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Chronique de Concert

Muse

Muse en concert

Palais Omnisports de Paris Bercy 17 novembre 2009

Critique écrite le par

Si l'on laisse de côté les vaches sacrées comme sont les Stones, AC/DC, U2, dont les albums ne présentent plus d'intérêt depuis des années et ne sont qu'un prétexte afin de promouvoir de gigantesques tournées best of, Muse est probablement avec Radiohead et les horribles Coldplay le groupe de rock le plus populaire de son époque. Je ne débattrai pas sur le fait que ce constat nous amène à penser que l'on vit une triste époque d'un point de vue rock, car le concert donné par Muse à Bercy mérite bien plus d'attention.

Certes, je ne suis pas un grand fan ou connaisseur de la musique de Muse. Le trio de Matt Bellamy n'évoque à la base pour moi que des singles percutants chantés par une voix fortement influencée par Jeff Buckley et Thom Yorke. Une sorte de Radiohead du pauvre en plus énergique, plus pop et moins aventureux mais toutefois infiniment supérieur à ces geignards de ColdPlay.

Toutefois avant de parler de ce concert qui a bousculé mes préjugés sur ce groupe je voudrais faire un aparté sur deux sinistres personnages : Pierre Parat et Michel Andrault. Ces noms ne vous sont pas familiers, mais tout amateur de musique live vivant à Paris subit depuis des années les conséquences insupportables de leur travail désastreux et obsolète. En 1983 ces deux architectes ont conçu le Palais Omnisport de Paris Bercy. Cela fait donc plus de 25 ans que nous subissons l'effroyable acoustique de ce sale bloc de béton. Combien de concerts ont été ruinés par cette caisse de résonance pourrie. La liste est infinie, mais pour ma part je retiendrai les performances endommagées de Neil Young, Simon and Garfunkel, Metallica, Johnny, Cure, Depeche Mode et j'en oublie...
Outre l'acoustique, sa forme rectangulaire est une insulte à la mise en place d'un concert digne de ce nom, surtout quand on voit des architectures comme celle de l'O2 arena de Londres ou du Zénith de Rouen avec leur conception en amphithéâtre et une architecture dédiée à l'acoustique et au son.

A l'heure ou une place de concert coûte un bras, la moindre des choses serait de pouvoir y assister dans de bonnes conditions.
50 ou 100 euros pour ne pas entendre une voix ou une guitare c'est très très cher Si le POPB est une bonne salle de sport (tennis, basket, moto) il faut impérativement que la ville de Paris se dote d'une grande salle digne de celles de Londres (O2 ou Brixton academy).





Revenons à Muse. Le concert du 17 novembre aurait pu être un concert exceptionnel s'il n'avait pas été joué à Bercy. Non pas que la salle ait été trop grande, mais l'acoustique a encore fait des siennes et c'est bien dommage. C'est dans une salle sold out depuis des mois que Muse défendait son nouvel album : Resistance.
Le public était survolté et étonnamment mixte et assez jeune. Les vieux routards des seventies et les jeunes quadra presque plus dynamique n'avaient pas répondu présents. Première évidence, Muse assume son statut de gros groupe de stade avec brio.

La mise en scène est exceptionnelle et assez novatrice.
Les trois membres du groupe attaquent le concert avec un extrait plus qu'efficace de leur nouvel album juché sur trois immenses cubes sur lesquels sont projetés des images et un light show laser digne d'un épisode de Star Wars. On en prend plein les yeux où que l'on soit placé. Cette scène est à toute épreuve et doit pouvoir faire son effet dans les plus grands stades, ce qui est rarissime.

Les cubes apparaitront et disparaitront au gré de des chansons.

Les chansons, parlons en !!! Sans être fan du groupe, on s'aperçoit assez vite qu'on en connaît une majeure partie (et pas seulement les classique d'Orygin of symetry comme Bliss ou Plug in baby).
On s'aperçoit aussi qu'il n'y a aucune mauvaise chanson et qu'elles sont toutes taillées pour la scène. Les crescendo de guitare sont époustouflants, les mélodies sont prenantes, les solos tonitruants et les refrains fédérateurs et scandés par un public qui obtient clairement ce qu'il était venu chercher.

On sent bien que le show de Muse est hyper pro, millimétré et que rien n'est laissé au hasard. Les amateurs d'improvisation et de funambulisme musical en seront pour leur frais et devront passer leur chemin. Côté charisme, Matt Bellamy ne manque pas de présence même si ce n'est pas un frontman charismatique. Cela n'a guère d'importance puisque le show suppliait à merveille cette carence.

Si l'on se concentre sur la musique, il est clair qu'elle évoque mille groupes (Radiohead, Queen par sa grandiloquence, Led Zep, Jeff Buckley). Mais tout bien pesé c'est surtout du Muse car force est de constater que le groupe a un vrai style et une personnalité que je ne soupçonnais pas. Muse mérite son succès.

Le set durera deux heures et clairement on en aurait redemandé.
On a même envie de réécouter les albums et on se laisserait bien tenté par une autre date, même dans un stade.

Cela aurait été un très bon concert s'il n'avait pas eu lieu dans le blokhaus de Pierre Parat et Michel Andrault et si un abruti n'avait pas braillé les refrains dans mes oreilles avec un talent digne des inoubliables de la nouvelle star et dans un anglais yaourt du plus bel effet. Et clairement le point manquant de la note se situe bien là et nulle part ailleurs.

> Réponse le 24 novembre 2009, par mozamen

Ben plutôt d'accord sur l'énergie du groupe, son identité, ses influences, y'a pas grand chose de mieux que d'être inspiré par Radiohead selon moi, ce n'est donc pas un problème, surtout quand on ne copie/colle pas, ce qui est le cas de Muse, qui a son identité. La chose ou je ne te rejoins pas c'est que moi, je n'avais personne qui chantait faux aux alentours, je me permets donc de rajouter la 4ème étoile, pour un groupe qui dégage sacrément quand même, stade ou salle : Muse est une bête ! Autre point important : la rudesse des critiques envers Bercy, qui reste toujours selon moi un modèle de réussite de salle "multi-activités" (ok, c'est pas beau comme expression), c'est sûr l'O2 Arena de Londres est aujourd'hui mieux... aujourd'hui, oui ! mais de 1984 (Bercy) à 2000, où pouvait on...  La suite | Réagir


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