Accueil Chronique de concert The Divine Comedy (+ A Lazarus Soul)
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Chronique de Concert

The Divine Comedy (+ A Lazarus Soul)

The Divine Comedy (+ A Lazarus Soul) en concert

Salle Pleyel, Paris 3 mars 2026

Critique écrite le par


Pour notre première soirée à la fameuse Salle Pleyel, on aurait pu tomber plus mal que sur The Divine Comedy, ce groupe de Neil Hannon si bien défini par son nom : plutôt comédien, et assez divin en effet ! Dès notre arrivée en famille (...cadeau de Noël à ma frangine et à mon amoureuse), on croise Stéphane, disquaire de Lollipop Music Store à Marseille, grâce à qui on est là ce soir : par un pur et ... divin hasard, il y a des mois de ça l'été dernier, on est entrés dans son magasin au moment-même où il finissait de réserver des places pour ce concert - sans cela on serait assurément arrivé bien trop tard ... Alors qu'on a évidemment acheté nos trois places ce jour-là avant même d'être ressorti du magasin !


Un hall d'entrée prestigieux, de grands escaliers et un premier constat un peu désabusé : aïe aïe aïe, c'est haut et c'est loin, ce premier balcon (on avait pris ce qui restait... et d'ailleurs Stéphane y est aussi avec Madame) ! La scène nous paraît vraiment être à 50 mètres... Pas d'écran évidemment : ce n'est pas aujourd'hui qu'on va pouvoir admirer de près son admirable minois, ses facéties et sa bonne bouille, à notre irlandais préféré... La première partie qui commence, permet de passer vite à autre chose et noter pour plus tard : des jumelles, toujours des jumelles !


Par contre, on ne réécoutera pas forcément A Lazarus Soul à la maison... Si la voix (un peu Morissey-like) est agréable et qu'on la comprend assez bien, elle n'est pas tout le temps juste ! Pop avec des touches folk, les chansons ne retiennent pas trop l'attention, à l'exception peut-être de la toute dernière, Funeral Sessions, une marche folk militante et punchy, clairement au dessus du lot. Désireux de découvrir le bar, on restera pourtant assis sagement au final pour éviter une alerte vésicale en plein concert...


Et on a bien fait parce que la star du soir, en vrai gentleman, est très ponctuelle ! Et puis ce n'est finalement que la 3e fois qu'on le voit en vingt ans... alors que ses albums ne sont jamais loin de nos platines et auto-radio, surtout depuis l'assez délicieux concert donné au Paloma de Nîmes en 2022 ! Décor traditionnel planté : mur du fond en épaisses tentures de velours, cercle de 6 musiciens dont une violoniste, mesuré et tout à son service, Neil Hannon nous accueille dans son shown et se sert rapidement un verre de vin rouge... Hey, Paris est une fête, ou bien ?


La setlist de ce soir sera, à notre goût, un très harmonieux mélange entre trois ingrédients : un best-of (il ne manquera aucun de ses incunables, à commencer par la bouleversante A Lady Of a Certain Age - chair de poule #1 sur son introduction) ; son dernier et magnifique Rainy Sunday Afternoon (il en jouera les meilleures à notre goût, à commencer par la vibrante Achilles) ; et enfin un tiers de pépites plus pointues pour ses vrais fans (que je n'identifie pas toutes, je l'avoue, à commencer par Assume The Perpendicular...).


La grande qualité de ce chanteur, comme chacun sait, est de peindre par petites touches - et d'incarner ensuite parfaitement - des tranches de vies, pouvant aller des moments les plus légers (At the Indie Disco, joyeux name dropping et source de jouvence), aux moments les plus durs (Last Time I saw the old man, bouleversant constat sur son père déclinant - étant de sa génération, nous avons bien remarqué aussi récemment que nos propres parents n'étaient pas éternels...). Mais aussi un talent pour évoquer de simples moments de lose marrants, abordés avec un flegme tout britannique (Rainy Sunday Afternoon), avec introductions rigolotes et pitreries régulières...


