Très belle soirée en effet sur les pelouses du Parc Longchamp (dont il faut bien profiter avant que notre bien-aimée municipalité en arrache un bout pour en faire un parking à 4x4... renseignez-vous si vous n'y croyez pas !). Je fréquente peu ce festival pour cause d'ignorance avérée en matière de jazz, et n'y suis donc pas revenu depuis longtemps, pour une fabuleuse prestation de St Germain feat. Herbie Hancock ! Avant notre arrivée, Abd Al Malik est venu répondre aux questions du public, très gentiment (pas étonnant de la part du personnage). Dommage, l'interview Live in Marseille est encore ratée pour cette fois !
André Minvielle, musicien accompli que je ne connaissais que de nom, convoque avec lui et ses excellents musiciens, tout l'imaginaire du festival d'Uzeste, à mi-chemin entre jazz Nougaresque et diction FabulousTrobadorique. Il est extrêmement sympathique, drôle, son concert tient aussi du one-man show ou de la répète en plein-air, que l'on suit agréablement le cul dans l'herbe et une chopine à la main - le passage sur la toux de pépé est effectivement génial. Il chantera aussi, pour conclure idéalement sa prestation, la fameuse chanson qui fait "Et si c'était ça la vie, et si on nous l'avait pas dit...', joyeuse et mélancolique, qui me renvoie à mes années d'étudiant !
Plus tard le p'tit black du Neuhof revient faire des siennes avec son non moins excellent groupe : le vibrionnant Abd al Malik nous a déjà laissés sur le cul en triomphant aux Eurockéennes il y a trois semaines, et ce devant un public rock gonflé à bloc, pourtant plutôt venu pour voir les Hives et autres Q.O.T.S.A ... Et ce soir il s'y prend d'une autre façon, plus calme et détendue, mais cette fois-ci devant un public venu en partie spécifiquement pour lui. Qui s'est déjà levé et amassé devant la scène sans qu'il ait besoin de dire quoi que ce soit, d'ailleurs !
Ses textes pleins de charme, de gravité et de maturité, font merveille même si on commence à bien (voire trop) les connaître - on envie ceux qui ont encore la chance de les découvrir ! Sa reprise songeuse de Ces Gens-là (qui s'appelle Les Autres, soit dit en passant Miss Zou ;-) !), les moments tragiques du Grand Frère et de la très déprimante Saigne sont efficacement contrebalancés par l'afro-beat de Gibraltar, la combattante 12 Septembre 2001 et la rappée Rentrer Chez Moi (où il se livre à des chorégraphies étranges et très personnelles, comme sur Soldat de Plomb...).
Après nous avoir fait danser, penser, communier, il termine en lisant une lettre pleine de jolies pensées à son petit Mohammed (Je regarderai pour toi les étoiles), tandis que le Parc Longchamp flotte doucement sous les constellations, bercé par une brise agréable. Longue vie au Festival Jazz des 5 Continents qui tient bon malgré des difficultés fréquentes à exister à côté de très grosses affiches comme Marciac - on se fait la promesse d'y revenir plus souvent !
Abd al Malik+André Minvielle - 27 juillet 2007 - Palais Longchamp- Marseille Retour dans le magnifique cadre du Palais Longchamp ce vendredi 27 juillet pour une soirée sous le signe du slam, cet art d'expression orale sorti de l'ombre il y a quelques années et propulsé sur le .../...
Retour dans le magnifique cadre du Palais Longchamp ce vendredi 27 juillet pour une soirée sous le signe du slam, cet art d’expression orale sorti de l’ombre il y a quelques années et propulsé sur le devant de la scène par des artistes comme Grand Corps Malade, Abd Al Malik … et surtout Vibrion !!!
En première partie ce soir André Minvielle, que je connais de nom, mais dont je suis loin de soupçonner les qualités artistiques.
