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Interview du groupe Vox Low

Interview du groupe Vox Low en concert

Le 6Mic / Aix-en-Provence 10 octobre 2020

Interview réalisée le 05 novembre 2020 par Lb Photographie



À quelques heures de son premier concert en salle post-confinement, Vox Low piaffe d'impatience avant son set prévu le soir-même au 6Mic d'Aix-en-Provence (chronique ici). Hâte de retrouver le public et de partager une bouffée d'oxygène dans l'atmosphère angoissante de cet Après-Monde. Réunis en loge après les balances, Christophe, Benoit, Matthieu et Guillaume se prêtent au jeu de l'interview. L'occasion de revenir sur leur parcours et découvrir de quoi est constitué l'avenir du groupe.



Je voudrais revenir sur l'histoire de la formation, qui est assez récente alors que vous vous connaissez depuis longtemps. Comment le projet Vox Low est né ?
(Christophe prend la parole) Ça commence avec Benoit et moi il y a 16 ans maintenant, en 2004. On monte le groupe Think Twice avec Macdara Smith au chant. On sort notre premier album Under the Bombs" sur F-Communication, le label de Laurent Garnier, et le second Coco Killed Me chez Dialect Recordings. Puis on a monté un live en 2008 et on a rencontré Mathieu, qui est maintenant batteur dans Vox Low. On était avec Anton Giraud aussi. Cette histoire s'est arrêtée, faute de succès et d'argent... et des paternités respectives de tout le monde (rires) ! Et puis un ou deux ans après, avec Ben, on s'est remis à faire du son, en allant récupérer de vieilles archives, des vieux morceaux qu'on avait fait tous les deux, qui n'avaient pas été retenus avec Think Twice. Ils étaient un peu plus new wave, plus lents, plus hypnotiques. On s'est dit qu'on pouvait en faire quelque chose, et on a mis ça en ligne. On a été repéré par Laurent Pastor, qui est la deuxième moitié du groupe La Décadanse, avec I Wanna See The Light. Il nous a demandé s'il pouvait le sortir sur son label Astrolab, avec un remix d'Yvan Smagghe, qui a bien marché. Ça nous a mis le pied à l'étrier, on a mis plein de démos en ligne, dont Something is wrong, qui a commencé à tourner chez les DJ et chez les gens. Jennifer Cardini est venue nous chercher pour le sortir sur Correspondant Records et après on a sorti 4 ou 5 EP sur des labels différents. Jusqu'à ce que JB de Born Bad vienne nous voir en répète et nous dise qu'il était intéressé par notre musique. De là on s'est tous donnés un an pour laisser les choses vivre, jusqu'à ce qu'on sorte S/T le 1er album, en 2018. Depuis on a sorti Relectures. Ce sont des amis qui ont fait des remix, plus que des remix, des relectures, oui, le mot est plus juste. Notamment avec Abschaum qui est un groupe de Lyon. Et puis après ce sont des potes comme Orestt chez qui on a sorti 2/3 EP, qui a ce label, Everlast, et une boutique à Nice. Il y a la reprise de Pilooski sur What If the Symbols Fall down. Et Tolouse Law trax, rencontré à Paris au Baron Rouge, qui a été le premier à rendre son remix de It's Rejuvenation !

Mais Relectures, c'est une nouveauté qui reste liée au 1er album... Alors, c'est quoi la suite ?
Déjà, depuis 4 ans ½ on n'a pas arrêté de tourner, avec une vingtaine de dates minimum par an. Et des sets qu'on fait évoluer régulièrement. Là on bosse, même si le confinement vient de mettre une tarte à tout le monde... On venait de signer chez un tourneur, Azimuth Productions, on avait commencé en janvier avec le Psyché Festival, on avait pas mal de dates prévues, ça s'annonçait bien. Et puis bim, ça a foutu un coup au moral pour tout le monde. Déjà, on pouvait plus se voir, physiquement, et tu n'as pas forcément envie de faire des trucs de toute façon dans cette ambiance. C'est vrai que pour les gens avec qui on a discuté, et aussi les musiciens, le confinement n'a pas donné d'envies de création. Tout le monde était dans cette espèce d'entre-deux, à se demander ce qui allait se passer. Il y a eu des sorties quand même, avec la 4ème édition de Trapped on the Moon sur Everlast, premier 45T qui était un hommage au poète victorien John Keats. C'est un super objet, parce qu'il aime bien se prendre la tête à faire de belles choses. Du coup, là c'est un vinyle carré transparent. C'est vraiment un esthète. Pas pour faire un objet rare et cher qui finit sur Discogs, mais vraiment l'amour du bel objet.

Justement, on a l'impression que l'esthétique compte aussi beaucoup pour vous. Est-ce que c'est le cas et quelles sont vos influences ?
Ça compte beaucoup. Surtout que notre musique est vachement liée à l'image. Les gens nous disent que c'est de la musique de caisse sur l'autoroute, que c'est de la musique cinématographique. Comme on dit souvent, on est fans de SF, donc tout ça créé une imagerie. Et c'est vrai qu'on s'est toujours pris la tête. L'artwork de l'album, on a eu de la chance. On bossait beaucoup avec St Ritz, qui a fait une bonne partie de nos covers. Malheureusement il n'était pas disponible pour l'album. Alors on a cherché avec JB et on est tombé sur ce peintre, Jean-Pierre Potier, qui avait fait ça il y a une dizaine d'années. On a tous flashé, ça a été unanime et direct. Ce qui est drôle dans les retours qu'on nous fait, c'est que chacun y voit quelque chose de différent. Pour certains c'est un château-fort, pour d'autres une prison. Tout le monde en tout cas y voit un truc dystopique, assez sombre, qui va bien avec l'album. Le rouge, le noir, ça a marqué un truc.