Ecoutant sans doute trop souvent son best of "Charmed Life"... et pas assez ses vinyles, on peut mettre au crédit de ce concert d'avoir redécouvert des titres (citons When the lights go out over Europe, ou la superbe valse-cabaret de Bang Goes the Knighthood). Grâce à la setlist regardée seulement après coup par peur de spoilers, on a aussi pu constater qu'on ignorait en fait le titre de certaines chansons qu'on adore pourtant (Bad Ambassador, stylée et punchy, ou bien la très consolante To The Rescue !).


Et puis bien sûr, il y a ces titres qui vous emportent, et notre préféré entre tous : Our Mutual Friend, où il mime même sa perte de connaissance centrale, tombant au sol les bras en croix, ivre mort et amoureux... Comme à l'accoutumée, la phrase-pivot de la chanson s'envole sur ses violons et nous provoque un frisson de première classe (... il faut dire que sur nous, ça fonctionne même en voiture, alors...). Autre moment marquant, sur l'introduction en mode bossa-nova triste de Mar-a-Lago by the Sea, étirée à l'envi : un plateau à roulettes lui ayant été apporté, il prend les commandes et sert à boire à chacun de ses musiciens, tout en les présentant. La chanson est évidemment un sommet de classe sarcastique sur l'ordure orange (et probablement incontinente) qui est actuellement occupée à pourrir le monde entier...


Mais la troisième partie du set ne manque pas non plus de grands titres : la superbe The Heart is a lonely Hunter, que beaucoup considèrent comme le climax du dernier album, est suivie par un best-of de titres plus enlevés et qui font rugir le public de plaisir : Absent Friends (magistrale), Becoming more like Alfie (qui dépote toujours aussi bien) et The National Express (également festive !). A la sortie du groupe après 1h30, un beau boucan retentit, alors que chacun.e peut dresser une liste temporaire des titres qu'il ou elle n'a pas entendus ce soir (on vous épargnera ici la nôtre...).


L'Encore permet de réparer tout partiellement ces manques, toujours avec ce trio rareté/nouveauté/best-of, ici avec In the pursuit of happiness presque a capella (pas reconnue du tout !). Puis on réalise le potentiel de l'assez émouvante Invisible thread (qui nous avait un peu échappé jusque là), avant de finir sur celle sans laquelle le Stéphane déjà cité aurait sans doute refusé de quitter la salle et retenu sa respiration les bras croisés : Tonight we Fly est une vraie fête, cavalcade presque couverte par les applaudissements et les sièges qui claquent - la salle est debout pour la clameur finale !


... Encore sous le charme plusieurs jours après, on réalise que malgré la mocheté du monde actuel (en grande partie due à la saloperie orange déjà citée) , il existe fort heureusement toujours la possibilité de se pelotonner dans la beauté réconfortante des chansons de The Divine Comedy... et parfois même - avec un petit coup de pouce du destin s'il le faut - de pouvoir communier avec son vibrionnant lutin, le très précieux Neil Hannon : assurément un de nos tous meilleurs ami-qui-ne-nous-connait-pas !
Don't be a stranger, Sir, we hope to see you again soon !

Photos pires par Philippe, moins pires par Valérie (désolé, loin et sans appareil photo ni téléphones qualifiés)

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Setlist :
Achilles
The Last Time I Saw the Old Man
When the Lights Go Out All Over Europe
Assume the Perpendicular
Rainy Sunday Afternoon
Bang Goes the Knighthood
A Lady of a Certain Age
At the Indie Disco
Neapolitan Girl
Songs of Love
Our Mutual Friend
Bad Ambassador
Mar-a-Lago by the Sea
To the Rescue
The Heart Is a Lonely Hunter
Other People
Absent Friends
Becoming More Like Alfie
Generation Sex
National Express

Encore:
In Pursuit of Happiness
Invisible Thread
Tonight We Fly

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