Dès les premiers morceaux, le monsieur nous invite dans un univers festif, décalé et ultra original où règne l’accent du sud. Sur scène cet homme-orchestre-troubadour (au chant, percussions, batterie, piano et autres objets non identifiés !!) s’entoure d’un band où tous les musiciens rivalisent de talent.
Accordéon, contrebasse, sax, basson et trompettes se mêlent et s’entrechoquent dans un style jazz, blues, java et musette qui n’est parfois pas sans rappeler celui d’un certain Claude N également originaire du sud ouest.
Des rythmes qui accompagnent à merveille les textes, interventions et mimiques de Minvieille : des sujets parfois drôles (comme le râle de son grand père), parfois plein d’émotion (deux titres très touchants sur sa compagne et leur enfant) voire également revendicateurs.
Bref, chez ce « volcalchimiste » comme il aime à se présenter, les mots frétillent et cognent, les rythmes claquent. Un spectacle bien sympathique, à voir en live résolument !!
NB : cet activiste est associé à la Complexe Articole de Déterritorialisation dans le grand projet/sujet Suivez l'Accent. Plus d’infos ici : http://www.larticole.org/
Arrive ensuite Abd al Malik, star de la soirée qui a (entre autres) le mérite de rajeunir sérieusement le public du festival !!
Rappeur, slameur, poète, chanteur, conteur urbain …on ne sait plus comment présenter celui qui indéniablement a su s’imposer dans le paysage musical français par son talent et son originalité.
La nuit tombée, ce « grand homme » (dans tous les sens du terme …) et ses excellents musiciens entrent enfin en scène et attaquent par un des titres phares de l’album : Soldat de Plomb.
Le jeu de lumières minimaliste et tout en contre jour met parfaitement en valeur ce texte brut et dénonciateur.
Piano, fender rhodes, batterie, contrebasse et Bilal (ex NAP) aux platines : musicalement on est à la frontière du slam, du rap, du jazz et de la chanson française.
Très rapidement Abd Al Malik et ses musiciens réveillent le public qui se lève et reprend en cœur les textes forts de titres comme 12/09/2001, Gibraltar, ou encore Rentrer chez moi et La Gravité. Doué d’une très bonne présence scénique, étonnant par sa simplicité et son authenticité, Abd Al Malik nous offre un set riche, incluant notamment Ces gens Là, jolie reprise de Brel mariant intelligemment imitation et hommage.
Bref, un beau spectacle ! porté par des musiciens prestigieux et des textes souvent critiques mais toujours touchants. Profitez en, ils sont en tournée tout l’été !
Après une bonne nuit de sommeil et diverses activités reposantes, retour sur le site pour une journée qui s'annonce riche en cadors du rock, mais aussi en divers espoirs à confirmer. Côté ciel, on est plus près de la canicule que du déluge - Libé nous a promis un climat intermédiaire mais sait-on jamais, il est déjà arrivé ici qu'on ait plutôt les deux le même jour !
Samedi, un p'tit black en survet' tient tête à aux dieux du rock en scène
On rejoint Joeystarr, déjà vu et apprécié cette année en salle, qui harangue la foule en lui rappelant opportunément l'existence d'un problème - parmi d'autres - dans ce pays désormais de droite : So so so, solidarité, avec les sans-papiers ! qu'il enchaîne avec sa chanson sur la question Hot, Hot. Puis il nous sort son magnifique et terrifiant Métèque au son un peu en surchauffe (il faut dire qu'il est aujourd'hui accompagné d'un vrai groupe batterie-basse-guitare, les Enhancer). Il met en tout cas la grosse ambiance, incomparable avec celles des peigne-culs du WTC la veille.
