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Chronique de Concert

Prince

Prince en concert

Grand Palais Paris 11 octobre 2009 22 h

Critique écrite le par




Prince en concert à Paris, cela ne s'était pas produit depuis une grosse dizaine d'années. Clairement, Prince est sans nul doute l'un des derniers représentants vivant de ce que l'on peut appeler les mégastars de la musique. De plus, contrairement à certains, il est l'un des rares à ne pas avoir dépassé la date de péremption. A 51 ans il semble être en pleine possession de ses moyens mais il reste aussi l'un des plus imprévisibles.

Sur scène, Prince est précédé d'une réputation délirante. Il est unanimement considéré comme un musicien surdoué et une bête de scène capable des performances les plus extravagantes et les plus diverses. Cet été à New York, il a enchainé 3 concerts le même jour avec trois groupes différents. Il peut aussi un jour faire un concert de jazz, le lendemain un concert de Funk et enchainer le surlendemain par un concert crooner au piano ou une performance rock avec des guitares à la Hendrix. Il est aussi coutumier d'after show dans de petites salles rentrés dans la légende dans lesquels il se laisse aller à des sessions d'improvisation époustouflante comme celui du New Morning en 1987 ou de ceux donné au Bataclan lors de ses derniers passages. Souvent ce type de concert est annoncé avec une fausse identité. Il est aussi capable de quitter une scène si on le prend en photo ou si le public ne réagit pas comme il le souhaite.
C'est dire s'il est difficile à suivre.

Cela fait quelques semaines qu'on subodorait une visite princière à Paris. En juillet des shows à l'Olympia avaient été évoqués puis annulés pour être repoussés. On n'en savait pas beaucoup plus jusqu'à ce qu'une rumeur persistante ne circule sur le net annonçant deux concerts au grand palais dans la même journée le 11 octobre, soit 4 jours plus tard. Prince serait tombé amoureux de l'endroit quelques jours plus tôt lors du défilé Chanel auquel il était convié et l'aurait booké dans la foulée pour une journée. Aucun concert n'avait de Rock ou de Funk n'avait, à ma connaissance, jamais eu lieu dans cette enceinte. C'est dire si l'engouement suscité par cette annonce était grand.

Se procurer un sésame pour ce type d'évènements n'est pas chose facile. Il faut savoir où, quand et comment les places seront mises en vente et il faut avoir la meilleure stratégie pour être parmi les heureux élus. Il faut malheureusement aussi ne pas se formaliser d'un tarif exorbitant. Ces deux conditions réunies, j'ai pris le chemin du Grand Palais pour le second concert de la journée programmé à 22 Heures dans un état de surexcitation avancé et une volonté de faire face à certains de mes aprioris pour mon premier concert de Prince.

En effet, que les choses soient claires :
Je ne suis pas un inconditionnel du Kid de Minneapolis. Je n'ai de sa musique qu'une culture Best of et single même si je me suis parfois procuré des albums comme Purple Rain, Around the world in one day, Sign of the times et Diamonds and pearls.

Sa musique m'a souvent décontenancé. Si j'y trouvais bien sûr un certain talent et un intérêt évident, elle est à mes yeux souvent pollué par un son trop eighties et des nappes de synthétiseur effroyables sorties tout droit d'une Bande Originale d'un "action movie" des années 80 comme le Flic de Berverly Hills ou de certaines envolées "Madonnesques".

Dans le Funk, je suis à la base plus intéressé par un son plus Roots comme celui de Sly and the family Stone, James Brown, Funkadelic, Isaac Hayes ou de l'afro beat de la famille Kuti.

La salle est assez étonnante. Débarrassée de tout décorum on pourrait se croire dans un immense entrepôt si le toit ne se révélait pas être une immense verrière grand siècle. Le sol en béton contraste avec l'aspect extérieur du bâtiment. Mais le plus étonnant est que le concert n'a lieu que dans une aile de l'édifice tant celui-ci est grand. On sent tout de suite qu'une telle architecture sera un frein à une ambiance chaude et moite comme le funk peut en provoquer.