Sur les influences, pour moi "Strange Machine" ça renvoie à "2001, l'odyssée de l'espace". On est vraiment là-dedans...
Strange Machine, c'était sur le EP The Hunt et ça date de la Maroquinerie pour le Psyché Festival où on s'est dit, tiens si on mettait ça en fin de concert. On l'a réadapté pour que ce soit jouable, parce qu'à la base il est très électro, très dur.
Oui, sur ce morceau, le texte c'est ce mot qui se répète je suis une étrange machine parfois et je me perds dans ton esprit. Ça renvoie à nous aussi, on est parfois des étranges machines qui ne nous comprenons pas nous-mêmes, sans savoir ce qui déconne.
De toute façon, l'idée de ce projet à la base c'était d'y mélanger tout ce qu'on aimait, avec quand même cette direction de faire quelque chose de sombre, lent, sans format pré-établi de longueur. Ne pas être obligé de se dire il faut un refrain ici, un pont là. Le cahier des charges c'était : sombre, lent, plutôt long et en même temps on voulait que ça groove. On ne voulait pas être un groupe de rock, ni un groupe de club, ni des Dj, on voulait mélanger tout ça en fait.
Et je crois que c'est le plus beau truc qui nous soit arrivé. Le fait de signer chez Born Bad, ça a vraiment appuyé l'histoire. Parce qu'au début on sortait plutôt sur des labels électro. Et puis on a vu que du côté de la scène rock ça commençait à bouger autour du projet. Et signer sur Born Bad ça ouvre plein de portes, ça assoie le truc : Ok, c'est un groupe de rock aussi, tu vois. C'est l'ouverture d'esprit de JB d'aller dire, Ces mecs-là font des choses différentes de ce que je fais d'habitude mais ça colle avec mon label. Et du coup c'est génial.
On s'est parfois retrouvés dans des festivals de gothiques purs et durs au Portugal, des festivals électro comme celui de Laurent Garnier, des Primavera, etc. On a même joué avec les Beach Boys à Acapulco, sur la grande scène !

Les Beach Boys ont fait votre première partie donc...
Voilà, c'est ça (rires). Quand on est arrivé sur place, on pensait jouer sur une des petites scènes, et on nous a dit qu'on n'était pas programmés là. OK. Et puis on a vu les moyennes, où il y avait quand même des groupes comme Allah-Las ou Timber Timbre, et on nous a expliqué qu'on n'était pas là non plus !
En fait les organisateurs programment chaque année un petit groupe sur la grande scène... et cette année-là c'était nous ! Après les gros ! Ça a commencé avec Devendra Banhart, suivi de Seun Kuti et Brian Wilson. Mais ça va les Beach Boys ont bien assuré quand même (rires).

Bon, et ce 2ème album, c'est encore un projet ?
Non, non, on s'y est mis. On taffe dessus, on a pas mal de pistes, plein de petits trucs dont il faut maintenant faire quelque chose. Mais on a de la matière.
Là on va essayer de ressortir un EP chez Everlast, on a va sortir un remix chez des copains suisses, on nous a demandé 2/3 autres remix à côté.
Et pour l'album, le contexte fait qu'on a un peu moins de pression. Ça sert à rien de le sortir là maintenant, on ne sait pas comment ça va évoluer. Tel que c'est parti, il ne sortira pas avant septembre ou octobre 2021. En fait on le fera au moment où les concerts reprendront.
Et puis un autre des problèmes c'est la fameuse légende du 2ème album. Si le premier est un petit truc, un flop, tu peux faire un truc sur le 2ème, mais là il y a une autre pression avec le succès... À notre grande surprise d'ailleurs, on ne s'attendait pas à ces retours.
C'est pour ça qu'on ne va pas sortir un 2ème album pour sortir un 2ème album. Il faut qu'on s'amuse, qu'on ait des choses à dire et qu'on soit contents du résultat. La seule obligation qu'on pourrait avoir c'est une obligation financière. Le fait est que ça nous rapporte que dalle donc ça ne va pas nous mettre une pression à quelque niveau que ce soit. Donc on le sortira quand on le sortira !

Côté son, est-ce qu'on restera en territoire connu ou est-ce que ça va évoluer vers autre chose ?
Ça va être zouk (rires). Non, ça va être dans la même veine, qui est déjà une veine assez éclectique. Mais est-ce qu'il y aura plus de morceaux psyché, plus de morceaux new wave, plus électro ? On verra...



L'enregistrement s'arrête là, mais pas la discussion, qui continue autour de souvenirs de concerts et de tournées. C'est drôle, insolite, parfois inracontable. Et comme on a promis... Sauf quand même cette anecdote de retour de concert en Turquie, au sortir d'une after. Perdus au petit matin dans Istanbul et incapables de retrouver leur chemin, ils ont suivi un chien (parce que les chiens turcs comprennent le français) pour retrouver l'hôtel. Chien qui, bientôt rejoint par une meute, les a guidé jusqu'aux pieds de l'escalier de l'hôtel... Donc, on a beau être fan de dystopie, il reste toujours une lueur d'espoir !

Photo : Laurent Bruguerolle


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