La méchantissime Bad Boy est soutenue par une basse tellurique, et il la fait en entier cette fois-ci, tout autant que cette histoire de 9-3 qu'est d'la Bombe, bébé à base de Po po po po (qui réjouit les fans de son ancien duo). Il a le bon goût de moins provquer le public (qui n'est pas le sien) qu'en salle. Cela dit la célébration de la Seine St-Denis, ça devient un peu lourd sur 93 déboule. On s'éloigne discrètement pour écouter encore Carnaval (où il arrive à faire brasser la fosse, à gauche, à droite). On le quitte sur Pose ton Gun 2, toujours sympa en live même si on fatigue un peu. "Quoi qu'il en soit" (comme il le dit toutes les 2 phrases), force est de constater que le Jaguarr a bien repris sa carrière en main !
La grosse déception d'aujourd'hui sera Cold War Kids, pourtant pas désagréable sur album : le groupe de pop US pianistique est emmené par un sosie de Woody Harrelson (en moins beau), ce qui complète il est vrai le couple de tueurs nés avec Juliette Lewis hier. Hélas sa voix criarde et approximative s'avère rapidement pénible, il a d'ailleurs du mal à emballer le chapiteau même avec ses "tubes" Hang me Up to Dry ou We Used to Vacation. La vague parenté avec les White Stripes sur disque ne s'entend pas, un oeil sur le guide et nous trouvons un objectif pour fuire ce groupe qui n'a décidément de chouette que le nom !
Direction la loggia donc, pour passer un moment agréable avec Blanche, quatuor de country avec saillies rock authentiques (généralement sous forme de courts pétages de plomb en fin de chanson), adoubé par Jack White. On y reconnait le guitariste des explosifs Raconteurs/Greenhornes, avec son look de nerd improbable et aujourd'hui mandoliste. Look assez rigolo, voire énorme, pour ce groupe de personnages qui semblent tout droit sortis d'un (ou plusieurs) film des frères Coen, d'autant plus que le chanteur a une tronche ...Turturoesque. Jolies mélodies, chanteuse ravissante dans sa robe Scarlett, country pas trop crottée des pieds, Jack avait raison : l'expérience est convaincante.
Après la country, l'inévitable concert de pop-à-guitares (nous avons un ami gravement addict à ce genre de choses) mais coup de bol, celui-ci en est un (des rares) qu'on aime : Editors sans The, qui s'avère vieillir mieux, au rayon "enfants de Ian Curtis", que les épuisants Interpol ou les infects Bloc Party. Découverts pour moi en petit comité à Rock en Seine l'été dernier, la pop racée et volontiers discoïde, les guitares vrillantes typiques des éditeurs, font merveille en festival, au point que c'en est un plaisir d'assister à l'ensemble du concert.
Notre ami popaguitaropathe prend donc un pied énorme (comme nous) en enchaînant air drums, puis air guitar, sur les superbes titres que sont les déjà classiques Munich, Blood, Lights... Ainsi que sur The Racing Rats issue du récent et très prometteur nouvel album (acheté dès notre retour !). Pour ne rien gâcher le chanteur est pêchu, charismatique et terriblement efficace : il emballe définitivement l'assistance sur un Fingers in the Factories final de haute volée. Décidément, ces mecs ont la classe et vous tiennent une grande scène aussi bien qu'une petite...
On rate donc l'arrivée sur scène d'Abd Al Malik, slammeur talentueux qui a en plus le bon goût d'être accompagné d'un groupe de jazz, et l'un des objectifs majeurs du jour. Plus jeune que ce qu'on pensait, et plutôt petit dans son survet', la scène paraît d'abord trop grande pour lui. Sauf qu'à la force de son flow et grâce à son groupe de cadors (on pense au regretté St Germain), Soldat de Plomb et 12 septembre 2001 lui suffiront déjà pour tenir le chapiteau dans le creux de sa main - on avait pas du tout soupçonné sa formidable popularité ! Suit le trip-hop de Rentrer chez moi (rentrer, déjà, t'es sûr ?) et sa sublime ré-interprétation des Autres - le chapiteau prend officiellement feu sur le terrifiant afro-beat de Gibraltar.
