leurs interventions entre les morceaux et cette faute de goût capillaire historique ne laissent plus aucun doute. Tout le monde est au niveau : le bassiste qui tient la baraque et qui semble définitivement être la recrue qui manquait à Mourn pour passer un cap, le batteur qui tape comme un sourd et les deux chanteuses qui se rendent coups pour coups. Seul bémol, on les entend parfois très mal au milieu de tout ce bordel. Moi je pense que c'est dû à des balances pourries, mais n'écartons pas la possibilité qu'il s'agisse d'un effet de style voulu par le groupe ou que mes oreilles de vieux ne me permettent plus de déceler les nuances. Même si tout n'est pas encore totalement en place, l'énergie déployée par le quartet, la qualité des chansons de ce dernier album, qui sera presque joué dans son intégralité, font de Mourn un groupe immanquable, si bien sûr les hymnes post ado à la Breeders un peu indé ne vous font pas trop chier. Moi, c'est ma came, donc je suis client. Un très bon concert en somme qui donne envie d'en faire d'autres. Une dernière bière et DJ Raoult se rentre comme un vieux. Sur le chemin du retour en regardant mon téléphone, je me rends compte qu'on était le 13 Novembre... Que ça fait aujourd'hui 6 ans que l'impensable a frappé tous les fans de rock du monde... Stupeur... C'est sûrement pour ça que la salle était vide. Que les personnes réunies là-bas ce soir avaient tous cette envie de sauter, de crier et de pardonner les coupes mulets. Comment avais-je pu ne pas y penser ? Connerie ou signe que la vie a réellement repris ses droits ? Lueur d'espoir... vite éteinte par les informations sur la 5ème vague et la fermeture proche de tout ce qui nous rend vivants... Sortons tant qu'on peut.






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