A 21H45, des clameurs s'élèvent. L'auto proclamé Love Symbol fait son apparition dans son palais d'un jour et se dirige vêtu d'une tenue immaculée vers sa loge.


En plus d'une prohibition alcoolique digne du Chicago des années trente et d'une interdiction de fumer plus récente, les organisateurs prirent la parole et rappelèrent qu'il était interdit de prendre des photos sans quoi le souverain du jour quitterait la scène sans espoir de retour. Les rares petits malins qui s'essayèrent à braver la loi princière se firent attraper et expulser de la salle par des vigiles qui n'hésitaient pas à fendre la foule pour saisir leurs proies.

A 22 Heures, sur une scène sans aucun artifice, la cérémonie commença.
C'est un Prince guitariste auquel nous avons droit ce soir. Le Funk est pour notre plaisir la grosse tendance de la soirée. Il attaque avec 1999 qui semble ravir les dévots du nain.
Il ne parait d'ailleurs pas si petit que cela.

Le répertoire s'attarde sur les premiers albums comme Purple rain et des morceaux comme Contreversy.

Ce qui se dégage de ce début de concert, c'est qu'indubitablement Prince a un charisme évident. De plus c'est un véritable virtuose à la guitare. Il semble jouer avec une facilité déconcertante des trucs pourtant pas évident en se permettant des variations inspirées et des improvisations qui vous emmènent d'un tempo à un autre comme si de rien était. Vocalement, c'est une tuerie. C'est le groove incarné. Il dégage un érotisme moite qui à la réflexion lui est totalement propre. Il dégage aussi une vraie intensité.

Clairement, on est dans un déluge de Funk.

Les morceaux s'enchainent avec bonheur. On a notamment droit à des impros sur le Freak de Chic, une bonne reprise de Without love des Doobie Brothers et un hommage à Sly Stone avec Everyday people et I want to make you higher.

Puis au mout de 75 minutes, il quitte la scène. On se dit que le concert est en train de tourner au braquage vu le prix des places.

Heureusement il ne s'agit que d'un intermède avant un Purple rain qui fera hululer la foule et un nouvel envol vers des morceaux de Funk hypnotique pendant 45 minutes supplémentaires avant que, semble-t-il satisfait, Prince donne congés à ses sujets.

On a bien à faire à un musicien de génie et le concert valait le détour. Cependant ce n'était pas non plus le concert du siècle.
L'Atmosphère était froide et métallique. L'omniprésence de nappes de synthétiseur m'a personnellement beaucoup gêné mais je m'y attendais.
J'ai aussi eu l'impression que Prince malgré tout son talent ne donnait pas tout ce qu'il avait dans le ventre. J'aurais aimé le voir pousser ses chansons d'avantage dans leur retranchement. On a l'impression que plutôt que d'emmener tout le monde vers une explosion, une éruption de Funk acide, il se contentait de balader son public d'un groove à l'autre.
Ce qui aurait pu être une tuerie m'a semblé parfois trop tranquille.
Non, je n'ai pas été déçu mais je suis resté un poil sur ma faim.

En terme de Funk purement musical, je suis beaucoup plus adepte de George Clinton ou de la chaleur de la famille Kuti, même si aucun d'entre eux n'a les mêmes facilités musicales et l'érotisme de la voix du plus connu des témoins de Jehova.

Néanmoins, je me serais bien laissé tenté si j'en avais eu l'occasion par le concert du lendemain à la Cigale (la meilleure salle de concert de Paris avec l'Olympia). Je suis d'ailleurs persuadé que le concert m'aurait davantage plu.


A lire également, la chronique du dernier album de Prince, Lotusflow3r/MPLSound...


Site Internet : www.lotusflow3r.com.

 Critique écrite le 13 octobre 2009 par lol


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