Après avoir raconté la très déprimante bavure Saigne, il remet le couvert afro avec le Grand Frère ; il n'a plus qu'à présenter ses musiciens et recueillir un triomphe, qui semble l'étonner et le bouleverser lui-même. Je ne sais pas si un public de rappeurs (souvent dûrs avec le slam) lui ferait un tel accueil, en tout cas les Eurockéens sont en parfait délire. On savait déjà ses textes conscients et matures, moins gentils que ceux du sympathique Grand Corps Malade - il s'avère que la prestance scénique du strasbourgeois le place d'entrée dans la cour des grands. Sûr qu'il s'en souviendra, le petit black du Neuhof, de ses Eurockéennes, à tournoyer comme un derviche sous des acclamations assourdissantes... Labellisé confirmation du jour !
Après ça, et après les excellents Editors, dûr de s'intéresser à ce qu'on pourrait appeler (sans méchanceté) de la division 2 de pop-rock : les Maxïmo Park qui jouent sur la Plage ne déméritent pourtant pas. Compositions carrées et plaisantes comme Book from Boxes ou Graffiti, le groupe a un leader sympathique et enjoué, à défaut d'être flamboyant, en la personne de Paul Smith. "What a nice festival !" sera hélas une des seules choses comprises dans ce qu'il raconte à longueur de temps avec un accent horrible. Une fin plus entraînante nous laissera finalement convaincus. Plus en tout cas que par les Phoenix entendus de loin, et qui eux semblent sonner tout pourri, on dirait du U2...
Mais voici venue l'heure de la tête d'affiche, enfin pour les moins eurockéens du public, et qui justifie sans doute la présence de ces tous petits auditeurs sur le site aujourd'hui : la délicieuse Olivia Ruiz, bizarrement programmée sous un chapiteau trop petit et qui dégueule littéralement (le chapiteau, pas Olivia !). Perdant un peu le côté intimiste et impudique de ses concerts en salle, reste son rock français efficace et consensuel : qu'elle joue Quixote, le twist pogo J'aime pas l'amour, et la très rock Goutez-moi, et le public tout acquis à sa cause est déjà aux anges.
Alors évidemment, connaissant les auteurs de ses chansons, on est guère surpris par ses guests : le grand Christian Olivier pour Non-dits (on le revoit hurlant ici même unplugged avec ses Têtes Raides dans un tempête déchaînée, lors de la fameuse journée annulée de 2001), puis le formidable Mathias Malzieu (la seule personne au monde à avoir parcouru 2 fois le public entier de la grande scène en crowd-surfing) pour I Need a child. Plus étonnante, Adrienne Pauly (et non Catherine Ringer comme l'ont cru pas mal de gens, le journaliste de Libé y compris - il faut dire qu'elle l'imite bien) viendra interpréter un chouette Marcia Baïla. On écoute avec plaisir Thérapie de groupe et la jolie J'traîne des pieds, mais il semble que nous ayons une suffisamment bonne excuse pour nous éloigner pendant qu'elle triomphe sur son hit radiophonique La Femme chocolat.
Parce que bon, ok, Queens of the Stone Age, on les a déjà vus 2 fois dans d'excellents prestations, dont ici même en 2005 (pour l'anecdote, on nous voit même sur plusieurs plans de la vidéo, hi hi !), mais leur dernier opus Era Vulgaris est quand même venu nous rappeler, s'il le fallait, qu'ils étaient toujours (et j'assume cette affirmation) le meilleur groupe de rock sur scène du monde actuellement ! En plus cette fois-ci, c'est la nuit et c'est notre première nuit avec eux... Et ceci même si le groupe a toujours une géométrie très (trop) variable.
Exit le guitariste à tête de tueur à gages, exit la claviériste (dont la plastique nous manquera, snif...). Sans même parler du gotha qui a défilé par le passé dans ce groupe (et qu'on a même pas vus sur scène) : Dave Grohl, Nick Oliveri, Mark Lanegan... Reste donc le cerveau, le beau bébé rouquin Josh Homme, ainsi que ses acolytes Troy van Leuwen et Joey Castillo, comme seuls rescapés du line-up précédent. Et qui donnent le ton en commençant avec Burn the Witch : fini de rire, ça va être moins pop que sur la tournée Lullabies to paralyse ! T'en veux pour ton argent, du rock qui tabasse grave, et sans aucune facilité métal - pas trace de power-chord, encore moins de vulgaires doubles batteries, et même pas besoin de crier ?
Eh bien prends-ça, quelques titres en vrac et à peu près dans l'ordre, envoyés à une foule hébétée et en transe (on ajoutera pas d'adjectifs cette fois-ci aux chansons, disons que c'est juste une série de tueries) : Little Sister, Battery Acid (oumphhh) ,Turning on the Screw, In my Head, Go with the Flow (gargllll), I think I Lost my Headache (jamais entendu en live auparavant), Sick Sick Sick (arghhhhh), Mexico (une vieille ?), 3's & 7's (pitié, Maître) , No one Knows, Misfit Love (...couic !). Rien à signaler : les QOTSA nous laissent K.O. debout. "Comme d'hab". Vite, vite, un rafraichissement ! Temporairement saoûlé de musique, on passe un bon moment à blaguer avec Pierre Andrieu et ses compères - pour une fois qu'on ne se croise pas en coup de vent au début d'un concert ! On évite donc les sujets qui fâchent : Nosfell et les Pixies...
Le problème est qu'on est pas complètement tiré d'affaires en matière de violence gratuite : restent The Hives, le meilleur groupe de punk'n'roll du monde et qu'on attend de voir depuis des années ! Sans pitié et comme si on venait pas déjà d'en prendre plein la tronche, voilà donc que Pelle Almqvist et sa bande en noir et blanc en chemises, moustaches, bretelles et autres cravates classieuses, au mépris le plus élémentaire des règles de courtoisie, nous resservent de force un plâtrée de grenades dégoupillées, et qui plus est en les jouant exactement comme se joue ce style de musique : avec tous les potards à 11...
Le très agité chanteur a en plus plein de choses à nous raconter : il profitera par exemple de l'extraordinaire A.K.A. Idiot pour nous rappeler qu'elle fut composée en 1997 (mais quel âge pouvait bien avoir ce petit con à l'époque ?). Il se moquera aussi de notre "typically french disorganization" pour nous faire traduire Two-timing touch and broken bones (comme si qui que ce soit comprenait, ou voulait comprendre ce que ça signifie...). Il baragouine même parfois dans un franglais déconcertant et drôle ("La moon est full, we are le Hives and vous êtes le Rockéennes !"), quand il n'est pas trop occupé à grimper sur le premier rang ou à escalader les piliers de la grande scène.
Que peut-faire un tel groupe d'autre, je pose la question, que d'aligner sans coup férir ses petits bijoux, que des générations de punk-rockers vont vraisemblablement copier ensuite pendant 20 ans ? Il est à peine croyable qu'un seul groupe ait pu composer des singles aussi évidents et jouissifs que Walk Idiot Walk, Main offender, Outsmarted, Die ! Allright, Supply & Demand, Here We Go Again, Hate to Say i told you So... Et toutes sont jouées de façon absolument pétaradante, servies chaudes comme de la braise à un public exsangue... La banquise menace de fondre et les Hives habitent en Suède ? Je dis que ce n'est pas une coincidence, il faut éloigner ces barjos d'urgence, leur leader taré en tête. Encore une claque donc, nous repartons mourants de bonheur et de fatigue.
Et évidemment dans ces cas-là et à 2 heures du matin, seul un truc comme Digitalism peut encore vous arracher de l'énergie. Le duo allemand, moins flamboyant que Justice, est aussi moins flambeur et met une ambiance parfaite avec un son irréprochable, avec ses tubes électro-rock en devenir : In Cairo, Zdarlight, The Pulse, ou plus encore la phénoménale Anything New, d'autant plus relevée et légitime aux Eurockéennes qu'elle comporte du chant et de la batterie jouée en live ! Les enchaînements ne sont pas toujours terribles mais au moins ils permettent de respirer entre la vrillante Idealistic et le single Pogo. Soit un deuxième concert d'électro rock qui nous a tué au moins autant que le premier !
Alors après un tel enchaînement d'excellents concerts, force est de constater que ce samedi fut sans doute la meilleure journée et la plus dense de l'édition 2007 des Eurockéennes. Qu'on aime le rap, la pop, le rock stoner, la country, le slam, la chanson français, le punk-rock ou l'électro, il y a eu à boire et à manger... Y'a pas à tortiller, les programmateurs de ce festival sont décidément des génies.
Illustrations par Philippe
Toujours des petites vidéos de tous ces concerts, c'est par ici !
Joli mélange des genres lors de la deuxième soirée du Printemps de Bourges 2007, avec le très émouvant concert d’Abd Al Malik et Juliette Gréco au Palais d’Auron…
Visiblement ravi d’assurer la première partie de la grande Juliette Gréco, le très acclamé auteur de l’album Gibraltar, Abd Al Malik a offert un excellent concert au public de Bourges. Son humour, sa voix, sa prestance et son talent ont irradié la salle, très rapidement sous le charme de ses arabesques vocaux et gestuels. Les textes d’Abd Al Malik - bien écrits, intelligents et honnêtes - sont superbement slamé/rappé, avec comme bande son un groupe de premier choix composé d’un organiste, d’un bassiste, d’un batteur et d’un homme aux platines. Entre jazz, rock et hip hop poétique, l’univers du rappeur issus d’un quartier dit sensible de Strasbourg se révèle captivant, souvent poignant, parfois belliqueux mais jamais cliché ou démagogue. Un exploit donc. Abd Al Malik a en outre le très grand mérite de ne pas opposer les genres, comme le font parfois quelques écervelés inconscients des trésors que recèle l’histoire de la chanson française. Un hommage est donc rendu à un très grand rapper du nom de Jacques Brel, avec l’interprétation de Ces gens là, suivie par une relecture du même titre avec un texte maison : le très beau Les Autres. La fin de la prestation d’Abd Al Malik – permettant à celui-ci de rendre hommage à Gérard Joannest, le pianiste de Brel et Gréco – est justement acclamée.
Un triomphe qui saluera également l’arrivée de la frêle Juliette Gréco sur scène… Accompagnée par son pianiste Gérard Jouannest (auteur de nombreuses musiques intemporelles pour l’immense Jacques Brel) et un accordéoniste, tous les deux parfaits pour mettre quelques notes très bien choisies sur les mots admirablement interprétés par l’ex égérie du Saint-Germain des Près d'autrefois. Si le temps a fait son œuvre sur le physique de Juliette Gréco, sa voix est quasiment intacte, et la ferveur qui l’anime quand elle chante des textes (qu’elle n’a pourtant pas écrits) est tout simplement remarquable. Cette très grande dame de la chanson française vit chaque couplet, chaque refrain, comme si tout lui était réellement arrivé quelques instants auparavant. Madame Gréco semble ravie de se produire sur scène en interprétant des morceaux signés Serge Gainsbourg (Accordéon, La javanaise, La chanson de Prévert), Jacques Brel (Les vieux amants, Quand on n’a que l’amour), Léo Ferré (Jolie môme, Avec le temps), Louis Aragon (La rose et le réséda), Boris Vian, Jacques Prévert, Etienne Roda Gil (Utile) ou Maxime Le Forestier (Né quelque part, un très joli duo avec Abd Al Malik)…
Le flambeau a été transmis a la jeune génération : la chanson, comme le slam ou le rap doivent véhiculer des valeurs immuables comme la tolérance et la rébellion contre la répression. La France est, a toujours été, et doit rester un lieu où les différentes cultures se rencontrent et partagent ensemble. Merci à Juliette Gréco de l’avoir rappelé brillamment, clairement - mais sans emphase - dans ses textes, et par l’intermédiaire de son invitation lancée à Abd Al Malik pour venir partager la scène avec elle. Rien d’étonnant donc à ce que ce très beau concert parsemé de quelques touches d’humour et de malice (Un petit poisson un petit oiseau, Déshabillez moi) prennent fin avec une chanson d’amour révolutionnaire, l’immortel Le temps des cerises. Comme l’a crié un spectateur énamouré au cours de la prestation de madame Gréco : « Bravo Juliette ! »
Abd Al Malik - 2 Décembre 2006 - L'Affranchi - Marseille C'est précédé d'une sérieuse réputation que débarque Abd Al Malik à Marseille. Vu à la télé, plébiscité par le public, primé par ses pairs, le rappeur de Strasbourg jouit d'un gros "buzz". Un peu .../...
C’est précédé d’une sérieuse réputation que débarque Abd Al Malik à Marseille. Vu à la télé, plébiscité par le public, primé par ses pairs, le rappeur de Strasbourg jouit d’un gros « buzz ». Un peu trop gros d’ailleurs, ce qui a tendance à rendre méfiant le chroniqueur avisé.
L’Affranchi annonce logiquement complet pour cette date exceptionnelle, il faut dire que c’est probablement la dernière occasion de voir Abd Al Malik dans une petite salle. Joli coup donc pour l’équipe de l’Affranchi.
Pas de première partie, concert ultra-ponctuel, le public est pris de court mais rentre très rapidement dans l’ambiance. Abd Al Malik démarre avec Bilal, son DJ pour une introduction à deux en configuration rap. Les musiciens arriveront plus tard, après deux ou trois morceaux.
Abd Al Malik mets direct les plus dubitatifs dans la poche en posant la problématique de base, celle qui animera tout son show : peux-t-on penser et danser en même temps ? De toute évidence, il est convaincu que oui et va s’employer pour nous le prouver, notamment grâce à une version pêchue de « 12 septembre 2001 », au texte effectivement très politique et engagé (« moi, je n'mélange pas ?la politique avec la foi »), mais au beat et à l’instru assez entrainant (surtout en live).
Et puis donc les musiciens arrivent, dont l’excellent Laurent de Wilde au piano, pour une sublime version de « Gibraltar » où Abd Al Malik se déchaine, envoi son texte avec fièvre. Et là, on est dedans. Les autres morceaux sont magnifiquement interprétés, on retiendra « je veux rentrer chez moi », et le superbe « les autres » (inspiré par Brel), que Abd Al Malik agrémente de commentaires bien sentis.
Décidement, le garçon est attachant, convaincu dans son discours de paix et d’amour, finalement pas trop donneur de leçons. On tique un peu sur quelques citations naïves type : « rencontrer l’autre, c’est un se rencontrer soi-même… » mais l’ensemble est touchant de sincérité et de justesse. Abd Al Malik se livre, parle de lui sans retenue mais avec la distance et la sagesse que lui donne ses 30 ans et un parcours chaotique. Et puis, il ne manque pas d’humour, il joue avec le public, se moque gentiment de ses musiciens (qu’il ne manquera pas de mettre en valeur par ailleur), bref on est loin de l’ambiance « prédicateur » que l’on redoutait.
Le concert est un peu court (1h1/4), on auriat pu rester deux heures de plus, mais on se souviendra de la qualité exceptionnelle du moment. Les doutes inspirés par l’écoute de l’album sont totalement dissipés. Définitivement, c’est le format « concert » qui convient le mieux à Abd Al Malik et son orchestre, il s’y passe des choses que l’on ne met pas en disque. Réagir à cette critique
>> Réponse (le 12/12/2006 par Loïc, de l'Affranchi) L'Affranchi, Marseille - 02/12/2006 Bonjour et merci Joz,
l'équipe de l'Affranchi te remercie pour cette critique qui, semble-t-il, t'as vraiment tenue à .../...La suite